Après les data centers, c’est le sujet qui enflamme les réseaux sociaux et suscite la colère de nombreux citoyens aux États-Unis. Plus de 120 000 caméras capables d’identifier les plaques d’immatriculation des véhicules ont été installées dans et aux abords des villes américaines par la société privée Flock Safety qui transmet ces données à la police. Outil de sécurité pour les uns, beaucoup d’autres y voient un dispositif intrusif et liberticide et ils sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour recenser ces caméras et réclamer qu’elles soient bannies de leur ville.
Publié le : 01/11/2026 - 08:58
2 min Temps de lecture
Avec notre envoyée spéciale en Californie, Lucile Gimberg
Près de l'autoroute à la sortie de la ville d’Oakland, entre un fast-food défraîchi et une station-service, Mike Katz, du collectif citoyen Oakland Privacy, pointe du doigt les caméras Flock. « La première est près de nous, au milieu de la rue... Une autre là-bas, un peu cachée par les arbres. Et il y en a une troisième sur le lampadaire... »
Grâce à ses 120 000 caméras installées aux États-Unis, l'entreprise américaine Flock Safety scanne chaque mois 20 milliards de plaques d'immatriculation. Et à l’aide de l’IA, l’entreprise crée des profils de véhicules : plaque, modèle, couleur, coffre de toit, autocollants… Des informations mises à disposition des agences de police locales qui ont souscrit au service.
À lire aussiMidterms 2026: au Texas, les démocrates se prennent à rêver d'une victoire historique
« De la surveillance de masse sans autorisation »
Si les caméras de surveillance sont déjà bien implantées aux États-Unis, les caméras Flock sont loin de faire l'unanimité. « Les caméras stockent des images localement, et pour les voir la police doit obtenir un mandat du juge. Mais les caméras Flock, elles, toutes leurs images sont mises à disposition directement. C'est de la surveillance de masse sans autorisation du juge ! », dénonce Mike Katz.
Des abus de la part de policiers ont aussi été révélés : harcèlement d’ex-compagne, arrestation erronée, transmission d’informations à la police de l’immigration. « Tout le monde est un suspect avec ce système », dénonce Joyce Vega, à Los Angeles. « J'ai lu le livre "1984" [de George Orwell, NDLR], je ne veux pas vivre comme ça, explique-t-elle, et vu la situation politique de notre pays, c'est encore plus inquiétant. »
Sous la pression citoyenne, plusieurs centaines de villes ont déjà rompu leurs contrats avec Flock.
À lire aussiMidterms 2026: au Texas, les démocrates se prennent à rêver d'une victoire historique
Source: RFI
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira