Dans une décision rendue tôt samedi matin, le Conseil d’Etat a donné raison au préfet de police de Paris et au gouvernement en validant le parcours de porte de Bagnolet à porte de Charenton, et en rejetant celui que défendaient les syndicats, entre Bastille et Nation.

Live animé par Charlotte Herzog et Vassili Feodoroff (service photo)

Place de la Bastille, à Paris, le 31 octobre 2026. - BENJAMIN CARROT/ENCRAGE POUR « LE MONDE »
Place de la Bastille, à Paris, le 31 octobre 2026. BENJAMIN CARROT/ENCRAGE POUR « LE MONDE »

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14:06 Urgent

L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent au blocage des établissements scolaires mardi et jeudi

Avant le départ de la manifestation parisienne, porte de Bagnolet, la porte-parole de l’Union étudiante, Sabrine Kharbach, a incité à répondre à « l’appel de l’Union syndicale lycéenne, de l’Union étudiante et de l’intersyndicale » pour de nouveaux blocages des universités et des lycées « dès mardi ».

« On bloquera jeudi également pour ensuite aller en manifestation ce [jeudi] 5 novembre à l’appel des travailleuses et des travailleurs qui appellent à la grève », a-t-elle déclaré. « Nous serons encore plus nombreux et nombreuses (…) pour montrer que nos revendications sont légitimes. »

« Pour le moment, le gouvernement n’a toujours pas répondu concrètement aux revendications de la jeunesse », a abondé l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), par la voix de sa secrétaire générale, Manon Moret.

14:01 En photos

13:59 Vu ailleurs

Environ 170 000 jeunes attendus dans les rues d’une trentaine de villes en Allemagne

La mobilisation des lycéens et des étudiants en France et en Italie inspirent la jeunesse d’autres pays en Europe, comme en Allemagne. Plus de 170 000 personnes étaient attendues, samedi, dans plus de 30 villes d’Allemagne à l’occasion d’une mobilisation du mouvement « GenZ regelt » (« la gen Z s’en charge »).

« La situation des jeunes est précaire et, pourtant, ils ne sont toujours pas entendus », a déclaré Veronika Dinter, porte-parole du mouvement. « Les institutions censées préparer les jeunes à la vie sont privées de moyens », a-t-elle ajouté. Les manifestants dénoncent notamment le coût de la vie, le mauvais état des établissements scolaires, la forte hausse des dépenses militaires et un nouveau dispositif de service volontaire destiné à renforcer les effectifs de l’armée, qu’ils redoutent de voir ouvrir la voie au rétablissement de la conscription.

La police allemande a été déployée dans le tout le pays samedi, et des commerces ont barricadé leurs vitrines en prévision. Berlin est en contact avec les autorités françaises et italiennes, alors que des craintes existent quant à la venue de militants radicaux de l’étranger pour rejoindre les manifestations allemandes. Les autorités affirment toutefois n’avoir relevé aucun indice de projets concrets de violences.

Le mouvement « GenZ regelt » assure pour sa part que « les groupes extrémistes, les symboles anticonstitutionnels, le racisme et les discours de haine n’ont pas leur place chez nous, quel que soit leur camp ».

13:49

Des « gilets jaunes » appellent à une « assemblée des assemblées » à la fin de novembre pour fédérer les luttes

La coordination des « gilets jaunes » a appelé samedi à une « assemblée des assemblées » des convergences à la fin de novembre, pour fédérer les luttes, après « le tournant (…) et l’immense succès » du 17 octobre, ont annoncé samedi des porte-parole.

« Appelée spontanément, en dehors de tous les cadres traditionnels et syndicaux, la journée du 17 octobre 2026 a été un immense succès et un tournant dans le mouvement social français (…) Nous élargirons la mobilisation pour nos libertés et pour l’égalité réelle, et nous augmenterons la pression par le blocage économique du pays et la grève générale », a écrit la coordination dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse.

Pour cela, la coordination invite toutes les assemblées de convergence locales (inter-luttes, inter-orgas, interpros, inter-facs, assemblées citoyennes ou du peuple…) à une assemblée des assemblées le week-end des 21 et 22 novembre ou celui des 28 et 29 novembre, sur place ou en visio. « Nous ferons de notre unité un rempart face au racisme, à l’islamophobie, à l’antisémitisme, à la xénophobie et à toutes les formes de discrimination qui menacent toute la société », précise la coordination, des propos relayés par des porte-parole des « gilets jaunes » en amont de la manifestation parisienne.

13:44 Sur le terrain

PARIS | Porte de Bagnolet, le cortège attend le départ de la manifestation, dans le calme

Porte de Bagnolet, départ de la manifestation sur le parcours prévu par la Préfecture de police de Paris : un cordon de 22 étudiants d’Interfac Ile-de-France ouvre la marche, main dans la main. Le service d’ordre de la CGT est très présent, les forces de l’ordre sont, elles, plutôt massées dans les rues adjacentes.

Pas de banderole unitaire, à chacun la sienne : contre Parcoursup et la vie chère, pour la défense du climat… Le départ est attendu, dans le calme. A 13 h 20, la grande foule n’est pas encore arrivée porte de Bagnolet.

Florence Aubenas

Sur Le Monde aujourd’hui

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13:37

La circulation des trains « adaptée » entre Marseille et Aix-en-Provence samedi, « à la demande des autorités »

Le trafic des trains a été « adapté » entre la gare de Marseille et celle d’Aix-en-Provence, samedi, « à la demande des autorités », a fait savoir la SNCF. Des retards et des suppressions sont prévus, jusqu’à 17 heures.

A Marseille, comme dans l’ensemble des Bouches-du-Rhône, seuls les rassemblements « déclarés » peuvent avoir lieu. Des rassemblements non déclarés sont toutefois annoncés pour le début d’après-midi sur le Vieux-Port et la Canebière, selon France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur.

13:00 L’essentiel

Acte III de la mobilisation sociale : un point sur la situation à 13 heures

  • A Paris, le Conseil d’Etat a annulé la décision du tribunal administratif autorisant le parcours à Paris entre Bastille et Nation, et s’est rangé du côté de celui qu’avait imposé la Préfecture de police, entre la porte de Bagnolet, d’où les premiers cortèges devraient partir à 14 heures. La fin de la manifestation est prévue à la porte de Charenton.
    > « L’interdiction de cet itinéraire et la proposition d’un itinéraire alternatif (…) permettant de préserver la pleine liberté de manifester ainsi que la visibilité des revendications sur un parcours sécurisé jusqu’à sa dispersion et, par une meilleure allocation des forces de sécurité, de limiter les risques d’exactions en marge du rassemblement (…) apparaît nécessaire et n’est ni inadaptée ni disproportionnée », a argué le Conseil d’Etat.
  • « On n’appelle jamais à aller sur des parcours interdits. Donc, contraints, forcés et la mort dans l’âme, nous appelons à rejoindre l’itinéraire autorisé », a déclaré le Karl Ghazi, cosecrétaire général de l’UD CGT Paris.
  • « Nous dénonçons une nouvelle entrave au droit de manifester, une grave remise en cause de notre droit à exprimer nos revendications, et plus largement, une mise en danger volontaire des cortèges », a réagi la FAGE, mais comme la CGT, l’intersyndicale jeunesse a appelé à rejoindre le seul cortège autorisé.
  • Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu’il serait présent à la porte de Bagnolet, tout en défendant sur X le droit de manifester pacifiquement et en dénonçant une dérive autoritaire du pouvoir et les menaces de l’extrême droite.
    > Il appelle à faire la démonstration d’une détermination « ferme, tranquille et disciplinée » pour défendre les droits fondamentaux.
  • Déguisement d’Halloween et manifestation : jusqu’à 150 euros d’amende pour une dissimulation du visage dans l’espace public, a prévenu sur X la Préfecture de police. Le ministre de l’intérieur a lui rappelé à ce sujet que : « Depuis une loi de 2019, le fait de se dissimuler le visage dans une manifestation au cours de laquelle sont commis les troubles à l’ordre public, ou au cours de ⁠laquelle on a de bonnes ‌raisons de penser que des troubles à l’ordre public seront commis, constitue un délit. »
  • « Pour les mobilisations de ce 31 octobre, un dispositif de sécurité est déployé sur tout le territoire afin de protéger les manifestants, les commerçants et les riverains », a écrit sur X le ministère de l’intérieur, ajoutant que « 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés partout en France ».
  • Les appels à manifester continuent de circuler sur les réseaux sociaux, mêlant revendications politiques et festivités d’Halloween, avec des points de rendez-vous annoncés notamment à Marseille, Lyon et Paris. Dans la capitale, l’interdiction du parcours initialement prévu place de la Bastille a suscité de nouvelles réactions et appels au rassemblement. De leur côté, les autorités menacent de disperser les rassemblements non autorisés.
  • « Au niveau des commerçants, il y a cette tension et des craintes renouvelées », a déclaré à l’AFP l’Alliance du commerce, qui représente les grandes enseignes et celles de centre-ville, le réseau des chambres de commerce et d’industrie rappelant que sur les 2 500 commerces touchés, 600 n’ont pas rouvert en France.
  • La RATP informe en temps réel sur son ⁠site Internet que certaines lignes de bus sont susceptibles d’être déviées ou limitées, tandis que le trafic du métro, du tram et du RER est interrompu partiellement sur ‌plusieurs lignes ; certaines stations sont ​fermées.
  • Quelque 150 rassemblements sont prévus à ​travers la France, a prévenu le ministère de l’intérieur. Les autorités n’ont voulu autoriser que les parcours loin des centres-villes.

12:42

Jean-Luc Mélenchon, qui se rendra porte de Bagnolet, appelle à une mobilisation « ferme, tranquille et disciplinée »

Jean-Luc Mélenchon a annoncé sur X qu’il se rendrait porte de Bagnolet, à Paris, pour participer à la manifestation, « répondant à l’appel de syndicats étudiants et lycéens, des confédérations syndicales des salariés et des “gilets jaunes” ». Le leader de La France insoumise affirme vouloir soutenir « les revendications pour des conditions d’études décentes et contre la vie chère », mais aussi défendre « le droit de manifester pacifiquement », appelant à une mobilisation « ferme, tranquille et disciplinée ».

12:07 Sur le terrain

A Lyon, paroles de manifestant : « C’est un mouvement qui est global, on se bat pour plusieurs causes, qui sont légitimes »

Martin, 21 ans, fait partie de la petite quinzaine de personnes – des jeunes, essentiellement – que les policiers ont dispersées, samedi matin, place Guichard à Lyon – un secteur où il est interdit de manifester et de se rassembler, à la suite d’un arrêté préfectoral. Le jeune homme, qui a repris les études universitaires « cette année en BUT qualité logistique », a décidé de venir parce qu’il trouve « important de se mobiliser ».

« Au final, on n’était pas très nombreux. Et on s’est quand même fait contrôler. Il y avait autant de policiers que de manifestants, raconte-t-il. Ç’a été assez agressif quand même. Il n’y avait pas vraiment de dialogue, ils sont arrivés en disant “Ouvrez vos sacs.” Pas de bonjour, alors que, finalement, on ne faisait rien de mal. Ce n’était même pas une manifestation sauvage. »

Martin explique qu’il participe au mouvement « depuis les premiers blocus lycéens, fin septembre ». « Au moins trois fois par semaine, si ce n’est plus », ajoute-t-il. « Ça commence à prendre de l’ampleur, et c’est important de lui faire prendre encore plus d’ampleur, parce qu’il faut aboutir à des choses », estime-t-il. Parmi les revendications qu’il cite en premier, il y a « la suppression de Parcoursup », « l’allégement du programme scolaire, qui est énorme » et « de meilleures conditions d’études ». Il faut aussi, à ses yeux, « qu’on arrête de laisser les banlieues dans la précarité, parce que je ne trouve pas ça normal ».  « Les études ne sont plus égales au niveau du lycée, s’indigne-t-il. Et ça, depuis des dizaines et dizaines d’années. Rien ne change. »

D’après lui, on assiste à « une convergence des luttes ». Il ajoute : « Les “gilets jaunes” commencent à revenir, pour rappeler le prix de la vie, le prix de l’essence. Tout ça, c’est un tout. C’est un mouvement qui est global, on se bat pour plusieurs causes, qui sont légitimes. Et aujourd’hui on est opprimés pour des raisons qui ne sont pas normales. »

Bertrand Bissuel

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11:41 Sur le terrain

LYON | Quelques personnes dispersées par la police place Guichard ; une manifestation hors de l’hypercentre pourra s’élancer à 14 heures de la manufacture des tabacs

Samedi matin, peu après 10 heures, les forces de l’ordre ont dispersé, avec beaucoup de fermeté mais dans le calme, une petite quinzaine de personnes – des jeunes, principalement –, place Guichard, à proximité de la Bourse du travail de Lyon, qui avaient répondu au bouche-à-oreille et à des appels lancés sur les réseaux sociaux. Les policiers leur ont demandé de quitter les lieux, situés dans le périmètre où un arrêté préfectoral a interdit de manifester, et de se rassembler, après avoir relevé les identités et fouillé les sacs – y compris celui du journaliste du Monde, qui avait présenté sa carte de presse.

Chloé, 26 ans, employée dans un restaurant, explique être venue « pour soutenir les lycéens et toutes leurs revendications, [qu’elle] trouve légitimes ». Elle veut aussi « [se] battre pour les retraites, qui ne font que reculer » et pour « le système de soins, l’hôpital public », qui sont « en train de tomber en ruine ». Un keffieh sur les épaules, la jeune femme se désole de la « répression policière immense qui est de pire en pire ». « Je suis née dans une famille de militants. On m’emmenait en manif depuis que j’étais enfant. Je n’ai jamais vu une telle violence [de la part des forces de l’ordre]. »

Elle confie être choquée par l’intervention des policiers. Ceux-ci, assure-t-elle, ont déchiré un petit écriteau en carton portant l’inscription ACAB (« All cops are bastards », « Tous les flics sont des salauds ») sur lequel elle avait dessiné un doigt d‘honneur. « ils m’ont prise en photo avec ma pancarte. Ils m’ont fait vider mon sac par terre et ils m’ont pris tous mes sérums phy’, tous mes masques, mes compresses, mon désinfectant. » Chloé trouve cela « honteux ». Leur attitude était « menaçante », juge-t-elle, « alors que, personnellement, j’étais juste assise avec des gens à discuter des actualités ».    

A Lyon, la préfecture a confirmé un parcours de manifestation en dehors de l’hypercentre, tout rassemblement y ayant été interdit. Le cortège doit s’élancer à 14 heures de la manufacture des tabacs, dans le 3e arrondissement, en direction de la place Jean-Macé, en empruntant le cours Gambetta, la rue Garibaldi et l’avenue Berthelot.

Bertrand Bissuel

11:25 En photos

11:13 Vos questions

Bonjour, le départ se fera de la porte de Bagnolet.

11:10

Depuis hier soir des contrôles organisés sur le territoire « afin de détecter et saisir tout objet susceptible d’être utilisé pour commettre des violences ou ​des dégradations », selon le ministère de l’intérieur

« Pour les mobilisations de ce 31 octobre, un dispositif de sécurité est déployé sur tout le territoire afin de protéger les manifestants, les commerçants et les riverains », écrit le ministère de l’intérieur sur le réseau social X. « En ce 31 octobre, 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés partout en France pour assurer la sécurité des rassemblements et prévenir tout débordement », avait-il annoncé la veille.

« Depuis hier soir, des contrôles sont organisés comme ici à Grigny (91), notamment sur les axes routiers, aux abords des gares et dans les centres-villes, afin de détecter et saisir tout objet susceptible d’être utilisé pour commettre des violences ou ​des dégradations. A Mulhouse (68), 175 engins pyrotechniques ont été saisis », a ajouté le ministère.

10:55 Vos témoignages

10:40

Gérald Darmanin a répété ses consignes de fermeté aux procureurs

Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a redit vendredi ses consignes de fermeté aux procureurs au sujet des manifestations, a fait savoir la chancellerie. Dans une dépêche aux procureurs, M. Darmanin insiste sur « le maintien d’une réponse pénale ferme et rapide » face au « risque important de commission d’actes violents le 31 octobre 2026, notamment en soirée ».

Comme lors des précédentes journées de mobilisation, le ministre renouvelle ses demandes de peines complémentaires en cas de condamnation : bannissement des réseaux sociaux, interdiction de manifester ou privation des droits civiques. « Les provocations publiques à la violence, notamment sur les réseaux sociaux, doivent faire l’objet d’une particulière vigilance dans leur traitement judiciaire en mobilisant les dispositifs d’interdiction des réseaux sociaux », écrit M. Darmanin.

« Les auteurs identifiés de violences contre les forces de l’ordre, d’intrusions ou de dégradations dans des bâtiments publics, d’incendies et de pillages seront, sauf circonstance particulière, déférés à l’issue de leur garde à vue et poursuivis selon la voie de la comparution immédiate, ou dans le cadre d’une information judiciaire pour les faits les plus graves ou complexes », ajoute-t-il. « Les mineurs seront poursuivis avec la même exigence de rapidité et de fermeté pour les faits les plus graves, sans omettre de responsabiliser les titulaires de l’autorité parentale », poursuit la dépêche.

10:29 Vos questions

Bonjour, oui, à la demande de la Préfecture de police « et par mesure de sécurité », des stations seront fermées aujourd’hui, annonce la RATP, qui tient en ligne une page spécifique de l’état du trafic en temps réel.

10:23

Des contrôles préventifs en cours dans les gares parisiennes et en proche banlieue, annonce la Préfecture de police

La Préfecture de police annonce que « des agents ont été mobilisés depuis hier soir dans les gares parisiennes et de sa proche banlieue » dans le cadre du dispositif de sécurité déployé pour la journée. « Des contrôles préventifs sont effectués afin de repérer les individus susceptibles de commettre des actes de violence ou de vandalisme », ajoute-t-elle dans un message posté sur X.

10:13 Urgent

PARIS | « La mort dans l’âme », la CGT appelle à rejoindre le seul cortège qui n’a pas été interdit, entre porte de Bagnolet et porte de Charenton

« On n’appelle jamais à aller sur des parcours interdits. Donc, contraints, forcés et la mort dans l’âme, nous appelons à rejoindre l’itinéraire autorisé », a déclaré à l’Agence France-Presse Karl Ghazi, cosecrétaire général de l’UD CGT Paris.

« Le Conseil d’Etat valide la stratégie de désorganisation du ministère de l’intérieur et de la Préfecture de police », a déclaré sur BFM-TV Adèle Tellez, cosecrétaire de la CGT Paris. « Il nous semble que c’est très inquiétant (…). Il est évident qu’en annonçant ce matin que le départ sera porte de Bagnolet, le départ imposé, de nombreux manifestants ne seront pas au courant d’ici cet après-midi et se rendront à Bastille. Cela va totalement désorganiser la journée », a-t-elle ajouté.

10:00

PARIS | Le couvre-feu maintenu dans les secteurs de la place de la République et des Halles jusqu’à lundi matin

La Préfecture a ordonné, dans un arrêté publié vendredi, un couvre-feu dans les secteurs de la place de la République et des Halles pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi, entre 23 heures et 6 heures.

Avec la manifestation « contre la vie chère » et la fête d’Halloween samedi, « les mesures de police visant à maintenir ou à rétablir l’ordre, tel qu’un couvre-feu, demeurent, dans le contexte actuel, impérativement nécessaires » et « sont justifiées par l’existence de troubles à l’ordre public », est-il écrit.

09:59

« La guerre est déclarée », « Tous à la Bastille » : les mots d’ordre et points de ralliement pour le 31 octobre continuent de circuler sur les réseaux sociaux

Sur les comptes X, Instagram, Telegram ou Signal de lycéens, étudiants, ou collectifs engagés, des appels mélangent souvent revendications et fêtes d’Halloween.

  • A Marseille, un tract avec diable et tête de mort pour une « cantine auberge espagnole DÉGUISÉE » ce midi est diffusé sur Signal, avant un « départ collectif vers les manifs ».
  • Pour Lyon, c’est l’Union étudiante qui listait sur Instagram des rendez-vous sur toute la journée : « le gouvernement tremble déjà, continuons de leur faire peur », y proclamait l’organisation.
  • A Paris, samedi matin, ce sont surtout les interrogations qui fusent. La veille, la plupart des comptes mobilisés appelaient à un rendez-vous à 14 heures place de la Bastille « quoi qu’il en coûte ». Samedi matin, alors que l’interdiction d’un parcours partant de Bastille était actée, l’indignation prenait le dessus chez certains : « La guerre est déclarée », « Tous à la Bastille ». D’autres s’interrogeaient en rappelant comment la police avait bouclé la place parisienne dans la matinée du 24 octobre : « S’il n’y a pas assez de monde à Bastille, tout le monde va prendre 135 € ».
  • D’autres points de rendez-vous plus éphémères circulent aussi sur Internet. L’auteur d’une vidéo virale sur TikTok, appelant à reproduire la chorégraphie du clip Thriller, a donné rendez-vous aux manifestants-danseurs déguisés en zombie à 19 heures au Trocadéro. D’autres indiquent qu’ils ne diffuseront l’adresse précise qu’à la dernière minute, comme le cortège techno révolutionnaire devant mêler Halloween et déguisements de 1789 du collectif « Planète Boum Boum ».

De leur côté, les autorités continuent de rappeler les limites fixées pour la journée. « Dans le cadre des manifestations, les masques et déguisements dissimulant le visage restent INTERDITS », postaient hier les comptes de la police nationale et du ministère de l’intérieur, en lien avec les consignes de Laurent Nuñez. « Vous êtes témoin sur les réseaux sociaux d’appels à commettre des violences dans le cadre des manifestations, notamment sous le prétexte d’Halloween ? Signalez-les à Pharos », exhortait de son côté la Préfecture de Police.

Jeudi soir, Laurent Nuñez regrettait encore les messages en ligne qui « appelaient à faire la révolution, à l’insurrection », samedi soir, pouvant générer des « pillages » et éloignés de « messages à caractère festif » d’Halloween. « Ces rassemblements seront interdits. Et s’ils venaient néanmoins à se tenir, ils seront bien évidemment dispersés, et, le cas échéant, il y aura des interpellations », promettait le ministre, évoquant les appels à se rassembler à 20 heures sur les places des grandes villes par des comptes associés au site www.17octobregiletjaune.net. Ce dernier recense désormais 598 lieux de mobilisations dans toute la France pour aujourd’hui.

Michaël Szadkowski

Source: Le Monde · Charlotte Herzog et Vassili Feodoroff (service photo)

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