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Analyse
Serge Enderlin
Genève, correspondance
Face au risque éventuel d’un nouveau naufrage systémique, Berne veut durcir les règles de couverture des fonds propres de la banque. Cette dernière estime que la mesure nuirait à sa compétitivité et menace de quitter le pays.
Publié aujourd’hui à 17h00 Temps de Lecture 4 min.
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Le feuilleton dure depuis près de dix-huit mois, à coups de petites phrases acides échangées par médias interposés entre la ministre des finances, Karin Keller-Sutter, et Sergio Ermotti, directeur général du groupe UBS.
Mais depuis quelques jours, les relations entre le gouvernement suisse et la dernière mégabanque du pays se sont dégradées, au point de se transformer en bras de fer ouvert, avec menaces et chantage. UBS évalue rien moins que la possibilité de quitter la Suisse pour s’installer ailleurs afin de « préserver sa compétitivité », qu’elle juge menacée par un projet de loi.
Pour comprendre comment la placide place financière helvétique en est arrivée à ce niveau d’ébullition inédit, il faut se souvenir du traumatisme national provoqué par l’écroulement, le 19 mars 2023, de Credit Suisse, le numéro deux bancaire du pays alpin, à la suite d’une succession de scandales financiers et de pertes massives (Greensill, Archegos) érodant la confiance, et précipitant une fuite massive de capitaux et un début de panique bancaire. Ce jour-là, Berne organise dans l’urgence la reprise de l’établissement par son rival et numéro un UBS, pour la somme presque symbolique de 3 milliards de francs suisses (3 milliards d’euros).
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Source: Le Monde · Serge Enderlin
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