En remportant la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants, les démocrates infligent un revers majeur à Donald Trump. De ce côté-ci de l’Atlantique, les partis cherchent déjà les leçons à en tirer pour 2027.

Les États-Unis viennent de connaître «une vague bleue» . Les résultats des élections de mi-mandat du mardi 3 novembre sont très nets : le parti démocrate remporte la majorité au Sénat ainsi qu’à la Chambre des représentants, infligeant un revers majeur au président républicain Donald Trump. Une victoire rendue possible grâce au basculement de certains bastions historiques des Républicains, comme l’Iowa, le Texas ou le Kansas.

À moins de six mois de l’élection présidentielle en France, la gauche et La France insoumise (LFI) y voient un signe d’espoir, face à une élection qui semble presque jouée d’avance. Dans les intentions de vote, la quadruple candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, semble indéboulonnable et gagnante dans tous les cas de figure. Elle est donnée entre 35 à 37% dans le dernier sondage Ifop pour LCI, publié le 3 novembre.

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«En France, nous le ferons»

«Après la défaite de Bolsonaro au Brésil, voilà le camouflet électoral de Trump aux États-Unis. Partout dans le monde, c’est la mobilisation populaire qui permet de faire reculer l’extrême droite», se réjouit sur X (ex-Twitter) Manuel Bompard, coordinateur du parti Insoumis et très proche de Jean-Luc Mélenchon. « En France aussi, nous le ferons», promet-il. Dans l’étude Ifop pour LCI le leader Insoumis maintient et renforce sa position de deuxième favori du scrutin, crédité à 17,5% dans trois configurations sur quatre.

«Ces élections américaines marquent la victoire de la démocratie et de la décence», a salué de son côté le social-démocrate Raphaël Glucksmann. Le candidat du PS y voit la preuve qu’«il n’y a aucune fatalité en politique». «La corruption érigée en système et la politique de la détestation ont connu cette nuit une défaite cinglante», poursuit-il encore sur le réseau social X.

Dans une longue publication sur X, comme elle en a l’habitude, la candidate des Écologistes Marine Tondelier détaille : «Ce vote vient sanctionner sa deuxième présidence apocalyptique, qui a fait des États-Unis la risée du monde et a plongé ce dernier dans le chaos». Avant de disserter sur tout le mal qu’elle pense du président élu il y a deux ans : «Son racisme, sa misogynie, sa transphobie, son climatonégationnisme, sa bêtise, son incompétence, sa vulgarité, son narcissisme, sa cruauté, son complotisme, sa cupidité et sa mythomanie pathologiques viennent enfin de se heurter au mur de la réalité». Et prophétise : «Si notre pays porte au pouvoir le RN l’année prochaine, il connaîtra le même destin tragique que les États-Unis».

Pour Bardella, «il faut respecter le verdict»

À droite et au centre, où certains sont occupés à faire naître une primaire pour départager les candidats à la peine, les réactions aux résultats outre-Atlantique se font plus rares. «Ce n’est la fin ni de nos désaccords entre UE-USA, ni des tensions sur l’Ukraine, Ormuz ou le climat», a rappelé le président des députés MoDem à l’Assemblée, Marc Fesneau. « Aujourd’hui, le ciel s’éclaircit pour ceux qui refusent que l’outrance et la brutalité dictent l’avenir du monde», a-t-il encore écrit, non sans arrière-pensées sur la situation politique française.

Dans le camp nationaliste, la victoire des démocrates laisse un goût amer, au point de ne susciter presque aucun commentaire. Soutiens du président Trump, plusieurs élus du Rassemblement national (RN) s’étaient rendus à sa cérémonie d’investiture en janvier 2025, dont le vice-président du parti lepéniste, Louis Aliot. Invité de RTL pour faire la promotion de son nouvel ouvrage Gouverner  (éd.Fayard), le président du parti, Jordan Bardella, a adopté une réaction sobre. «Il faut respecter le verdict des urnes […] les électeurs sont souverains», a-t-il assuré. Avant d’admettre : « L’intervention américaine en Iran a des conséquences très lourdes. […] Très certainement, il y a un lien». Avant de balayer le signe d’une quelconque vague antinationaliste : «On est dans des contextes très différents».

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L’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo, elle aussi présente à la cérémonie d’investiture de Trump avec Éric Zemmour, s’est gardée de réagir pour le moment. Celle qui assume de s’inspirer du trumpisme assurait en janvier 2025 : «Il y a une véritable convergence sur le fond».

Source: Le Figaro · Anaïs Chaline

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