Les démocrates ont-ils vraiment une chance de reprendre les deux chambres du Congrès ? Comment les Américains réagissent-ils après deux années de présidence Trump ? Notre journaliste sera en tchat à partir de 16 heures.

Live animé par Grégor Brandy et Gabriel Coutagne (service Photo)

Le président américain Donald Trump, lors d’un rassemblement en soutien à Ken Paxton, candidat républicain au Sénat américain, à Corpus Christi (Texas), aux Eats-Unis, le 27 octobre 2026. - KEVIN LAMARQUE/REUTERS
Le président américain Donald Trump, lors d’un rassemblement en soutien à Ken Paxton, candidat républicain au Sénat américain, à Corpus Christi (Texas), aux Eats-Unis, le 27 octobre 2026. KEVIN LAMARQUE/REUTERS

Posez votre question à la rédaction :

15:27

Posez vos questions à notre correspondant aux Etats-Unis, Piotr Smolar

Piotr Smolar, le correspondant du Monde à Washington, viendra répondre, à partir de 16 heures, à vos questions sur les enjeux politiques des élections de mi-mandat.

Les démocrates ont-ils vraiment une chance de reprendre les deux chambres du Congrès ? Comment les Américains réagissent-ils après deux années de présidence Trump ? Quelles seraient les conséquences d’une défaite des républicains pour la fin du mandat de Donald Trump ?

Lire aussi :

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les lui poser en n’oubliant pas le terme « #TCHAT » avant le début de votre message. Début du tchat à 16 heures.

15:16

Donald Trump se rendra finalement dans le Kansas et l’Iowa, ce week-end, annoncent plusieurs médias américains

Le président américain ira bien dans le Kansas et l’Iowa, a annoncé un responsable de la Maison Blanche, rapportent l’agence de presse américaine Associated Press, la chaîne CNN et le New York Times.

Hier, le Parti républicain avait pourtant annoncé que les deux meetings que Donald Trump devait animer ce week-end n’auraient pas lieu, et que le président américain participerait à la place à « un grand nombre de meetings virtuels ».

Interrogé par un journaliste qui lui demandait s’il était fatigué de sillonner le pays pour faire campagne, le locataire de la Maison Blanche, âgé de 80 ans, s’était montré ensuite très agressif.

Le Kansas et l’Iowa sont habituellement acquis aux républicains, mais les candidats du parti présidentiel se retrouvent parfois dans des courses très serrées, selon les derniers sondages.

15:01

Le vote anticipé en forte hausse par rapport à 2022

« Le vote anticipé continue de dépasser largement les niveaux observés lors des précédentes élections de mi-mandat », rapporte l’agence de presse américaine Associated Press (AP), alors que des millions d’Américains supplémentaires ont déjà exprimé leur suffrage, avec des hausses particulièrement marquées dans les États où se jouent des élections sénatoriales très disputées.

A l’échelle nationale, plus de 43 millions d’Américains ont déjà voté, soit en personne, soit par correspondance, un chiffre supérieur de près de 10 millions à celui enregistré en 2022, écrit AP, qui se base sur des chiffres recueillis mercredi.

Cette progression est particulièrement nette au Texas, où plus de 6,3 millions de personnes ont déjà voté, soit une augmentation de 50 %, par rapport à 2022. Le vote anticipé a également progressé de plus de 30 % par rapport à la même période il y a quatre ans dans le Maine, le Michigan, la Caroline du Nord et le Kansas, où les élections sénatoriales sont très disputées. En Caroline du Sud, le vote anticipé a bondi de 83 %.

Dans les Etats qui communiquent des informations sur l’affiliation politique des électeurs, environ 6,8 millions de démocrates et 5,2 millions de républicains ont déjà voté. Ces chiffres ne reflètent toutefois pas l’ensemble des électeurs ayant voté par anticipation à l’échelle nationale, et ne précisent pas non plus pour quels candidats ces suffrages ont été exprimés.

Lire aussi :

14:46 Vos questions

Bonjour,

Donald Trump a apporté son soutien tardif, mais décisif, à Ken Paxton lors de la primaire républicaine. Celui qui est aujourd’hui le candidat du Parti républicain était alors opposé au sénateur sortant, John Cornyn, qui avait affiché publiquement ses désaccords avec le président républicain à plusieurs reprises. « John Cornyn est un homme bien, et j’ai bien travaillé avec lui, mais il ne m’a pas soutenu dans les moments difficiles », avait expliqué le président au moment de son choix, rapporte la BBC, qui écrivait alors que Donald Trump avait fait le choix de soutenir « un allié proche », qui a presque toujours survécu aux polémiques.

En effet, la carrière de Ken Paxton a semblé, à plusieurs reprises, être sur le point de s’écrouler ces dernières années, rappelle l’Agence France-Presse. L’actuel procureur général du Texas a notamment fait face en 2023 à une procédure en destitution devant le Parlement local pour des accusations de corruption et d’abus de pouvoir. Son divorce, demandé par son épouse en 2025 pour « raisons bibliques », l’a plongé dans un retentissant scandale d’adultère. Plus récemment, une vidéo publiée par The Wall Street Journal le montrait faire la fête à Dubaï à la fin de 2024 avec deux Américains recherchés par la justice.

Fidèle du milliardaire républicain, Ken Paxton se présente comme un candidat ultraconservateur, prêt comme le clame son site de campagne à ne faire « aucun compromis ». En tant que procureur général, il a lutté ardemment contre le droit à l’avortement ainsi que contre les normes de protection de l’environnement. Il place la religion au centre de sa plateforme politique, mais avec une vision radicalement différente du christianisme, tournée vers l’idée que les Etats-Unis ont été fondés sur des principes bibliques. Il dit aussi vouloir accéder au Sénat pour y « porter le flambeau du programme de Trump ».

Avant même la victoire de Ken Paxton lors de la primaire républicaine, notre correspondant à Washington écrivait qu’un succès du candidat adoubé par le président américain « offrirait certes une petite satisfaction supplémentaire à Donald Trump, mais elle ne ferait que consolider les espoirs démocrates d’arracher enfin une victoire au Texas, pour la première fois depuis plus de trente ans ».

Selon le dernier sondage du New York Times, Ken Paxton compte six points de retard sur le démocrate James Talarico. Ce dernier est en mesure de devenir le premier sénateur démocrate du Texas depuis 1993.

14:24

Le pape a voté pour les élections de mi-mandat

Le pape Léon XIV a voté pour les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, a annoncé le service de presse du Vatican dans un communiqué. « Le pape Léon XIV a exercé son droit de vote en tant que citoyen des Etats-Unis chaque fois qu’il en a eu l’occasion », et, « conformément à cette pratique bien établie de participation civique, le pape a envoyé son bulletin de vote par courrier à Chicago », précise le communiqué.

Plus tôt, le Chicago Sun Times avait révélé que le premier pape issu des Etats-Unis était toujours inscrit sur les listes électorales de l’Illinois et qu’il avait demandé à recevoir un bulletin pour voter par correspondance. « Les archives montrent que [Robert] Prevost a voté aux primaires républicaines de 2012, 2014 et 2016, ainsi qu’aux élections générales de 2012, 2014, 2018 et 2024. Il a également voté aux primaires démocrates de 2008 et 2010 », écrit le quotidien local.

Sur Le Monde aujourd’hui

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13:52

L’effet repoussoir des data centers pourrait avoir des conséquences négatives pour certains candidats républicains

La défiance envers les data centers aux Etats-Unis « pourrait menacer les républicains dans des Etats où la compétition est serrée, comme le Texas et l’Ohio », rapporte The Hill, qui se base sur plusieurs entretiens avec des experts, selon qui « des mouvements citoyens au sein des communautés rurales menacent le vote rural sur lequel le Parti républicain s’appuie depuis des décennies ».

Le site d’information politique souligne, par exemple, que dans la course au Sénat dans l’Ohio, cette question pousse les électeurs vers le démocrate Sherrod Brown, opposé au sénateur républicain Jon Husted, déjà critiqué pour sa promotion passée des data centers.

L’organe central de campagne des républicains avait anticipé cet angle d’attaque dès cet été et qualifiait les data centers de « boulet que [Jon] Husted traîne à ses pieds ». « Les patrons des entreprises spécialisées dans l’IA et les hauts responsables républicains partagent cette panique grandissante. Ils nous confient que des sondages internes montrent que les centres de données sont aussi populaires que les déchets nucléaires et, plus largement, qu’ils sont devenus un indicateur de l’opinion publique sur l’IA », écrivait alors Axios.

Les questions sur les data centers feront partie des sujets les plus mis au vote lors des élections locales le 3 novembre. Le site spécialisé Ballotpedia a ainsi recensé 41 mesures les concernant qui seront soumises aux électeurs mardi prochain.

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13:28

Donald Trump attendu en Floride, aujourd’hui

Après l’Ohio et la Caroline du Sud, le président américain est attendu en Floride, l’Etat où il est domicilié, à Daytona Beach, à 19 heures (minuit à Paris), annonce Politico dans son briefing matinal.

The Hill rapportait hier que cet Etat pourtant solidement républicain avait été ajouté à la liste de ceux qui sont dans le viseur des démocrates. La candidate républicaine Ashley Moody y est défiée par la démocrate Angie Nixon.

Politico précise, par ailleurs, que le président américain « organisera également une vingtaine de rassemblements à distance dans des Etats tels que le Texas, le Kansas, l’Iowa, New York, la Pennsylvanie et le Michigan, durant les derniers jours de la campagne ».

Hier, le Parti républicain a annoncé que deux meetings que Donald Trump devait animer ce week-end en présentiel, dans le Kansas et l’Iowa, n’auraient pas lieu, et que le président américain participerait à la place à « un grand nombre de meetings virtuels ». Interrogé par un journaliste qui lui demandait s’il était fatigué de sillonner le pays pour faire campagne, le locataire de la Maison Blanche, âgé de 80 ans, s’est montré très agressif.

13:04

Le gouverneur de l’Alaska ne s’engage pas à certifier les résultats de l’élection sénatoriale en cas de victoire de la candidate démocrate

Le gouverneur de l’Alaska, le républicain Mike Dunleavy, a laissé entendre que l’Etat pourrait refuser de certifier les résultats de l’élection pour le Sénat si la démocrate Mary Peltola s’impose. Cet Etat est actuellement au centre d’une polémique après que le New York Times a révélé que le recrutement d’un homonyme du sénateur sortant républicain avait été orchestré par l’entourage de Mary Peltola.

Interrogé sur la question de la certification des résultats en cas de victoire de la candidate démocrate, le gouverneur Mike Dunleavy a affirmé, sur NewsNation, que « cela va poser un vrai problème ». « On va enquêter, on va suivre la loi. Si l’on conclut que certaines choses qui n’auraient pas dû se produire, qui sont illégales, ont eu lieu, nous agirons. Et cela pourrait, en fait, avoir une incidence sur le fait qu’une personne siège ou non au Sénat américain », a-t-il poursuivi. Avant d’affirmer : « Nous allons faire en sorte de ne pas envoyer une arnaque à Washington. »

Le camp démocrate a rapidement réagi, rapporte Axios, et a déclaré que « la menace de [Mike] Dunleavy d’aller à l’encontre de la volonté des électeurs de l’Alaska illustre parfaitement ce que les habitants de cet Etat détestent dans la politique partisane, et explique pourquoi il est le gouverneur le moins populaire du pays ». Et d’ajouter : « Mary [Peltola] ne se laissera pas intimider par [Mike] Dunleavy, [le candidat républicain Dan] Sullivan ou l’un quelconque de leurs alliés de Washington qui tentent de voler cette élection aux habitants de l’Alaska avant même que les voix ne soient comptées. »

De son côté, Mary Peltola a affirmé ne pas avoir été au courant de cette tactique : « Je ne cherche pas à tromper les électeurs. »

Lire aussi :

12:28

Un comité d’action politique démocrate qualifie « en privé » le Texas d’Etat républicain le plus susceptible de basculer dans leur camp, rapporte « Axios »

Plus les jours passent et plus les démocrates sont confiants dans leur chance de remporter largement les élections de mi-mandat, rapporte le site spécialisé Axios.

Lors d’une discussion avec certains de ses plus importants donateurs, le principal comité d’action politique des démocrates consacré aux élections sénatoriales (Senate Majority PAC) a partagé cet optimisme et leur a fait savoir que « le Texas représente leur meilleure chance de faire basculer un siège au Sénat solidement ancré à droite, suivi par l’Ohio, où la course reste serrée », écrit Axios. Ce comité d’action politique envisage également des victoires dans l’Iowa et l’Alaska.

« Cela correspond à ce que nous disons publiquement et en privé depuis des semaines. Il existe des signes d’optimisme au Texas, mais l’issue demeure incertaine, tout comme dans l’Iowa, l’Ohio et l’Alaska », a déclaré en réponse Lauren French, porte-parole de ce comité d’action politique.

Axios précise que les donateurs « estiment mériter des données et des analyses de meilleure qualité que celles qui sont accessibles au public » et qu’ils souhaitent, « au minimum, bénéficier de briefings privés, dans l’espoir d’obtenir une vision plus claire que ce qui est réellement possible », ce qui explique la « multiplication de ce genre de briefings ». En face, « le défi pour les comités d’action politique consiste à répondre à tous les appels – et à donner de l’espoir aux donateurs sans faire de promesses qu’ils ne pourront pas tenir », rappelle, par ailleurs, Axios.

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12:02 Vos questions

Bonjour,

C’est une question que l’on avait abordée il y a quelques mois, alors qu’Elon Musk avait annoncé son envie de lancer son parti tiers. Si vous ne l’avez pas lu (ou n’êtes pas abonné, ce que l’on vous conseille néanmoins), voici un petit résumé.

Historiquement, il n’y a pas toujours eu un système bipartite, mais celui-ci a fini par s’installer et est désormais compliqué à déloger, car, comme l’expliquait alors Denis Lacorne, directeur de recherche émérite au Centre de recherches internationales de Sciences Po, « le système américain décourage le tripartisme pour une raison simple qui est le concept du “winner-take-all” [“le gagnant prend tout”] ». Il évoquait notamment l’absence de système proportionnel qui pourrait permettre aux petits partis d’obtenir des sièges dans les assemblées nationales et locales.

Pour le politiste François Vergniolle de Chantal, « la recette gagnante n’est pas de créer d’autres partis, mais de faire de l’entrisme au sein des deux grands partis déjà existants : se présenter sous l’étiquette républicaine ou démocrate, et monter dans la hiérarchie des partis pour les réorienter idéologiquement ». C’est, par exemple, ce qu’a fait Donald Trump en reprenant le Parti républicain par le biais de son mouvement Make America Great Again (MAGA).

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11:36 Ce que nous lisons

Dans l’Iowa, la candidate républicaine au Sénat se distancie de Donald Trump

La candidate républicaine au Sénat Ashley Hinson, à Council Bluffs (Iowa) le 29 octobre 2026.
La candidate républicaine au Sénat Ashley Hinson, à Council Bluffs (Iowa) le 29 octobre 2026.

La candidate républicaine au Sénat dans l’Iowa, Ashley Hinson, a affirmé que si elle était élue, elle tiendrait tête à Donald Trump, promettant d’être « une épine dans son pied s’il agit au détriment de notre Etat », rapporte le Washington Post. Le quotidien américain précise pourtant que la même Ashley Hinson, lors de l’annonce de sa candidature, avait promis qu’elle serait la plus solide alliée du président en cas de victoire.

Le Washington Post note que son équipe de campagne a récemment dépensé plusieurs millions de dollars dans des publicités où elle met en avant sa volonté de travailler avec les démocrates. « Il s’agit d’une stratégie inattendue dans l’Iowa – Etat que Trump a remporté avec une avance de 13 points en 2024, mais qui constitue désormais un terrain crucial – alors que les républicains luttent pour conserver le contrôle du Sénat », écrit le quotidien américain, qui rappelle que l’Iowa n’a élu aucun sénateur démocrate depuis 2008.

Pour son adversaire, le démocrate Josh Turek, Ashley Hinson « joue la comédie parce qu’elle a fini par voir des chiffres de sondages qui ne lui étaient pas particulièrement favorables, mais je ne pense pas que les habitants de l’Iowa soient dupes ». Selon le Washington Post, qui se base sur plusieurs sondages qu’il juge de « haute qualité » réalisés depuis la mi-septembre, « Josh Turek a une légère avance ».

11:11

La Caroline du Sud, nouvelle cible des stratèges démocrates

Le principal comité d’action politique des démocrates au Sénat a annoncé, hier, qu’il comptait dépenser 750 000 dollars (670 000 euros) dans la course opposant la candidate démocrate, Annie Andrews, à la républicaine Darlene Graham, rapporte Politico. Cet argent doit servir à financer des publicités sur Internet, précise le site politique, selon qui la première publicité pourrait être diffusée dès aujourd’hui.

« La situation se resserre en Caroline du Sud, et les républicains le savent : on n’envoie pas 5 millions de dollars et le président dans un Etat si l’on n’est pas inquiet », a déclaré Lauren French, porte-parole de ce comité d’action politique, en référence à la visite, hier, de Donald Trump en Caroline du Sud, dont nous avions parlé dans ce live. Selon le dernier sondage réalisé par le New York Times, les deux candidates sont à égalité.

Darlene Graham a repris le siège tenu pendant vingt-trois ans par son frère, Lindsay Graham, après sa mort, en juillet. Mais sa campagne a été « plombée par la lassitude des électeurs après plusieurs primaires houleuses, par des interrogations sur son manque d’expérience politique et par un contexte national de plus en plus difficile pour les républicains », résume Politico.

La Caroline du Sud n’est pourtant pas censée être un Etat où une candidate démocrate au Sénat peut s’imposer. Lindsay Graham avait ainsi remporté chacune de ses élections avec au moins dix points d’avance sur son principal adversaire démocrate. En 2024, Donald Trump avait battu Kamala Harris, lors de l’élection présidentielle avec presque 18 points d’avance.

11:04

C’est la fin de ce tchat ! Merci beaucoup pour toutes vos questions. Comme aux Décodeurs nous aimons la géographie, nous voulions vous partager cette carte du dernier redécoupage californien, qui offrira cinq sièges supplémentaires aux démocrates si leurs calculs sont bons. La voici :

Bonne journée à tous et à toutes, nous vous retrouvons mercredi 4 novembre pour l’annonce des résultats.

Manon Romain et Pierre Breteau

10:55 Tchat

« Disperser ses électeurs pour rafler un maximum de circonscriptions d’une courte tête pourrait finalement coûter cher »

Bonjour Aurélien59,

Pour clarifier, le dummymandering (littéralement « redécoupage imbécile ») consiste à effectuer de mauvais calculs électoraux qui se retournent contre leurs auteurs.

Pour créer des circonscriptions plus favorables à son parti, il faut bien rogner sur les avances dont on dispose dans d’autres circonscriptions, en espérant gagner avec le moins de voix « en trop » possible.

Le parti au pouvoir est généralement sanctionné lors des élections de mi-mandat. Or, aujourd’hui, le président Donald Trump – qui avait remporté la majorité des voix au niveau national il y a à peine deux ans – affiche en plus une popularité historiquement faible. Les larges marges obtenues dans certaines zones en 2024 pourraient donc être beaucoup plus faibles lors des élections de mardi 3 novembre. Disperser ses électeurs pour rafler un maximum de circonscriptions d’une courte tête pourrait finalement coûter cher.

Manon Romain

10:46 Tchat

Bonjour Skeptical,

C’est parfaitement possible, car les sondages sont une photographie d’un instant T, avec une méthodologie spécifique. Cela dit, la situation politique et économique est très défavorable à l’administration Trump, sans prendre en compte les sondages ; d’autant que les reportages montrent tout de même un désaveu assez important.

Vous aurez votre réponse le 4 novembre au matin.

Pierre Breteau

10:38 Tchat

« Les commissions électorales ou les élus qui redécoupent les circonscriptions se fondent sur les résultats des dernières élections »

Bonjour Curieux,

Les commissions électorales ou les élus qui redécoupent les circonscriptions se fondent sur les résultats des dernières élections, en l’occurrence, ici, ce sont ceux de la présidentielle de novembre 2024.

Ensuite, ils projettent ces résultats sur des cartes comme celles des sites Dave’s Redistricting ou Maptitude for Redisctricting, qui permettent de simuler un découpage en respectant certaines règles (comme la population équivalente entre les circonscriptions, qu’elles soient continues sans enclaves ou exclaves, etc.).

Il y a tout de même un risque : les électeurs peuvent changer d’avis d’une élection à l’autre, et cela peut se retourner contre les auteurs dans une sorte d’effet boomerang.

Pierre Breteau

10:31 Tchat

Bonjour azerty,

Les cartes électorales doivent tout de même suivre quelques règles : les populations des différentes circonscriptions doivent être à peu près égales numériquement, la forme géographique de chaque circonscription doit être d’un seul tenant et relativement « compacte », et elles ne peuvent pas discriminer certaines populations.

Sur ce dernier point, les règles ont néanmoins évolué depuis une décision de la Cour suprême en avril dernier. On considérait jusqu’alors qu’il était impératif d’offrir des circonscriptions « protégées » aux minorités (raciales ou linguistiques) pour qu’elles aient la chance d’élire des représentants issus de leurs rangs au Congrès. Mais la Cour suprême a invalidé ce raisonnement en considérant que le temps où les voix des communautés afro-américaines étaient artificiellement diluées était révolu. Il faudra désormais prouver qu’un Etat a délibérément redécoupé ses circonscriptions dans un objectif de discrimination ethnique pour qu’une carte soit invalidée.

A part dans les Etats qui disposent de commissions indépendantes (ils sont rares), il reste donc bien peu de règles qui limitent les redécoupages agressifs.

Manon Romain

10:28 Tchat

« La pratique est partagée par les deux grands partis américains »

Bonjour Deg,

Selon la docteure en histoire Ludivine Gilli, spécialiste des Etats-Unis, c’est une pratique qui est partagée par les deux grands partis américains : les républicains, de droite, et les démocrates, plus à gauche.

Néanmoins, elle explique que, côté républicain c’est « une stratégie de verrouillage du pouvoir » à partir des années 1970. A partir de la victoire de Barack Obama en 2008, ils mettent d’ailleurs en place un plan pour ce faire, le Redistricting Majority Project (« projet de redécoupage électoral majoritaire »), ou Redmap.

Et puis il y a Donald Trump qui, courant 2025, a littéralement demandé aux Etats républicains de reprendre leur carte électorale pour lui garantir de nouveaux élus – huit d’entre eux se sont exécutés (Texas, Louisiane, Ohio, Floride, Tennessee, Alabama, Missouri, Caroline du Nord). « Ça, c’est vraiment inédit », dit Mme Gilli, d’autant que ce sont les Etats qui ont la main sur les élections, pas l’Etat fédéral.

Pierre Breteau

10:14 Tchat

Bonjour Loin,

En France, plutôt pas pour répondre à votre question : la Constitution n’impose pas de redécoupage périodique des circonscriptions législatives en fonction du recensement – aux Etats-Unis, c’est le cas, tous les dix ans. Ainsi, il n’y en a eu que deux depuis le début de la Ve République : en 1986 et en 2010. Lors de ce dernier redécoupage sous le gouvernement Fillon, 11 sièges ont été créés pour les Français de l’étranger, et il a fallu redécouper tout l’Hexagone.

Le redécoupage électoral a été critiqué par l’opposition de gauche à l’époque, qui perdait possiblement 12 sièges selon les calculs du collectif Regards citoyens, le MoDem en gagnait un.

Le Conseil constitutionnel, qui avait insisté sur les « bases essentiellement démographiques » du redécoupage, a validé la nouvelle carte électorale, tout comme avant elle la commission indépendante. D’ailleurs deux ans plus tard, la gauche était majoritaire à l’Assemblée avec 328 députés sur 577.

Par ailleurs, il y a en France davantage d’écart de population entre les circonscriptions qu’aux Etats-Unis, où elle doit être strictement égale. Nous avions écrit un article sur cette question avant la présidentielle en 2022.

Lire aussi :

Pierre Breteau

10:06 Tchat

« Ces dernières années, les cartes électorales ont été largement modifiées, avec des intérêts partisans très clairs »

Bonjour Harry, ces dernières années, les cartes électorales ont été largement modifiées, avec des intérêts partisans très clairs. Alors qu’elles le sont normalement tous les dix ans, après le recensement de la population, plusieurs Etats ont décidé de redécouper leurs circonscriptions en amont des midterms, soit, comme disent les Américains, « en milieu de cycle ».

Côté républicain, le Texas emporte la palme du redécoupage le plus agressif (il arrive en tête d’un classement établi cette semaine par The New York Times). En août 2025, le Congrès local a adopté une nouvelle carte dont le but affiché est d’offrir 30 des 38 sièges aux républicains (contre 25 aux élections de 2024). Les voix souvent démocrates des centres-villes ont été diluées dans des circonscriptions plus rurales (et donc plus favorables aux républicains).

Côté démocrate, la Californie a riposté en dérogeant (grâce à un référendum) à sa Constitution qui prévoit qu’une commission indépendante soit chargée du découpage électoral. L’objectif est d’annuler la réforme texane en offrant 5 sièges supplémentaires aux démocrates.

Manon Romain

Le contexte

    Ce live a également été animé Oscar Korbosli.

    Le Monde lance un direct consacré aux midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, alors que de nombreux sondages annoncent « une vague bleue » et la reprise en main du Congrès par le Parti démocrate.

    Les dernières informations. Vous y trouverez toute l’actualité liée au vote du 3 novembre : déclarations politiques, meetings de campagne ou encore décryptages de polémiques, mais aussi des graphiques et des infographies.

    Un espace d’échange. Nous sommes aussi ici pour répondre (dans la mesure du possible) à vos questions sur le fonctionnement des différents scrutins, sur leurs enjeux, etc. N’hésitez pas à envoyer des messages, et même à partager des informations que vous jugez utiles.

    Vu des Etats-Unis. Vous retrouverez aussi les reportages, les analyses et les décryptages de tous nos correspondants sur place, qui répondront à vos questions au cours des prochains jours.

Source: Le Monde · Grégor Brandy et Gabriel Coutagne (service Photo)

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