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Des dizaines de policiers antiémeutes barrent l’accès à l’enceinte de la plus haute juridiction aux nombreux militants du parti national conservateur Droit et justice venus soutenir le magistrat.

Des policiers devant le Tribunal constitutionnel polonais, à Varsovie, le 30 octobre 2026.

La police s’est déployée à Varsovie autour du Tribunal constitutionnel, vendredi 30 octobre dans la soirée, après l’annonce de la suspension de son président, Bogdan Swieczkowski. Ce dernier est au cœur d’un bras de fer entre la droite nationaliste qui l’a nommé quand elle était au pouvoir et l’actuel gouvernement centriste de Donald Tusk.

Le président de la République, le nationaliste Karol Nawrocki, a annoncé interrompre son vol pour le Sénégal où il se rendait en déplacement officiel et rentrer d’urgence à Varsovie.

Des dizaines de policiers antiémeute barrent l’accès à l’enceinte de la plus haute juridiction polonaise aux nombreux militants du parti national conservateur Droit et justice (PiS, opposition) qui se sont présentés, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse. Ils manifestent depuis plusieurs semaines afin de soutenir les juges suprêmes dont l’exécutif de Donald Tusk veut le départ.

Jugé par l’Union européenne (UE) trop dépendant du pouvoir politique, le Tribunal constitutionnel a été un des désaccords entre Bruxelles et les nationalistes, qui ont invoqué à plusieurs reprises la primauté de la législation polonaise sur celle de l’UE.

Depuis son retour au pouvoir, en 2023, Donald Tusk, ancien président du Conseil européen, promet de résoudre la crise, sans succès jusqu’ici, puisque les nominations de son gouvernement au Tribunal n’ont pas été entérinées par le chef de l’Etat, qui y fait obstacle.

« Tusk traître ! »

« Rétablir l’Etat de droit est notre devoir », a déclaré le chef du gouvernement, sur X. « Après des années d’illégalité sous le PiS, c’est un processus difficile, parfois douloureux, qui exige une action résolue. Il n’y a pas d’autre voie. »

C’est l’une de ces juges, Anna Korwin-Piotrowska, qui a fait état de la suspension du président controversé du tribunal, Bogdan Swieczkowski. Le ministre de la justice, qui est aussi procureur général, a annoncé au cours d’une conférence de presse avoir demandé la levée de l’immunité de M. Swieczkowski ainsi que celle de son adjoint, Bartlomiej Sochanski.

La cour a démenti, dénonçant « un coup d’Etat » sur son compte X. Le site internet du tribunal n’était pas accessible vendredi soir. La Cour affirme que le président Swieczkowski reste en fonction et que Mme Korwin-Piotrowska ne peut assurer l’intérim puisqu’elle n’a pas prêté serment devant le président de la République.

« Tusk traître ! », scandaient les partisans du PiS devant le tribunal, selon le journaliste de l’AFP. Certains récitaient des prières en égrenant un chapelet ou brandissant des images religieuses. Si la police a pris position autour du tribunal, elle affirme ne pas être entrée dans ses bâtiments.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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