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Après la radiation des listes d’environ 130 millions d’électeurs indiens, dénoncée comme discriminatoire par l’opposition et des ONG, une nouvelle manifestation se tient à New Delhi, dimanche, pour demander le départ du chef de la commission électorale.
A New Delhi, des milliers de personnes se sont rassemblées à l’appel des partis d’opposition, dimanche 1er novembre, pour exiger la démission de Gyanesh Kumar, qui dirige la commission électorale, à la suite de la révision controversée des listes électorales.
Le rassemblement, conduit par Rahul Gandhi, figure de proue de l’opposition et dirigeant du Parti du Congrès, brièvement interpellé lors d’une marche de protestation début octobre, est le dernier d’une série de manifestations dénonçant une réforme que ses détracteurs jugent en faveur du camp du premier ministre, Narendra Modi. La commission électorale, tout comme le Bharatiya Janata Party (BJP) au pouvoir, ont rejeté ces accusations.
Dimanche, des milliers de manifestants, scandant « vol de voix », ont convergé vers le Ramlila Maidan depuis différents quartiers du centre de New Delhi. « Je vote depuis l’âge de 18 ans, et aujourd’hui je découvre que mon nom a été rayé des listes électorales », a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) Nandita, 46 ans, qui n’a souhaité donner que son prénom.
Une démission obtenue en juillet
Les détracteurs de cette révision, qui a entraîné la radiation d’environ 130 millions d’inscrits, disent qu’elle a touché de manière disproportionnée les minorités, en particulier les musulmans. Les autorités électorales soutiennent qu’elle visait à éliminer les doublons, les défunts et les fraudeurs.
Mercredi, l’ONG Human Rights Watch avait dénoncé un mécanisme « arbitraire et profondément vicié », appelant les autorités à « abandonner immédiatement ce processus qui prive les populations les plus marginalisées de leur droit de vote et d’autres services publics ».
Depuis des semaines, les partis d’opposition et le Parti du peuple cafard (Cockroach Janta Party, CJP), se mobilisent, exigeant la démission de Gyanesh Kumar.
Des manifestations organisées par le CJP en juillet, à la suite de fraudes présumées lors d’examens universitaires, avaient conduit à la démission de Dharmendra Pradhan, le ministre de l’éducation, le 25 juillet, au sixième jour de la fronde des étudiants qui exigeaient son départ.
Une rare concession de M. Modi qui s’est forgé, en plus de dix ans au pouvoir, une image de dirigeant à la détermination sans faille. Le mois dernier, les autorités ont arrêté des milliers de manifestants, déclenchant une vague de critiques, les opposants accusant le gouvernement de museler la contestation.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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