Un mois après la reprise de Mékélé par l’armée fédérale d’Éthiopie et des troupes tigréennes alliées, la vie reprend doucement dans la capitale régionale du Tigré. Pendant 10 jours, du 23 septembre au 3 octobre, les habitants, privés de télécommunications, ont vécu dans l’angoisse d’un nouveau siège, comme lors de la précédente guerre en 2021. Épuisés par des années de conflit et de tensions, beaucoup espèrent aujourd’hui une paix durable.
Publié le : 03/11/2026 - 14:45
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Avec notre correspondante, de retour de Mékélé, Marlène Panara
Aster verse du café à un de ses clients qui attend patiemment sur un tabouret en plastique. La jeune femme aux longs cheveux bouclés affiche un grand sourire. Depuis quelques semaines, les affaires reprennent. « Il y a du changement, affirme-t-elle. Maintenant, on peut voir les jeunes circuler librement et l’économie repart doucement. Il y a donc de l’espoir. Les choses s’améliorent. Je pense que ce sera mieux qu’avant, c’est la première fois que j’y crois ».
Daniel, entrepreneur dans le bâtiment, est plus sceptique, et reste peu convaincu par la nouvelle administration intérimaire mise en place par le gouvernement fédéral le 16 octobre. « Je ne sais pas si le gouvernement accordera une réelle liberté au peuple du Tigré, ni s'il lui offrira des opportunités, glisse-t-il. De plus, la situation n’est toujours pas réglée : est-ce que le démantèlement du TPLF, voire sa disparition, marquera vraiment la fin des hostilités ? Je n’en suis pas si sûr ».
« Les jeunes ont peur du monde qui les entoure »
Dirigeant d’une école d’anglais dans le centre de Mékélé, Mulena, lui, préfère garder espoir, au moins pour les jeunes Tigréens : « Ils ont 18, 19, ou tout juste 20 ans, et pourtant, on se rend compte qu’ils n’ont plus de rêves, car ils ont peur du monde qui les entoure. » Il poursuit : « Aujourd’hui, la jeune génération aspire réellement au changement ; elle a besoin de paix, comme nous tous. »
Avec des semaines de fermeture, Mulena accueille actuellement dans son école près de 110 élèves.
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Fin septembre, le Front de libération du peuple du Tigré, qui a gouverné l'Éthiopie de 1991 à 2018 avant d'être marginalisé puis banni par le pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed, a lancé une offensive avec d'autres groupes armés, ailleurs dans le pays, pour « renverser » le gouvernement fédéral. Mais ses troupes ont rapidement été repoussées par les frappes de drones des forces pro-gouvernementales.
Le gouvernement fédéral et le TPLF se sont déjà affrontés entre 2020 et 2022 lors d'un conflit à grande échelle, extrêmement destructeur au Tigré et l'un des plus meurtriers récemment dans le monde, qui a fait au moins 600 000 morts, selon l'Union africaine, une estimation jugée basse par plusieurs observateurs.
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Source: RFI
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