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Les Européens sont majoritairement convaincus que la Russie constitue une menace pour le Vieux Continent, et continuent à soutenir Kiev. Cependant, à l’heure où le pouvoir d’achat des ménages est rogné par l’inflation, le coût de l’aide militaire à Kiev est de plus en plus montré du doigt, notamment par les partis d’extrême droite ou au sein de la gauche radicale.

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Le chancelier allemand, Friedrich Merz, et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sur la terrasse de la chancellerie, à Berlin, le 3 novembre 2026.

Le nom de l’Ukraine n’était pas écrit sur les pancartes des étudiants en colère. Les lycéens, venus manifester à Paris et en province, le 17 octobre, en criant « Du fric pour l’éducation, pas pour l’armée ! », ont préféré dénoncer les arbitrages budgétaires du président de la République, Emmanuel Macron, appelant, depuis 2022 et l’envoi de chars russes en direction de Kiev, à faire basculer la France et l’Europe dans une « économie de guerre ». Mais aux yeux des experts du conflit russo-ukrainien, il ne fait guère de doute que la grogne de cette jeunesse, devenue le symbole d’une génération malmenée par l’actualité géopolitique, participe du phénomène européen grandissant décrit comme la « war fatigue », cette lassitude à l’égard de la guerre en Ukraine, et alors que l’Union européenne (UE), qui a déjà promis à Kiev 90 milliards d’euros, d’ici à la fin 2027, pourrait transférer encore 47 milliards d’euros supplémentaires.

« On entre dans le débat typique “le beurre ou les canons” », observe Benjamin Martill, maître de conférences en relations internationales à l’université d’Edimbourg. « Au début de la guerre, en 2022, l’Ukraine bénéficiait d’un soutien très fort. Les premières fissures sont apparues vers la fin de l’année suivante », décrit l’expert. A cette époque, des tensions sur le prix de l’énergie sont apparues, alors que Vladimir Poutine faisait du gaz russe, livré aux Européens, une arme. Sur le champ de bataille, l’Ukraine enregistrait des pertes stratégiques. « A ce moment-là, les gens ont commencé à penser : “D’accord, je soutiens l’Ukraine, mais l’argent que nous envoyons semble entrer dans un trou noir car il n’y a pas de perspective réaliste de gagner” », poursuit le chercheur.

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Source: Le Monde · Claire Gatinois, Allan Kaval, Elsa Conesa, Cécile Boutelet, Anne-Françoise Hivert, Florent Georgesco, Stéphanie Le Bars, Philippe Jacqué

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