La campagne des élections de mi-mandat de 2026 est en passe de devenir la plus coûteuse de l’histoire des États-Unis avec des dépenses totales projetées à près de 12 milliards de dollars, avec une percée majeure dans les investissements extérieurs.

11,9 milliards de dollars. De quoi affoler les compteurs et donner raison à Donald Trump, pour qui les élections de mi-mandat du 3 novembre étaient les «plus importantes de notre vie», a-t-il estimé la veille du scrutin. La campagne des élections de mi-mandat de 2026 devrait devenir la plus coûteuse de toute l’histoire des États-Unis en matière de dépenses publicitaires, selon l’agence indépendante de suivi des dépenses politiques Open Secrets. Une augmentation de 30% par rapport à celle de 2022, qui a coûté 8,9 milliards de dollars. La campagne présidentielle de 2024 affichait quant à elle un montant déjà considéré comme le plus haut jamais établi aux États-Unis, à 11,4 milliards de dollars.

Mais pourquoi les États-Unis connaissent de telles sommes ?

Le pays de l’Oncle Sam possède un mode de financement particulier pour ses scrutins, poussant toujours aux plus gros investissements. Il existe d’une part les moyens traditionnels : les Political Action Committees (PAC), des comités de parti qui collectent des dons servant à financer des activités destinées à influencer les élections.

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D’autre part, différents individus et organisations peuvent donner de l’argent à des groupes externes, les fameux Super PAC (une organisation privée). Ces fonds servent alors à financer des publicités et d’autres activités liées aux élections, sans aucune limite, comme le veut l’arrêt pris par la Cour suprême en 2010, estimant que les capitaux qui permettent de diffuser des messages politiques constituent une forme de liberté d’expression protégée par le premier amendement de la Constitution. Leur seule condition : les dépenses ne doivent pas être coordonnées avec un candidat ou une campagne et doivent se traduire de manière indirecte.

Les dépenses extérieures explosent à l’avantage des républicains

La singularité de cette campagne réside dans l’incroyable percée de ressources extérieures, notamment menées par des Super PAC. Elles devraient atteindre environ 3,9 milliards de dollars, contre 2 milliards lors des précédentes élections de mi-mandat en 2022, selon Open Secrets. Avec 2,03 milliards de dollars investis en 2026, les Super PAC pro-républicains devancent leurs rivaux démocrates de 360 millions de dollars. Ces sommes sont principalement portées par le Senate Leadership Fund et MAGA Inc., un Super PAC lié au président Donald Trump. Les deux organisations affichent respectivement 489 et 353 millions de dollars de frais. Côté démocrate, les dépenses ont été menées par deux Super PAC liés à la direction démocrate de la Chambre des représentants et du Sénat, qui ont respectivement injecté 248 millions et 192 millions de dollars.

Une campagne américaine sans la présence de grandes figures de l’élite politique et économique serait une campagne ratée. Parmi les plus grands donateurs, on retrouve Elon Musk dans le financement du Super PAC Senate Leadership Fund et de celui qu’il a fondé en 2024, America PAC (215 millions de dollars). Il devient le plus gros contributeur à une élection fédérale depuis 2010. Le fondateur de Tesla et de SpaceX a investi 445 millions de dollars pour soutenir des candidats républicains, notamment au Texas où sont basées nombre de ses entreprises et où le républicain Ken Paxton est en danger face à James Talarico, selon l’Associated Press. Des donateurs historiques ont également contribué à financer ces élections, comme le couple de milliardaires Elizabeth et Richard Uihlein, qui ont donné plus de 135 millions de dollars aux républicains.

De plus, quatre organisations à but non lucratif figurent parmi les 15 plus importants contributeurs de cette campagne. Exemptées de l’obligation légale de divulguer le nom de leurs financeurs, elles relèvent de la catégorie de l’« argent noir » (dark money), selon Open Secrets. D’après les derniers rapports de la Commission électorale fédérale (FEC) déposés le 22 octobre, 1,47 milliard de dollars ont transité par ces structures occultes, surpassant le précédent record de 1,35 milliard établi en 2024.

Les candidats démocrates dépensent plus que les républicains

Les sommes extérieures ne sont pas exclusivement réservées aux républicains. George Soros, bienfaiteur de longue date des démocrates, a contribué à hauteur d’au moins 102 millions de dollars. Le milliardaire Michael Bloomberg, ancien maire de New York, a déboursé 52,6 millions de dollars pour les démocrates. Son équipe a déclaré au New York Times qu’il aurait également versé un total de 80 millions de dollars en septembre et en octobre. Bien que le montant total des dépenses extérieures soit inférieur chez les démocrates, leurs candidats dépensent nettement plus que les républicains, avec un surplus de 800 millions de dollars.

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Si les plafonds imposés aux PAC encadrent les contributions directes aux candidats, la levée de fonds demeure essentielle, et se chiffre en milliards de dollars. Selon les projections d’Open Secrets, les candidats démocrates dépenseront plus de 2,2 milliards de dollars contre seulement 1,4 milliard pour les républicains. Cet écart est encore plus frappant dans les États où un siège au Sénat est en jeu. Le camp démocrate devrait y frôler le milliard de dollars de dépenses, contre moins de 500 millions du côté républicain. Cette disparité s’explique largement par les performances de deux candidats : James Talarico au Texas et Jon Ossoff en Géorgie, qui ont récolté respectivement 145 millions et 115 millions de dollars, contre les républicains Ken Paxton (22 millions de dollars) et Mike Collins (6,5 millions de dollars).

Selon les derniers documents déposés par la Commission fédérale des élections (FEC) s’arrêtant au 22 octobre, plus de 9,5 milliards de dollars avaient été dépensés dans la campagne. Open Secrets prévoyait une hausse de ce chiffre jusqu’à la date du scrutin, aux allures de référendum vis-à-vis de la politique menée par Donald Trump depuis 2024.

Source: Le Figaro · Pierre-Malo Albrecht

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