Cet article vous est offert
Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.
Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement
Sur cette île des Caraïbes où les relations homosexuelles sont punies par la loi, les organisations de défense des droits des minorités queer et les refuges peinent à poursuivre leurs activités après la diminution de l’aide internationale.
Article réservé aux abonnés
LETTRE DE KINGSTON
Une énorme enceinte diffuse à plein volume des rythmes de dancehall depuis la terrasse donnant sur Runaway Bay, une localité côtière du nord de la Jamaïque. Des claquements de dominos et des rires résonnent dans une pièce voisine. A en croire l’une des résidentes de cette bâtisse entourée de manguiers et de filaos, l’ambiance y est joyeuse comme à l’accoutumée en ce samedi matin d’octobre. « On ne peut pas sortir pour se changer les idées. Alors on reste à la maison et on s’éclate », dit cette femme trans de 34 ans, qui ne donne que le prénom qu’elle s’est choisi : Ally.
Elle a dû fuir son quartier de Kingston, la capitale jamaïcaine – Trench Town, un faubourg notoirement gangrené par la misère et la criminalité –, à l’âge de 20 ans après avoir été victime d’une violente agression transphobe. « La police a dû m’emmener à l’hôpital », se remémore la trentenaire. Après des années d’errance, elle a fini par trouver refuge, en 2018, dans cette safe house (« maison sûre ») de Runaway Bay. Ce lieu d’accueil avait été créé un an auparavant par le Larry Chang Centre, une organisation de défense des droits des personnes LGBTQ+ (lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et queer) active dans ce pays caribéen où l’homosexualité est passible de lourdes peines de prison.
Il vous reste 78.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source: Le Monde · Jean-Michel Hauteville
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira