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A la tête d’un puissant syndicat étudiant de gauche, l’activiste Neha Bora est l’une des figures de proue de l’opposition au régime de Narendra Modi. A chaque manifestation, ses interpellations par les forces de l’ordre tournent en boucle sur les réseaux sociaux et les médias traditionnels indiens.
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Son visage incarne à lui seul la fronde inédite qui secoue l’Inde. A 29 ans à peine, arborant des lunettes de vue noires et une coupe au carré, l’activiste – qui tient à se désigner par le pronom they (« iel ») – est la nouvelle égérie de gauche d’une jeunesse en pleine rébellion contre le gouvernement de Narendra Modi. A la tête de l’organisation étudiante All India Students’Association (AISA), affiliée au Parti communiste indien, Neha Bora est de toutes les manifestations de la génération Z indienne et des partis d’opposition.
Depuis le 2 octobre, la colère gronde dans le pays pour réclamer la tête du président de la commission électorale, Gyanesh Kumar, accusé d’avoir manipulé les listes électorales au profit du Bharatiya Janata Party (BJP), la formation de Modi. Alors que la police de Delhi tente coûte que coûte d’empêcher tout rassemblement depuis près de trois semaines, Neha Bora n’a cessé de tenir tête avec panache aux forces de l’ordre.
Les images des interpellations de cette figure de la protestation, en doctorat d’études théâtrales et qui manie avec brio l’art de la mise en scène, inondent les réseaux sociaux et les médias traditionnels. Chacune de ses arrestations – plus de dix gardes à vue au cours des dernières semaines – se transforme en véritable spectacle. On l’aperçoit escaladant les barricades, telle une figure révolutionnaire, livrant des discours enflammés le poing levé, s’enfuyant en courant, la police aux trousses, avant d’être traîné·e à terre puis embarqué·e dans un bus, dont iel s’est parfois échappé·e.
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Source: Le Monde · Carole Dieterich
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