Le Monde tient un direct consacré aux midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, où les démocrates ont signé une victoire sans appel avec une majorité acquise aux deux chambres du Congrès américain.

Live animé par Christophe Sales (service photo), Luc Vinogradoff et Grégor Brandy

Pete Hegseth, le 28 octobre 2026 aux Philippines. - AARON FAVILA/VIA REUTERS
Pete Hegseth, le 28 octobre 2026 aux Philippines. AARON FAVILA/VIA REUTERS

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18:12

Les démocrates gagnent six nouveaux sièges à la Chambre des représentants, portant leur majorité à 247

Le Parti démocrate a fait basculer les sièges dans 3 circonscriptions de Caroline du Nord, une en Virginie, une dans le Montana et une en Arizona, selon les derniers résultats d’AP.

Cela creuse encore un peu plus leur majorité, avec encore 39 sièges à pourvoir.

17:36 Vos questions

Bonjour,

Le dépouillement se poursuit dans le Mississippi, bastion républicain où le démocrate Scott Colom devançait jeudi matin la sénatrice sortante Cindy Hyde-Smith de 1 213 voix (49 % contre 48,9 %), avec 96 % des suffrages dépouillés, selon l’Associated Press.

L’issue pourrait dépendre de 15 000 bulletins provisoires, notamment déposés par des électeurs sans pièce d’identité avec photo ou absents des listes électorales. Certains auraient été classés à tort comme inactifs, selon CNN. Les électeurs devant fournir une pièce d’identité ont jusqu’au 10 novembre pour régulariser leur situation.

Scott Colom s’est dit, jeudi, « confiant » sur sa victoire car les bulletins en question ont tendance à favoriser les démocrates. Le résultat définitif pourrait ne pas être connu avant la semaine prochaine.

Une victoire démocrate constituerait un séisme politique et historique dans cet Etat remporté par Donald Trump avec près de 23 points d’avance en 2024. Scott Colom deviendrait le premier sénateur noir du Mississippi depuis la Reconstruction, qui a suivi la guerre de Sécession.

17:15

L’indice ‌Nasdaq de la Bourse de New York plonge

Cet indice, à ​forte composante ‌technologique, a baissé de plus de 5 % jeudi, amplifiant ses pertes depuis l’ouverture, ⁠dans un contexte de chute des valeurs ⁠liées ‌à l’intelligence artificielle.

L’indice perd 5,19 % ​à 17 heures, de Paris, tandis que ‌le Dow ‌Jones abandonne 2,36 % ⁠et le ‌Standard & ‌Poor’s 500 3,48 % à ​la même heure. La veille pourtant, ces indices avaient clôturé dans le vert.

Les cours des entreprises d’Elon Musk, Tesla et Space X, ont ainsi poursuivi leurs baisses entamées mercredi, avec des pertes de 10 % et 9,2 % respectivement.

17:03 Pour approfondir

16:50 Vos questions

Bonjour,

Rien n’a bougé en Alaska. La démocrate Mary Peltola devance de justesse le sénateur républicain sortant Dan Sullivan, selon les derniers résultats disponibles de l’Associated Press.

Selon le dernier pointage, Mary Peltola recueille 102 962 voix (48,2 %), contre 102 325 (47,9 %) pour Dan Sullivan, soit seulement 637 voix d’écart, alors qu’environ 75,5 % des suffrages ont été dépouillés.

Le résultat pourrait ne pas être connu avant le 18 novembre. L’Alaska utilise un système de vote préférentiel (ranked-choice voting) : si aucun candidat ne dépasse 50 % des premiers choix, les voix des candidats éliminés sont redistribuées selon les préférences indiquées par les électeurs.

Une autre particularité complique ce scrutin : deux candidats portent le nom de Dan Sullivan. Outre le sénateur républicain sortant Dan S. Sullivan, un candidat sans étiquette homonyme, Daniel J. Sullivan Jr, a recueilli près de 3 600 voix.

Les républicains dénoncent une possible manœuvre destinée à semer la confusion parmi les électeurs, une accusation contestée par le camp démocrate. Donald Trump a même pris le temps d’écrire un message sur Truth Social, il y a quelques minutes, pour dire que « les voix pour le faux Dan Sullivan (…) devraient être immédiatement créditées au VRAI Dan Sullivan, et l’élection est jouée - il gagne aisément. Il n’y a pas d’autre solution juste ».

Sur Le Monde aujourd’hui

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16:34

Donald Trump répète qu’il « a la ferme intention » de garder Pete Hegseth à son poste de secrétaire d’Etat à la défense

Pete Hegseth ; le 28 octobre 2026 aux Philippines.
Pete Hegseth ; le 28 octobre 2026 aux Philippines.

Interrogé, une nouvelle fois, sur l’hypothèse d’un remplacement de Pete Hegseth, le président américain a répété, sur ABC News, qu’il « a la ferme intention » de garder le secrétaire d’Etat à la défense, de plus en plus critiqué, y compris dans son propre camp. « Je reçois des coups de fil à son propos, je ne sais pas bien pourquoi », a notamment dit Donald Trump.

Mercredi, le vice-président JD Vance a publiquement mis en doute l’utilité de la guerre contre ⁠l’Iran et a estimé qu’elle avait ‌coûté aux républicains le contrôle du Congrès.

Considéré comme l’un des principaux artisans de cette guerre, Hegseth pourrait devenir la victime expiatoire de la déroute républicaine. D’autant plus que les démocrates ont promis d’enquêter sur sa gestion du Pentagone et un vaste éventail de sujets, de la conduite de la guerre contre l’Iran aux purges de hauts responsables militaires en passant par l’aide à l’Ukraine et les frappes américaines contre des embarcations soupçonnées de trafic de drogue dans les eaux d’Amérique latine.

Lire aussi :

Le représentant républicain du Texas Kentucky, Thomas Massie, a dit qu’il lancerait même une procédure de destitution visant Hegseth dès la semaine prochaine, qui aurait les voix nécessaires pour passer, selon des sources républicaines interrogées par CNN.

L’une des portes de sortie évoquées pour Pete Hegseth serait de récupérer le siège de sénatrice qui sera laissé vacant ‌par Marsha Blackburn, élue gouverneure du Tennessee et qui prendra ses fonctions ‌en janvier. Il lui ⁠reste quatre ans de mandat ​au Sénat et Pete Hegseth, résident du Tennessee depuis 2022, pourrait être nommé à ce poste sans avoir à se présenter à une élection.

« Eh bien, je pense en fait qu’il serait très populaire s’il faisait cela », a dit Trump à des journalistes, mercredi. « Mais je n’ai rien entendu de tel ».

15:59 Pour approfondir

15:52

La Russie assure que trois pétroliers chargés de diesel russe sont toujours en route vers les Etats-Unis

Des pétroliers chargés de carburant russe pour le marché américain se dirigent toujours vers les Etats-Unis, a assuré l’émissaire du Kremlin, Kirill Dmitriev, démentant un changement d’itinéraire pour deux navires sur trois rapporté par le Financial Times et des données de suivi maritime.

« Faux. Les pétroliers destinés aux Etats-Unis continuent leur route », a-t-il écrit sur X Kirill Dmitriev, un émissaire du Kremlin. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a botté en touche en expliquant qu’il s’agissait d’« expéditions commerciales dont les détails ne peuvent être rendus publics ».

Selon les données de suivi maritime de MarineTraffic, deux des trois premiers pétroliers chargés de diesel russe ont modifié leur destination déclarée, comme nous le disions ce matin. Ces changements de destination déclarée ne signifient pas nécessairement que les livraisons ont été définitivement annulées. Mais les acheteurs américains hésitent à réceptionner ces cargaisons, notamment en raison des sanctions et des risques juridiques.

Donald Trump avait conclu le mois dernier un accord avec Vladimir Poutine visant à assouplir les sanctions contre Moscou en échange de la mise sur le marché mondial de diesel russe. Les stocks américains de diesel sont tombés sous les 100 millions de barils, une première depuis plus de vingt ans, selon le Financial Times.

15:42 Vos questions

Le milliardaire est l’autre grand perdant de cette élection, comme nous vous l’expliquions hier.

Voici notre article qui décrypte la situation inconfortable dans laquelle il est à présent, notamment au Texas.

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15:01 Vos questions

Dans les référendums sur les data centers, des refus massifs à travers les Etats-Unis

Bonjour,

Quatre Etats tenaient des référendums sur le droit à l’avortement lors de cette élection, contre dix en 2024. Selon les projections de CNN, dans trois d’entre eux les partisans de l’IVG l’ont emporté.

Quant aux centres de données, ou data centers, dans plusieurs comtés, les électeurs se sont tournés vers les candidats démocrates qui promettaient des moratoires ou des interdictions de constructions, raconte notre correspondant Arnaud Leparmentier dans cet article.

Les data centers n’expliquent pas, à eux seuls, la vague bleue, d’abord portée par le mécontentement des Américains sur leur pouvoir d’achat. La désaffection de l’électorat latino, exaspéré par la police des frontières du président américain, Donald Trump, l’ICE, y a aussi contribué, au Texas notamment. Mais ce sujet de l’IA a néanmoins cristallisé un fort rejet. Une quarantaine de référendums étaient aussi organisés, qui concernaient les data centers (interdiction, moratoire, changement du plan d’occupation des sols) : ils se sont traduits par des refus massifs de ces installations par la population.

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14:19

14:17 Pour approfondir

Les Européens n’ont rien à attendre de la déroute de Donald Trump aux midterms

Les humiliations infligées par Donald Trump à ses alliés, notamment européens, depuis son retour à la Maison Blanche, font que personne n’a certainement été attristé par la déroute historique essuyée à l’occasion des élections de mi-mandat, le 3 novembre. Cette jubilation intérieure pourrait être de courte durée.

14:03 L’essentiel

Ce qu’il faut retenir, jeudi 5 novembre, à 14 heures

  • La guerre en Iran divise le camp Trump. JD Vance lui attribue une grande partie de la défaite, tandis que Donald Trump affirme qu’il prendrait à nouveau la décision d’attaquer l’Iran. Le secrétaire à la défense, Pete Hegseth, est menacé d’une procédure de mise en accusation à l’initiative du républicain Thomas Massie.
  • La bataille pour l’après-Trump est lancée. Ron DeSantis multiplie les critiques contre l’administration, tandis que Newt Gingrich estime la course à l’investiture républicaine de 2028 désormais ouverte. Marco Rubio apparaît comme un rival potentiel de JD Vance.
  • Le soutien de Trump ne suffit plus à faire gagner. Selon un décompte du Guardian, 46 candidats soutenus par le président ont été battus à la Chambre et 11 au Sénat. Parmi ses candidats aux postes de gouverneur, neuf étaient élus, douze battus et deux scrutins restaient indécis mercredi soir.
  • Deux élections au Sénat restent indécises. En Alaska, la démocrate Mary Peltola devance de 637 voix le républicain Dan Sullivan, selon le pointage cité par Le Monde. Dans le Mississippi, Scott Colom et Cindy Hyde-Smith sont également au coude-à-coude. Le dépouillement se poursuit.
  • La victoire démocrate pourrait rebattre les cartes de la guerre en Ukraine. Volodymyr Zelensky espère une reprise de l’aide américaine. Dans la presse russe, plusieurs éditorialistes redoutent que Moscou ne dispose plus que de deux mois pour obtenir un accord avec Trump avant l’installation du nouveau Congrès, le 3 janvier 2027.

14:00 Vos questions

Musk, Soros et les autres : les milliardaires financent les deux camps, mais pas à parts égales

Bonjour, merci pour cette diversion. Les milliardaires financent les deux camps et leur influence mérite d’être examinée, sans exception.

Mais puisque vous évoquez George Soros, regardons les chiffres. Pour les élections américaines de 2026, parmi les grands donateurs républicains figurent Elon Musk (446 millions de dollars), les Uihlein (150 millions), les Yass (110 millions), Marc Andreessen et Ben Horowitz (92 millions) ou encore Miriam Adelson (68 millions).

Côté démocrate, on retrouve George Soros et ses structures (102 millions), Michael Bloomberg (84 millions) ainsi que Reid Hoffman et Michelle Yee (41 millions).

Selon le Washington Post, les 50 principaux donateurs et organisations ont versé 2,77 milliards de dollars pour les élections américaines de 2026, dont 1,67 milliard en faveur des républicains, contre 832 millions pour les démocrates, et 264 millions pour des intérêts particuliers ou bipartisans.

13:48

La victoire démocrate fait craindre aux républicains de perdre à terme leur majorité à la Cour suprême

La déroute républicaine aux élections de mi-mandat pourrait avoir des conséquences durables sur l’équilibre de la plus haute juridiction américaine. Avec la perte du Sénat, Donald Trump risque de ne plus pouvoir remplacer deux des juges conservateurs les plus âgés, Clarence Thomas, 78 ans, et Samuel Alito, 76 ans.

La Cour suprême compte actuellement six juges conservateurs contre trois progressistes. Mais à partir du 3 janvier 2027, la nouvelle majorité démocrate au Sénat pourra bloquer les nominations proposées par Donald Trump. Les républicains pourraient ainsi devoir attendre plusieurs années avant de pouvoir renouveler les sièges de Thomas et Alito.

Selon CNN, les deux magistrats n’envisagent pas de prendre leur retraite, malgré les résultats électoraux. Une décision qui alimente les inquiétudes des conservateurs, souligne également Reuters.

Le spectre de Ruth Bader Ginsburg ressurgit. La juge progressiste avait refusé de quitter la Cour lorsque Barack Obama était président. Sa mort en 2020 avait permis à Trump de nommer Amy Coney Barrett, consolidant la majorité conservatrice.

Comme le relève également le Washington Post, les républicains ne disposent plus que d’une courte fenêtre, avant l’installation du nouveau Sénat, pour espérer faire confirmer un éventuel successeur, à condition qu’un siège se libère.

13:41

Mississippi : 150 ans après la Reconstruction, Scott Colom pourrait écrire l’histoire

Le dépouillement se poursuit dans le Mississippi, bastion républicain où le démocrate Scott Colom devançait jeudi matin la sénatrice sortante Cindy Hyde-Smith de 1 138 voix (49 % contre 48,9 %), avec 96 % des suffrages dépouillés, selon l’Associated Press.

Scott Colom, candidat démocrate au Sénat américain dans le Mississippi, lors d’une soirée électorale à Jackson (Mississippi), le 3 novembre 2026,
Scott Colom, candidat démocrate au Sénat américain dans le Mississippi, lors d’une soirée électorale à Jackson (Mississippi), le 3 novembre 2026,

L’issue pourrait dépendre de 15 000 bulletins provisoires, notamment déposés par des électeurs sans pièce d’identité avec photo ou absents des listes électorales. Certains auraient été classés à tort comme inactifs, selon CNN. Les électeurs devant fournir une pièce d’identité ont jusqu’au 10 novembre pour régulariser leur situation. Le résultat définitif pourrait ne pas être connu avant la semaine prochaine.

Une victoire démocrate constituerait un séisme politique et historique dans cet Etat remporté par Donald Trump avec près de 23 points d’avance en 2024. Scott Colom deviendrait le premier sénateur noir du Mississippi depuis la Reconstruction, qui a suivi la guerre de Sécession.

Lire aussi :

13:03

« Téhéran nous déchire » : le « New York Post » ironise sur les divergences entre Donald Trump et J.D. Vance après la défaite républicaine

La une du « New York Post », jeudi 5 novembre 2026.
La une du « New York Post », jeudi 5 novembre 2026.

« TEHRAN US APART » (« Téhéran nous déchire »). C’est le titre choisi jeudi par le New York Post pour sa une, montrant un JD Vance les bras croisés, l’air contrarié, aux côtés de Donald Trump. Un jeu de mots sur les tensions au sommet de l’exécutif américain, au lendemain de la déroute républicaine aux élections de mi-mandat. L’ironie est que ce tabloïd conservateur new-yorkais avait autrefois été présenté par Trump lui-même comme son journal préféré, dans une publication sur Truth Social.

« La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre », a écrit mercredi JD Vance sur X, attribuant la déroute républicaine aux élections de mi-mandat au conflit avec l’Iran. Le vice-président évoque aussi la hausse du coût de la vie et les relations avec Israël pour expliquer la désaffection d’une partie des électeurs de Trump. Donald Trump a reconnu que la guerre a pesé sur le scrutin, mais ne regrette rien. Il avait toutefois été informé du message de Vance avant sa publication et l’avait approuvé, selon le New York Post.

Derrière ces divergences se profile déjà la présidentielle de 2028. Interrogé sur une éventuelle candidature de son vice-président, Trump a surpris en répondant : « Peut-être qu’il ne se présentera pas ». JD Vance conserve néanmoins un allié de poids : Donald Trump Jr., qui a publiquement approuvé son analyse, déclarant en soutenir « chaque mot ».

12:51

JD Vance attribue la défaite républicaine à la guerre en Iran : Téhéran le raille et le défie de le dire directement à Trump

Téhéran n’en finit plus de savourer le revers électoral de Donald Trump. Mercredi, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a présenté la défaite des républicains aux élections de mi-mandat comme un rejet de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. « Les Américains ont dit NON À LA GUERRE, et nous approuvons ce message », a-t-il écrit sur X.

Mercredi soir, des manifestants ont incendié une grande affiche représentant Donald Trump, JD Vance, l’émissaire américain Steve Witkoff et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, sur la place Enghelab, à Téhéran. Le même jour, JD Vance avait attribué la défaite républicaine à la guerre en Iran, tandis que Donald Trump reconnaissait l’impact du conflit sur le scrutin, tout en assurant qu’il prendrait à nouveau la même décision : « Je le referais ».

Jeudi, Mohammad Bagher Ghalibaf a directement répliqué au vice-président américain. « Votre patron prépare la prochaine phase de la guerre alors que l’Amérique vacille au bord du précipice du "Israël d’abord" », a-t-il écrit sur X. Il a ensuite raillé les longues explications de JD Vance, les comparant à une conférence TED, ces présentations publiques destinées à exposer des idées : « Epargnez-nous votre conférence TED. Pourquoi ne dites-vous pas cela à votre patron ? »

12:37 Vu ailleurs

Après la défaite de Trump, la presse russe s’inquiète d’une fenêtre diplomatique qui se referme

« Donald Trump est probablement soulagé de ne pas parler russe. » D’entrée de jeu, Steve Rosenberg, correspondant de la BBC à Moscou, donne le ton de sa revue de presse de jeudi : les journaux russes étrillent le président américain après la déroute républicaine aux élections de mi-mandat. Entre critiques acerbes et inquiétudes pour l’avenir des relations entre Washington et Moscou, sa vidéo offre un aperçu du regard porté par la presse russe sur la défaite de Trump, sans pour autant refléter la position officielle du Kremlin.

Le quotidien gouvernemental Rossiïskaïa Gazeta estime que le soutien de Trump aux candidats républicains leur a davantage nui que profité. Il évoque une défaite catastrophique et la perspective d’enquêtes parlementaires visant le président, sa famille et son entourage, notamment sur des soupçons de corruption et ses liens avec Jeffrey Epstein.

Mais c’est surtout l’avenir des relations entre Washington et Moscou qui préoccupe la presse russe. Selon Steve Rosenberg, les journaux retiennent trois enseignements du scrutin : un désastre politique pour Trump, le risque d’un coup d’arrêt au rapprochement russo-américain et une fenêtre d’opportunité qui pourrait se refermer dans deux mois.

Plusieurs éditorialistes considèrent en effet que Moscou n’a plus que jusqu’au 3 janvier 2027, date d’entrée en fonction du nouveau Congrès dominé par les démocrates, pour obtenir de Donald Trump un accord sur l’Ukraine. Ils redoutent que les élus démocrates ne réclament une reprise de l’aide militaire à Kiev, de nouvelles sanctions contre la Russie et un contrôle renforcé des négociations menées par Steve Witkoff et Jared Kushner. Le quotidien russe Kommersant appelle Moscou à profiter au maximum des deux mois qui restent avant l’entrée en fonction du nouveau Congrès américain pour tenter de parvenir à un accord sur l’Ukraine.

Steve Rosenberg souligne toutefois le paradoxe de la situation : le Kremlin a bénéficié de plusieurs décisions de Trump, notamment du gel de certaines sanctions et de l’achat de diesel russe. Mais il n’a toujours pas obtenu l’essentiel : que Washington fasse pression sur Kiev et les Européens pour leur imposer une paix aux conditions de Moscou.

12:22 Vos questions

Les républicains cherchent des responsables et se déchirent déjà sur l’après-Trump

A qui la faute ? Au lendemain de leur défaite historique aux élections de mi-mandat, les républicains se livrent à un véritable « blame game », entre critiques de la guerre en Iran, accusations contre le Pentagone et luttes de pouvoir au sein du parti.

JD Vance désigne un responsable : la guerre en Iran. « La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre », a écrit mercredi le vice-président sur X. Il souligne que des électeurs de Trump en 2024 ont voté démocrate deux ans plus tard, réclamant la fin du conflit, une baisse des prix et une révision des relations avec Israël. Selon le New York Times, J.D. Vance avait soumis son message à Trump avant sa publication.

Pete Hegseth pourrait servir de bouc émissaire. Comme le signale CNN, plusieurs élus accusent le secrétaire à la défense Pete Hegseth d’avoir poussé à une guerre sans stratégie de sortie. Le républicain Thomas Massie veut provoquer un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Ted Cruz a parlé d’un « tsunami bleu », mettant en cause les droits de douane, la guerre et la hausse des prix qui pèse sur les ménages américains.

La crise gagne également la direction du parti. Selon Axios, la défaite a déclenché une lutte pour les postes de responsabilité à la Chambre des représentants, notamment autour de Steve Scalise et Jim Jordan. Les républicains doivent désigner leurs nouveaux dirigeants la semaine prochaine.

En toile de fond se dessine déjà la bataille pour 2028. Selon CNN, Ron DeSantis, qui qualifie le revers républicain d’« événement de nature à provoquer l’extinction » du parti, multiplie les critiques contre l’administration Trump. L’ancien président de la Chambre Newt Gingrich estime désormais que la course à l’investiture républicaine est « complètement ouverte », remettant en question le statut de favori de JD Vance.

Dans The Atlantic, le chroniqueur Jonathan Chait estime qu’en imputant la défaite à la guerre en Iran, le vice-président cherche non seulement à prendre ses distances avec Trump sans rompre avec lui, mais aussi à fragiliser un rival potentiel : Marco Rubio. Le secrétaire d’Etat, partisan d’une politique étrangère plus interventionniste, s’est montré l’un des principaux défenseurs de l’offensive contre l’Iran.

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Le contexte

    Ce live a également été animé par Pierre Bouvier, Jacky Goldberg, Nadir Chougar, ainsi que Aude Guerrucci et Emile Drousie (service Photo).

    Le Monde tient un direct consacré aux midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, où les démocrates ont signé une victoire sans appel mardi 3 novembre avec une majorité acquise aux deux chambres du Congrès américain.

    Les dernières informations. Vous y trouverez toute l’actualité liée au vote du 3 novembre : ambiance, résultats, déclarations politiques ou encore décryptages de polémiques, mais aussi des graphiques et des infographies.

    Un espace d’échanges. Nous sommes aussi ici pour répondre (dans la mesure du possible) à vos questions sur le fonctionnement des différents scrutins, sur leurs enjeux, etc. N’hésitez pas à envoyer des messages, et même à partager avec nous des informations que vous jugez utiles.

    Vu des Etats-Unis. Retrouvez les reportages, les analyses et les décryptages de tous nos correspondants sur place, qui répondent à vos questions lors de tchats.

    Notre précédent live sur ces élections de mi-mandat est accessible grâce à ce lien.

Source: Le Monde · Christophe Sales (service photo), Luc Vinogradoff et Grégor Brandy

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