Cette mesure a été prise par le ministère de l'Intérieur au titre de la prévention du terrorisme. Cela l'a empêchée de participer à cette mobilisation dont elle était l'une des organisatrices.

Radio France

Publié le 01/11/2026 19:03

Temps de lecture : 2min

Des manifestants réunis devant la préfecture de Belfort (Territoire de Belfort), le 31 octobre 2026. (CHRISTINE DUMAS / MAXPPP)
Des manifestants réunis devant la préfecture de Belfort (Territoire de Belfort), le 31 octobre 2026. (CHRISTINE DUMAS / MAXPPP)

Une militante de 50 ans a été assignée à résidence ce week-end avant un rassemblement contre la vie chère organisé samedi 31 octobre devant la préfecture de Belfort, rapporte ICI Belfort-Montbéliard, dimanche. La mesure, prise par le ministère de l'Intérieur au titre de la prévention du terrorisme, l'a empêchée de participer à cette mobilisation dont elle était l'une des organisatrices. Elle conteste les motifs avancés par l'administration et dénonce une atteinte à sa liberté de manifester.

Environ 150 personnes se sont réunies devant la préfecture pour le troisième acte de la mobilisation contre la vie chère, parmi lesquelles des lycéens, des représentants syndicaux et des membres de l'Assemblée citoyenne du Territoire de Belfort. Madame M., qui souhaite rester anonyme, avait elle-même déclaré le rassemblement. Elle a reçu son arrêté d'assignation vendredi soir, à 22h10, des mains de la gendarmerie. "J'ai refusé de le signer parce que je n'étais pas en accord avec les termes de cet arrêté, mais je l'ai reçu", explique-t-elle à ICI Belfort-Montbéliard.

Parmi les motifs avancés, l'administration lui reproche notamment de s'être "impliquée depuis plusieurs années dans la plupart des mobilisations" et de participer à des mouvements de soutien à la Palestine. "Je ne savais pas que c'était interdit, ou en tout cas passible de me faire passer pour une terroriste", s'insurge-t-elle. Elle conteste également avoir provoqué les forces de l'ordre.

"J'ai un casier vierge, je n'ai jamais fait de garde à vue, je n'ai jamais fait le moindre tag sur la voie publique."

La militante de 50 ans

à ICI Belfort-Montbéliard

La militante dit avoir été "sidérée" par cette décision. "Je suis une militante. Je n'ai pas de mal à scander des slogans, mais je n'ai jamais mis le feu à une poubelle." Elle juge la mesure particulièrement violente : "Etre militante, ça ne fait pas de moi une terroriste. Se voir enlever le droit de manifester, c'est très brutal."

Elle estime que le recours à des dispositifs antiterroristes contre des militants est "vraiment inquiétant" et redoute désormais les conséquences pour les jeunes mobilisés. "Qu'est-ce qu'on va faire des lycéens qui ont pris la tête de certains mouvements ? Je m'inquiète aussi beaucoup pour eux", confie-t-elle.

L'arrêté, consulté par ICI Belfort-Montbéliard, justifie la décision par un contexte de tensions autour des mobilisations. Il mentionne notamment les violences survenues en marge des manifestations du 17 octobre, l'attentat raciste commis dans les Yvelines le 23 octobre et plusieurs appels à des actions plus ou moins violentes pour le 31 octobre.

Madame M. a déposé un recours, avec le soutien de la Ligue des droits de l'Homme de Belfort. Dans un communiqué, l'organisation estime que "les faits reprochés sont imprécis et ne relèvent que de l'exercice de libertés publiques". Elle dénonce également une notification tardive de la décision, qui aurait pu désorganiser le rassemblement et poser des difficultés en matière de sécurité publique.

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Source: Franceinfo · franceinfo, avec ICI Belfort-Montbéliard

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