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ReportageUne large part de l’électorat maori, qui a vu ses droits remis en cause par le gouvernement libéral-conservateur dirigé par Christopher Luxon, entend sanctionner le pouvoir sortant lors des élections législatives du 7 novembre.
Après six mois derrière les barreaux pour vol aggravé, Xavier Robinson, 25 ans, franchit le seuil de sa nouvelle vie porté par l’énergie farouche d’un haka. Vingt-quatre anciens détenus du centre de réinsertion Te Whare Puutikitiki, à Hamilton, dans l’île du nord de la Nouvelle-Zélande, en ont écrit les paroles. En cette matinée du 6 octobre, impeccablement vêtus de noir, ils l’exécutent dressés face au nouveau venu, pour ouvrir la cérémonie d’accueil selon les traditions maories et lui signifier qu’ils se tiendront à ses côtés dans sa transition « de l’ombre à la lumière ».
« J’ai demandé à intégrer ce centre pour y préparer mon avenir et apprendre à connaître ma culture. J’espère que renouer avec mes racines me permettra enfin d’avancer », confie peu après Xavier Robinson, en découpant délicatement la viande de sa fille de 4 ans, présente pour l’événement.
Derrière eux, Tureiti Moxon essuie des couverts. Avocate de formation, elle dirige depuis près de vingt-cinq ans le Te Kōhao Health, l’association caritative maorie gestionnaire du programme de réinsertion. A 60 ans passés, elle est l’une des voix historiques de la communauté, dont elle défend plus que jamais les droits face au gouvernement libéral conservateur du premier ministre Christopher Luxon, au pouvoir depuis fin 2023 et qui brigue un second mandat lors des élections législatives du samedi 7 novembre.
Selon un sondage réalisé par l’institut Curia Market Research, publié le 28 octobre, seuls 7 % des électeurs maoris ont l’intention de voter pour sa formation de centre droit, le Parti national. La coalition qu’il forme avec le parti libertarien, ACT New Zealand, et le parti populiste, New Zealand First ne recueillerait, au total, que 19 % de leurs suffrages. « C’est le pire gouvernement que nous ayons jamais connu. En trois ans, il a détruit cinquante ans d’acquis », résume Tureiti Moxon qui a participé à toutes les luttes pour la reconnaissance des droits et une plus grande autonomie du peuple premier.
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Source: Le Monde · Isabelle Dellerba
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