L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante ont appelé samedi au blocage des établissements scolaires mardi et jeudi. De son côté, l’organisation des Lycéens ! a appelé dimanche au blocus « dès lundi ».
Live animé par Valentin Baudry et Ramzy Bensaadi (Service photo)
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13:02
105 interpellations à la suite des événements de samedi à Paris, annonce le parquet
A 11 heures, le parquet de Paris annonce 105 interpellations (dont 88 dans le cadre des manifestations et 17 dans le cadre de la nuit d’Halloween) à la suite des événements de samedi. « Quatre-vingt-neuf personnes font actuellement l’objet d’une garde à vue à Paris, dont 61 majeurs (+ 6 personnes dont la date de naissance reste à déterminer) et 22 mineurs », précise le communiqué.
Pour les majeurs, il s’agit principalement « de faits de participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations », de « port d’arme de catégorie D [poignards, poings américains] » et « détention/transport de substance ou produit incendiaire ou explosif ».
Le parquet de Paris évoque ensuite des « atteintes à personnes dépositaires de l’autorité publique ». Cinq membres des forces de l’ordre (quatre policiers et un gendarme) ont été blessés à Paris, selon un bilan samedi soir du ministère de l’intérieur et de la Préfecture de police.
Le parquet mentionne également « dans une bien moindre mesure » des « atteintes aux personnes » et « atteintes aux biens ». Ce bilan « est susceptible d’évoluer », pointe le parquet de Paris.
12:42
Enquête ouverte pour « tentative d’homicide » à la suite du jet de cocktail Molotov sur des gendarmes à Paris
Une enquête a été ouverte pour « tentative d’homicide sur personnes dépositaires de l’autorité publique », après le jet de cocktail Molotov sur des gendarmes à Paris, lors des manifestations samedi, a annoncé, dimanche, le parquet de Paris. Les jets d’objets explosifs ont visé « une quinzaine de gendarmes ainsi que des policiers » à porte de Charenton, dans le 12e arrondissement, précise le communiqué.
« Un recensement des blessés est en cours », a ajouté le parquet de Paris, précisant qu’aucun mis en cause n’avait été interpellé à ce stade pour les faits en question.
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, avait qualifié samedi de « tentative de meurtre » le jet d’un cocktail Molotov contre un gendarme mobile à Paris. Des photos et vidéos ont montré une bombe artisanale exploser aux pieds d’un membre des forces de sécurité porte de Charenton, le blessant légèrement.
11:35 Pour approfondir
Des cortèges déterminés, corsetés par les dispositifs de sécurité
« Je manifeste pour qu’on puisse manifester » : la mobilisation du 31 octobre, des cortèges festifs et déterminés corsetés par les dispositifs de sécurité
Par Florence Aubenas, Christophe Ayad, Bertrand Bissuel, Arthur Carpentier, Louise Couvelaire, Raphaëlle Lavorel, Jérôme Lefilliâtre, Jean-Philippe Rémy, Richard Schittly, Florence Traullé, Michaël Szadkowski
En théorie, il fallait s’attendre au pire. A en croire les mots d’ordre lancés sur les réseaux sociaux, la troisième journée de manifestation, samedi 31 octobre, pour « le pouvoir d’achat et la défense des services publics », à l’appel d’anciens « gilets jaunes », de syndicats, lycéens et étudiants, inspirée par le thème d’Halloween, devait être dantesque et s’achever sur une « nuit des ténèbres ». Rien de tout cela n’est advenu, ni au propre, ni au figuré, et pas même pour rire.
10:29
L’organisation Les Lycéens ! appelle « au blocus » des lycées, et ce « dès lundi »
Pierre Sourzat, à la tête de l’organisation Les Lycéens !, a appelé, dimanche sur RMC, au blocus des lycées « et ce dès lundi », dénonçant la « politique de comptoir » du gouvernement, qui a dévoilé en début de semaine plusieurs mesures à destination de la jeunesse.
« Ce sera plus à partir de mardi, mais on sait qu’il y aura des lycées qui vont être bloqués dès demain », a-t-il précisé, après les deux semaines de vacances de la Toussaint, qui prendront fin lundi 2 novembre en France métropolitaine, avant d’ajouter : « Et nous soutenons tous nos camarades qui bloquent leurs lycées dès demain. »
Le président de la République, Emmanuel Macron, avait appelé jeudi à la reprise des cours dans « le calme », « compte tenu du fait que la jeunesse a été entendue », alors que l’Union syndicale lycéenne (USL) et l’Union étudiante ont appelé en marge des manifestations, à bloquer lycées et universités, mardi puis jeudi 5 novembre, journée de grève interprofessionnelle.
Quelques jours plus tôt, les ministres de l’éducation et de l’enseignement supérieur avaient annoncé plusieurs mesures pour répondre à la crise lycéenne et étudiante qui dure depuis maintenant six semaines, dont le remplacement progressif du système d’admission post-bac Parcoursup d’ici à 2028.
Le président n’a pas « entendu [les lycéens] il [ne leur] a presque rien donné », a rétorqué M. Sourzat. « Le gouvernement a fait (…) de la politique de comptoir. Il (…) a un peu méprisé [les lycéens], limite il se moque [d’eux]. »
Interrogé sur la durée du mouvement, Pierre Sourzat, qui est en études supérieures, n’a pas fixé d’échéance, estimant qu’elle dépendrait de la réponse du gouvernement. « C’est un sacrifice » pour les générations suivantes, a-t-il déclaré.
09:49
A Lyon, nuit calme et deux saisies de produits pour engins explosifs
La nuit a été relativement calme dans l’agglomération lyonnaise, marquée par de brefs incidents dans des secteurs de la périphérie, notamment à Rillieux-la-Pape et Givors. Dans le centre-ville, après l’imposante manifestation, qui a rassemblé près de 20 000 personnes malgré l’arrêt des transports en commun, des troubles se sont poursuivis deux heures après la dispersion du défilé, dans le secteur de la place Jean-Macé, mais aucune exaction n’a été signalée par la suite. Le dispositif policier a dissuadé tout regroupement. Les ponts du Rhône barrés étaient filtrés par des contrôles d’identité systématiques, limitant les accès vers le centre-ville.
Fait le plus marquant, vers 21 h 30 : l’interpellation de cinq jeunes gens âgés d’une vingtaine d’années, à bord d’une voiture, place Carnot, dans le 2e arrondissement de Lyon. Contrôlés par des policiers de la CRS, ils étaient en possession d’une bouteille d’acide chlorhydrique et de feuilles d’aluminium, des éléments qui servent à confectionner un engin explosif artisanal. Un kit similaire a été saisi par les gendarmes lors d’un contrôle samedi vers 14 heures, cours Gambetta, sur un jeune homme âgé de 20 ans, venu de la commune voisine de Francheville, à l’ouest de Lyon.
Richard Schittly (Lyon, correspondant)
Sur Le Monde aujourd’hui
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07:07 Pour approfondir
07:03
« Aucun incident majeur » pendant la nuit à La Réunion, selon la préfecture
Les préfectures françaises vont progressivement diffuser le bilan des opérations menées par les forces de l’ordre pendant la nuit d’Halloween, à l’occasion de laquelle des appels à se rassembler avaient eu lieu dans la foulée des manifestations contre la vie chère. Le préfet de La Réunion fait état, dans un communiqué diffusé peu après 6 heures (9 heures sur place), d’une nuit sans « aucun incident majeur » : cinq personnes ont été interpellées, dont trois mineures. « Les sapeurs-pompiers ont réalisé 35 interventions en lien avec les festivités d’Halloween, dont 4 pour feux de véhicules et 18 pour feux de poubelles », disent aussi les autorités, notant, par ailleurs, des tirs de mortier d’artifice menés contre les forces de l’ordre à Saint-Denis.
Le 31/10 à 22:49
Cinq membres des forces de l’ordre blessés à Paris dont trois par jet de cocktail Molotov, selon la Préfecture de police
La Préfecture de police de Paris a fait état, samedi soir, de cinq membres des forces de l’ordre blessés – quatre policiers et un gendarme – dont trois par des jets de cocktail Molotov, lors de l’acte III de la mobilisation contre la vie chère dans la capitale.
En début de soirée, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, avait qualifié de « tentative de meurtre » le lancement d’un cocktail Molotov contre un gendarme mobile à Paris, en dénonçant « la violence inouïe » de groupes de casseurs contre les forces de l’ordre.
La Préfecture de police a ajouté que la situation était « calme dans l’agglomération parisienne », à 21 heures. Au total, 5 745 contrôles ont été effectués et 79 personnes ont été interpellées, selon un bilan communiqué à la même heure. Au niveau national, le ministre de l’intérieur avait annoncé, en début de soirée, 40 000 contrôles.
Le 31/10 à 22:05
565 interpellations recensées, annonce le ministère de l’intérieur
A 21 heures, Beauvau dénombre 565 interpellations en France. Lors de la précédente mobilisation, le 24 octobre, 768 interpellations avaient été réalisées en fin de journée pour 385 au même moment le 17 octobre. Le ministre a expliqué que 40 000 contrôles en amont avaient été réalisés, dont 15 000 dans l’agglomération parisienne.
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Le 31/10 à 21:49
MARSEILLE | La préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône assure ne pas être à l’origine de la coupure d’électricité sur la place de la Plaine
« Les forces de l’ordre ne sont pas à l’origine de la coupure d’électricité sur la place de la Plaine, à Marseille. L’éclairage public a été dégradé à la suite d’un acte de malveillance survenu hier soir », selon le compte de la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône.
Plus tôt dans la soirée, Le Monde écrivait que la Plaine, lieu historique de fin de manifestation marseillais, était plongée dans le noir et que l’ambiance aux alentours était chaotique : des hélicoptères braquaient leurs projecteurs, des manifestants allumaient des feux et montaient des barricades pour tenter de bloquer la circulation qui, elle, n’a pas cessé. Pendant ce temps, des parents du quartier en panique tentaient de rentrer chez eux avec leurs enfants, slalomant entre les manifestants fuyant la nasse.
Peu après 20 heures, des centaines de policiers sont remontés vers la place par les ruelles adjacentes, ont tenté de vider la place avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Le Monde a pu compter au moins deux blessés.
Le 31/10 à 21:35
A Paris, la place de la République et le secteur du Châtelet et des Halles concernés par des couvre-feux à partir de 23 heures
Avec la manifestation « contre la vie chère » et la fête d’Halloween samedi, « les mesures de police visant à maintenir ou à rétablir l’ordre, tel qu’un couvre-feu, demeurent, dans le contexte actuel, impérativement nécessaires » et « sont justifiées par l’existence de troubles à l’ordre public dans certains secteurs de Paris », est-il écrit dans un arrêté diffusé par la Préfecture de police de Paris. « La circulation des personnes est donc interdite » dans les secteurs de la place de la République, de celle du Châtelet et des Halles pour les nuits de samedi à dimanche puis de dimanche à lundi de 23 heures à 6 heures.
Le 31/10 à 21:33
Bonsoir,
De Cologne à Berlin en passant par Hambourg, les rassemblements se sont déroulés sans débordement. Au sein des cortèges, constitués principalement de jeunes, le coût de la vie, le refus de la conscription ou la difficulté de se loger étaient au centre des revendications.
Voici le papier d’Elsa Conesa, correspondante du Monde à Berlin.
Lire aussi :
Le 31/10 à 21:30 Explications
Qu’est-ce que l’ultragauche, que Laurent Nuñez a mise en cause dans les violences survenues ce samedi ?
Lors d’un point presse donné vers 19 h 45, le ministre de l’intérieur a mis en cause des « groupes de casseurs, de pilleurs, beaucoup animés d’ailleurs par la mouvance d’ultragauche et l’extrême gauche radicale », qui ont affronté des membres de forces de l’ordre « avec une violence inouïe ». Ils avaient pour « seul objectif », selon le ministre, de regagner les centres-villes.
A l’origine, l’ultragauche désigne des nébuleuses politiques apparues au XXᵉ siècle à la gauche des partis communistes, comme le conseillisme, un courant politique qui prône l’organisation directe des travailleurs en conseils et rejette les partis politiques. Ces chapelles « refusent d’entendre parler des élections », explique Sylvain Boulouque, historien spécialiste de l’anarchisme et de l’extrême gauche. « L’ultragauche, au départ, représente les groupes à la gauche du PCF qui critiquent la forme des partis politiques et refusent le jeu parlementaire, contrairement à l’extrême gauche. »
Elle rejette non seulement les institutions existantes, mais aussi les formes d’organisation jugées hiérarchiques, y compris les partis et les stratégies électorales. Elle se distingue également par une posture de rupture absolue et privilégie une logique d’affrontement avec les symboles de l’Etat, du capitalisme ou de l’autorité.
Dans le débat public, le terme d’« ultragauche » s’est largement diffusé après l’affaire de Tarnac, en 2008, lorsque plusieurs militants présentés comme appartenant à l’ultragauche sont soupçonnés de sabotage de lignes TGV dans un dossier initialement qualifié de « terroriste ». « C’est un mot-valise popularisé par [la ministre de l’intérieur de l’époque], Michèle Alliot-Marie, après cette affaire », rappelait, en 2017, l’éditeur et spécialiste des mouvements radicaux Serge Cosseron dans Le Parisien.
D’abord utilisé dans un cadre policier pour désigner des groupes d’extrême gauche violents, son usage s’étend ensuite à des réalités plus larges, parfois au-delà de sa définition historique. Le mot introduit ainsi un « sens d’excès » et s’inscrit plutôt dans un registre polémique, précise au Monde Gilles Candar, historien spécialiste des gauches françaises. Il a la particularité d’être « largement rejeté par celles et ceux que l’on désigne ainsi », notait, en 2023, la sociologue Isabelle Sommier dans Ouest-France.
Certains responsables politiques mettent aujourd’hui sur le même plan ultragauche et ultradroite, une « fausse symétrie regrettable et dommageable », déplore M. Candar. En matière de violences mortelles, par exemple, l’extrême droite est à l’origine d’un nombre plus important de morts que l’extrême gauche : entre 1986 et 2017, cinq morts sont attribuées à l’ultragauche contre 52 à l’ultradroite, rappelle Mme Sommier dans un entretien au Monde.
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Les Décodeurs
Le 31/10 à 21:15
Le 31/10 à 21:00 L’essentiel
Entre 320 000 et 500 000 manifestants ; Laurent Nuñez déclare que les « cortèges » se sont « bien déroulés » malgré « la violence inouïe » de casseurs… Ce qu’il faut savoir à 21 heures
- En France, 320 000 personnes ont manifesté, dont 70 000 à Paris, selon le ministère de l’intérieur ; près d’un demi-million de manifestants, dont 200 000 à Paris, selon l’intersyndicale de la jeunesse. Le 24 octobre, les autorités avaient décompté 410 000 manifestants en France, dont 110 000 à Paris.
- A Lyon, 19 000 personnes ont défilé, et un manifestant, légèrement blessé à la jambe, a été transporté à l’hôpital par des pompiers, selon la préfecture. Onze mille manifestants ont été dénombrés par la police à Bordeaux contre 15 500 la semaine dernière. Les syndicats en dénombrent 70 000. A Marseille, il y a eu 10 000 personnes, selon les autorités.
- D’après les reporters du Monde présents dans les manifestations des grandes villes, les cortèges se sont déroulés dans le calme, y compris à Marseille, où la manifestation n’a pas été déclarée. Au total, 70 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés.
- En fin d’après-midi, des tensions ont eu lieu lors des dispersions dans plusieurs villes. A Paris, la situation s’est tendue porte de Charenton. A Grenoble, les forces de l’ordre et des personnes se sont affrontées en fin de cortège. A Marseille, notre journaliste sur place a fait état de l’usage de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement, après un défilé calme bien que non déclaré.
- Laurent Nuñez a fait valoir « des prises à partie extrêmement violentes de groupes de plusieurs centaines d’individus ». Il a qualifié « de tentative de meurtre » le lancé à Paris d’un cocktail molotov contre un gendarme mobile qui a été « simplement blessé léger ». Le ministre de l’intérieur a recensé 40 000 contrôles effectués et 511 interpellations.
- Pour la soirée, « il ne s’agit plus d’encadrer des cortèges déclarés, il s’agit effectivement de traiter des petits groupes épars qui ne vont avoir de cesse d’essayer d’éclater le dispositif policier pour se livrer à des pillages et des exactions », a déclaré le ministre de l’intérieur.
- L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent au blocage des établissements scolaires mardi et jeudi. « Pour le moment, le gouvernement n’a toujours pas répondu concrètement aux revendications de la jeunesse », selon l’Union nationale des étudiants de France. Une journée de grèves et de manifestations à l’appel de l’intersyndicale est prévue jeudi.
Le 31/10 à 20:55 Sur le terrain
MARSEILLE | La Plaine plongée dans le noir
Aux alentours de la Plaine, lieu historique de fin de manifestations marseillaises, l’ambiance est chaotique. Toutes les lumières ont été coupées en début de soirée, plongeant la place dans le noir. Alors que des hélicoptères braquent leurs projecteurs, des manifestants allument des feux et montent des barricades pour tenter de bloquer la circulation qui, elle, n’a pas cessé. Des parents du quartier en panique tentaient de rentrer chez eux avec leurs enfants, slalomant entre les manifestants fuyant la nasse.
Peu après 20 heures, des centaines de policiers, remontant vers la place par les ruelles adjacentes ont tenté de vider la place avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Le Monde a pu compter au moins deux blessés.
Sofia Fischer (Marseille, envoyée spéciale)
Le 31/10 à 20:25 Sur le terrain
LYON | « Je pense que l’école tout comme l’hôpital public sont en train de s’effondrer parce qu’il y a les coupes budgétaires », déplore Joséphine, interne de 31 ans
Joséphine, 31 ans, est dans les rues de Lyon pour « défendre un modèle de société autre que celui qu’on nous propose depuis des années – qui ne tient pas la route, qui mène à une politique d’austérité ». Il faut « redonner un peu de pouvoir au peuple qui construit lui-même le pays », ajoute-t-elle. Interne dans un hôpital public à Lyon, elle dit ne pas être étonnée de voir que la vague de contestation qui traverse la France « soit partie de mobilisations lycéennes » : « Je travaille en pédopsychiatrie, donc fréquemment avec des jeunes. Ils sont extrêmement préoccupés par leur avenir. » Ce mouvement impulsé par la jeunesse de France « fait converger tout le monde sur cette idée qu’on peut inventer un nouveau système social, avec davantage de justice et de répartition des richesses ».
La jeune femme relève de nombreuses similitudes entre les attentes des lycéens, des étudiants et ce qu’elle vit dans sa pratique professionnelle : « Même si on est engagés dans ce qu’on fait, même si on a foi dans le métier qu’on exerce, on s’épuise. Je pense que l’école tout comme l’hôpital public sont en train de s’effondrer parce qu’il y a les coupes budgétaires. » Le « capitalisme », qui est présenté comme un vecteur de « croissance », « ne peut rien sans que les gens sachent lire, écrire sans qu’ils soient en bonne santé ».
Avec les manifestations de ces dernières semaines émerge « l’idée de proposer un nouveau modèle », selon elle : « Ce n’est pas seulement sur les lycées. » Elle constate que les mots d’ordre s’élargissent, que les syndicats de salariés entrent de plus en plus dans la danse, notamment avec la journée d’action du 5 novembre. Joséphine est résolue : « Je serai gréviste jeudi prochain, ça c’est sûr. »
Bertrand Bissuel
Le 31/10 à 20:19
Laurent Nuñez : « Quand vous jetez un cocktail Molotov sur un barrage de membres de force de l’ordre, moi j’appelle ça une tentative de meurtre »
« On a vu même à Paris un jet de cocktail Molotov sur un barrage, notamment un barrage de gendarmes mobiles, où on a vu un gendarme mobile qui commençait à s’enflammer », a dénoncé le ministre de l’intérieur, en ajoutant qu’il n’avait finalement eu qu’une blessure légère. Plus tard dans sa prise de parole, le locataire de Beauvau a déclaré : « Quand vous jetez un cocktail Molotov sur un barrage [de membres de forces de l’ordre], moi, j’appelle ça une tentative de meurtre. »
Sur X, la gendarmerie nationale dénonce « des violences inacceptables commises contre les forces de l’ordre » et apporte son « soutien [à un] camarade gravement brûlé à la jambe par un cocktail Molotov ». Outre son message écrit, deux images : un gendarme mobile ayant la jambe enflammée et une vidéo dans laquelle on voit une rangée de membres de forces de l’ordre – vraisemblablement des policiers de compagnie de sécurisation et d’intervention ou de compagnie d’intervention – à l’entrée d’une rue parisienne avant qu’un objet incendiaire, qui s’apparente à un cocktail Molotov, ne s’enflamme et touche un membre des forces de l’ordre.
Concernant cette seconde situation, Jordan Bardella appelle à ce que l’auteur du jet soit « très sévèrement sanctionné » et « croupi[sse] en prison pour de très longues années », en dénonçant des « engins faits pour tuer ». Bruno Retailleau, ancien ministre de l’intérieur et candidat des Républicains à l’élection présidentielle, dénonce un acte « insupportable » et « une tentative de meurtre ».
Le 31/10 à 20:09
Ce samedi soir, « il ne s’agit plus d’encadrer des cortèges déclarés, il s’agit de traiter des petits groupes épars », selon le ministre
Relevant que « des groupes veulent se rendre à Bastille » et après « un maintien de l’ordre, aujourd’hui, qui a rendu possible les cortèges », selon le ministre, le dispositif policier « bascule », a déclaré Laurent Nuñez. « Il ne s’agit plus d’encadrer des cortèges déclarés, il s’agit effectivement de traiter des petits groupes épars qui ne vont avoir de cesse [que] d’essayer d’éclater le dispositif policier pour se livrer à des pillages et des exactions. Qu’ils viennent ! » « La journée n’est pas terminée », a-t-il aussi insisté, en disant rester « vigilant » toute la soirée et cette nuit.
Le 31/10 à 19:58
Laurent Nuñez dénombre 40 000 contrôles et 422 interpellations
Sur les 40 000 contrôles effectués – principalement pour se prémunir des armes par destination –, 15 000 ont eu lieu en Ile-de-France, a précisé le ministre de l’intérieur. « Ces contrôles ont été particulièrement efficaces et ont eu un caractère dissuasif évident », s’est félicité Laurent Nuñez, en ajoutant que 422 personnes avaient été interpellées. « Mais je pense que ce chiffre va augmenter », a-t-il prévenu.
Dans un point de situation communiqué à 20 heures par Beauvau, le nombre des interpellations est monté à 511.
Le contexte
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Dorian Jullien, Sandra Favier, Charlotte Herzog, Julien Delfort, ainsi que Vassili Feodoroff et Olivier Touron (service photo) ont également participé à ce direct.
Source: Le Monde · Valentin Baudry et Ramzy Bensaadi (Service photo)
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