Les champions olympiques de danse sur glace retrouvent la compétition vendredi à Angers, lors du Grand Prix de France. Après avoir raflé tous les titres en 2026, le couple veut continuer de faire évoluer son sport en apportant toujours plus de modernité.

France Télévisions - Rédaction Sport

Publié le 23/10/2026 06:00 Mis à jour le 23/10/2026 09:43

Temps de lecture : 4min

Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry, lors du gala des JO 2026 de Milan-Cortina. (PETER KOVALEV/ZUMA/SIPA)
Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry, lors du gala des JO 2026 de Milan-Cortina. (PETER KOVALEV/ZUMA/SIPA)

Comment se remobiliser après avoir tout gagné ? Avant d'annoncer poursuivre leur carrière ensemble, en juin dernier, les champions olympiques de danse sur glace Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron ont planché sur leurs motivations profondes. Esprit de compétition oblige, défendre leurs titres européen et mondial fera évidemment partie du programme. Mais après une année 2026 faste, les Français assurent d'abord être animés par une autre quête : celle "d'explorer de nouvelles manières de bouger".

"On croit tous les deux que c'est quelque chose qui va apporter beaucoup au patinage et qui va faire évoluer notre sport", pose la Canadienne de naissance, dans un point presse organisé début octobre, auquel franceinfo: sport a assisté. "On a une vision de ce qu'on aimerait démontrer et proposer artistiquement. C'est la seule manière pour nous de réellement rester accrochés, curieux et motivés", confirme son partenaire.

"On a besoin, sur une année post-olympique, d'avoir des challenges nourrissants, autre que ceux des médailles qui sont toujours présents, et de goûter à quelque chose de plus poussé et plus difficile."

Guillaume Cizeron, double champion olympique de danse sur glace

en conférence de presse

Le duo va réserver au public français la primeur de leurs nouveaux programmes, puisqu'il va faire sa rentrée vendredi 23 et samedi 24 octobre au Grand Prix de France à l'Iceparc d'Angers (à suivre sur France Télévisions et france.tv). L'an passé, pour leur première saison ensemble, le duo avait marqué les esprits sur la musique de Vogue de Madonna, pour la danse rythmique, et surtout sur un sublime et hypnotique programme libre de danse contemporaine sur la bande originale du film The Whale.

Cette année, la Fédération internationale de patinage (ISU) a imposé le rythme ternaire de la valse pour la danse rythmique. Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron ont choisi de patiner sur des airs flamenco pour ce programme court. "C'est une bonne idée de montrer des rythmes flamencos avec le thème imposé de la valse au milieu, c'est un peu moins classique", juge auprès de franceinfo: sport Romain Haguenauer, leur entraîneur qui a chorégraphié ce programme, avec la volonté d'une danse pleine de "rondeur". "On n'est pas dans le flamenco traditionnel. La musique est interprétée par Rosalia, cela emmène de la modernité."

"C'est un flamenco avec beaucoup de caractère. C'est viscéral, ténébreux", décrit de son côté Guillaume Cizeron. Quant au programme long, les danseurs sur glace sont restés fidèles à la danse contemporaine en choisissant des extraits de Max Richter. "Ceux qui ont aimé le libre de l'année dernière ne vont pas être dépaysés", sourit Guillaume Cizeron, promettant une chorégraphie "100% dramatique". Pour le coach, il était important de choisir une "musique avec de l'espace" pour "mettre en valeur" les qualités des patineurs français qui brillent dans les mouvements amples.

Tourner la page de deux programmes qu'ils "aimaient beaucoup" n'a pas été simple reconnaissent les patineurs. "Ils sont quasi en début de carrière. Donc ils ont tout un champ de programmes, de direction artistique et musicale qu'ils n'ont pas explorés ensemble", fait remarquer Romain Haguenauer. "On a réfléchi longtemps à ce qu'on pouvait proposer après une année comme ça, glisse Guillaume Cizeron. Cela n'a pas été facile de faire un choix final dans les thèmes que l'on souhaitait aborder."

Comme ils l'avaient fait l'an passé pour le "waacking" de leur programme court, le duo a fait appel à des intervenants extérieurs lors du processus de création de leurs chorégraphies : une danseuse chorégraphe de flamenco et une chorégraphe de danse contemporaine.

"Ces chorégraphes de danse, et non de patinage, nous apportent différentes manières de bouger qui ne sont pas propres à ce qu'on fait d'habitude. C'est une fusion entre deux mondes, ça nous permet d'avoir un autre langage qui n'est pas nécessairement facile au départ, mais qui le devient par la pratique."

Laurence Fournier Beaudry, championne olympique de danse sur glace

en conférence de presse

Déjà connus pour être des patineurs toujours en mouvement sur la glace, les Français veulent pousser encore plus loin cet aspect. "On travaille beaucoup à engager tout le corps, comme on le ferait sur le sol, la colonne vertébrale, les articulations, décrit Guillaume Cizeron. On a cette envie d'aller travailler avec le désaxement du corps pour essayer d'être dans quelque chose qui n'est pas statique. C'est ce qui fait, je crois, notre particularité." Le but : ne pas proposer une pâle copie d'une danse transposée sur la glace. "Ça nous challenge beaucoup, autant artistiquement que techniquement parce que ça rend les choses bien plus difficiles", fait remarquer le danseur sur glace.

"L'essence même de la danse sur glace, c'est la salle de bal. Mais Guillaume et Laurence, avec leurs qualités, cherchent à aller vers plus de danse contemporaine pour dépoussiérer le milieu. Et puis, c'est ce qu'ils aiment le plus", décrypte Romain Haguenauer, qui pointe l'importance du "plaisir" pour le couple dans leur objectif de pousser jusqu'aux JO 2030. "La motivation artistique est leur moteur des quatre prochaines années."

A travers chaque séance d'entraînement, Laurence Fournier Beaudry rappelle que l'objectif est aussi de parvenir à recréer cette "bulle" dans laquelle ils ont réussi à emmener spectateurs et téléspectateurs l'an passé. "Quand on conçoit un programme, on cherche à créer un univers et quatre minutes où on est capable de faire s'échapper les gens. Le challenge va être de reconstruire un moment comme on l'a vécu l'année dernière."

Après avoir monté les deux programmes en juin, le couple a répété ses passages tout l'été puis a pris du repos fin août, faisant l'impasse sur les Masters de Louviers, une compétition nationale qui ouvre traditionnellement la saison. "On avait besoin de décrocher pour être capable de s'entraîner à fond et d'entamer la saison avec une grande motivation", justifie Laurence Fournier Beaudry.

Encore au stade du "polissage" de leurs deux passages, Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry ont de nombreuses compétitions au programme pour peaufiner technique et artistique. Les points d'orgue : les championnats d'Europe à Lausanne (Suisse), du 27 au 31 janvier, et du monde à Tampere (Finlande), du 15 au 21 mars. L'an passé, ils avaient réalisé leurs meilleurs scores lors des Mondiaux, leur ultime rendez-vous de la saison.

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Source: Franceinfo · Anaïs Brosseau

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