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Les maires ont déjà la main sur l’ouverture des commerces douze dimanches par an, et les préfets peuvent autoriser trois ouvertures dominicales dérogatoires de plus, sans consulter les partenaires sociaux. Selon le ministre du commerce, « 3 000 magasins » ont été touchés par des violences le 17 octobre et « presque 400 » ont été pillés.

La rue commerçante Sainte-Catherine, à Bordeaux (Gironde), le 17 octobre 2026.

En réponse à une demande des commerçants éprouvés par les violences urbaines du 17 octobre et la crainte de leur réitération en marge des mobilisations sociales du samedi, le gouvernement va donner l’instruction aux préfets d’organiser l’ouverture des commerces le dimanche sur leur territoire, a annoncé lundi 2 novembre le ministre du commerce, Serge Papin. « Je vais demander, là, dès cette semaine, que les préfets puissent utiliser un arrêté » permettant aux commerces d’« ouvrir trois dimanches supplémentaires » d’ici à Noël, a-t-il déclaré sur RTL.

Et « on peut aller bien au-delà s’il y a des discussions avec les organisations patronales, avec les organisations syndicales, c’est au cas par cas », département par département, a-t-il ajouté. En outre, « les maires ont la main sur douze dimanches et peuvent autoriser aussi, par compensation par rapport » aux pertes entraînées par les violences survenues en marge des manifestations contre la vie chère, « les magasins à ouvrir le dimanche », a rappelé le ministre.

Jeudi, le gouvernement avait déjà annoncé qu’il encourageait maires et préfets à autoriser des ouvertures dominicales exceptionnelles, réclamées par les professionnels jusqu’à Noël. Le cabinet de Serge Papin a précisé à l’Agence France-Presse que l’instruction, signée par le ministre du commerce et ceux de l’économie, Roland Lescure, du travail, Jean-Pierre Farandou, et des comptes publics, David Amiel, serait transmise « en début de semaine ».

Elle vise à rappeler aux préfets qu’ils peuvent autoriser trois ouvertures dominicales dérogatoires, sans consulter les partenaires sociaux, puis organiser « des consultations avec les organisations patronales et syndicales locales » et les « associations de commerçants » pour aller au-delà. L’instruction sera adressée à l’ensemble des préfets, qui « apprécieront l’opportunité, avec un intérêt particulier pour les territoires » touchés par des mouvements ayant « perturbé l’activité des commerçants ». Elle ne comporte « pas de consignes sur le type de commerces » concerné. Cela sera précisé par « les arrêtés préfectoraux ».

Interrogée lundi sur France 2, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, s’est dite « bien sûr » contre davantage de dimanches travaillés, rappelant que les salariés du commerce « sont majoritairement des femmes » et « très largement soumis déjà à des horaires atypiques ». Les mesures gouvernementales prises après les dégradations du 17 octobre se « tournent exclusivement vers les patrons », tandis que « les salariés à qui on impose le chômage partiel perdent 40 % de rémunération », a-t-elle déploré. « Leur imposer en plus de sacrifier leur vie de famille en travaillant le dimanche, c’est pas sérieux, c’est honteux », a-t-elle déploré.

Selon M. Papin, le 17 octobre « 3 000 magasins » ont été touchés par des violences et « presque 400 » ont été pillés. Mais « l’ordre a été tenu » samedi 31 octobre, avec 20 magasins touchés et un seul pillé, a-t-il précisé.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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