Les bureaux de vote sont ouverts dans tout le pays. Déjà plus de 58 millions d’Américains ont voté par anticipation ; il s’agit d’un record pour des élections de mi-mandat, qui pourraient cette fois-ci voir les démocrates prendre le contrôle de la Chambre des représentants, voire du Sénat, et compromettre la fin du mandat de Donald Trump.

Live animé par Pierre Bouvier et Ramzy Bensaadi (service Photo)

Une électrice arbore un autocollant « J’ai voté », à Des Moines, dans l’Iowa, le 3 novembre 2026. - ELLEN SCHMIDT/AP
Une électrice arbore un autocollant « J’ai voté », à Des Moines, dans l’Iowa, le 3 novembre 2026. ELLEN SCHMIDT/AP

Posez votre question à la rédaction :

21:47

Donald Trump suivra les résultats à la Maison Blanche, où l’on se prépare à tous les scénarios

Le président suivra mardi soir les résultats des élections depuis la salle Est de la Maison Blanche, entouré d’un petit groupe de proches, de conseillers et de membres de son gouvernement, rapporte CNN. La chaîne ajoute que la Maison Blanche et l’organisation politique MAGA Inc. ont également mis en place des dispositifs distincts de suivi des résultats électoraux, à la Maison Blanche et à proximité.

Selon CNN, cette soirée rappelle celle des midterms de 2022. Donald Trump avait réuni ses soutiens à Mar-a-Lago, convaincu que les candidats qu’il avait adoubés remporteraient de larges victoires. Mais plusieurs d’entre eux avaient subi des défaites retentissantes, provoquant sa colère.

Quatre ans plus tard, la Maison Blanche redoute de revivre un scénario similaire. Selon plusieurs sources proches du président citées par CNN, Donald Trump espère que les sondages seront démentis par les urnes. Il reste convaincu que son implication personnelle dans la campagne a permis aux républicains de conserver une chance de l’emporter, tout en reconnaissant en privé que son parti pourrait subir de lourdes pertes.

Les membres de son gouvernement affichent, pour leur part, un optimisme de façade ou du moins de circonstance. Le secrétaire à l’intérieur, Doug Burgum, s’est notamment dit « très optimiste » quant à l’avenir du pays. L’entourage présidentiel se prépare néanmoins à tous les scénarios, y compris à une éventuelle intervention de Donald Trump devant la presse au cours de la soirée électorale.

21:40 Sur le terrain

Au Texas, le parcours du combattant des étudiants pour voter

Sur stand installé dans l’université du Texas, à Austin, l’association Donuts + Democracy offre des pâtisseries aux étudiants, et les informe sur la localisation des bureaux de vote. Cela fait plusieurs jours que cette association est présente sur place, afin d’aider les étudiants à se repérer dans le système de vote, parfois compliqué.

Au stand de l’association Donuts + Democracy , à l’université du Texas, à Austin, le 3 novembre 2026.
Au stand de l’association Donuts + Democracy , à l’université du Texas, à Austin, le 3 novembre 2026.

« Aux États-Unis, les médias que les jeunes sont apathiques », explique Heather Haggarty, la fondatrice de l’association. « Ce n’est pas vrai. C’est juste qu’on rend le vote difficile. Le Texas est tres mal classé dans le pays pour l’accès au vote. On ne peut pas faire la démarche en ligne. La date limite pour s’inscrire pour voter était le 5 octobre, on ne peut pas s’inscrire le jour même du scrutin. Beaucoup d’États aux États-Unis vous permettent de vous inscrire le jour du vote, mais pas ici »

Heather Haggarty, à l’université du Texas, à Austin, le 3 novembre 2026.
Heather Haggarty, à l’université du Texas, à Austin, le 3 novembre 2026.

Les bureaux de vote ont parfois de longues queues : 50 minutes d’attente, ce matin du mardi 3 novembre, pour le bureau situé sur le campus de l’université du Texas.

Elle poursuit : « Dans les États “rouges” [républicains], ils mettent des bâtons dans les roues aux jeunes pour qu’ils votent moins, parce que les jeunes sont progressistes. Au Texas et dans d’autres États comme la Floride ou la Caroline du Nord, ils ont supprimé des bureaux de vote sur les campus universitaires. Les étudiants doivent alors faire une longue marche, et ils finissent par ne pas y aller. » 

Au stand de l’association Donuts + Democracy , à l’université du Texas, à Austin, le 3 novembre 2026.
Au stand de l’association Donuts + Democracy , à l’université du Texas, à Austin, le 3 novembre 2026.

Jessica Gourdon (Austin, envoyée spéciale)

21:40 Vos questions

Bonsoir,

C’est une hypothèse audacieuse, mais paradoxale : ce sont les démocrates, sous Barack Obama, qui ont engagé les États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat en 2016, avant que Joe Biden ne les y fasse revenir en 2021.

À l’inverse, Donald Trump, qui a régulièrement qualifié le changement climatique de « canular », a décidé à deux reprises de retirer les États-Unis de cet accord, la dernière fois dès son retour à la Maison Blanche en janvier 2025. Ce second retrait est devenu effectif le 27 janvier 2026.

Lire aussi :

21:21 Vos questions

Bonsoir,

Nous devrions avoir une première idée assez précise des résultats mercredi matin, vers 6 h 30, heure de Paris. Mais il faudra peut-être attendre plusieurs jours pour savoir quel parti contrôlera le Congrès, notamment la Chambre des représentants.

Les premiers bureaux de vote fermeront à partir de 1 heure du matin, heure de Paris, et les dépouillements se poursuivront tout au long de la nuit. Leur rythme varie considérablement d’un Etat à l’autre.

Le média américain Axios a publié un graphique montrant la vitesse à laquelle les bulletins avaient été dépouillés dans plusieurs Etats lors des élections de 2024.

A 6 heures du matin à Paris (minuit sur la côte est américaine), 99 % des voix avaient déjà été comptabilisées en Floride, 98 % en Géorgie, et 95 % dans l’Ohio. En revanche, le dépouillement n’atteignait que 88 % au Texas, 46 % dans le Michigan, et 33 % dans le Maine.

Deux heures plus tard, à 8 heures du matin à Paris, 95 % des bulletins avaient été dépouillés au Texas, contre 73 % dans le Michigan et 64 % dans le Maine. Ces chiffres, qui concernent les élections sénatoriales de 2024, donnent un ordre d’idée, mais ne permettent pas de prévoir exactement le rythme du dépouillement cette année.

Pour la Chambre des représentants, l’attente pourrait être nettement plus longue. Les 435 sièges sont renouvelés et certaines circonscriptions très disputées – notamment en Californie – peuvent mettre plusieurs jours à livrer leur verdict. Selon Axios, lors des trois dernières élections, l’Associated Press a dû attendre sept à huit jours pour déterminer quel parti avait remporté la majorité à la Chambre.

Il faut toutefois distinguer le dépouillement des bulletins de l’annonce des résultats : un vainqueur peut être déclaré bien avant que 100 % des voix aient été comptabilisées, dès lors que les suffrages restant à dépouiller ne peuvent plus inverser l’issue du scrutin.

21:12 Vos questions

Bonsoir,

L’affaire Epstein est moins prédominante dans le débat public que l’année dernière, mais elle reste présente en toile de fond et a globalement nui aux républicains en général, et à Donald Trump en particulier, qui a entravé la publication des documents d’enquête.

La semaine dernière à Chillicothe dans l’Ohio, pour l’un de ses derniers meetings de campagne, le président américain a été accueilli dans la ville par des manifestants avec des pancartes mentionnant le pédocriminel (mort dans sa cellule en 2019). Il a ensuite été interrompu à la tribune par plusieurs opposants qui s’étaient introduits dans la salle. L’un d’entre eux a hurlé le nom d’Epstein, comme une accusation envers Donald Trump, qui fut ami avec lui avant de rompre au début des années 2000.

Donald Trump a ensuite pris quelques minutes de son discours pour se justifier et raconter comment il avait chassé Jeffrey Epstein de sa propriété de Mar-a-Lago, avant de renvoyer le soupçon sur les démocrates.

Sur les réseaux sociaux, les accusations entre les deux camps sont également légion sur ce sujet. Quelle que soit l’issue de ces élections de mi-mandat, la politique américaine n’en a pas fini avec le fantôme de Jeffrey Epstein.

Sur Le Monde aujourd’hui

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21:09

Des dysfonctionnements dans plusieurs bureaux de vote alimentent les théories complotistes

Plusieurs incidents techniques ont perturbé le scrutin mardi aux États-Unis, notamment dans les États de New York, de Géorgie et de Floride, sans que les autorités électorales signalent de fraude.

Dans le comté de Westchester, au nord de New York, des machines ont refusé les bulletins dès l’ouverture des bureaux de vote. En cause : une erreur de programmation empêchant les scanners de reconnaître les bulletins. Les électeurs ont continué à voter sur papier, leurs bulletins étant placés dans des sacs sécurisés pour être comptabilisés ultérieurement, sous contrôle bipartisan.

En Géorgie, deux scanners sont tombés en panne pendant le vote anticipé, nécessitant une procédure alternative pour environ 1 000 bulletins. En Floride, un problème technique a retardé de vingt minutes l’ouverture de bureaux de vote dans le comté de Broward.

Un membre du personnel électoral range une machine à voter défectueuse, au bureau de vote de la caserne des pompiers de Northlake, à Irmo, en Caroline du Sud, le 3 novembre 2026.
Un membre du personnel électoral range une machine à voter défectueuse, au bureau de vote de la caserne des pompiers de Northlake, à Irmo, en Caroline du Sud, le 3 novembre 2026.

D’autres incidents ont été signalés en Pennsylvanie, en Arizona et au Texas, où une alarme incendie a brièvement interrompu le vote sur le campus de l’université d’Austin.

Ces dysfonctionnements, que les responsables électoraux décrivent comme des incidents techniques ordinaires, ont rapidement alimenté des accusations de fraude sans preuves sur les réseaux sociaux. Katie Miller, épouse de Stephen Miller, proche conseiller de Donald Trump, a notamment accusé la gauche de « voler les élections ».

Les autorités assurent que les bulletins valides seront comptabilisés. Dans le comté de Westchester, elles précisent que les scanners défaillants ont rejeté les bulletins sans les enregistrer incorrectement.

21:00 L’essentiel

Ce qu’il faut savoir sur la journée du scrutin, mardi 3 novembre, à 21 heures

  • Donald Trump affiche son optimisme malgré son impopularité. Intervenant sur Fox News, il affirme que l’inflation est « résolue » et assure que les résultats républicains seront meilleurs qu’attendu. Son taux d’approbation dépasse à peine 34 %, selon l’agrégateur de sondages de CNN.
  • Une participation anticipée record. Plus de 58 millions d’Américains ont déjà voté avant le jour du scrutin, un record pour des élections de mi-mandat.
  • Donald Trump annonce la fin de l’aide militaire américaine à Israël dès décembre 2026. Le président affirme avoir conclu un accord avec Benyamin Nétanyahou pour supprimer une aide annuelle de 3,8 milliards de dollars. Les modalités restent toutefois floues, alors qu’un accord bilatéral court jusqu’en 2028.
  • Le ministère de la justice déploie quelque 1 000 observateurs électoraux dans les 50 Etats. Sur les 126 territoires concernés, 93 avaient voté pour Kamala Harris en 2024. Ce dispositif suscite des inquiétudes parmi les organisations de défense des droits civiques, qui redoutent des intimidations.
  • La garde nationale mobilisée pour sécuriser les élections. Des spécialistes de la cybersécurité interviennent notamment en Arizona, dans le Colorado, l’Iowa et l’Illinois. Aucun militaire fédéral ne doit être déployé dans les bureaux de vote, selon la garde nationale.
  • De faux SMS sèment la confusion en Géorgie. Les autorités du comté de Fulton alertent sur des messages frauduleux annonçant des changements de bureaux de vote et invitent les électeurs à vérifier leur adresse sur le site officiel.
  • Des intempéries perturbent le vote dans plusieurs Etats. En Floride, au moins 21 bureaux de vote ont été déplacés à la suite d’inondations. Une tornade a également contraint les autorités à transférer un bureau en Oklahoma. Dans l’Utah et le Colorado, des dispositions exceptionnelles ont été prises pour certains électeurs isolés.

21:00 Vos questions

Bonsoir,

Aux Etats-Unis, les règles de vérification de l’identité des électeurs varient d’un Etat à l’autre. Contrairement à une idée répandue, l’absence de pièce d’identité obligatoire ne signifie pas l’absence de contrôle.

Selon la National Conference of State Legislatures (NCSL), 36 Etats demandent ou exigent un justificatif d’identité pour voter en personne. Parmi eux, 24 demandent une pièce avec photographie et 12 acceptent également des documents sans photo, comme une facture ou un relevé bancaire.

Dans les 14 autres Etats et à Washington, DC, les électeurs peuvent voter sans présenter de document d’identité. Ils doivent toutefois vérifier leur identité par d’autres moyens : signature du registre électoral, déclaration sur l’honneur ou communication d’informations personnelles, notamment leur nom et leur adresse.

Les agents électoraux peuvent comparer ces informations aux listes d’inscription et aux signatures déjà enregistrées. Certains Etats cumulent plusieurs vérifications. Au Nouveau-Mexique, par exemple, les électeurs doivent signer un registre et communiquer leur nom et leur adresse, oralement et par écrit.

Et en cas de doute ? Tous les Etats prévoient des procédures permettant de contester l’identité ou l’éligibilité d’un électeur. Dans les Etats exigeant un justificatif, d’autres procédures existent pour les personnes qui n’en disposent pas, parfois sous la forme d’un bulletin provisoire soumis à vérification.

La NCSL détaille les procédures de vérification dans chacun des Etats, y compris pour les électeurs sans pièce d’identité.

20:50 Sur le terrain

A Austin au Texas, trois jeunes électeurs dénoncent la politique de Trump et les divisions de l’Amérique

A Austin, au Texas, trois jeunes électeurs qui ont voté démocrate témoignent de leurs inquiétudes face à la politique de Donald Trump. Immigration, droits des femmes, inégalités et désinformation : chacun évoque les raisons de son vote.

C’est la première fois que Sam Robles, 18 ans, étudiante, vote. Elle souhaite devenir enseignante. Elle a mis son bulletin dans l’urne pour les démocrates. « La façon dont le pays et le Texas sont dirigés ne correspond tout simplement pas à mes opinions. Je suis très anti-ICE. Ma famille est issue d’une longue lignée d’immigrés du Mexique. C’est important d’accueillir les immigrés ici. Ces personnes ciblées par ICE travaillent dur, et la très grande majorité n’ont jamais rien fait de mal. »

Sam Robles, à Austin, le 3 novembre 2026
Sam Robles, à Austin, le 3 novembre 2026

Mia Arias, 18 ans, étudiante, est la première de sa famille à accéder à l’université. « J’ai voté démocrate. Mes parents sont arrivés du Mexique, ils ont leur propre entreprise de nettoyage. Je suis la première personne de ma famille à faire des études supérieures. Trump est un personnage affreux. Nous sommes choqués par la politique de répression de l’immigration. Trump mène une politique au service des milliardaires, et au service de sa propre fortune. Je suis aussi choquée par tout ce qui se passe au Texas, le port des armes, la régression des droits des femmes. »

Mia Arias, à Austin, le 3 novembre 2026.

Joaquim Sanchez, 22 ans, étudiant en nutrition déplore quant à lui la polarisation du pays. « Je trouve que notre pays est beaucoup trop divisé, et ces combats sont alimentés par les réseaux sociaux. Cette campagne des midterms a été choquante, c’était une déferlante de fausses informations au travers de multiples publicités d’attaques des candidats. On a besoin d’avoir plus d’unité ». Il a voté pour les démocrates. 

Joaquim Sanchez, à Austin, le 3 novembre 2026.

Jessica Gourdon (Austin, envoyée spéciale)

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20:38 Vos questions

Bonjour,

Oui, ce système avantage aujourd’hui les républicains, davantage implantés dans les Etats ruraux et peu peuplés. Chaque Etat dispose de deux sénateurs, quelle que soit sa population : le Wyoming, qui compte environ 600 000 habitants, pèse donc autant au Sénat que la Californie, qui en compte près de 40 millions.

Cette règle est inscrite dans l’article I, section 3, de la Constitution américaine, qui prévoit deux sénateurs par Etat, quelle que soit sa population. La disposition concernant la désignation des sénateurs par les législatures des Etats a été remplacée par le 17e amendement, ratifié en 1913, qui instaure leur élection au suffrage direct. Le principe des deux sénateurs par Etat, lui, demeure inchangé.

Elle a régulièrement été critiquée, mais sa remise en cause est particulièrement difficile : la dernière phrase de l’article V de la Constitution américaine dispose expressément qu’aucun Etat ne peut être privé, sans son consentement, de son égalité de représentation au Sénat. Autrement dit, une réforme nécessiterait l’accord des Etats concernés, dont celui des moins peuplés, qui bénéficient précisément de ce système.

20:27

Le ministre de la sécurité intérieure américain menace de « traquer » les électeurs qui voteraient illégalement

En plein scrutin de mi-mandat, Markwayne Mullin, ministre de la sécurité intérieure de Donald Trump, a publié mardi un avertissement sur X : « Si vous votez illégalement dans ce pays, sans en avoir le droit, le DHS vous retrouvera, vous traquera et vous serez poursuivi avec toute la rigueur de la loi. » Le ministère de la sécurité intérieure, le DHS, ainsi que la police fédérale de l’immigration, l’ICE, ont diffusé des messages similaires.

L’administration Trump affirme vouloir empêcher les non-citoyens de participer aux élections, alors que les cas documentés de votes illégaux de personnes non habilitées restent extrêmement rares. Selon une enquête de Reuters publiée en juillet 2026, seules 129 personnes ont été poursuivies au niveau fédéral pour cette infraction depuis 1996, sans qu’aucune opération coordonnée de fraude électorale ait été mise en évidence.

Dans une synthèse actualisée en septembre 2024, le Brennan Center for Justice rappelait qu’une enquête portant sur 23,5 millions de suffrages exprimés en 2016 n’avait relevé qu’une trentaine de cas suspects, soit environ 0,0001 % des votes. Il s’agissait de signalements pour enquête, et non de fraudes avérées.

Plusieurs organisations de défense du droit de vote ont engagé des poursuites contre le DHS, en accusant l’administration d’utiliser des données peu fiables et d’intimider des citoyens américains naturalisés, pourtant parfaitement habilités à voter.

19:48 Vos questions

Bonjour,

A la veille des élections de mi-mandat, les derniers sondages New York Times/Siena dessinent un paysage électoral favorable aux démocrates, y compris dans plusieurs bastions républicains. Dans les sept Etats étudiés, leurs candidats sont en tête dans cinq d’entre eux et au coude-à-coude avec leurs adversaires dans les deux autres.

Au Texas, où le républicain Greg Abbott brigue un quatrième mandat, la démocrate Gina Hinojosa recueille 48 % des intentions de vote contre 47 % au gouverneur sortant. Au Kansas, autre Etat traditionnellement républicain, Cindy Holscher fait pratiquement jeu égal avec Ty Masterson (48 % contre 47 %).

Les démocrates disposent d’une avance plus nette dans le Michigan et le Maine (+ 13 points), ainsi que dans l’Iowa et l’Alaska (+ 8 points). Dans l’Ohio, Amy Acton devance de 6 points le républicain Vivek Ramaswamy.

Six de ces sept Etats avaient voté pour Donald Trump en 2024. Or, dans cet ensemble, seuls 38 % des électeurs approuvent aujourd’hui son action, selon l’enquête.

Le New York Times souligne que ces résultats interviennent dans un climat de mécontentement économique et de contestation de la guerre en Iran. Les écarts restent toutefois compris dans la marge d’erreur au Texas et au Kansas, où l’issue du scrutin demeure incertaine.

19:34 Vos questions

Bonjour Curieux,

Les sondages à la sortie des urnes, ou « exit polls », existent bien aux Etats-Unis. NBC, par exemple, en propose « dans 45 Etats-clés » et annonce qu’ils seront publiés lors de la fermeture des premiers bureaux de vote, dès minuit, heure de Paris. La chaîne souligne qu’il « ne s’agit pas de résultats électoraux, mais un focus sur les intentions d’électeurs à travers le pays ».

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19:05

Paroles d’électeurs au Texas lors d’un meeting de soutien au candidat démocrate au Sénat, James Talarico

Lors du meeting du candidat démocrate au Sénat, James Talarico, à Austin (Texas), le 2 novembre 2026.
Lors du discours de James Talarico, à Austin (Texas), le 2 novembre 2026.

Notre envoyée spéciale Jessica Gourdon était à Austin, la capitale du Texas, pour assister, lundi 2 novembre, à un meeting de campagne de James Talarico, candidat démocrate au Sénat, qui pourrait bien remporter le siège de cet Etat historiquement conservateur, selon les derniers sondages.

Nate Hill, 26 ans : « Trump n’a tenu aucune de ses promesses de campagne, il semble ne se préoccuper que de sa salle de bal »

Nate Hill a grandi dans une commune rurale du Texas, très conservatrice, très chrétienne. Il a voté pour Donald Trump en 2020 et en 2024, mais lundi 2 novembre, il porte un tee-shirt de soutien à James Talarico. « J’ai apprécié le premier mandat de Trump. Ce qui m’a fait changer d’avis, c’est la guerre en Iran, et toutes ses conséquences, comme l’inflation. Trump n’a tenu aucune de ses promesses de campagne, il semble ne se préoccuper que de sa salle de bal. Son second mandat a été horrible pour l’Amérique, et pour le monde entier », explique ce jeune ingénieur. « Trump se fiche du Texas, il se fiche de l’Amérique, du travailleur moyen de la classe populaire », poursuit-il. Il apprécie James Talarico, car c’est un « candidat chrétien, et modéré, originaire du Texas ».

Jessica Wright, 42 ans : « Talarico est jeune, il a des idées neuves, il est très digne et élégant »

De passage à Austin en provenance de son Michigan natal pour des raisons professionnelles – elle travaille dans une société de prêts dans l’immobilier –, Jessica Wright a fait un saut au meeting de soutien à James Talarico. Elle a beau ne pas être originaire de cet Etat, elle a quand même fait un don d’argent pour sa campagne, car elle croit en la carrière nationale de ce jeune candidat de 37 ans. « Il est jeune, il a des idées neuves, il est très digne et élégant. C’est exactement le profil dont ce pays a besoin. Depuis le Michigan, je soutiens financièrement Abdul El-Sayed, Talarico et Alexandria Ocasio-Cortez. Ce sont mes trois figures de référence. Ces trois-là incarnent l’avenir du pays, c’est d’eux que nous avons besoin. »

Charlotte Reynolds, 22 ans, et ses parents, Jeff Reynolds et Lizzie Reynolds

Lizzie Reynolds, 61 ans, gérante d’une agence de voyages à Austin, a grandi dans un milieu texan conservateur dont elle s’est éloignée depuis les années 1990. Aujourd’hui, elle soutient fermement les démocrates. « Je pense que le gouverneur en place doit partir. Quand j’étais au lycée, le Texas était classé septième des Etats-Unis en matière d’éducation. Aujourd’hui, nous sommes quarante-et-unièmes. Les républicains dirigent les conseils scolaires, les associations de parents d’élèves, ils gèrent tout. Ils interdisent des livres, suppriment des programmes fondamentaux. » Elle ne comprend pas comment les familles de classes populaires se sont mises à voter pour Donald Trump, alors qu’il agit « contre leurs intérêts ». « Je ne sais pas comment notre pays en est arrivé là. On voit ces gars ordinaires de la classe ouvrière voter pour Trump, alors que lui serait incapable de faire une vidange sur sa propre voiture. Qu’est-ce qu’ils lui trouvent ? »

En ce jour de vote, Lizzie Reynolds et son mari vont « surveiller certains bureaux, au cas où la police de l’immigration viendrait pour intimider les personnes de couleur. On a un numéro d’urgence à appeler. Nous allons aussi nous assurer que les bureaux de vote ne ferment pas plus tôt que prévu, car c’est une pratique qui avait tendance à se développer ».

James Talarico à Austin (Texas), le 2 novembre 2026.

Lire aussi :

Jessica Gourdon (Austin, envoyée spéciale)

19:03

Bruce Springsteen appelle à garantir des élections « libres et équitables »

La légende du rock américain Bruce Springsteen a exhorté mardi les autorités à préserver l’intégrité des élections de mi-mandat, alors que Donald Trump multiplie les déclarations mettant en doute la régularité du scrutin et évoque une possible contestation des résultats.

Dans une vidéo publiée sur Instagram, le « Boss », âgé de 77 ans, appelle les responsables électoraux à ne « jamais consentir à des directives qui portent atteinte [au] droit constitutionnel à des élections libres et équitables ».

« Notre vote est notre voix, et c’est à vous qu’il revient de faire en sorte que cette voix soit entendue », insiste le musicien, soutien de Kamala Harris en 2024 et critique régulier de Donald Trump. Le président américain avait appelé à boycotter ses concerts, en le qualifiant de « chanteur médiocre et ennuyeux, qui ressemble à un pruneau desséché ».

Lire aussi :

18:56 Vos questions

Vos questions : « Si les démocrates sont majoritaires dans les deux Chambres, quelle est la possibilité qu’ils détricotent des mesures comme les droits de douane ? »

Bonjour,

Le cas des droits de douane est spécifique. Normalement, c’est le Congrès qui détient le pouvoir de décider de nouvelles taxes, mais Donald Trump a tout fait pour contourner cette règle et s’arroger ce pouvoir fiscal (en profitant de l’apathie des élus républicains).

La Cour suprême a mis un premier coup d’arrêt en février, en déclarant illégaux les droits de douane décidés au nom d’un texte des années 1970, l’International Emergency Economic Powers Act, utilisé par l’administration.

Cependant, les juristes de la Maison Blanche ont trouvé une parade, en détournant une disposition dévolue au représentant au commerce américain. Ce dernier, Jamieson Greer, a lancé des « enquêtes » sur la majeure partie des pays du monde, en les accusant de ne pas en faire assez pour lutter contre le travail forcé. Les investigations ont été expéditives et le résultat était connu par avance : tous les pays ont été sanctionnés… de nouveaux droits de douane.

Cette manœuvre permet de contourner le Congrès. Elle pourrait être attaquée, et globalement Donald Trump aura moins de latitude, mais les élections de mi-mandat ne mettront pas nécessairement fin à la guerre commerciale. Le président américain conteste même le fait que les droits de douane… sont des taxes.

18:50

Vos questions : « Pourquoi couvrez-vous autant ces élections américaines ? »

Bonjour,

Couvrir les élections américaines, ce n’est pas promouvoir un modèle : c’est expliquer des décisions dont les effets nous touchent directement, du prix du pétrole au soutien à l’Ukraine, en passant par le commerce et la sécurité européenne. Tout ne tourne pas autour des Etats-Unis, mais ce qui s’y passe ne s’arrête pas à leurs frontières. Pas même Internet, né de recherches américaines, que vous utilisez pour nous demander de moins en parler.

18:44 Pour approfondir

Comment la popularité de Donald Trump s’est érodée en deux ans

Par Francesca Fattori, Flavie Holzinger, Julie Cassotti, Audrey Lagadec, Victor Simonnet, Riccardo Pravettoni

Depuis son retour à la Maison Blanche, le 20 janvier 2025, Donald Trump a multiplié les décisions marquantes et controversées : offensive commerciale, durcissement de la politique migratoire, coupes budgétaires et démonstrations de force à l’étranger. Cette chronologie retrace leur enchaînement et mesure leur impact sur sa popularité. A l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, elle examine aussi les signes de mécontentement parmi les électeurs qui l’ont porté au pouvoir en 2024, y compris au sein de son propre camp républicain.

18:26 Vos questions

Vos questions : « Les élus à la Chambre sont renouvelés en totalité tous les deux ans ? »

Bonjour,

Oui, la Chambre des représentants est renouvelée entièrement tous les deux ans. Les représentants au Congrès sont donc en campagne permanente. A peine élus, ils doivent commencer à lever des fonds pour la campagne suivante, ce qui est indispensable aux Etats-Unis pour espérer remporter le scrutin. Vient ensuite le temps de la campagne pour la primaire de son propre parti, afin d’être désigné candidat, qui se tient souvent trois à quatre mois avant l’élection. Puis vient le temps de l’élection en elle-même.

C’est en partie pour cette raison que les postes au Sénat, moins nombreux, sont davantage prisés. Le mandat est de six ans (le Sénat est renouvelé par tiers tous les deux ans) et permet de davantage se projeter sur le long terme.

Nicolas Chapuis (New York, correspondant)

18:26 Vos questions

Vos questions : « Quels sont les référendums qui méritent d’être suivis ?  »

Bonjour, et merci de nous suivre !

Il y a en tout, lors des midterms de 2026, 43 référendums de politique locale.

Sur le droit à l’avortement, quatre Etats proposent des mesures, contre dix en 2024 : trois pour garantir le droit à l’interruption volontaire de grossesse et un (le Missouri) pour l’interdire constitutionnellement.

Les consultations citoyennes seront bien plus nombreuses sur les data centers : 13 Etats proposent d’interdire leur installation, en raison de nuisances et de consommation des ressources. Quatre Etats vont par ailleurs soumettre à leur population différentes mesures liées à la crise du logement.

Le contexte

    Ce live a également été animé par Grégor Brandy et Luc Vinogradoff ainsi que par Emile Drousie (service Photo).

    Le Monde tient un direct consacré aux midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, alors que de nombreux sondages annoncent « une vague bleue » et la reprise en main du Congrès par le Parti démocrate.

    Les dernières informations. Vous y trouverez toute l’actualité liée au vote du 3 novembre : ambiance, résultats, déclarations politiques ou encore décryptages de polémiques, mais aussi des graphiques et des infographies.

    Un espace d’échanges. Nous sommes aussi ici pour répondre (dans la mesure du possible) à vos questions sur le fonctionnement des différents scrutins, sur leurs enjeux, etc. N’hésitez pas à envoyer des messages, et même à partager avec nous des informations que vous jugez utiles.

    Vu des Etats-Unis. Retrouvez les reportages, les analyses et les décryptages de tous nos correspondants sur place, qui répondent à vos questions lors de tchats.

    Notre live de la semaine précédente est accessible grâce à ce lien.

Source: Le Monde · Pierre Bouvier et Ramzy Bensaadi (service Photo)

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