Les festivités qui précèdent le départ de la course génèrent près de 30 millions d’euros de retombées économiques en Bretagne. Mais cette année, elles sont perturbées par la tempête Austen.

La tempête Austen n’arrange pas la Route du Rhum. À neuf jours du départ, le village installé sur le port de Saint-Malo va devoir rester fermé ce vendredi 23 octobre, pour des raisons de sécurité. Un manque à gagner pour les commerçants et restaurateurs qui y sont installés : ce village, qui a pris de l’ampleur ces dernières années au point de faire de l’ombre aux commerçants du centre de Saint-Malo, est crucial pour les retombées économiques de la course dans la ville.

Plus d'un million de visiteurs sont attendus pour la 13e édition de la Route du Rhum à Saint-Malo. La précédente édition en 2022 a généré 29,1 millions d'euros de retombées économiques directes, selon une étude réalisée par le cabinet EY pour la ville de Saint-Malo. «C'est très concentré sur le pays malouin mais en termes d'image, c'est un rayonnement incroyable», souligne Jessica Viscart, directrice adjointe de Tourisme Bretagne. Selon EY, en 2022, c'est l'équivalent de 266 millions d'euros d'achat d'espaces publicitaires avec près de 60.000 publications médias qui ont été engendrés. 65% des visiteurs sont originaires de Bretagne mais les retombées économiques proviennent à 88% des visiteurs extérieurs à la région dont le séjour est plus long.

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Moins de monde en centre-ville

Le village de la Route du Rhum avait accueilli à l’époque sur 70.000 m² au pied des remparts de la ville, 220 exposants et 1,5 million de visiteurs (+15% par rapport à 2018). «L'idée n'est pas de continuer à accueillir plus mais mieux», assure Nicolas Belloir, adjoint au maire de Saint-Malo chargé des Finances, qui assure que le village «n'est pas agrandi par rapport à l'édition 2022». «C'est un événement populaire, on ne peut pas envisager une entrée payante», selon lui, «c'est sans doute ce qui explique en partie son succès».

Dans la crêperie «La Duchesse Anne», située à l'entrée de la ville intra-muros, Guylène Pinson, la gérante, prépare son établissement. «On va jouer le jeu», explique-t-elle au milieu de ses serveurs qui arborent un t-shirt floqué «Route du Rhum - destination Guadeloupe». Mais au fil des éditions, la restauratrice note qu'au village, «il y a de plus en plus de couverts et d'animations». «Le village est tellement grand et bien, il y a tout, les gens viennent moins intra-muros», selon elle.

Restaurateurs et hôteliers grands gagnants

«C'est le grand écart dans les retombées économiques», estime Anthony Rambaud, vice-président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) Côte d’Émeraude. «Du point de vue image, l'événement est ultra-porteur pour notre territoire», reconnaît-il, «et pour l'hôtellerie, il n'y a pas de souci». «En ce qui concerne la restauration, bars et monde de la nuit, les retombées sont un petit peu différentes, parce que le village devient concurrentiel aux commerces intra-muros et à la Côte d’Émeraude», déplore Anthony Rambaud, d'autant que cette année, le village propose des nocturnes jusqu'à 1 heure du matin.

Sur les 29,1 millions d'euros de retombées en 2022, 9,7 millions d'euros ont bénéficié à la restauration, 8,7 millions d'euros à l'hébergement, 4,2 millions d'euros aux transports (principalement les parkings) et 3,8 millions d'euros aux commerces. «Il y a quatre ans, on a eu un vrai impact sur les trois derniers jours seulement, avec 2000 euros de plus par jour environ», explique la propriétaire d'une crêperie qui souhaite rester anonyme et qui a toutefois embauché cette fois une serveuse et un crêpier supplémentaires pour l'évènement.

Une brasserie du village «va avoir 1000 couverts, on est plus sur quelques food trucks», regrette Anthony Rambaud, «ça perd un peu l'âme du début, où il y avait des vrais échanges avec intra-muros, avec tout le territoire, il y avait un vrai village ouvert, on retrouvait les marins dans les établissements le soir, ils dînaient dans les restaurants». Il souligne également un ralentissement de fréquentation intra-muros pendant le montage et le démontage du village faute de places de parking pour les visiteurs.

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De l'autre côté de l'Atlantique, en Guadeloupe, à l'arrivée de la course, une étude d'impact de l'Observatoire régional (DOREIG) estime que les visiteurs en 2022 ont dépensé 26,9 millions d'euros. «Pour un euro investi, nous en récupérons cinq», estime dans un communiqué Denis Céleste, directeur des affaires économiques de la région Guadeloupe.

Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP

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