Une manifestation et un colloque de l'extrême droite radicale qui devaient se dérouler ce week-end ont été interdits, selon les déclarations jeudi 29 octobre des autorités. La préfecture des Hauts-de-Seine craint "des risques de troubles à l'ordre public notamment à la suite de l'attentat de Trappes", a précisé le préfet.

Près d'une semaine après l'attentat raciste dans les Yvelines, ces interdictions interviennent également sur fond d'appels à des contre-manifestations, au moment où le climat politique se tend considérablement en France, à six mois de l'élection présidentielle.

"À la demande du ministre de l'Intérieur, au regard des risques de troubles à l'ordre public notamment à la suite de l'attentat de Trappes, le préfet de police et le préfet des Hauts-de-Seine ont pris respectivement des arrêtés d'interdiction" pour le forum organisé samedi au Plessis-Robinson et la manifestation prévue à Paris dimanche, écrit, sur le réseau social X, le préfet du 92.

À lire aussiPour les électeurs de Marine Le Pen, "c’est faux de dire que le RN incite à la haine"

Ces dernières heures, les appels à la "mobilisation antifasciste", venus d'organisations de gauche et de syndicats, se sont multipliés. 

Ils appelaient notamment à manifester samedi matin devant la Maison des arts du Plessis-Robinson.

Dans cette ville des Hauts-de-Seine, devait également se tenir cette conférence intitulée : "Remigration - ouvrons le débat", organisée par l'ancien élu du Front national Jean-Yves Le Gallou, et son "Think Tank identitaire" Polémia.       

Ce mot de "remigration" est employé par l'extrême droite radicale pour définir sa politique d'expulsion de masse des personnes d'origine étrangère.

"Gouvernement aux abois"

Dans son arrêté, le préfet des Hauts-de-Seine justifie notamment cette interdiction en estimant que cette initiative repose "sur une idéologie xénophobe et raciste, fondée sur la conviction que les immigrés, sont tous, par essence, constitutifs d'une menace pour l'avenir des pays européens et n'ont pas vocation à séjourner en Europe".

Jean-Yves Le Gallou a répondu sur X et dénoncé un "gouvernement aux abois" qui "laisse les casseurs pilleurs gambader dans les villes tout en interdisant les colloques de réflexion pour complaire à la gauche", en référence aux violents débordements du 17 octobre.  

"Polémia a engagé un référé liberté (procédure d'urgence) pour obtenir l'annulation de ce délire liberticide", devant la justice administrative, a poursuivi Jean-Yves Le Gallou. 

Dimanche, le collectif Objectif Remigration organisait une manifestation, un évènement également interdit par la préfecture de police de Paris. 

"Nous déposons dès maintenant un référé liberté afin de permettre à notre manifestation de se tenir dimanche !", a annoncé à l'AFP le porte-parole du collectif, Stanislas Tyl. 

Des contre-manifestations organisées

Depuis l'attentat raciste dans les Yvelines vendredi 23 octobre, où un homme noir a été tué et sept autres personnes blessées, la gauche mais aussi des figures plus centristes reprochent à l'extrême droite et à certains médias d'avoir créé un terreau favorable au passage à l'acte.

"Pendant trois jours, l'extrême droite entend faire de Paris et des Hauts-de-Seine le théâtre de sa propagande raciste en organisant des événements sur le thème de la 'remigration'", ont dénoncé, dans un communiqué mercredi soir, une vingtaine d'organisations, la plupart locales, dont Plessis Insoumis, NousToutes92 ou encore Utopia56.

"Derrière le terme de 'remigration', un projet politique : la déportation massive de personnes racisées", ont critiqué les signataires, appelant à barrer "la route aux fascistes et à leur poison meurtrier". 

À lire aussiAttentat de Trappes : "Il y a une continuité entre les discours de haine et les actes"

Les organisations appelaient à se réunir à 16 h 30 vendredi devant une librairie du VIIe arrondissement de Paris pour dénoncer la séance de dédicace du militant autrichien Martin Sellner, figure de la mouvance identitaire radicale, qui vient présenter un ouvrage intitulé "Remigration".

Elles donnaient également rendez-vous samedi matin au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), là où devait se tenir le colloque, tout comme la CGT92 et le groupe LFI à l'Assemblée nationale.

"Quelques jours après l'attentat raciste de Trappes qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, le gouvernement laisse s'organiser un week-end néonazi entre Paris et Plessis-Robinson", avait écrit dans un communiqué le groupe LFI à l'Assemblée nationale.

"Au programme" de ce colloque, selon les Insoumis, "toutes les figures de proue de l'extrême droite européenne la plus virulente : Eric Zemmour, Alice Cordier, l'AfD allemande, le Vlaams Belang et le mouvement Restore Britain".

Dans un communiqué distinct, les organisations syndicales CFDT Hauts-de-Seine, CGT 92, FO 92, FSU 92 et l'Union syndicale Solidaires 92 avaient demandé "l'annulation de cet événement".

Enfin dimanche, la vingtaine d'organisations avait prévenu d'un contre-rassemblement pour s'opposer à la manifestation prévue à Paris par le collectif Objectif Remigration.

Avec AFP

Source: France 24 · FRANCE 24

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira