Dans une décision rendue tôt samedi matin, le Conseil d’Etat a donné raison au préfet de police de Paris et au gouvernement en validant le parcours des autorités, et en rejetant celui défendu par les syndicats entre Bastille et Nation.
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09:16 Pour approfondir
Dans les quartiers populaires, des jeunes de la « génération 2000 » se mobilisent : « A nous d’établir un nouveau rapport de force ! »
Par Louise Couvelaire
Mi-septembre, c’est de Créteil, dans le Val-de-Marne, qu’est partie la mobilisation lycéenne. Puis c’est dans le département voisin de la Seine-Saint-Denis qu’elle a essaimé, avant de faire tache d’huile dans tout le pays et dans toutes les classes sociales. Les quartiers populaires, souvent oubliés des débats publics, ou réduits à leurs enjeux sécuritaires, ont réémergé à l’avant-scène, en poisson-pilote de la mobilisation, qui devait se poursuivre samedi 31 octobre.
09:14 Vos questions
Bonjour,
A Toulouse, aucune manifestation n’ayant été déclarée, la préfecture estimait hier soir qu’« il n’y a pas de rassemblement possible à Toulouse », alors que plusieurs appels à manifester circulent sur les réseaux sociaux, dont un à 14 h place Jean-Jaurès, dans le centre de la ville rose.
09:00
A Grenoble, la préfecture interdit les manifestations dans le centre-ville et impose un couvre-feu
La préfecture de l’Isère a fait savoir que les manifestations et les rassemblements dans plusieurs secteurs du centre-ville de Grenoble étaient interdits, par arrêté, de vendredi, 18 heures, à dimanche, 6 heures. Cette interdiction vaut également pour les zones commerciales de Grand Place (à Grenoble), Comboire (Echirolles) et Neyrpic (Saint-Martin d’Hères).
Par ailleurs, la préfecture a également imposé un couvre-feu pour la nuit de samedi à dimanche, entre 23 heures et 6 heures, dans le centre de Grenoble et les mêmes zones commerciales susmentionnées. Le couvre-feu entrait en vigueur dès 18 heures, le week-end dernier.
Environ 10 000 personnes, selon la préfecture, 23 000 selon la CGT, avaient manifesté samedi dernier à Grenoble, lors d’un rassemblement autorisé hors du centre-ville, en marge duquel des accrochages ont opposé les forces de l’ordre et certains manifestants qui ont pris pour cibles plusieurs commerces, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse.
08:44
La crainte des commerçants
« Au niveau des commerçants il y a cette tension et des craintes renouvelées », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) l’Alliance du commerce, qui représente les grandes enseignes et celles de centre-ville. Le réseau des chambres de commerce et d’industrie (CCI France) a, quant à lui, rappelé que, sur les 2 500 commerces touchés, 600 n’avaient pas rouvert en France.
Vendredi, plusieurs magasins de la capitale se barricadaient, notamment aux alentours du quartier de l’Opéra, selon l’AFP.
« Plus de 1 000 agents » seront mobilisés au cours de ce week-end pour « assurer la remise en état de l’espace public », a par ailleurs déclaré la Mairie de Paris, affirmant retirer « les équipements susceptibles d’être utilisés pour commettre des dégradations ».
08:35 Vos questions
Bonjour,
Dans l’ordonnance du Conseil d’Etat que nous avons pu consulter, voici comment cela est argumenté :
« Il résulte de l’instruction (…) qu’il existe un risque très élevé qu’après les débordements et les violences d’une gravité exceptionnelle qui ont accompagné, à Paris, la journée de mobilisation du samedi 17 octobre 2026, les graves incidents qui ont eu lieu le lendemain et les affrontements survenus en fin de parcours de la manifestation du samedi 24 octobre 2026, de nouveaux troubles majeurs à l’ordre public se produisent le samedi 31 octobre 2026 en marge des cortèges autorisés dans un contexte social et revendicatif tendu et alors que de nombreux appels à des actions violentes lors de cette journée sont diffusés sur les réseaux sociaux.
Il résulte également de l’instruction que l’itinéraire de la manifestation déclarée entre les places de la Bastille et de la Nation s’inscrit dans un périmètre à forte densité commerciale et institutionnelle, propice, dans le contexte décrit ci-dessus, à la commission de pillages et de dégradations, et nécessite, pour assurer la sécurité des manifestants, des riverains et de l’espace public, le déploiement d’un nombre très important d’unités de forces mobiles de sécurité. Dans ces conditions, l’interdiction de cet itinéraire, et la proposition d’un itinéraire alternatif de la porte de Bagnolet jusqu’à la porte de Charenton permettant de préserver la pleine liberté de manifester ainsi que la visibilité des revendications sur un parcours sécurisé jusqu’à sa dispersion et, par une meilleure allocation des forces de sécurité, de limiter les risques d’exactions en marge du rassemblement et dans les autres lieux de la capitale, apparaît nécessaire et n’est ni inadaptée ni disproportionnée. »
Sur Le Monde aujourd’hui
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08:15 Pour approfondir
08:05
Déguisement d’Halloween et manifestation : jusqu’à 150 euros d’amende pour une dissimulation du visage dans l’espace public
Alors que les autorités craignent la concomitance de la mobilisation sociale et de la fête d’Halloween, le ministère de l’intérieur a rappelé, dans un message posté sur le réseau social X, qu’il est interdit de dissimuler son visage, y compris avec le masque d’un déguisement, en manifestation.
Sur son compte X, la Préfecture de police de Paris a rappelé les sanctions auxquelles s’expose une personne déguisée : jusqu’à 150 euros d’amende pour une dissimulation du visage dans l’espace public, c’est-à-dire dans les rues ou les transports en commun, par exemple.
Ces publications font référence au premier article de la loi du 11 octobre 2010, mais en partie seulement. Le deuxième article de cette même loi prévoit en effet une exception à cette interdiction si le masque « s’inscrit dans le cadre de pratiques sportives, de fêtes ou de manifestations artistiques ou traditionnelles », ce qui est le cas pour Halloween.
Cependant, le mouvement des « gilets jaunes » avait amené le gouvernement à durcir cette exception. La loi du 10 avril 2019 crée alors un régime dérogatoire punissant « le fait, pour une personne, au sein ou aux abords immédiats d’une manifestation sur la voie publique, au cours ou à l’issue de laquelle des troubles à l’ordre public sont commis ou risquent d’être commis, de dissimuler volontairement tout ou partie de son visage sans motif légitime ».
Il est donc possible pour les forces de l’ordre de poursuivre les personnes qui porteront un masque dans une manifestation ou aux abords d’une manifestation à risque de troubles, que ces personnes soient manifestantes ou simples passantes.
07:42
PARIS | Plus de 40 stations de métro fermées
🚇 Les premières fermetures ont eu lieu dès 5 h 30 dans les quartiers des Champs-Elysées, de la Concorde, des Invalides et de l’Assemblée nationale, selon les informations disponibles dans le bulletin général du trafic du site de la RATP.
- A partir de 9 heures, les restrictions s’étendront à plusieurs stations dans des pôles majeurs de correspondance, notamment autour de Bastille, République, Strasbourg-Saint-Denis et l’Opéra.
- En fin de matinée puis à partir de midi dans l’Est parisien, autour de Nation et de Porte-Dorée, ainsi que sur la rive gauche, dans les secteurs de Saint-Germain-des-Prés, Odéon et du Quartier latin.
- A partir de 11 heures, le trafic sera également perturbé sur le réseau de tramway, avec des interruptions sur des sections des lignes T3a et T3b autour de porte de Vincennes.
- A partir de 20 heures, les stations Châtelet et Les Halles fermeront à leur tour, tandis que la circulation sera interrompue entre Châtelet et Hôtel de Ville.
07:12 Urgent
PARIS | Le cortège défilera entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, a décidé le Conseil d’Etat
Le parcours finalement autorisé par les autorités se situe dans l’est de la capitale, entre les portes de Bagnolet et de Charenton. Malgré cette décision, plusieurs manifestants affirment depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux vouloir tout de même se rassembler à Bastille.
Dans une décision rendue tôt samedi matin, le Conseil d’Etat a donné raison au préfet de police de Paris et au gouvernement. La plus haute juridiction administrative a annulé le jugement du tribunal administratif, qui avait suspendu vendredi soir l’arrêté fixant le parcours de la manifestation proposé par les autorités, entre Bastille et Nation, conformément à la demande de l’intersyndicale.
06:13 Pour approfondir
Mobilisation sociale : six semaines d’un mouvement aussi actif sur les réseaux sociaux que dans la rue
Par Damien Leloup, Michaël Szadkowski
Un groupe Snapchat. C’est là que des élèves du lycée Antoine-de-Saint-Exupéry de Créteil ont « tout organisé », comme ils le diront eux-mêmes. Le 18 septembre, au lendemain d’une grève de leurs enseignants, les messages ont fusé et, « à 6 h 30, il y avait des lycéens devant le lycée en train de barricader ». Saint-Exupéry, avec ses profs non remplacés, son infirmière absente et ses locaux dégradés, lance un mouvement qui s’étend à travers tout le pays. Le lundi suivant, l’influenceur Willy à la prod et le député (La France insoumise, LFI) du Val-de-Marne Louis Boyard vont sur place soutenir les lycéens. La vidéo de l’élu LFI est vue plus de 1,5 million de fois sur TikTok.
06:09
Edouard Geffray a écrit aux lycéens hier soir, veille d’une nouvelle journée de mobilisation, et à deux jours de la rentrée
« Chers lycéens, chères lycéennes, je tiens à vous redire (…) le profond attachement de tout le service public de l’éducation et de toutes celles et tous ceux qui la composent à votre épanouissement, votre instruction et votre réussite », a écrit le ministre de l’éducation dans une lettre de deux pages postée vendredi soir sur X.
« Un pays qui croit dans son avenir croit dans sa jeunesse. Nous avons profondément confiance en vous, et nous avons un seul objectif : vous permettre de progresser et de vous épanouir et de devenir des citoyens libres et éclairés », poursuit-il.
Après six semaines de mobilisation, les organisations étudiantes et lycéennes, qui participeront samedi à la manifestation des « gilets jaunes », ont appelé après les annonces du gouvernement à poursuivre le mouvement, estimant n’avoir obtenu « que des miettes ».
06:03
Où se déroulera le cortège parisien ?
A Paris, c’était l’incertitude, concernant le parcours de la manifestation : le tribunal administratif a autorisé le cortège de Bastille jusqu’à Nation, voulu par les organisateurs de la principale mobilisation, mais que la Préfecture de police avait interdit, lui préférant un tracé plus excentré, de la porte de Charenton à celle de Bagnolet.
Laurent Nuñez a cependant aussitôt annoncé un recours devant le Conseil d’Etat, dont l’audience s’est tenue à 22 heures. Plus de 40 stations du métro parisien seront par ailleurs fermées.
06:00
Soixante-dix mille policiers et gendarmes déployés samedi en France, « un dispositif exceptionnel », selon Laurent Nuñez
Environ 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés samedi, a annoncé le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, jeudi, alertant sur une journée « à risque très élevé de troubles à l’ordre public ». Le ministère de l’intérieur prévoit 150 défilés dans le pays pour ce samedi.
Le dispositif de sécurité mis en place le week-end dernier pour protéger les commerces et les centres commerciaux, eu égard « aux nombreux appels à commettre des pillages que l’on enregistre sur les réseaux sociaux, sera reconduit et amplifié », a assuré le ministre.
Les rassemblements seront autorisés mais « pas dans les centres-villes, où il y a des risques de troubles à l’ordre public », a poursuivi M. Nuñez, en soulignant que « la volonté et la velléité de commettre des dégradations » est « toujours là ». « On ne tolérera aucun débordement », a averti le ministre, promettant une « extrême fermeté ». Les manifestations se dérouleront donc « dans les zones périphériques » et l’organisateur devra garantir « un service d’ordre qui permet de faire face à d’éventuels débordements et surtout à tenir de manière tout à fait correcte ces rassemblements », soit la « double condition » pour les autoriser, a-t-il annoncé.
« La journée du 31 octobre est (…) à risque très élevé de troubles à l’ordre public » et « présente à bien des égards un caractère atypique », a estimé Laurent Nuñez. « C’est un dispositif qui demeure exceptionnel », a-t-il souligné, précisant avoir « procédé à des rappels sur les congés ». Seront mobilisés l’ensemble « des forces mobiles disponibles ainsi que tous les services spécialisés », tels que la BRI, le RAID, le GIGN, mais aussi les drones, les hélicoptères, les brigades équestres, les unités cynophiles et les 26 Centaure, les véhicules blindés de la gendarmerie.
05:58
Acte III de mobilisation contre la vie chère et pour l’amélioration des conditions d’étude des lycéens
Bonjour à tous et à toutes, et bienvenue dans ce direct consacré au suivi de l’acte III de mobilisation contre la vie chère.
Nous suivrons ensemble les manifestations grâce à nos journalistes et à nos photographes sur le terrain, notamment à Paris, à Grenoble, à Lille, à Lyon ou encore à Marseille.
Source: Le Monde · Charlotte Herzog
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