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Le jet qui a transporté le sénateur brésilien et sa famille, mercredi, aurait été payé par un intermédiaire à partir d’un compte bancaire américain. Selon le « Wall Street Journal » et le « New York Times », l’appareil aurait par ailleurs été affrété par un conseiller de Donald Trump.

Flavio Bolsonaro à son arrivée à l’aéroport d’Opa-Locka, près de à Miami (Floride), le 28 octobre 2026.

L’avion à bord duquel Flavio Bolsonaro a fui le Brésil pour les Etats-Unis, mercredi 28 octobre, a été payé par un intermédiaire à partir d’un compte bancaire américain, a déclaré jeudi à l’Agence France-Presse (AFP) le patron de la compagnie aérienne Baires Fly. Le sénateur conservateur de 45 ans, qui ne reconnaît pas sa défaite à l’élection présidentielle du 25 octobre au Brésil, est arrivé en Floride à bord d’un jet privé avec sa famille.

L’affaire complique la relation déjà tumultueuse entre le président américain Donald Trump et son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, icône de la gauche et vainqueur surprise du scrutin.

Le fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022) avait vu ses passeports annulés dans le cadre d’une enquête pour des soupçons de blanchiment d’argent. Après son arrivée près de Miami, il a sur les réseaux sociaux dénoncé une « fraude électorale » – démentie par son propre camp et la justice électorale du Brésil – et dit qu’il comptait « diriger » l’opposition brésilienne depuis son exil.

Son périple rocambolesque via l’Argentine et l’Equateur reste plein de zones d’ombre. Interrogé par l’AFP, le patron de la compagnie aérienne argentine qui a assuré sa fuite vers les Etats-Unis a levé un coin du voile sur l’organisation du voyage.

« J’ai été engagé par un “broker” [un intermédiaire] que je connais depuis dix ans, qui vit aux Etats-Unis », a déclaré Luis Grande, patron de la compagnie Baires Fly, par téléphone depuis la Floride. Selon cet entrepreneur argentin, cet intermédiaire, de nationalités argentine et américaine et dont il a refusé de divulguer l’identité, lui a versé 150 000 dollars à partir d’un compte de son entreprise dans une banque américaine vers une banque argentine.

Selon les quotidiens Wall Street Journal et New York Times, l’avion aurait été affrété par Jason Miller, un conseiller de Donald Trump. La Maison Blanche ne s’est pas exprimée à ce sujet. Le patron de Baires Fly a indiqué ne pas connaître le client de l’intermédiaire.

« Une honte » estime Trump

Selon la direction argentine des migrations, le fils Bolsonaro a embarqué mardi soir dans un avion privé à Puerto Iguazu, quarante minutes après être entré en Argentine par voie terrestre depuis la frontière brésilienne toute proche. Un haut responsable du gouvernement argentin a réfuté jeudi une quelconque irrégularité dans son passage. Il n’y avait « aucun empêchement » et « pas d’avis d’Interpol », a déclaré Diego Santilli, chef du cabinet des ministres. On ignore encore comment Flavio Bolsonaro, allié du président ultra-libéral argentin Javier Milei, est arrivé de Brasilia jusqu’à la zone frontalière.

Le gouvernement brésilien n’a pas commenté les diverses déclarations de Donald Trump sur le scrutin qui s’est tenu dimanche dans l’un des derniers bastions de gauche d’Amérique latine. « Cette élection est une honte pour le peuple brésilien », a estimé le président américain jeudi. Il a ajouté qu’il n’avait pas « pris parti » durant la campagne à la demande de son homologue brésilien. La veille, il avait assuré qu’il ne « se mêlerait pas » de ce qui concerne le fils Bolsonaro, et avait évoqué « une élection étrange ».

Pour l’instant, le gouvernement brésilien compte éviter de polémiquer avec les Etats-Unis et préfère réagir avec « sobriété et pragmatisme », a dit un conseiller de Lula sous couvert d’anonymat. D’après lui, le président sortant se sent en position de force après sa victoire électorale.

La perception à Brasilia, a ajouté cette source, est que les déclarations « ambiguës » du locataire de la Maison Blanche sur l’affaire Bolsonaro s’expliquent par le fait qu’il tente de tenir un discours qui « protège ses alliés sans compromettre les intérêts américains ».

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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