Des heurts ont lieu en fin de manifestation à Paris, comme à Marseille, Grenoble, Strasbourg ou Lille. La situation est chaotique à Lyon et à Nantes.

Live animé par Louise Vallée, Christophe Sales (service photo) et Grégor Brandy

- MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »
MARIE MAGNIN/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

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18:24 En vidéo

18:16 Urgent

Près de 800 000 personnes mobilisées en France, selon la CGT ; 410 000, selon le ministère de l’intérieur

Près de 800 000 personnes ont défilé dans toute la France, « malgré les interdictions de manifester », samedi, a annoncé la CGT en fin d’après-midi, tandis que le ministère de l’intérieur annonce 410 000 manifestants à travers le pays.

A Paris, la CGT a dénombré 250 000 manifestants dans les rues, tandis que le ministère de l’intérieur évoque 110 000 manifestants. Plus tôt, la préfecture de police avait, elle aussi, fait une estimation de 110 000 manifestants dans la capitale.

18:06 Sur le terrain

A Rennes, plus de 10 000 personnes réunies sous la pluie

La pluie n’a cessé de tomber sur Rennes, mais pas de quoi décourager les milliers de manifestants venus alors que la préfecture avait interdit tout rassemblement, même celui prévu par le syndicat Solidaires. Le cortège – 11 500 personnes selon la préfecture – a avancé au gré de l’après-midi et a fini par atteindre la place de la République, où le climat s’est envenimé et les fumées de gaz lacrymogène ont pris le dessus.

Hubert Papay arrive avec son ami déguisé en Pokémon, Youenn Abolliviet Dérot, les mains remplies de doses de sérum physiologique. « On ne va pas rester, on ne veut pas subir de violences », clament les deux étudiants de 18 ans. Eux manifestent les mardis et les jeudis et sont déjà venus le 17 octobre témoigner leur colère sur les conditions d’enseignement et, plus généralement, sur « la politique du ruissellement qui ne marche pas ». Hubert, loquace, poursuit l’argumentaire et évoque les services publics qui manquent de budget et les conditions d’enseignement indignes qu’eux ou leurs amis ont vécues. « Au collège, le toit du self nous est tombé dessus ! », s’exclame Youenn.

La tension monte d’un cran, le duo file, ses dosettes de sérum phy à distribuer tout au long du chemin.

Manon Boquen (Rennes, correspondance)

18:04

A Toulouse, un manifestant grièvement blessé à la main

Une personne a été grièvement blessée à la main lors de heurts avec les forces de l’ordre, à la fin de la manifestation samedi à Toulouse, a annoncé la préfecture de Haute-Garonne à l’Agence France-Presse (AFP). « Dans un contexte de dispersion d’un attroupement [en fin de manifestation dans le quartier des Arènes, à l’ouest du centre-ville], une personne a été prise en charge par les secours, pour une blessure grave à la main », a rapporté la préfecture.

« Les circonstances de cette blessure ne sont pas connues à ce stade. Des investigations seront menées, sous la responsabilité de l’autorité judiciaire, pour faire la lumière sur cet événement », a-t-elle précisé. Selon un street medic cité par l’AFP, qui a pris en charge le blessé et souhaite rester anonyme, il présentait une « blessure grave à la main droite, avec arrachage de plusieurs doigts », liée à l’explosion d’un engin à proximité.

18:04 Vos questions

Bonsoir les Toulousains,

La manifestation de samedi à Toulouse a réuni entre 26 500 personnes, selon la préfecture, et 80 000, selon la CGT. Le cortège s’était élancé dans le calme à 14 heures, pour effectuer une boucle dans l’ouest de Toulouse, évitant le centre-ville où des commerces avaient été dégradés samedi dernier.

A Toulouse, le 24 octobre 2026.
A Toulouse, le 24 octobre 2026.
A Toulouse, le 24 octobre 2026.
A Toulouse, le 24 octobre 2026.

Comme dans toutes les grandes villes, le dispositif sécuritaire avait été renforcé pour éviter de nouvelles violences, avec des renforts de la gendarmerie, assistés de véhicules Centaure, du RAID ou de militaires de « Sentinelle ». La police a mené de nombreux contrôles préventifs depuis le matin, contrôlant notamment les arrivants à la gare Matabiau, proche du point de départ. Toutes les personnes souhaitant accéder à la place du Capitole, protégée par des barrières et de nombreux policiers et CRS, devaient faire contrôler leurs sacs.

A Toulouse, le 24 octobre 2026.
A Toulouse, le 24 octobre 2026.

En fin de cortège, des manifestants armés de pierres ou de bouteilles se sont confrontés aux forces de l’ordre, qui ont fait usage de grenades de désencerclement et lacrymogènes dans le quartier des Arènes.

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18:04

Heurts en fin de manifestation à Paris, camion à eau et gaz lacrymogène utilisés

Un engin lanceur d’eau et du gaz lacrymogène ont été utilisés après des jets de projectiles sur les forces de l’ordre lors de la dispersion du cortège à Paris, a annoncé la Préfecture de police. « A ce stade, il s’agit de l’unique point de tensions à Paris », a-t-elle précisé.

Selon des journalistes de l’Agence France-Presse, des manifestants ont lancé des projectiles et ont hué les forces de l’ordre, qui ont répliqué avec des grenades lacrymogènes, au niveau de la porte de Vincennes, lieu de fin de la manifestation.

18:02 Sur le terrain

« Toi, toi et toi » : à Charleville-Mézières, plusieurs mineurs embarqués par la police

Personne ne pourrait dire comment les choses ont fini par partir en vrille en fin de manifestation à Charleville-Mézières. C’était vers 16 h 30, juste avant la dispersion. Un groupe de jeunes gens, piercing, tatouages, grands sweat-shirts noirs se sont mis à scander : « La jeunesse emmerde le Front national ! »

A Charleville-Mézières, le 24 octobre 2026.
A Charleville-Mézières, le 24 octobre 2026.
Chabane Sehel, à Charleville-Mézières, le 24 octobre 2026.
Chabane Sehel, à Charleville-Mézières, le 24 octobre 2026.

Aussitôt, quelques groupes quittent le rassemblement, à grands pas décidés mais sans faire d’histoire. L’un d’eux lance même, goguenard : « Pas de bagarre. A la prochaine. » Un des organisateurs, Chabane Sehel, en profite pour conclure : « Tout s’est bien passé, on a prouvé qu’on n’était pas de la racaille. On va se faire critiquer par certains parce qu’on n’a pas cassé et que du coup ça sert à rien. On s’en fiche. » Ça applaudit, on se congratule, embrassades.

Puis d’un coup, deux gamins assis à l’arrêt d’autobus tout proche se font encercler par des policiers. Contrôle. Cheveux noirs, peau mate et des prénoms qui claquent comme une injustice : Amine, 16 ans, et Rahnono, 17 ans. « Racistes ! », éclate une manifestante, fonctionnaire territoriale. Les gamins finissent par monter dans le bus.

A Charleville-Mézières, le 24 octobre 2026.
A Charleville-Mézières, le 24 octobre 2026.

Mais déjà, sur le trottoir en face, ça s’est mis à crier. Un jeune homme a été jeté au sol par les forces de l’ordre. Il hurle, lance des coups de pied dans le panier à salades, où on tente de le traîner de force. « Lâchez-le ! », crie une grand-mère, qui se promenait par hasard avec sa petite-fille. Lui, c’est Lohan, 17 ans, un gamin porteur de handicap, scolarisé dans un établissement spécialisé à Montcy-Notre-Dame, un village dans la campagne autour. « Il est gentil », tente de parlementer la vieille dame. La voiture de police l’emporte, comme trois autres mineurs, venus du quartier populaire de Charleville. Pourquoi eux ? Personne ne sait. Un gradé les a juste désignés du doigt dans la petite troupe des derniers manifestants : « Toi, toi et toi. » La place d’Arches s’est vidée.

C’était un jour de manifestation ordinaire à Charleville-Mézières.

Florence Aubenas

17:51 En vidéo

17:45 Sur le terrain

A Lille, le blocage prend des allures de cul-de-sac

L’impossibilité de revenir vers le point de départ du cortège lillois, bloqué par les forces de l’ordre, a déconcerté les manifestants. Après deux heures de déambulation, globalement dans le calme, dans les rues de Lille autorisées (hors centre-ville), le blocage prend des allures de cul-de-sac.

« C’est de la provoc de bloquer ici », s’emporte Caroline, artiste et militante de La France insoumise. « On dirait qu’ils veulent que ça dégénère. » Un petit groupe confie son ras-le-bol : « C’est bon, là ! On veut partir. On était très nombreux et dans le calme. Faut rester là-dessus », insiste Hamid, lycéen en terminale bac pro. Pour lui, « le gouvernement ne peut plus être sourd. On reviendra manifester, autant de fois qu’il faudra pour que nos conditions de vie s’améliorent. Y a pas que les revendications des lycéens et étudiants. Y a tous les âges ici ».

A Lille, le 24 octobre 2026.
A Lille, le 24 octobre 2026.

De fait, le cortège lillois a rassemblé toutes les générations, mais, au moment de la dislocation, ce sont les plus jeunes qui font face aux cars de police. Les projectiles commencent à voler en direction des forces de l’ordre, des canons à eau entrent en action, quelques tirs de grenades lacrymogènes aussi. Dans le ciel, un hélicoptère tourne. Une militante socialiste enfonce son bonnet sur sa tête et s’échappe en criant : « Les jeunes, restez calmes, restez calmes ! » Un peu plus loin, après avoir repris son souffle, elle fait le bilan de sa journée : « Beaucoup de monde, même si on était moins nombreux que le 17. Une belle démonstration. Maintenant, si rien ne bouge, ça va très mal se terminer. »

Florence Traullé (Lille, correspondante)

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17:31

Des heurts à Nantes, où des manifestants pénètrent dans le périmètre interdit

Des heurts ont éclaté samedi à Nantes entre les forces de l’ordre et des manifestants, qui ont réussi à rejoindre le centre-ville, dans le périmètre interdit par la préfecture, selon l’Agence France-Presse (AFP). Le cortège, comptant plusieurs milliers de personnes, s’est élancé en début d’après-midi sur l’île de Nantes, hors de la zone interdite de manifestation. Les manifestants se sont rapidement trouvés face aux forces de l’ordre au moment de franchir la Loire, qui les séparait du centre-ville.

A Nantes, le 24 octobre 2026.
A Nantes, le 24 octobre 2026.

Barrant l’accès au pont, les forces de l’ordre ont fait usage d’un canon à eau et de gaz lacrymogènes, tandis que quelques manifestants tiraient de petits projectiles dans leur direction. Le cortège a alors rebroussé chemin, franchissant finalement la Loire via un autre pont pour pénétrer dans la zone officiellement interdite à tout rassemblement par arrêté préfectoral. Sous la pluie et les quelques feux d’artifice tirés par des participants, la tête de la manifestation a été repoussée avec des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes, avant une charge des forces de l’ordre. Peu avant 16 heures, le cortège est parvenu dans le centre, essuyant peu après de nouveaux tirs de gaz lacrymogènes.

17:28 Sur le terrain

A Charleville-Mezières, échange autour d’un gilet

Dans le cortège, à Charleville-Mézières (Ardennes), Louis, ouvrier, marche à côté de Théo, informaticien. Tous deux ont la vingtaine et portent leur tenue préférée. Le premier, c’est une veste de chasse, décorée de sangliers. Le second a enfilé un gilet fluo siglé « CGT », en grosses lettres.

A Charleville-Mézières, le 24 octobre 2026.
A Charleville-Mézières, le 24 octobre 2026.

« Vous, les syndicats, vous nous avez abandonnés. Vous n’avez pas voulu déclarer la manifestation », lance le chasseur au militant. L’autre se défend, naïf : « Nos responsables n’ont pas voulu parce que, sinon, il fallait assurer le service d’ordre et payer la casse s’il y en a. »

« Retire ton gilet dans ce cas-là », reprend le chasseur.

L’autre : « C’est pas de ma faute, je te jure, tous les gros bonnets sont montés à Reims. Moi, j’avais pas les moyens. »

Le chasseur : « Retire ton gilet, je te dis. »

Le syndicaliste le retire.

Il s’est mis à pleuvoir. Quand part une Marseillaise, ils se mettent à chanter, coude à coude, sans se regarder. 

A Charleville-Mézières, le 24 octobre 2026.

Florence Aubenas

17:27

A Strasbourg, un cortège de manifestation non déclarée de 1 500 personnes s’est constitué, selon la préfecture

A Strasbourg, « un cortège de manifestation non déclarée de 1 500 personnes s’est constitué », selon la préfecture. « Après des jets de projectiles sur les forces de l’ordre, sommations et gaz lacrymogènes ont été utilisés avec proportionnalité et retenue », assure-t-elle.

A Strasbourg, le 24 octobre 2026.

17:25 Urgent

110 000 personnes dans le cortège à Paris, annonce la Préfecture de police, qui évoque une « situation calme »

Dans le cortège de la manifestation, à Paris, le 24 octobre 2026.

Cent dix mille personnes ont manifesté à Paris pour réclamer plus de pouvoir d’achat et défendre les services publics, a annoncé la Préfecture de police, en précisant que « la situation demeure calme dans l’ensemble de l’agglomération ». Le cortège, parti vers 14 heures de la porte d’Italie, a « atteint la porte de Vincennes » à 17 heures, a précisé la Préfecture de police.

« Plus de 3 000 contrôles » ont été réalisés et 65 personnes ont été interpellées, a précisé la Préfecture de police. Samedi dernier, elle avait affirmé que le même nombre de personnes avait manifesté dans la capitale.

17:23 En vidéo

17:12 Sur le terrain

A Bordeaux, entre 15 500 et 60 000 manifestants

A Bordeaux, la préfecture a annoncé avoir comptabilisé 15 500 manifestants, un chiffre qui n’est pas encore définitif, assure-t-elle, alors que la CGT, FSU et FO dénombrent, eux, 60 000 personnes, un chiffre « qui démontre que les manifestants savent manifester pacifiquement », explique Stéphane Obé, secrétaire général de l’union départementale des syndicats CGT de la Gironde. « Le chiffre est gigantesque malgré la pluie, les transports bloqués, et la stratégie de la peur », poursuit-il. 

Tandis que la manifestation s’achève dans le calme, des gaz lacrymogènes sont lancés place de la Bourse pour disperser la foule. 

Claire Mayer (Bordeaux, correspondante)

17:07 Sur le terrain

A Grenoble, un cortège gazé et éparpillé par les forces de l’ordre

A Grenoble, le cortège a déambulé d’abord pendant une heure dans un calme relatif, le long du parcours autorisé, « gilets jaunes » et étudiants en tête.

En marge du cortège, des groupes de jeunes ont cassé quelques vitrines de banques et d’agences immobilières, se groupant sous des parapluies noirs et tenant les manifestants à distance, qui les ont hués copieusement. « Ne cassez rien, ça ne sert à rien ! », s’énerve une femme à l’adresse des jeunes.

Quelques minutes plus tard, le cortège situé sur le parcours autorisé a été gazé et éparpillé par les forces de l’ordre, la foule s’est dispersée dans une grande confusion. Des tirs de gaz lacrymogène, de grenades assourdissantes d’un côté, de mortiers et de projectiles divers de l’autre, ont été échangés dans une ambiance tendue, les forces de l’ordre chargeant la queue de cortège à plusieurs reprises.

Au cœur de la foule, des manifestants offrent du sérum physiologique et des masques au besoin. « On a de l’eau et du sérum phy », clame une pancarte aux fenêtres d’un appartement riverain.

Raphaëlle Lavorel (Grenoble, correspondance)

17:04 Sur le terrain

A Paris, des milliers d’étudiants et de jeunes diplômés participent à la mobilisation en solidarité avec le mouvement lycéen

Hugo, visage et perruque poudrés de blanc, est revêtu d’un costume du XVIIIe siècle. Il a un air de Louis XVI à quelques minutes de sa décapitation. Sa complice, Mathilde, étudiante alternante, joue Marianne dans une longue robe de coton et un bonnet phrygien. Elle brandit un drapeau tricolore et menace le cou du roi de cet après-midi d’octobre. Le cortège qui arpente le boulevard Massena tantôt les acclame, tantôt crie « Macron démission ! » ou encore « ACAB ! ». Le jeune duo fait sensation.

Ils sont des milliers d’étudiants et de jeunes diplômés à participer à la mobilisation en solidarité avec le mouvement lycéen, réclamant des établissements décents, plus d’enseignants face aux apprenants, et une réforme – ou la fin – de Parcoursup. « Du fric, du fric pour l’école publique ! », scandent deux militants de Force ouvrière.

Simon, 17 ans, en classe de terminale au lycée Lacanal à Sceaux (Hauts-de-Seine), reconnaît que, pour sa part, son établissement lui offre de « bonnes conditions de travail ». S’il se mobilise, c’est pour les autres : « Pour une égalité de moyens pour tous les lycéens. » Idem pour Léa, 19 ans, étudiante en deuxième année de management au sein de l’IAE Paris-Est. Dans son école, on lui donne les moyens d’étudier dans de bonnes conditions. « Mais je me rends compte des besoins des autres universités dont les locaux sont dégradés. Et je veux une France plus solidaire. »

A Paris, le 24 octobre 2026.

Nicolas, 26 ans, jeune diplômé d’un master en ressources humaines va commencer sa vie professionnelle dans quelques semaines. Lui aussi se veut solidaire de la cause lycéenne même s’il a, lui-même, rencontré peu d’embûches dans sa scolarité. Il a obtenu sur Parcoursup son premier vœu, mais s’est réorienté et a obtenu à nouveau le parcours de son autre choix, qu’il a réussi. « Je manifeste en soutien aux lycéens et aux profs », affirme-t-il, mais aussi pour faire passer un message à quelques mois de l’élection présidentielle : « Les revendications qui sont portées par ce mouvement doivent être prises en compte par la prochaine majorité. »

Une habitante distribue des pains aux chocolats aux manifestants, à Paris, le 24 octobre 2026.
En fin de parcours, sur le cours de Vincennes, à Paris, le 24 octobre 2026.

Parcoursup a également souri à Ethan, 23 ans, jeune diplômé d’une école d’ingénieurs francilienne. « Mais le système ne permet pas de trouver de la place pour tout le monde », regrette-t-il. Et comme Simon qui s’inquiète, espérant obtenir une place au sein de l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son en 2027, il votera pour le leader de La France insoumise qui marche dans les premiers rangs du cortège. « C’est le seul à avoir un projet qui tient compte de l’écologie, des questions sociales et de l’inclusion pour tous », estime le jeune ingénieur.

Eric Nunès

16:59 Sur le terrain

A La Réunion : « Ce qui se passe dans l’Hexagone est inadmissible »

A Saint-Denis de La Réunion, une centaine de lycéens, d’étudiants, avec le renfort de quelques enseignants et « gilets jaunes », ont manifesté dans une ambiance joyeuse en organisant des barrages filtrants sur le front de mer. Etudiante en psychomotricité, Manon, 22 ans, dénonce les manques de moyens accordés au système éducatif, mais dit surtout « enrager à cause du traitement réservé aux lycéens et aux étudiants [pourtant] pacifistes ».

Venue avec un rectangle en carton sur lequel elle a inscrit « Gazer les violeurs, pas les mineurs », Asna, 18 ans, élève de prépa littéraire, s’indigne aussi des violences policières contre les lycéens et étudiants : « Ce n’est pas digne d’une République, on devrait tous se lever et crier. » L’étudiante déplore que « pas assez d’étudiants » se soient déplacés dans les rues cet après-midi. L’explication est évidente, selon elle : « Les jeunes ont peur de manifester à cause des agressions policières comme on le voit dans l’Hexagone. » A ses côtés, son ami, Eléa, 18 ans, veut défendre le « droit constitutionnel de se faire entendre face à un gouvernement qui ne veut pas nous entendre ». « Je suis fière de ma génération en ce moment et en général, car elle se mobilise », proclame avec conviction la jeune femme.

Enseignant donnant des cours de soutien scolaire, Noah est, lui, venu en soutien aux étudiants, mais aussi pour se battre contre « la vie chère » dans une île où un peu plus de 36 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. « C’est pire pour les étudiants, insiste le jeune homme. J’en connais qui n’ont que 100 euros par mois qui se privent de manger à certains repas. »

Dans le sud de La Réunion, à Saint-Pierre, une autre manifestation a réuni un peu plus de 200 personnes, selon les participants, 110 selon la police. La préfecture n’a relevé « aucun trouble, aucune tension ».

Jérôme Talpin (Saint-Denis (La Réunion), correspondant)

16:54 Sur le terrain

A Orléans, les trois cars bloqués ont repris la route sous escorte policière, en direction de Paris

Les trois cars bloqués sur l’autoroute à l’approche d’Orléans et les 220 personnes à leur bord, parmi lesquels se trouvaient des sans-papiers, ont repris la route sous escorte policière, direction Paris, dans le milieu de l’après-midi. « Une entrave scandaleuse au droit de manifester et de circuler », dénonce le collectif Antifaparis19, actif dans le 19e arrondissement de Paris, dans un message posté sur les réseaux sociaux un peu avant 16 heures.

Ces cars, affrétés par le collectif Solidarité sans-papiers, ont été retenus plusieurs heures à la sortie Orléans Centre, à hauteur de La Chapelle-Saint-Mesmin.

Victor Riallais (Orléans, correspondance)

16:48 Sur le terrain

Premiers tirs de gaz lacrymogène à la fin du cortège, à Marseille

Alors que plusieurs milliers de manifestants continuent à arriver place de la Porte-d’Aix, à Marseille, terminus d’une manifestation qui a réuni énormément de monde, des premiers affrontements ont lieu entre quelques dizaines de personnes et les CRS qui font usage de gaz lacrymogènes.

Un cordon de forces de l’ordre fermait l’accès au boulevard des Dames, une des artères menant au centre-ville, et a lancé une première charge quand un cortège a tenté de forcer le passage. Les barrières d’un chantier sont utilisées pour servir de boucliers contre les tirs de grenades lacrymogènes.

A Marseille, le 24 octobre 2026.

Jusqu’alors la manifestation s’était déroulée dans le calme. La préfecture de police qui a évoqué le nombre de 30 000 « émeutiers » la semaine précédente, ne comptabilise cette fois que 17 000 manifestants. Un nombre qui ne semble pas correspondre à la densité du cortège, dont les derniers participants étaient toujours à leur point de départ une heure et demie après le début du défilé. Les services d’ordre syndicaux et notamment celui de la CGT se sont dispersés.

Un feu de poubelles, allumé dans une rue adjacente de la porte d’Aix a nécessité l’intervention des marins-pompiers, applaudis par les manifestants à leur arrivée. Le gros du cortège tente de se disperser vers la gare Saint-Charles alors que les affrontements continuent de l’autre côté de la place. 

Gilles Rof (Marseille, correspondant)

Source: Le Monde

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