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Mercredi, le chef de l’Etat avait annoncé sur Facebook avoir « démis de ses fonctions » le président de la Cour suprême, Bashe Yusuf Ahmed, « en réponse aux préoccupations exprimées par les juges ».

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud, lors des élections aux conseils locaux, à Mogadiscio, le 25 décembre 2025.

La Somalie, déjà affaiblie au niveau sécuritaire par l’annonce du retrait des troupes ougandaises de son sol alors que la menace Chabab ne faiblit pas, entre politiquement en territoire inconnu après que la Cour suprême a jugé « illégal », jeudi 5 novembre, le maintien au pouvoir de son président, Hassan Sheikh Mohamud.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour le chef de l’Etat somalien, dont l’exécutif semble assailli de toutes parts à six mois de la présidentielle prévue le 15 mai 2027. Une élection qui se tiendra avec un an de retard, dans un paysage politique toujours plus fragmenté.

Le maintien du président au pouvoir est rendu possible, selon le gouvernement, par l’adoption d’une nouvelle Constitution le 4 mars dernier, qui a prolongé de quatre à cinq ans le mandat présidentiel. Mais les termes de la nouvelle loi fondamentale, qui a également instauré l’élection au suffrage universel des parlementaires, « ne s’appliquent pas aux institutions élues (…) actuellement en fonction », a jugé la plus haute juridiction somalienne.

Alors que l’adoption de la Constitution de mars avait été qualifiée de « victoire historique » par le premier ministre, Hamza Abdi Barre, l’opposition avait dénoncé des articles écrits sur mesure pour permettre au président Mohamud de demeurer aux affaires.

Les députés et sénateurs somaliens étaient jusqu’alors désignés via un système indirect et clanique, dans lequel des personnalités reconnues de ces clans nommaient des délégués qui choisissaient à leur tour les parlementaires. Le président était ensuite élu par l’Assemblée nationale et le Sénat, et non par la population, ce que maintient la nouvelle loi fondamentale.

Retrait des troupes ougandaises

Si l’exécutif n’a pas encore réagi sur le fond à la décision de la Cour suprême, Hassan Sheikh Mohamud a déclaré jeudi être « déterminé » à organiser les futures élections au suffrage universel. « Nous avons promis au peuple somalien qu’il serait gouverné par des dirigeants. (…) Nous ne transigerons pas sur ce point », a-t-il lancé lors d’un évènement public.

Mercredi, le chef de l’Etat avait annoncé sur Facebook avoir « démis de ses fonctions » le président de la Cour suprême, Bashe Yusuf Ahmed, « en réponse aux préoccupations exprimées par les juges, le personnel judiciaire et les professionnels du droit quant à la nécessité d’un système judiciaire efficace et équitable », selon lui.

Une décision qualifiée de « nulle et non avenue » par la Cour suprême, qui a ordonné jeudi au président de « préserver l’indépendance du pouvoir judiciaire et de faire respecter l’Etat de droit, compte tenu de sa responsabilité en tant que garant et promoteur de la Constitution ».

Le pouvoir somalien multiplie les revers, après l’annonce lundi par l’Ouganda du retrait de ses troupes du pays. L’armée ougandaise, selon l’un de ses cadres, constitue entre un tiers et la moitié des quelque 12 000 soldats de la Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM), qui appuie le gouvernement somalien face aux Chabab, groupe armé lié aux djihadistes d’Al-Qaida.

Les décisions politiques prises par Hassan Sheikh Mohamud, en butte à l’hostilité croissante des autorités de plusieurs Etats fédérés – particulièrement les puissants Puntland (nord-est) et Jubaland (sud-ouest) –, qui dénoncent une tendance centralisatrice du président empiétant sur leurs pouvoirs, ont également un impact sur le terrain sécuritaire.

L’ex-gouverneur de l’Etat du Sud-Ouest, Abdiaziz Laftagareen, qui était vent debout contre la réforme constitutionnelle, a été ensuite écarté du pouvoir par l’armée fédérale. Il a depuis lors plusieurs fois tenté de reconquérir la région et sa ville principale, Baidoa, au prix de lourds combats. Fin octobre, une embuscade des Chabab a vraisemblablement tué un grand nombre de soldats somaliens qui partaient prêter main-forte à des compagnons d’armes se battant contre des milices de M. Laftagareen.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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