Le ministre des Transports et le Premier ministre espagnols sont au cœur des critiques, à un mois d'élections législatives anticipées. Le premier pour ses propos mal venus, le second pour des promesses non tenues sur un investissement promis dans le rail, après un premier drame en janvier.

Radio France

Publié le 29/10/2026 11:50

Temps de lecture : 2min

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchezle 16 Octobre 2026. (NICOLAS TUCAT / AFP)
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchezle 16 Octobre 2026. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Alors que les secours continuent d'extraire des corps des amas de ferraille après l'accident ferroviaire qui a fait au moins 69 morts mercredi à Urda, selon un dernier bilan communiqué jeudi 29 octobre en fin de matinée par les autorités régionales, la colère s'empare de la capitale. Plusieurs centaines de manifestants d'extrême droite se sont réunis jeudi sous les fenêtres du ministère des Transports à Madrid. Sur leurs banderoles est inscrit en lettre rouge "criminel". Le rassemblement a viré à l'affrontement avec les forces de l'ordre.

Les manifestants mais aussi les syndicats et l'opposition politique réclament le départ du ministre des Transports, Oscar Puente, qui refuse de partir en pleine crise. Le ministre cristallise en partie la colère en Espagne, déjà parce qu'il n'a pas convaincu mercredi soir lors de sa prise de parole. Il évoque un accident "invraisemblable", avant de défendre la fiabilité du réseau ferroviaire espagnol jugé "sûr et comparable à ceux de ses voisins européens". La déclaration passe mal, d'autant qu'Oscar Puente est en poste depuis trois ans. Il était donc déjà aux commandes lors de l'accident ferroviaire d'Adamuz en janvier dernier. L'enquête sur ce déraillement qui a entraîné l'entrée en collision de deux trains n'est toujours pas terminée. Le drame avait fait 46 morts. Oscar Puente est aussi connu pour ses tweets tranchants sur la plateforme X où il s'en prend régulièrement à ses opposants. "Twitter ce n'est pas votre travail", écrit mercredi soir un footballeur espagnol dans un post repartagé par plusieurs autres joueurs de la sélection nationale.

🚨‼️Marcos Llorente, sobre el accidente de tren en Toledo: "Querido Óscar Puente, Twitter no es tu trabajo, tu trabajo es el transporte público. Que el circo no pare" 📲Carvajal ha reposteado el mensaje https://t.co/W2mK3fibBC

— Diario SPORT (@sport) October 28, 2026

Le Premier ministre Pedro Sánchez se retrouve aussi sous le feu des critiques, à un mois tout pile des élections législatives en Espagne. Cette tragédie trouble la campagne électorale. Le parti de gauche Podemos a annoncé suspendre ses meetings jusqu’à dimanche, pendant les journées de deuil décrétées par le Premier ministre. Un deuil national qui ne sera pas respecté par le parti d'extrême droite Vox qui accuse Pedro Sanchez d'utiliser ce moment de recueillement pour "faire taire les critiques". Un chiffre est sans cesse renvoyé à la figure du Premier ministre : 1,8 milliard d'euros. Il s'agit du montant que Pedro Sánchez avait promis d'investir dans le rail en début d'année, après la catastrophe d'Adamuz. À quoi a servi cet argent s'interroge l'opposition, en tête dans les sondages avant les élections.

Ces législatives anticipées, pourtant convoquées début octobre par Pedro Sánchez, prennent des allures de roulette russe. C'était un coup de poker pour remobiliser la gauche autour du thème logement. Mais le pari semble risqué tant les crises se sont accumulées : vague migratoire à Ceuta, scandales de corruption dans l'entourage du Premier ministre et cette nouvelle catastrophe ferroviaire... Dans une Espagne fracturée, Sánchez a perdu des soutiens à gauche et voit la droite s'allier avec l'extrême droite pour retrouver le pouvoir, après huit ans passés dans l'opposition.

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Source: Franceinfo · franceinfo, Paul Tilliez

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