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A resident walks on a street as clouds of water vapor rise from the Afsin-Elbistan coal-based power plant in the nearby village of Cogulhan on February 11, 2026. The power plant has operated since 1984 and is one of Turkey's largest thermal
OZAN KOSE/AFP

Par Nicolas Bourcier 

Publié aujourd’hui à 15h00

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ReportageA quelque 560 kilomètres de la station balnéaire d’Antalya, où se tiendra à partir de lundi la 31ᵉ Conférence des parties sur le climat, le village de Çogulhan est cerné par deux centrales thermiques au charbon. Les derniers habitants de ce territoire sinistré par quarante ans de pollution refusent les projets d’extension visant à prolonger l’exploitation.

La nuit n’est jamais très sombre dans le village de Çogulhan et ses alentours. Elle est plutôt grise, comme le jour. La lueur de la centrale électrique d’Afsin-Elbistan, du nom des deux villes voisines, ses blocs blafards et ses hautes cheminées qui crachent leurs cendres épaisses, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, nimbent cette vaste plaine anatolienne de reflets presque spectraux.

Il faut deux heures de voiture depuis Kahramanmaras, grande ville du sud profond turc, pour accéder à cette route poussiéreuse, tracée en ligne droite au milieu de champs désolés et de hameaux désertés. Un monde de maisons basses, de hangars vides, de quelques logements sociaux, cubes aux façades uniformes et tristes, disséminés dans une campagne tout entière dévolue à la rapacité de l’ogre charbon.

C’est ici, dans les années 1970, qu’une équipe de scientifiques allemands a découvert la plus grande réserve de lignite du pays. Plus de 6 milliards de tonnes d’un charbon pauvre en énergie et riche en polluants, dont la moitié assez facile à extraire à ciel ouvert. Portées par l’ampleur du gisement et l’ivresse des gains attendus, les autorités de l’époque ont exproprié à tour de bras des terres et des concessions pour ouvrir les carrières et ériger, au milieu des années 1980, ce colosse en béton. Depuis, les gouvernements successifs l’ont préservé et agrandi. Une deuxième centrale, baptisée B et de taille identique, a même été construite à l’autre extrémité de Çogulhan, en 2004.

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Source: Le Monde · Nicolas Bourcier

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