Le ministère de l’intérieur a dénombré 15 000 manifestants en France, à 14 heures, qui se sont mobilisés dans le cadre de 65 actions. Les autorités font état d’une situation « globalement calme », en milieu de journée.

Live animé par Charlotte Herzog et Vassili Feodoroff (service photo)

A Paris, le 31 octobre 2026. - MARION POUSSIER POUR « LE MONDE »
A Paris, le 31 octobre 2026. MARION POUSSIER POUR « LE MONDE »

Posez votre question à la rédaction :

16:58 Sur le terrain

PARIS | Situation calme porte de Charenton, avant de premiers jets de pétards et mouvements de foule

A Paris, la manifestation arrive porte de Charenton, but du trajet autorisé. L’endroit est presque saturé alors que les manifestants continuent d’arriver. La foule est de toutes les couleurs, tous les âges. Beaucoup se sont déguisés mais ça ressemble plus à un carnaval qu’à la fête d’Halloween. On y croise Zorro, Maya l’abeille, une chenille jaune et verte, un gorille, un éléphant, un requin rose.

Un dispositif policier boucle toutes les sorties. « Mesdames, messieurs, vous disposez de deux axes de dispersion pour quitter la manifestation », annonce les haut-parleurs. Seuls les représentants officiels rangent les dossards et plient bagage. Peu de gens ont l’air disposé à le faire.

On s’assoit par terre, on grimpe sur les abribus, on circule. Tout semble calme. Premiers pétards et mouvements de foule vers 16 h 45. Ça court et ça siffle, la confusion s’installe. Un mouvement de foule remonte les boulevards vers le point de départ.

Florence Aubenas

16:44 Sur le terrain

PARIS | « C’est incroyable de voir toute cette solidarité »

Mattéo voulait absolument venir. Il a 17 ans et c’est la première fois qu’il se rend à une manifestation. Il est venu avec son grand frère, Samuel, 29 ans, chef de projet en informatique, qui avait participé au rassemblement du 17 octobre. Ils habitent un quartier populaire de la ville de Bezons, dans le Val-d’Oise.

Le lycéen a participé aux blocus de la rentrée « beaucoup par solidarité », dit-il, mais aussi « à cause de Parcoursup ». Mattéo est en classe de 1re mais il redoute déjà « cet algorithme » qui va « décider » de sa vie. Il veut faire une école de cinéma, mais « on sait bien que les élèves des quartiers populaires ont moins de chances d’obtenir ce qu’ils veulent », est-il convaincu.

Mais ce qui l’a décidé à se rendre à Paris pour sa première « grande » manifestation, c’est l’attentat raciste à Trappes et à La Verrière, le 23 octobre, qui a fait un mort et cinq blessés, dont une enfant de 12 ans. « Ça me fait peur, ça nous fait peur de savoir que des gens sont capables de passer à l’acte », commente Samuel, qui dénonce les chaînes de télévision en continu qui « propagent la haine », CNews et BFM-TV. « Ces médias disent toujours que lorsque les quartiers viennent à Paris, c’est pour tout casser ; c’est faux, on est là pacifiquement, comme tout le monde. »

« C’est incroyable de voir toute cette solidarité, c’est tellement beau à voir », s’émeut Mattéo. 

Louise Couvelaire

16:38 Sur le terrain

LYON | La montée de l’extrême droite préoccupe les manifestants

Plusieurs milliers de personnes ont marché à l’appel d’une intersyndicale composée de Solidaires, de la CNT-SO et de l’UNEF entre la Manufacture des tabacs et la place Jean-Macé, à Lyon – à l’écart du centre-ville où il était interdit de défiler en vertu d’un arrêté préfectoral. La manifestation, qui s’est élancée vers 14 h 30 et a atteint son point d’arrivée environ une heure après, s’est déroulée dans une ambiance festive, sans le moindre incident notable. Halloween oblige, de nombreux participants sont venus déguisés – en sorcière, avec la tenue de Spiderman ou dans une combinaison en forme de banane…

Juste avant que le cortège ne se mette en mouvement, quelques instants de silence ont été observés en mémoire à Pengo Bossio Wangi, le jeune homme de 26 ans tué lors d’un attentat raciste commis, le 23 octobre, à Trappes et à La Verrière (Yvelines). Sur les pancartes et dans les slogans, une préoccupation revenait souvent : celle de la montée de l’extrême droite, dans une ville où des groupuscules appartenant à ce courant idéologique sont très actifs. « Fashion mais pas facho », « Les discriminations tuent, ne restons pas silencieux »…

Bertrand Bissuel

16:37 Vos questions

Bonjour,

Les chiffres que nous vous avons communiqués sont ceux du ministère de l’intérieur. Ils font état de 15 000 manifestants et de 65 actions en France, à 14 heures.

Nous ne savons toutefois pas à quelle heure ces chiffres ont été arrêtés, pour qu’ils puissent être rendus publics à 15 heures. Ils ne recouvrent a priori que les manifestations qui se sont tenues samedi matin, et sont évidemment amenés à évoluer au cours de la journée.

Nous recevons, généralement, les estimations définitives du ministère de l’intérieur et de l’intersyndicale en fin de journée, voire en début de soirée. Nous les relaierons toutes les deux ici.

16:31 Sur le terrain

PARIS | Pauline, Kahina et Katia, trois jeunes femmes dans la vingtaine, en colère et « fatiguées »

« On était là le 17 octobre, on était là le 24 octobre, on est là aujourd’hui et on sera là demain et encore après-demain, on sera là pour toutes les autres manifestations », lance Pauline, 22 ans, de l’Haÿ-les-Roses, dans le Val-de-Marne, étudiante en CAP de dorure à chaud dans un lycée parisien. Dans sa main, une pancarte : « Il faudra bien plus que des discours pour éteindre la colère de ceux qui portent l’avenir ». A ses côtés, Kahina, 26 ans, qui a quitté il y a peu la Seine-Saint-Denis pour la Haute-Savoie où elle exerce le métier de pâtissière chocolatière. Sur sa pancarte : « On refuse de se taire, non au régime autoritaire ». Tandis que Katia, 21 ans, vitrailliste autoentrepreneuse résidant à Pavillon-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, a découpé un carton en forme d’étoile sur laquelle elle a dessiné des bonbons colorés et écrit : « Une République ou un sort », en référence à Halloween.

De gauche à droite, Pauline, Kahina et Katia, à Paris, le 31 octobre 2026.
De gauche à droite, Pauline, Kahina et Katia, à Paris, le 31 octobre 2026.

Les trois jeunes femmes se disent en colère, et « fatiguées ». La vingtaine et déjà « fatiguées » : de la vie « trop chère », de ce « régime totalitaire », de « l’éducation nationale qui ne fait pas ce qu’il faut pour ses élèves », de « la répression policière ». « La France va mal, le peuple souffre et l’Etat ne fait rien, tempête Pauline. Pire, il veut nous bâillonner, ce qui donne encore plus l’envie de nous soulever. » « Nous sommes l’avenir de ce pays et on ne nous écoute pas, c’est terriblement frustrant », renchérit Katia, qui a été contrainte de renoncer à passer le permis de conduire, faute de moyens. Kahina, elle, gagne 1 800 euros brut par mois. Pas assez pour s’acheter de la viande, pas assez pour prendre sa voiture et sortir le soir. Juste de quoi mettre 50 euros de côté « au cas où ma voiture a un problème ». Les trois jeunes femmes sont « révoltées » par le projet de loi « casseur-payeur » et dénoncent toutes les trois les « politiciens qui volent comme Marine Le Pen qui peut faire campagne tranquillement après avoir détourné des fonds. Tandis que les casseurs sont jugés et condamnés en trois jours ». La désormais quadruple candidate à l’élection présidentielle a été condamnée en première instance et en appel pour détournement de fonds publics. Elle a formé un pourvoi en cassation, en cours d’examen.

Louise Couvelaire

Sur Le Monde aujourd’hui

Découvrez les articles les plus lus par nos abonnés

16:25 En vidéo

PARIS | Les images du cortège non déclaré dans l’est de la capitale

Après avoir été bloqué un temps rue de Popincourt, près de la place de la Bastille, le cortège non déclaré a repris sa route. Après des discussions entre les leaders de la centaine de personnes et les membres des forces de l’ordre, les manifestants ont accepté de rejoindre le cortège autorisé, sous escorte policière, a fait savoir la Préfecture de police de Paris, selon Franceinfo et notre journaliste sur place.

16:11 Vos questions

PARIS | La tête du cortège autorisé arrive place de Charenton

Bonjour,

D’après des images diffusées en direct par BFM-TV, la tête du cortège autorisé arrive porte de Charenton. Il reste toutefois de très nombreux manifestants toujours en train de défiler, et Le Monde a constaté que certains partaient encore, à peine, de porte de Bagnolet.

16:05 Sur le terrain

GRENOBLE | Beaucoup de pancartes dénonçant les violences policières dans le cortège, coupé en deux après l’intervention des forces de l’ordre

A Grenoble, le cortège, qui s’est élancé de la gare comme la semaine précédente, a suivi le tracé autorisé par la préfecture. Au bout d’une heure, ont commencé des échauffourées entre les forces de l’ordre et des jeunes, aux abords d’une avenue du centre-ville, où tout rassemblement est interdit.

Les forces de l’ordre ont chargé les manifestants et fait usage de gaz lacrymogène. Le cortège, coupé en deux, a fait demi-tour, scandant « Tout le monde déteste la police ». Dans le cortège, nombreuses sont les pancartes dénonçant les violences policières. « Dérive autoritaire, on ne va pas se laisser taire », « A bas la maréchaussée », « 20 ans, encore toutes mes dents, j’aimerais bien repartir avec ! ».

Alex, 21 ans, et Louna, 19 ans, sont tous les deux étudiants en BUT métiers du multimédia et de l’Internet à Grenoble. Ils expliquent que ce sont les violences policières qui les ont poussés à aller manifester, la semaine dernière pour la première fois depuis le début du mouvement lycéen. « On parle des policiers blessés, mais il y a des gamins qui se sont fait arracher une main, un œil », s’indigne Louna.

Louna (Gauche) et Alex, à Grenoble, le 31 octobre 2026.
Louna (Gauche) et Alex, à Grenoble, le 31 octobre 2026.

Raphaëlle Lavorel (Grenoble, correspondance)

15:53 Sur le terrain

PARIS | Le cortège autorisé défile d’un bon pas, dans le calme

A Paris, le 31 octobre 2026.
A Paris, le 31 octobre 2026.
A Paris, le 31 octobre 2026.
A Paris, le 31 octobre 2026.

Le long du parcours autorisé, à Paris, les forces de l’ordre sont présentes, mais remarquablement invisibles. Le cortège marche d’un bon pas, soleil en pleine face, sous les sifflets et les chants, dans une ambiance calme.

On ne voit plus le début du cortège, on n’en voit plus la fin non plus. On ne voit plus la chaussée, plus les trottoirs. Une foule immense à tout recouvert. Au-dessus des têtes, l’hélicoptère passe et repasse.

Florence Aubenas

1 compte dès 13,99 €/mois

Sans engagement

  • Tous nos articles, vidéos, podcasts et newsletters
  • L’application La Matinale du Monde, dès 7 heures, la sélection d’articles par la rédaction
  • Le quotidien en version numérique dès 13 heures
Ou faire un don

15:43 Sur le terrain

MARSEILLE | Une foule de manifestants s’est élancée de la place des Réformés vers le parc Longchamp dans un cortège non déclaré

A Marseille, place des Réformés, une foule de manifestants s’est réunie en début d’après-midi malgré l’interdiction. Des barrages de policiers tentent de limiter l’accès, fouillant les sacs pour confisquer masques de déguisement et sérum physiologique, mais la place continue de se remplir de lycéens déguisés, de parents avec leurs poussettes et de retraités.

Une grappe d’étudiants fait monter Antoinette Colonna, 86 ans, qui se saisit d’un mégaphone et s’écrie : « Moi, je veux que tous les jeunes puissent vivre décemment, manger à leur faim, étudier correctement ! » Tonnerre d’applaudissements. « Vous me donnez tellement d’espoir en refusant d’accepter ce qui se passe. Ne lâchez rien. Je serai avec vous jusqu’au bout ! » « Ma-mie, ma-mie, ma-mie », hurle la foule en retour.

Sur la fontaine, un jeune homme habillé en Gandalf brandit un drapeau français. « Je veux que ce drapeau ne soit plus réservé aux fascistes, qu’on puisse nous aussi le porter fièrement ! » Des dizaines de personnes lèvent leur poing à l’unisson. Le jeune homme, lui, semble inquiet. « Et maintenant, on est en train de se faire encercler, alors on se casse ! », hurle-t-il.

A Marseille, le 31 octobre 2026.
A Marseille, le 31 octobre 2026.

Le cortège, stationné depuis une heure, s’élance alors vers le parc Longchamp, suivi de près par les CRS.

Sofia Fischer (Marseille, correspondance)

15:37 Sur le terrain

GRENOBLE | « Ça met tellement la rage comment ils nous traitent depuis le début »

Dans le cortège à Grenoble, Héloïse, 17 ans, détonne avec sa robe en satin orange, sa haute perruque blanche et son maquillage clownesque, brandissant une pancarte pleine d’humour : « Pas de brioche, on veut des profs. » La jeune lycéenne est venue manifester avec ses amies.

Elle estime être privilégiée de pouvoir étudier le théâtre au lycée qui propose cette option. « Je sais que plein d’autres ne peuvent pas étudier ce qu’ils veulent, alors que ça devrait être un droit ! Ça met tellement la rage comment ils nous traitent depuis le début », déclare-t-elle, se disant sceptique sur les mesures promises récemment par le gouvernement.

« Ça ne les engage à rien, puisqu’ils ne seront plus au pouvoir l’année prochaine. En tout cas, c’est loin d’être suffisant. » La lycéenne, qui raconte avoir pris conscience de « l’importance de s’informer » et de la nécessité d’« éduquer les jeunes à la politique », il y a quelques années, regrette de ne pas être majeure pour voter à l’élection présidentielle de 2027 : « J’ai le seum ! Mais du coup, j’incite des gens de ma famille qui ne voulaient pas voter à aller voter quand même, et je manifeste dès que je peux. »

Raphaëlle Lavorel (Grenoble, correspondance)

15:24 En vidéo

📹 Les images d’une manifestation dans le centre de Marseille

A Marseille, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans le quartier des Réformés, dans le centre, où les policiers effectuent des contrôles d’identité.

15:21 Urgent

Quelque 15 000 manifestants recensés à 14 heures par le ministère de l’intérieur

Le ministère de l’intérieur a dénombré 15 000 manifestants en France, à 14 heures, qui se sont mobilisés dans le cadre de 65 actions. Les autorités font état d’une situation « globalement calme », à ce stade.

Samedi dernier, ils étaient 37 000 participants à 108 actions à la même heure (67 000 et 198 actions, le 17 octobre), a ajouté le ministère, qui précise que l’acte III se déroule « sans incident notable ». Le ministère a toutefois relevé 27 interpellations réalisées à 14 heures, contre 217, le 24 octobre à la même heure.

15:18 Sur le terrain

PARIS | Place de la Bastille, contrôles et amendes pour forcer les manifestants à rejoindre le parcours autorisé

La colonne de Juillet, place de la Bastille, devait rassembler des manifestants bravant l’interdiction des autorités. Mais des dizaines d’agents de police ou de gendarmerie, répartis en petits groupes mobiles sur la place, font échouer tout projet du genre.

A l’entrée, rue du faubourg Saint-Antoine, tous les sacs sont fouillés. Les personnes assises sur des bancs ou restant statiques sont immédiatement contrôlées. Tandis qu’un hélicoptère tourne dans le ciel, des messages des forces de l’ordre sont diffusés dans des haut-parleurs. Ils appellent à évacuer les lieux pour rejoindre la manifestation autorisée, menaçant d’amende de quatrième classe tout récalcitrant.

Nami (pseudonyme), 24 ans, a été contrôlée dans un abribus à proximité. Au Monde, la jeune femme, habillée tout de noir et portant un voile, raconte avoir écopé d’une amende de 135 euros : « Je n’étais pas au courant. Je pensais que c’était place de la Bastille le début du rassemblement. J’ai appris 30 mètres avant d’arriver que ce n’était pas là. J’ai traversé la place pour rejoindre un autre gars. La police m’a arrêtée quand je suis arrivée là. Ils m’ont fouillée de partout et m’ont verbalisée en mettant une amende ».

Nami portait sur elle du sérum physiologique, et disposait d’un drapeau et d’un chapeau du manga One Piece, symboles fréquemment utilisés en manifestation. « Moi, je trouve ça hallucinant, j’étais simplement en train de marcher et on m’arrête. On est la journée d’Halloween, on a le droit de se déguiser quand même ! », déclare-t-elle, avant de repartir pour tenter de rejoindre ses amis pour d’autres actions.

Pendant ce temps-là, autour de la place de la Bastille, de petits groupes avec des pancartes, keffiehs ou gilets jaunes, se tiennent à l’écart de la police. L’air ennuyé, ils consultent leurs téléphones pour savoir comment rejoindre le cortège autorisé, ou trouver quoi faire d’autre.

Michaël Szadkowski

15:14 Vos questions

Un cortège non déclaré repéré à Paris

Bonjour,

L’un de nos journalistes sur place signale un défilé non déclaré, rue de Lappe, non loin de la place de la Bastille, et l’intervention des forces de l’ordre, qui tentent de bloquer la progression du cortège.

Le rassemblement, de plusieurs centaines de personnes au départ, s’est formé vers 14 h 30 devant une brasserie, avant de s’élancer rue de Lappe. Dépassé par les forces de l’ordre, le cortège, composé désormais d’une centaine d’individus, a tourné rue Popincourt et s’y trouve bloqué entre des policiers de la BRAV-M et des gendarmes.

Le préfet de Paris, Georges-François Leclerc, a confirmé sur BFM-TV qu’un « cortège sauvage d’environ 200 personnes [avait été] détecté dans le secteur de la rue de la Roquette », voisine des rues de Lappe et Popincourt.

Par ailleurs, des appels à se rassembler dans des lieux non autorisés autour de la place de la Bastille, continuent de circuler sur les messageries Telegram et Signal, a constaté Le Monde.

14:56

Marine Tondelier, à Lille : « Cela fait dix ans qu’on se fait rouler dans la farine, avec un gouvernement qui n’entend rien »

Présente à la manifestation lilloise, Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Ecologistes, voit dans les rassemblements de samedi « le dernier échauffement avant la grève générale du 5 novembre ». « Le gouvernement a mis un mois et demi avant de répondre aux lycéens. Ce manque de réactivité a exaspéré tout le monde. »

La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, à Lille, le 31 octobre 2026.

Plus globalement, Mme Tondelier estime que « cela fait dix ans qu’on se fait rouler dans la farine, avec un gouvernement qui n’entend rien ». Pour autant, elle invite à la prudence ceux qui veulent voir dans ces mobilisations une victoire assurée pour la gauche aux prochaines élections : « Après Mai 68, la gauche a mis treize ans pour l’emporter. Il n’y a pas d’automaticité. Nous devons être attentifs à ce que cet élan populaire se traduise dans les urnes. »

Florence Traullé (Lille, correspondante)

14:31 Sur le terrain

PARIS | Le cortège s’élance de porte de Bagnolet sur le parcours autorisé

14 h 12 : la manifestation, selon le parcours autorisé par la Préfecture de police de Paris, démarre porte de Bagnolet. Les banderoles des représentants des différentes organisations lycéennes et étudiantes et une de l’intersyndicale CGT, FSU et FO s’affichent en tête de cortège.

Cette fois encore, ce sont les changements de parcours qui monopolisent les premières déclarations officielles. La porte-parole de l’Union étudiante, Sabrine Kharbach, annonce un blocage des lycées et des universités « à partir de mardi et jusqu’à nouvel ordre ».

Tout devant, deux banderoles noires tenues par des jeunes gens masqués proclament : « Macron c’est les ténèbres. » Le candidat de La France insoumise (LFI) à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, vient d’arriver au milieu des bannières LFI. L’on crie « Mélenchon, président ». Déjà, le cortège est bloqué par la foule. 

A Paris, le 31 octobre 2026.

Florence Aubenas

14:21 Sur le terrain

LILLE | Avant le début de la manifestation, « on est là pour dire qu’on a peur pour nos enfants et qu’on ne reconnaît plus la France »

Ils ont longtemps hésité à venir manifester à Lille samedi. L’attentat raciste de Trappes et La Verrière les a décidés, mais pas au point d’emmener leurs deux enfants, de 9 et de 12 ans. « On a tellement été sidérés quand on a su qu’un type avait tiré sur des gens, juste pour leur couleur de peau », confie Ghislain, informaticien, Béninois d’origine et arrivé en France il y a dix-neuf ans. A ses côtés, Amina, sa femme, reconnaît que « la manifestation, c’est surtout contre la vie chère et les difficultés des lycéens et étudiants, mais on est là aussi pour dire qu’on a peur pour nos enfants et qu’on ne reconnaît plus la France ».

La discussion s’engage rapidement avec un autre couple, des retraités, « syndicalistes de toujours » ; comme le résume Pierre Beaurains, soucieux de réconforter le couple de Béninois déboussolé par « le racisme de plus en plus décomplexé qui s’exprime ». Pour Pierre et sa femme, Michèle, « toutes les luttes se rejoignent et ça fait du bien d’être ensemble ».

Ils ont fait toutes les manifestations depuis le début du mouvement des lycéens « parce qu’on voit bien que nos petits-enfants vivront moins bien que nous, alors que, dans notre famille, à chaque génération nouvelle, il y avait un progrès social. Là, ils redescendent l’échelle sociale, même après avoir fait des études. Ils sont déboussolés et il y a de quoi ».

Michèle raconte la situation de leur petite fille, 26 ans, diplômée d’un bac + 5, qui « bosse dans la restauration faute d’avoir trouvé dans sa branche. Elle gagne le smic, on est obligés de l’aider pour payer son loyer ». Et de leur petit-fils « qui ne va pas bien depuis un bon moment. Il devrait être suivi dans un centre médico-psychologique. Il attend un rendez-vous depuis avant l’été », soupire sa grand-mère pour qui « la défense des services publics, c’est essentiel, parce que les services publics, c’est d’abord pour les plus fragiles ».

La manifestation lilloise ne va pas tarder à s’élancer. Les couples ont prévu d’aller jusqu’au bout et croisent les doigts pour qu’on retienne les revendications portées, sans débordements pour tout gâcher.

Florence Traullé (Lille, correspondante)

14:18 Vos questions

Bonjour,

Vous êtes nombreux à nous interroger sur la situation place de la Bastille, d’où les cortèges de l’intersyndicale et des « gilets jaunes » devaient partir à 14 heures, avant l’interdiction du parcours.

Selon l’un de nos journalistes sur place, la place de la Bastille est calme à la mi-journée. La présence des forces de l’ordre est visible, des contrôles et patrouilles étant effectués et certaines artères, surtout autour de l’opéra, étaient bouclées. Des promeneurs et cyclistes y circulaient librement après le contrôle de leurs sacs par des policiers.

Le Monde a par ailleurs pu observer que certaines personnes, s’exprimant dans des messages publiés dans des boucles sur des messageries, hésitaient à se rassembler dans d’autres secteurs de la capitale, notamment des rues aux alentours de la place de la Bastille.

14:06 Urgent

L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent au blocage des établissements scolaires mardi et jeudi

Avant le départ de la manifestation parisienne, porte de Bagnolet, la porte-parole de l’Union étudiante, Sabrine Kharbach, a incité à répondre à « l’appel de l’Union syndicale lycéenne, de l’Union étudiante et de l’intersyndicale » pour de nouveaux blocages des universités et des lycées « dès mardi ».

« On bloquera (...) pour ensuite aller en manifestation ce [jeudi] 5 novembre à l’appel des travailleuses et des travailleurs qui appellent à la grève », a-t-elle déclaré, s’exprimant aussi au nom de l’Union syndicale lycéenne. « Vouloir interdire les manifestations chaque semaine, vouloir interdire les cortèges qui ont toujours eu lieu dans de bonnes conditions, on va leur montrer qu’ils ont tort (…) et que nos revendications sont légitimes. »

La porte-parole de l’Union étudiante, Sabrine Kharbach et le président de l’Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, à Paris, le 31 octobre 2026.

« Pour le moment, le gouvernement n’a toujours pas répondu concrètement aux revendications de la jeunesse », a abondé l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), par la voix de sa secrétaire générale, Manon Moret.

Source: Le Monde · Charlotte Herzog et Vassili Feodoroff (service photo)

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira