D’où vient cette pratique du « gerrymandering » ? Quel parti l’utilise le plus ? Est-ce légal ? Et tout cela peut-il finalement se retourner contre celui qui en use ? Manon Romain et Pierre Breteau ont répondu à vos questions.
Live animé par Grégor Brandy et Gabriel Coutagne (service Photo)
Posez votre question à la rédaction :
11:11
La Caroline du Sud, nouvelle cible des stratèges démocrates
Le principal comité d’action politique des démocrates au Sénat a annoncé, hier, qu’il comptait dépenser 750 000 dollars (670 000 euros) dans la course opposant la candidate démocrate, Annie Andrews, à la républicaine Darlene Graham, rapporte Politico. Cet argent doit servir à financer des publicités sur Internet, précise le site politique, selon qui la première publicité pourrait être diffusée dès aujourd’hui.
« La situation se resserre en Caroline du Sud, et les républicains le savent : on n’envoie pas 5 millions de dollars et le président dans un Etat si l’on n’est pas inquiet », a déclaré Lauren French, porte-parole de ce comité d’action politique, en référence à la visite, hier, de Donald Trump en Caroline du Sud, dont nous avions parlé dans ce live. Selon le dernier sondage réalisé par le New York Times, les deux candidates sont à égalité.
Darlene Graham a repris le siège tenu pendant vingt-trois ans par son frère, Lindsay Graham, après sa mort, en juillet. Mais sa campagne a été « plombée par la lassitude des électeurs après plusieurs primaires houleuses, par des interrogations sur son manque d’expérience politique et par un contexte national de plus en plus difficile pour les républicains », résume Politico.
La Caroline du Sud n’est pourtant pas censée être un Etat où une candidate démocrate au Sénat peut s’imposer. Lindsay Graham avait ainsi remporté chacune de ses élections avec au moins dix points d’avance sur son principal adversaire démocrate. En 2024, Donald Trump avait battu Kamala Harris, lors de l’élection présidentielle avec presque 18 points d’avance.
11:04
C’est la fin de ce tchat ! Merci beaucoup pour toutes vos questions. Comme aux Décodeurs nous aimons la géographie, nous voulions vous partager cette carte du dernier redécoupage californien, qui offrira cinq sièges supplémentaires aux démocrates si leurs calculs sont bons. La voici :
Bonne journée à tous et à toutes, nous vous retrouvons mercredi 4 novembre pour l’annonce des résultats.
Manon Romain et Pierre Breteau
10:55 Tchat
« Disperser ses électeurs pour rafler un maximum de circonscriptions d’une courte tête pourrait finalement coûter cher »
Bonjour Aurélien59,
Pour clarifier, le dummymandering (littéralement « redécoupage imbécile ») consiste à effectuer de mauvais calculs électoraux qui se retournent contre leurs auteurs.
Pour créer des circonscriptions plus favorables à son parti, il faut bien rogner sur les avances dont on dispose dans d’autres circonscriptions, en espérant gagner avec le moins de voix « en trop » possible.
Le parti au pouvoir est généralement sanctionné lors des élections de mi-mandat. Or, aujourd’hui, le président Donald Trump – qui avait remporté la majorité des voix au niveau national il y a à peine deux ans – affiche en plus une popularité historiquement faible. Les larges marges obtenues dans certaines zones en 2024 pourraient donc être beaucoup plus faibles lors des élections de mardi 3 novembre. Disperser ses électeurs pour rafler un maximum de circonscriptions d’une courte tête pourrait finalement coûter cher.
Manon Romain
10:46 Tchat
Bonjour Skeptical,
C’est parfaitement possible, car les sondages sont une photographie d’un instant T, avec une méthodologie spécifique. Cela dit, la situation politique et économique est très défavorable à l’administration Trump, sans prendre en compte les sondages ; d’autant que les reportages montrent tout de même un désaveu assez important.
Vous aurez votre réponse le 4 novembre au matin.
Pierre Breteau
10:38 Tchat
« Les commissions électorales ou les élus qui redécoupent les circonscriptions se fondent sur les résultats des dernières élections »
Bonjour Curieux,
Les commissions électorales ou les élus qui redécoupent les circonscriptions se fondent sur les résultats des dernières élections, en l’occurrence, ici, ce sont ceux de la présidentielle de novembre 2024.
Ensuite, ils projettent ces résultats sur des cartes comme celles des sites Dave’s Redistricting ou Maptitude for Redisctricting, qui permettent de simuler un découpage en respectant certaines règles (comme la population équivalente entre les circonscriptions, qu’elles soient continues sans enclaves ou exclaves, etc.).
Il y a tout de même un risque : les électeurs peuvent changer d’avis d’une élection à l’autre, et cela peut se retourner contre les auteurs dans une sorte d’effet boomerang.
Pierre Breteau
Sur Le Monde aujourd’hui
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10:31 Tchat
Bonjour azerty,
Les cartes électorales doivent tout de même suivre quelques règles : les populations des différentes circonscriptions doivent être à peu près égales numériquement, la forme géographique de chaque circonscription doit être d’un seul tenant et relativement « compacte », et elles ne peuvent pas discriminer certaines populations.
Sur ce dernier point, les règles ont néanmoins évolué depuis une décision de la Cour suprême en avril dernier. On considérait jusqu’alors qu’il était impératif d’offrir des circonscriptions « protégées » aux minorités (raciales ou linguistiques) pour qu’elles aient la chance d’élire des représentants issus de leurs rangs au Congrès. Mais la Cour suprême a invalidé ce raisonnement en considérant que le temps où les voix des communautés afro-américaines étaient artificiellement diluées était révolu. Il faudra désormais prouver qu’un Etat a délibérément redécoupé ses circonscriptions dans un objectif de discrimination ethnique pour qu’une carte soit invalidée.
A part dans les Etats qui disposent de commissions indépendantes (ils sont rares), il reste donc bien peu de règles qui limitent les redécoupages agressifs.
Manon Romain
10:28 Tchat
« La pratique est partagée par les deux grands partis américains »
Bonjour Deg,
Selon la docteure en histoire Ludivine Gilli, spécialiste des Etats-Unis, c’est une pratique qui est partagée par les deux grands partis américains : les républicains, de droite, et les démocrates, plus à gauche.
Néanmoins, elle explique que, côté républicain c’est « une stratégie de verrouillage du pouvoir » à partir des années 1970. A partir de la victoire de Barack Obama en 2008, ils mettent d’ailleurs en place un plan pour ce faire, le Redistricting Majority Project (« projet de redécoupage électoral majoritaire »), ou Redmap.
Et puis il y a Donald Trump qui, courant 2025, a littéralement demandé aux Etats républicains de reprendre leur carte électorale pour lui garantir de nouveaux élus – huit d’entre eux se sont exécutés (Texas, Louisiane, Ohio, Floride, Tennessee, Alabama, Missouri, Caroline du Nord). « Ça, c’est vraiment inédit », dit Mme Gilli, d’autant que ce sont les Etats qui ont la main sur les élections, pas l’Etat fédéral.
Pierre Breteau
10:14 Tchat
Bonjour Loin,
En France, plutôt pas pour répondre à votre question : la Constitution n’impose pas de redécoupage périodique des circonscriptions législatives en fonction du recensement – aux Etats-Unis, c’est le cas, tous les dix ans. Ainsi, il n’y en a eu que deux depuis le début de la Ve République : en 1986 et en 2010. Lors de ce dernier redécoupage sous le gouvernement Fillon, 11 sièges ont été créés pour les Français de l’étranger, et il a fallu redécouper tout l’Hexagone.
Le redécoupage électoral a été critiqué par l’opposition de gauche à l’époque, qui perdait possiblement 12 sièges selon les calculs du collectif Regards citoyens, le MoDem en gagnait un.
Le Conseil constitutionnel, qui avait insisté sur les « bases essentiellement démographiques » du redécoupage, a validé la nouvelle carte électorale, tout comme avant elle la commission indépendante. D’ailleurs deux ans plus tard, la gauche était majoritaire à l’Assemblée avec 328 députés sur 577.
Par ailleurs, il y a en France davantage d’écart de population entre les circonscriptions qu’aux Etats-Unis, où elle doit être strictement égale. Nous avions écrit un article sur cette question avant la présidentielle en 2022.
Lire aussi :
Pierre Breteau
10:06 Tchat
« Ces dernières années, les cartes électorales ont été largement modifiées, avec des intérêts partisans très clairs »
Bonjour Harry, ces dernières années, les cartes électorales ont été largement modifiées, avec des intérêts partisans très clairs. Alors qu’elles le sont normalement tous les dix ans, après le recensement de la population, plusieurs Etats ont décidé de redécouper leurs circonscriptions en amont des midterms, soit, comme disent les Américains, « en milieu de cycle ».
Côté républicain, le Texas emporte la palme du redécoupage le plus agressif (il arrive en tête d’un classement établi cette semaine par The New York Times). En août 2025, le Congrès local a adopté une nouvelle carte dont le but affiché est d’offrir 30 des 38 sièges aux républicains (contre 25 aux élections de 2024). Les voix souvent démocrates des centres-villes ont été diluées dans des circonscriptions plus rurales (et donc plus favorables aux républicains).
Côté démocrate, la Californie a riposté en dérogeant (grâce à un référendum) à sa Constitution qui prévoit qu’une commission indépendante soit chargée du découpage électoral. L’objectif est d’annuler la réforme texane en offrant 5 sièges supplémentaires aux démocrates.
Manon Romain
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09:55 Tchat
Le tchat avec les Décodeurs sur le « gerrymandering » commence
Vous pouvez continuer à poser vos questions à nos journalistes Manon Romain et Pierre Breteau en n’oubliant pas le terme « #TCHAT » au début de votre message.
Lire aussi :
09:30
Dans l’Ohio, le candidat républicain au poste de gouverneur arrête de diffuser une publicité électorale très controversée
Vivek Ramaswamy, le candidat républicain au poste de gouverneur de l’Ohio, a annoncé que sa campagne ne diffuserait plus la très polémique publicité électorale dans laquelle la mère de son opposante accuse sa fille d’être une menteuse et appelle à ne pas voter pour elle. « Elle est allée jusqu’à son terme et nous avons diffusé quatre autres publicités », a assuré l’ancien allié d’Elon Musk et ex-candidat à la primaire républicaine, rapporte le Guardian.
Cette publicité a été particulièrement controversée car la candidate démocrate, Amy Acton, n’a pas vu sa mère depuis l’inculpation de son beau-père, accusé de l’avoir violée en 1978 – elle avait alors 12 ans. Sa mère était restée avec lui et, ensemble, ils avaient quitté l’Etat où il était accusé du viol. Les démocrates, ainsi qu’une partie des républicains, se sont insurgés contre cette attaque, mais ce n’est pas le cas de tous. Ainsi, Donald Trump et J. D. Vance se sont abstenus de le faire.
Dans une autre publicité électorale en forme de réponse, l’équipe de campagne de la candidate démocrate demandait jusqu’où Vivek Ramaswamy était prêt à aller, tandis qu’Amy Acton s’est exprimée à ce sujet lors d’un événement de campagne, jeudi : « Mon frère et moi avons vécu bien des épreuves, subissant de nombreux sévices et une grande négligence. Nous avons été pris en charge à maintes reprises par les services de protection de l’enfance. (…) Mon adversaire a choisi, en toute connaissance de cause, d’exploiter mon enfance. (…) Il agit ainsi dans une tentative désespérée de sauver sa campagne, qui est en difficulté. Mais laissez-moi vous dire, monsieur Ramaswamy : cela ne fonctionnera pas. »
Selon les derniers sondages, les deux candidats sont au coude-à-coude dans cet Etat dont les électeurs avaient majoritairement voté pour Donald Trump en 2024, en lui donnant plus de 11 points d’avance.
09:15
Un tchat avec les Décodeurs sur le « gerrymandering »
Nos collègues Manon Romain et Pierre Breteau viendront répondre à vos questions à partir de 10 heures sur le gerrymandering, l’art de modifier la carte électorale à son avantage.
D’où vient cette pratique ? Quel parti l’utilise le plus ? Est-ce légal ? Et tout cela peut-il finalement se retourner contre celui qui en use ?
Lire aussi :
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les leur poser en n’oubliant pas le terme « #TCHAT » avant le début de votre message. Début du tchat à 10 heures.
08:39
Plus de 11 milliards de dollars dépensés en publicité politique, un record aux Etats-Unis
Les dépenses et réservations publicitaires politiques ont dépassé 11,2 milliards de dollars sur le cycle électoral 2025-2026, selon les chiffres publiés le 27 octobre par le cabinet spécialisé AdImpact, un record, supérieur à celui du cycle présidentiel de 2024, jusqu’ici considéré comme le plus coûteux de l’histoire américaine.
Le pouvoir d’achat est au cœur de cette bataille publicitaire. Pas moins de 801 millions de dollars ont été consacrés à des spots télévisés concernant le coût de la vie dans les principales courses électorales, dont 401 millions par les démocrates et 311 millions par les républicains, selon Politico. Ces derniers mettent notamment en avant leurs baisses d’impôts de 2025.
Cette course aux dépenses publicitaires avantage les républicains, qui disposent, selon Politico, de ressources financières plus importantes que leurs adversaires démocrates. Les donateurs conservateurs continuent notamment d’investir massivement dans les Etats disputés, comme le Texas, où le Parti républicain cherche à conserver un siège crucial pour sa majorité au Sénat.
Mais les démocrates estiment que l’argent ne suffit pas à convaincre les électeurs confrontés à la hausse du coût de la vie, notamment dans les supermarchés et les stations-service.
Selon un sondage Reuters/Ipsos cité par Politico, l’avance des démocrates sur les républicains dans les intentions de vote est passée de deux points à la fin de juillet à 13 points trois mois plus tard, parallèlement à une remontée des prix de l’essence.
Le gallon d’essence (3,785 litres) coûte désormais en moyenne 4,22 dollars, selon l’association automobile AAA. Politico explique que, si ce niveau se maintient, les prix à la pompe pourraient atteindre le 3 novembre leur niveau le plus élevé jamais enregistré lors d’un jour d’élection aux Etats-Unis.
06:09 L’essentiel
Ce qu’il faut savoir, vendredi 30 octobre, à 6 heures
- Donald Trump a annulé ses meetings prévus ce week-end, dans le Kansas et l’Iowa. Le Parti républicain a annoncé jeudi que le président américain participerait à la place à « un grand nombre de meetings virtuels ». Interrogé par un journaliste qui lui demandait s’il était fatigué de sillonner le pays pour faire campagne, le locataire de la Maison Blanche, âgé de 80 ans, s’est montré très agressif.
- Mary Peltola, la candidate démocrate au poste de sénatrice en Alaska, est visée par des soupçons de manœuvre électorale. Une enquête du New York Times affirme que son équipe de campagne a recruté un candidat du même nom que son adversaire, le républicain Dan S. Sullivan, afin de tromper les électeurs. Mme Peltola a assuré jeudi qu’elle « ne savait rien ».
- Le département de la justice américain accélère son enquête sur une possible manœuvre électorale des démocrates en Alaska. Il a, par ailleurs, déposé une nouvelle plainte visant à bloquer la certification des résultats du scrutin sénatorial en cas de défaite serrée du candidat républicain Dan S. Sullivan.
- Au Texas, J. D. Vance durcit le ton contre les démocrates. En campagne pour soutenir le républicain Ken Paxton, le vice-président américain a accusé les démocrates de vouloir « humilier » les électeurs de cet Etat.
- La popularité de Donald Trump au plus bas, à des niveaux rarement atteints depuis 1946. Selon une enquête du Pew Research Center réalisée au début d’octobre, seuls 30 % des Américains approuvent son action, rapporte Time.
05:17
Mary Peltola, la candidate démocrate au poste de sénateur en Alaska, nie être au courant d’une manœuvre électorale
Eclaboussée par une enquête du New York Times sur une possible manœuvre électorale, la candidate démocrate au poste de sénateur en Alaska, Mary Peltola, a assuré jeudi qu’elle « ne savait rien ».
« Je veux juste mettre les choses au clair, a-t-elle réagi au cours d’un discours à Juneau, la capitale de l’Etat, je ne savais rien des autres candidats figurant sur le bulletin de vote hormis moi-même et le candidat sortant. C’est tout ce que j’ai toujours su. Je n’ai aucune intention de tromper les électeurs. »
L’enquête du New York Times affirme que l’équipe de Mary Peltola a volontairement recruté un candidat du même nom que son adversaire, le républicain Dan S. Sullivan, afin d’apporter de la confusion parmi les potentiels électeurs du sénateur sortant.
Le département de la justice américain a déposé une nouvelle plainte, jeudi, visant à bloquer la certification des résultats du scrutin en Alaska, en cas de défaite serrée du candidat républicain.
01:07 Urgent
Donald Trump annule ses meetings du week-end
Le Parti républicain a annoncé jeudi que deux meetings que devait animer Donald Trump ce week-end dans le Kansas et l’Iowa n’auraient pas lieu, et que le président américain participerait à la place à « un grand nombre de meetings virtuels ».
Interrogé par un journaliste de l’agence de presse Reuters qui lui demandait s’il était fatigué de sillonner le pays pour faire campagne, le président américain, âgé de 80 ans, a répondu avec une grande agressivité. « Vous êtes malade de poser cette question ! Vous êtes malade ! », s’est-il emporté pendant un échange sur le tarmac avant un déplacement en Caroline du Nord. « Je me sens parfaitement bien », a-t-il lancé.
« Les républicains étant en bonne position dans le Kansas et l’Iowa, les meetings en personne qui étaient à l’origine prévus dans ces Etats n’auront pas lieu », a annoncé le parti dans un communiqué de presse. « Le président Trump doit participer à un grand nombre de meetings virtuels, qui permettent d’atteindre plus d’électeurs dans le temps limité qu’il reste avant la fin du scrutin [le 3 novembre] », a justifié le comité national républicain, qui évoque de tels meetings virtuels, avec la participation, donc, de Donald Trump, dans « près de 20 Etats ».
Le 30/10 à 00:27
Le département de la justice américain dépose une nouvelle plainte en vue de la sénatoriale en Alaska
Après les révélations du New York Times sur une possible manœuvre électorale orchestrée par le camp démocrate, le département de la justice américain a déposé une nouvelle plainte visant à bloquer la certification des résultats du scrutin sénatorial en Alaska, en cas de défaite serrée du candidat républicain Dan S. Sullivan.
Selon une enquête du quotidien américain, l’entourage de la candidate démocrate, Mary Peltola, aurait recruté un candidat portant le même nom que le sénateur sortant afin d’apporter de la confusion au préjudice du camp républicain.
« Ils ont orchestré cette campagne factice dans le but de tromper les électeurs de l’Alaska et de faire élire Peltola », écrit le département de la justice dans sa nouvelle plainte en s’appuyant sur l’article du New York Times.
L’équipe de campagne de Mary Peltola nie toute implication mais cet épisode pourrait augurer d’une longue bataille judiciaire dans cet Etat.
Le 29/10 à 22:30
Interrogé sur l’annulation de son meeting au Kansas et sur son état de santé, Trump s’emporte contre un journaliste de Reuters
Donald Trump s’en est vivement pris jeudi à un journaliste de Reuters qui lui demandait si l’annulation de son meeting prévu samedi au Kansas était liée à la fatigue accumulée après plusieurs semaines de campagne. « Vous êtes malade de poser cette question ! Vous êtes malade ! », a répliqué le président américain, avant de demander à son interlocuteur pour quel média il travaillait. « Reuters est épouvantable. Regardez ce type, il n’est vraiment pas en forme », a-t-il poursuivi. « Je me sens parfaitement bien. Vous êtes répugnant. Remettez-vous en forme. Vous avez une mine affreuse », a-t-il ajouté.
Trump a assuré avoir renoncé à son déplacement au Kansas parce que le sénateur républicain sortant, Roger Marshall, qu’il devait soutenir avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, « se porte très bien ». Il a annoncé qu’il participerait à un meeting par téléphone et se rendrait vendredi en Floride. Le président, qui multiplie les déplacements électoraux depuis plusieurs semaines, a récemment reconnu avoir la voix enrouée.
Le 29/10 à 21:55
Le ministère de la justice accélère son enquête sur une possible manœuvre électorale des démocrates en Alaska
La campagne sénatoriale en Alaska est secouée par les révélations du New York Times selon lesquelles des démocrates proches de Mary Peltola auraient contribué à recruter un candidat portant le même nom que le sénateur républicain sortant, Dan Sullivan, afin de semer la confusion parmi les électeurs.
Le sénateur sortant a publié une vidéo de campagne exploitant ces révélations. On y entend notamment l’ancien directeur de campagne de Mary Peltola affirmer que la candidate démocrate, sans avoir directement participé à cette opération présumée, en était « parfaitement informée ». La vidéo reprend également des propos tenus par Mary Peltola lors d’un débat électoral : « Je pense que les habitants de l’Alaska en ont assez des mensonges et de la malhonnêteté. »
Selon CNN, le ministère de la justice américain (DOJ) a accéléré son enquête pénale sur cette affaire, délivrant de nouvelles assignations devant un grand jury. Le DOJ n’a pas publié de communiqué officiel détaillant ces mesures.
L’affaire fait également l’objet d’une enquête parlementaire. Selon Axios, le républicain James Comer, président de la commission de contrôle de la Chambre des représentants, réclame l’audition d’Elisa Rios et du consultant démocrate Jerid Kurtz, soupçonnés d’avoir participé au recrutement de l’homonyme. Il menace de les contraindre à témoigner par voie d’assignation. Aucun des deux n’a répondu aux sollicitations d’Axios.
Donald Trump a mis en doute la possibilité pour Mary Peltola de se présenter et évoqué sa disqualification. J. D. Vance a dénoncé une « faute morale », tandis que le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, a accusé les démocrates de manœuvres déloyales.
L’équipe de campagne de Mary Peltola et les responsables démocrates démentent toute implication. Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, affirme n’avoir eu aucune connaissance de ces démarches.
Lire aussi :
Le 29/10 à 21:41 Vos questions
Bonsoir,
depuis 1913, les sénateurs sont élus au suffrage universel direct, pour un mandat de six ans. Le Sénat est renouvelé par tiers tous les deux ans : les deux sénateurs d’un même Etat ne sont donc normalement pas élus lors du même scrutin.
Lors des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, 33 sièges sont soumis au renouvellement ordinaire, auxquels s’ajoutent d’éventuelles élections partielles.
Dans la plupart des Etats, le candidat qui recueille le plus de voix l’emporte. Mais les règles varient : la Géorgie impose notamment un second tour si aucun candidat n’obtient la majorité absolue.
Le contexte
Ce live a également été animé Oscar Korbosli.
Le Monde lance un direct consacré aux midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, alors que de nombreux sondages annoncent « une vague bleue » et la reprise en main du Congrès par le Parti démocrate.
Les dernières informations. Vous y trouverez toute l’actualité liée au vote du 3 novembre : déclarations politiques, meetings de campagne ou encore décryptages de polémiques, mais aussi des graphiques et des infographies.
Un espace d’échange. Nous sommes aussi ici pour répondre (dans la mesure du possible) à vos questions sur le fonctionnement des différents scrutins, sur leurs enjeux, etc. N’hésitez pas à envoyer des messages, et même à partager des informations que vous jugez utiles.
Vu des Etats-Unis. Vous retrouverez aussi les reportages, les analyses et les décryptages de tous nos correspondants sur place, qui répondront à vos questions au cours des prochains jours.
Source: Le Monde · Grégor Brandy et Gabriel Coutagne (service Photo)
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