Des centaines de milliers de personnes ont à nouveau manifesté samedi pour défendre le pouvoir d’achat et réclamer de meilleurs services publics. Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, estimant que « les cortèges se sont bien passés » malgré « près de 1 000 » interpellations .Des heurts ont lieu en fin de parcours, notamment à Paris, Marseille ou Strasbourg.
Live animé par Christophe Sales (service photo) et Dorian Jullien
Posez votre question à la rédaction :
22:59
A Lyon, « les cortèges revendicatifs n’ont pas pu se déployer », déplore le maire, Grégory Doucet
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a regretté samedi soir que l’interdiction de manifester « a amené les manifestants à se réunir hors du périmètre », et « les cortèges revendicatifs n’ont pas pu se déployer ». Il a condamné le pillage de cinq magasins et la destruction ou l’incendie de mobilier urbain, « qui n’ont aucun lien avec les revendications des manifestants ». « Pour que ces scènes des 17 et 24 octobre ne se reproduisent pas, nous attendons du gouvernement qu’il réponde concrètement et rapidement aux revendications des mouvements sociaux », a-t-il plaidé.
De son côté, la préfecture du Rhône s’est félicitée dans un communiqué d’un « dispositif de sécurité » qui a « produit les effets recherchés ». Elle a dénombré 36 interpellations, 22 blessés, dont 18 membres des forces de l’ordre, et trois commerces dégradés. Environ 10 000 personnes au total ont défilé de façon erratique, souvent par groupes, dans les rues de Lyon, malgré l’absence de manifestation autorisée et un périmètre d’interdiction de rassemblement élargi dans le centre, selon la préfecture.
22:58
A Paris, « Braxx », livreur Uber Eats : « Quelque chose a explosé à mes pieds et j’ai senti immédiatement la douleur »
C’est sous l’auvent d’une petite épicerie de l’avenue Philippe-Auguste, juste derrière la place de la Nation, qu’on croise « Braxx », vers 20 h 30. Il est trempé - comme tous les manifestants -, mais de cela il se moque bien. Ce qui l’ennuie, c’est sa jambe. Le jeune homme est blessé. Son jogging et son legging dessous, sont tous deux en lambeau ; sa jambe est gonflée et meurtrie sur l’avant de son tibia. « Tu viens manifester pour dire que l’essence est trop chère et que tu n’y arrives pas… Et en réponse tu te reçois ça dans la jambe », dénonce-t-il, en montrant sa blessure.
Le jeune homme nous explique qu’il arrivait sur le cours de Vincennes, après avoir fait tout le trajet depuis la place d’Italie, calmement. « Là, il y avait de la musique, on dansait un peu et on commençait à s’ambiancer, quand tout à coup il s’est passé quelque chose. Il y a eu un mouvement de foule d’un côté, pour l’éviter je suis allé à l’opposé, où planait un nuage de lacrymo et là, quelque chose a explosé à mes pieds et j’ai senti immédiatement la douleur », nous raconte-t-il.
Compte tenu de l’heure et du lieu où cela s’est produit, « Braxx » a vraisemblablement été victime des premières grenades de désencerclement des policiers sur le cours de Vincennes, en fin de manifestation ; juste au moment où l’ambiance bon enfant a laissé place à des affrontements entre forces de l’ordre et groupuscules.
Braxx, vit dans une cité de Clamart (Hauts-de-Seine), où il travaille comme livreur Uber Eats. Depuis la flambée de l’essence, il a vu fondre ses marges de façon inquiétante. « Je suis en réinsertion, nous explique-t-il, et je fais tout pour que ça marche. Mais quand je gagne 100 euros, j’en passe 30 dans l’essence. C’est pas possible ! », expose le jeune homme. « Et quand je fais les courses, je n’ai plus rien pour 100 euros. Et Macron est tellement loin de tout ça… », regrette-t-il.
Le livreur, qui a manifesté la semaine dernière, reviendra autant de fois qu’il le faut, « pour que ça change et qu’on entende les demandes des lycéens et des salariés. Le pouvoir nous frappe quand on veut du changement. Il rêve de nous faire taire comme ça, mais on sait qu’il a plus peur de nous qu’on a peur d’eux ».
Maryline Baumard
22:44
A Toulouse, une enquête judiciaire ouverte après la blessure « grave » d’un manifestant
La préfecture de Haute-Garonne a confirmé, dans un communiqué diffusé dans la soirée, qu’un jeune homme de 20 ans a été gravement blessé à la main « lors de la dispersion d’un attroupement violent, alors que la manifestation était terminée, dans le secteur des Arènes ». « Une enquête judiciaire est ouverte pour déterminer les circonstances précises de cette blessure », indique-t-elle. Deux autres personnes ont été « légèrement » blessées, selon la même source.
22:16 Vos questions
Bonsoir,
CNews a effectivement diffusé des images montrant une mobilisation en Albanie, en les commentant comme si elles se déroulaient à Paris. « C’est significatif. (…) Vous avez désormais des gens qui se comportent comme de futurs casseurs, de futurs émeutiers. Ils viennent de s’équiper, vous l’avez vu en direct : les casques, les cagoules, les masques (…) ça s’est fait sous les yeux de nos caméras », a ainsi déclaré le présentateur, Olivier Benkemoun, rapporte Le Parisien, qui précise que « la diffusion a finalement été coupée après qu’une adolescente a brandi une pancarte en albanais ».
CNews a ensuite présenté des excuses. « On a fait une erreur en régie », a ainsi expliqué le présentateur. « Je tiens à m’excuser au nom de la rédaction, car les images des personnes qui se masquaient provenaient d’Albanie », a-t-il déclaré.
La chaîne d’information en continu Franceinfo a également diffusé des images provenant de Tirana en les commentant comme si elles se déroulaient à Lyon. Le présentateur s’est, lui aussi, excusé quelques minutes après cette diffusion : « Sur les images que nous vous avons montrées, il y a quelques minutes, avec notamment ces canons à eau, c’était suite à une erreur de notre part, ce n’était pas des images en direct de Lyon, mais des images en direct de Tirana. C’est une erreur de notre part et je vous présente nos excuses. »
22:00 L’essentiel
Ce qu’il faut retenir, samedi 24 octobre à 22 heures
- Près de 410 000 personnes ont manifesté en France, selon le ministère, plus de 800 000, selon la CGT. A Paris, la CGT a dénombré 250 000 manifestants dans les rues, tandis que le ministère de l’intérieur évoque 110 000 manifestants. Les revendications étaient diverses, mais convergeaient autour du pouvoir d’achat, de la défense des services publics et de la justice fiscale et sociale.
- « Les cortèges se sont bien passés », a estimé le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, dans un contexte de très forte tension, à la suite de l’interdiction de nombreux cortèges, et sous très haute sécurité. A Paris, le tribunal administratif avait rejeté, ce matin, le recours des organisateurs de la manifestation contre le parcours imposé par la Préfecture de police.
- Près de 1 000 personnes ont été interpellées, a fait savoir Laurent Nuñez en fin d’après-midi, soulignant que ce chiffre allait « augmenter de manière significative ». Des heurts se sont produits dans plusieurs villes et quelques commerces ont été pillés.
- Deux personnes ont été grièvement blessées à Toulouse et à Clermont-Ferrand, a annoncé Laurent Nuñez, tandis qu’une autre personne a été blessée à l’œil à Poitiers, selon La Nouvelle République.
- « Aucune répression, aucune interdiction de manifester n’arrêtera la mobilisation », a réagi la CGT, appelant à une nouvelle journée de grève et de manifestation le 5 novembre.
- A Orléans, le Rassemblement national a ouvert son congrès dans une ambiance particulièrement tendue. Trois mille membres des forces de l’ordre quadrillaient la ville. Une manifestation antifasciste a rassemblé 13 000 personnes, selon la préfecture, 26 000 selon les organisateurs.
Sur Le Monde aujourd’hui
Découvrez les articles les plus lus par nos abonnés
-
Article réservé aux abonnés Après l’attaque meurtrière de Trappes, qualifiée de « raciste » par Emmanuel Macron, les mystères des motivations de Kevin T., le tireur présumé
-
Article réservé aux abonnés Mobilisation du 17 octobre : comment LFI, sans être l’extrême gauche ni l’ultragauche, joue pour elles un rôle de parti « parapluie »
-
Article réservé aux abonnés « Votre papa est malade, il va bientôt partir et il veut vous dire des choses… » : à Paris, un atelier permet de se raconter dans une chanson-testament
-
Article réservé aux abonnés Le biologiste Olivier Hamant, chantre de la robustesse face au « burn-out planétaire »
-
Article réservé aux abonnés A Trappes, après les tirs meurtriers, la colère et le fatalisme face au racisme ambiant : « On savait qu’un jour ou l’autre, une telle attaque allait arriver »
-
Article réservé aux abonnés A69 : le tarif de péage de la future autoroute, à plus de 20 euros l’aller-retour, embarrasse ses partisans
21:52
A Clermont-Ferrand, un manifestant grièvement blessé par une grenade déjà responsable de plusieurs mutilations par le passé
A Clermont-Ferrand, sur la place de Jaude, un manifestant a eu des doigts mutilés par une grenade GM2L. Dans une première vidéo publiée sur les réseaux sociaux, un homme apparaît allongé à même le sol, entouré de « street medics », avec une main gravement blessée, sans qu’il ne soit possible de déterminer précisément la nature des blessures.
D’autres images amateures semblent pouvoir être liées à cette blessure. Filmée à côté des voies du tramway, au nord de l’esplanade clermontoise, une deuxième vidéo permet de voir arriver du ciel un projectile. Il s’agit d’une grenade GM2L, un modèle assourdissant et lacrymogène, tirée avec un lance-grenade Cougar. Elle sort du cadre une fraction de seconde, et réapparaît avec une trajectoire légèrement ascendante, soit après avoir rebondi au sol, soit propulsée par son dépotage, au cours duquel la coque se désolidarise de son réservoir explosif rouge caractéristique. Celui-ci flotte quelques dixièmes de seconde en direction de trois personnes, qui se tournent et tentent de s’écarter. La grenade explose à proximité immédiate de la main d’un homme, vêtu de la même façon que la personne blessée sur la première vidéo.
La grenade GM2L est déjà responsable de plusieurs mutilations. En 2023, elle arrachait un doigt à une manifestante pacifique à Rouen ; la procédure judiciaire avait permis de déterminer que la grenade lui était tombée dessus, et le tireur n’a pas été poursuivi. Deux ans plus tôt, à Redon, un festivalier avait la main arrachée par un modèle similaire – aucun policier n’a été poursuivi.
Utilisé depuis 2018, ce modèle a remplacé la GLI-F4, et était présenté par les autorités comme moins dangereuse – plusieurs expertises judiciaires ont depuis démontré le contraire. En 2021, le syndicat majoritaire Alliance police nationale s’inquiétait, dans un tract, du risque associé à l’utilisation de grenades explosives à l’aide d’un lance-grenades : soit « la grenade n’explose pas immédiatement et peut-être ramassée avec le risque d’une main arrachée », soit « la grenade n’a pas le temps de toucher le sol et explose à hauteur d’homme (tête) ».
Lire aussi :
Arthur Carpentier
21:14
41 interpellations après des heurts à Nantes
Comptant plusieurs milliers de personnes, le cortège nantais s’est élancé en début d’après-midi sur l’île de Nantes, hors de la zone interdite de manifestation. Les manifestants se sont rapidement trouvés face aux forces de l’ordre au moment de franchir la Loire, qui les séparait du centre-ville. Barrant l’accès au pont, elles ont fait usage d’un canon à eau et de gaz lacrymogènes ; quelques manifestants ont lancé des projectiles. Le cortège a alors rebroussé chemin, franchissant finalement la Loire via un autre pont pour pénétrer dans la zone interdite à tout rassemblement par arrêté préfectoral. Sous la pluie et les quelques feux d’artifice tirés par des participants, la tête de la manifestation a été repoussée avec des grenades et du gaz lacrymogène.
Peu avant 16 heures, le cortège est parvenu dans le centre de Nantes, longeant des boutiques aux vitrines barrées de contreplaqué, dont certaines avaient été fracturées le 17 octobre. Les échauffourées se sont alors enchaînées en différents points du centre-ville entre des groupes de manifestants, lançant chaises de café et autres projectiles sur des véhicules de police, et les forces de l’ordre qui ont fait un usage abondant de gaz lacrymogènes, de canon à eau et de grenades de désencerclement.
Un photographe de l’AFP a vu trois personnes blessées parmi les manifestants. La préfecture a signalé « des dégradations et des pillages » dans un commerce nantais, où six personnes ont été interpellées. A 18 h 45, 41 personnes avaient été interpellées dans le cadre de ces violences, selon la préfecture. Une journaliste de l’Agence France-Presse a, elle, vu la vitrine d’une bijouterie fracturée.
20:40
Des milliers de manifestants à Grenoble et des dégradations en marge du cortège
Environ 10 000 personnes, selon la préfecture ; 23 000, selon la CGT, ont manifesté à Grenoble, lors d’un rassemblement autorisé hors du centre-ville, en marge duquel des accrochages ont opposé les forces de l’ordre et certains manifestants qui ont pris pour cibles plusieurs commerces, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).
La préfecture de l’Isère a fait état de la présence de « 400 black blocs » et les policiers ont dû faire usage de gaz lacrymogènes et charger à plusieurs reprises pour les empêcher de pénétrer au centre-ville, où de nombreux commerces avaient été pillés et dégradés le 17 octobre. Le long du parcours de la manifestation, en marge du cortège, plusieurs commerces ont eu leurs vitrines endommagées. Un Pizza Hut et un supermarché ont été saccagés et partiellement pillés et du mobilier urbain détruit, a constaté l’AFP.
Sept personnes ont été interpellées, a fait savoir la préfecture. Huit policiers et sept manifestants ont également été blessés.
Un couvre-feu a débuté à 18 heures, en vigueur jusqu’à dimanche 6 heures, dans plusieurs secteurs du centre-ville de Grenoble ainsi que dans des zones commerciales aux alentours. La manifestation dispersée, des affrontements sporadiques entre petits groupes et policiers se poursuivaient hors du périmètre sécurisé en début de soirée, a constaté l’AFP.
20:34
Des journalistes de BFM-TV pris à partie à Paris et à Trappes, dénonce la chaîne
La chaîne d’information en continu BFM-TV dénonce et condamne, dans un communiqué diffusé sur le réseau social X, « les attaques contre ses journalistes », alors que plusieurs d’entre eux ont été pris à partie « alors qu’ils couvraient des rassemblements et manifestations » à Trappes et à Paris.
« Ces comportements sont inacceptables, mettent en danger la sécurité des journalistes dans l’exercice de leur métier et sont une atteinte aux valeurs portées par la chaîne et son groupe », poursuit-elle, réaffirmant « son attachement à une information libre, indépendante et pluraliste ».
« La chaîne continuera de couvrir l’actualité et les échéances électorales avec rigueur, sans céder aux pressions », conclut-elle.
1 compte dès 13,99 €/mois
Sans engagement
- Tous nos articles, vidéos, podcasts et newsletters
- L’application La Matinale du Monde, dès 7 heures, la sélection d’articles par la rédaction
- Le quotidien en version numérique dès 13 heures
20:25
Jean-Luc Mélenchon dénonce « les soi-disant forces de l’ordre », qui « gazent et tirent dans le tas en fin de cortège »
Le leader de La France insoumise et candidat à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé, sur le réseau social X, « les soi-disant forces de l’ordre », qui « gazent et tirent dans le tas en fin de cortège dans le but d’obtenir des images pour les chaînes domestiques qui ont diffusé toute la semaine les images qui ont motivé le tueur de Trappes ».
Au même moment, notre journaliste présente sur place écrivait que la confusion et le chaos régnaient au niveau de la porte de Vincennes : « Grenades lacrymogènes, jets de bouteilles et autres projectiles explosent dans un brouillard irrespirable de gaz. »
Un engin lanceur d’eau et du gaz lacrymogène ont été utilisés après des jets de projectiles sur les forces de l’ordre lors de la dispersion du cortège à Paris, a annoncé, de son côté, la Préfecture de police, plus tôt. La manifestation à Paris « est entièrement dispersée cours de Vincennes », a-t-elle ensuite affirmé vers 20 heures.
20:18
« Aucune répression, aucune interdiction de manifester n’arrêtera la mobilisation », déclare la CGT
Près de 800 000 personnes ont manifesté, samedi, en France, annonce la CGT, dans son communiqué de fin de manifestation, tandis que le ministère de l’intérieur dit avoir recensé 410 000 manifestants dans le pays.
La centrale syndicale, qui regrette les nombreuses interdictions de manifestations, rappelle cependant que « le message d’aujourd’hui est clair : aucune répression, aucune interdiction de manifester n’arrêtera la mobilisation. La colère est immense, la détermination encore plus. Le gouvernement et le patronat doivent d’urgence répondre aux revendications sociales ».
La CGT appelle désormais à une nouvelle journée de grève et de manifestation, jeudi 5 novembre.
20:08
Un manifestant touché à un œil à Poitiers
Un manifestant a été touché à l’œil gauche à Poitiers, rapporte La Nouvelle République, avec à l’appui l’image d’un jeune homme se tenant le visage à cet endroit. Selon le photographe du journal, joint par l’Agence France-Presse (AFP), le jeune homme de 19 ans a été blessé vers 17 h 30, après une charge de CRS avec coups de bouclier, puis jets de grenades de désencerclement et de grenades lacrymogènes.
Il pourrait avoir reçu un débris dans l’œil, selon les street medics, qui l’ont pris en charge, avant de le confier à des ambulanciers.
La préfecture, jointe par l’AFP, n’avait pas d’informations à communiquer dans l’immédiat.
20:05 En vidéo
20:05
La manifestation à Paris « est entièrement dispersée », annonce la préfecture de police
La manifestation à Paris, qui a rassemblé 110 000 personnes, selon la Préfecture de police, et 250 000, selon la CGT, « est entièrement dispersée cours de Vincennes », où des heurts avaient éclaté en fin de cortège entre des manifestants et les forces de l’ordre, a annoncé la préfecture de police.
« Un hélicoptère de la gendarmerie est engagé pour appuyer les effectifs au sol et détecter des groupes résiduels de casseurs », a ajouté la même source qui avait fait état de la présence de « plus de 500 casseurs » en fin de manifestation. Un camion à eau et des grenades lacrymogènes ont été utilisés en réponse aux jets de projectiles sur les forces de l’ordre.
19:58
Des tentatives de pillages à Marseille, annonce Benoît Payan
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a annoncé que « plusieurs groupes d’individus tentent de se livrer à des pillages dans différents secteurs de la ville », en cette fin de journée. « La police municipale et le bataillon de marins-pompiers interviennent aux côtés de la police nationale », écrit-il également sur X, appelant les Marseillais à « rester prudent et faciliter le travail des forces de l’ordre et de secours ».
Pour le maire de Marseille, « la priorité est de préserver la sécurité des habitants, des commerces et de ramener le calme dans la ville ».
Plus tôt, il avait salué le fait que « des dizaines de milliers de Marseillais ont pu correctement manifester dans la ville, ce qui veut dire qu’on peut le faire dans ce pays », et avait estimé le dispositif policier mis en place « à la hauteur de l’enjeu ».
19:45 Urgent
Laurent Nuñez fait état de « 1 000 interpellations », mais assure que « les cortèges se sont bien passés »
Le ministre de l’intérieur a fait état de 1 000 interpellations dans les manifestations, lors d’un point presse à 19 h 30. « Au moment où je vous parle, on en est presque à 1 000 interpellations. Evidemment, ce chiffre va augmenter quand on consolidera les données, a-t-il déclaré. Le 17 octobre, à la même heure, nous étions à 385 interpellations », a-t-il rappelé.
Laurent Nuñez a assuré que « de nombreux pillages ont été évités. Il n’y a pas eu, grâce à l’intervention des forces de l’ordre, d’attaques dirigées comme le 17 octobre, vers des bâtiments publics, qu’il s’agisse de mairies (...), de commissariats », a affirmé le ministre, qui avait présenté sa démission, la semaine dernière. « On déplore néanmoins dans certaines villes quelques dégradations ou pillages de commerces », a regretté M. Nuñez, qui a souligné que leur ampleur était bien moindre que la semaine dernière.
Pour autant, les 289 manifestations recensées, samedi, « se sont bien passées quand les choses se sont déroulées, encadrées par les forces de sécurité intérieure », a également déclaré le ministre, qui a cependant regretté « plusieurs constitutions de groupes à risques » et a dénoncé la présence de « militants de l’extrême gauche radicale, de l’ultragauche, et qui ont parfois fédéré autour d’eux des éléments ultraradicaux ».
Laurent Nuñez a également annoncé que deux personnes ont été grièvement blessées à Toulouse et à Clermont-Ferrand.
19:35 Sur le terrain
Confusion et chaos à Paris, au niveau de la porte de Vincennes
A la porte de Vincennes règnent la confusion et le chaos à 19 heures. Un hélicoptère donne le ton en survolant la scène. La nuit est tombée sur la fin de manif et les gyrophares éclairent les lieux. Là, des dizaines de camionnettes des forces de l’ordre ont déversé leurs hommes qui partent par petits groupes se confronter à plusieurs centaines de personnes apparues tout à coup avec la fin du cortège. Les assauts et les reflux successifs se passent au niveau du rond-point où se croisent le cours de Vincennes et les Maréchaux. Grenades lacrymogènes, jets de bouteilles et autres projectiles explosent dans un brouillard irrespirable de gaz.
Au même endroit, la queue du cortège, qui avait fait le défilé calmement, ne comprend pas vraiment la stratégie des policiers et gendarmes. Martin et Luna, deux jeunes salariés, les yeux rougis et totalement trempés, sont restés une heure bloqués dans un des jardins des résidences du cours de Vincennes. « Ils sont encore nombreux à y être restés. Pourquoi nous empêchaient-ils de sortir ? On ne demandait qu’à rentrer chez nous », observe la jeune femme. En fait, les policiers veulent éviter que les groupes qui les défient grossissent encore. C’est la raison pour laquelle ils filtrent les entrées sur le cours de Vincennes.
Tout autour, en dépit de la pluie battante, de petits attroupements de manifestants n’arrivent pas à quitter les lieux. Comme hypnotisés par les heurs en cours.
Maryline Baumard
19:30 Sur le terrain
A Rennes, la manifestation s’est étiolée et les gaz lacrymogènes ont envahi l’atmosphère
Cernées. Les quelques personnes qui se baladent dans le centre de Rennes se retrouvent bloquées à chaque coin de rue. La manifestation s’est étiolée, seuls des groupes dispersés et les forces de l’ordre s’affrontent à différents angles d’avenues dans le vacarme des grenades assourdissantes.
Leyla sort de son immeuble refuge : « Des amis qui vivent là m’ont ouvert, car je suis asthmatique. » Les gaz lacrymogènes ont envahi l’atmosphère de Rennes. Pas de quoi freiner la boulangère, qui a aussi pris part à la manifestation la semaine passée. « J’ai 24 ans et je suis déjà fatiguée. Je connais le travail de nuit, les horaires décalés et le salaire pas plus haut qu’un SMIC. » Elle voulait exprimer sa colère dans le cortège, elle qui a grandi biberonnée aux manifs avec ses parents. « Jamais ils n’auraient imaginé qu’on ait peur d’aller dans la rue », déplore-t-elle. « Et si je suis là aujourd’hui, c’est que j’ai peur. » Des dizaines de policiers font irruption sous ses yeux. Un débris s’enflamme sur le boulevard de la Liberté.
Manon Boquen (Rennes, correspondance)
19:25
Quelques tensions en fin de journée, à Clermont-Ferrand
A Clermont-Ferrand, après dispersion des manifestants par les forces de l’ordre, des tensions sont apparues en fin d’après-midi avec un groupuscule d’extrême droite installé place de la Victoire, près de la cathédrale, sans heurt.
Dans un bilan de la journée à 18 heures, la préfecture fait état de « jets de projectiles en direction des forces de sécurité intérieure présentes à proximité des cortèges, ainsi que des feux de poubelles ». Elle comptabilise six interpellations. Un CRS a été blessé et transporté au CHU. Deux civils ont été légèrement blessés. Un troisième l’a été à la main. « Ce dernier, qui ne présente ni arrachement ni perte de doigt, a été pris en charge par les effectifs du SDIS présents sur place. Il est encore trop tôt pour déterminer les circonstances de cette blessure », précise le communiqué.
Géraldine Houot (Clermont-Ferrand, correspondance)
19:23
Benoît Payan : « On a eu un dispositif policier à la hauteur de l’enjeu »
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a salué, en fin d’après-midi, le fait que « des dizaines de milliers de Marseillais ont pu correctement manifester dans la ville, ce qui veut dire qu’on peut le faire dans ce pays ». « C’est une journée qui, jusqu’à maintenant, s’est passée dans le calme, avec des revendications très fortes. Malgré la situation très compliquée de la semaine dernière, les Marseillais sont sortis en nombre », note l’élu marseillais qui appelle toutefois à la prudence, « car la journée n’est pas terminée ».
Le maire de Marseille, qui a été très critique envers la gestion de la journée de mobilisation du 17 octobre dans sa ville, estime le dispositif policier mis en place « à la hauteur de l’enjeu ». « On a eu sept unités de forces mobiles, une centaine de gendarmes, un véhicule centaure, un canon lanceur d’eau et un avion de surveillance. Cela ne s’est pas passé comme la semaine dernière, et j’en suis heureux pour les gens qui ont pu manifester et les commerçants ».
A l’heure où le maire parlait à la presse, des incidents sporadiques continuaient toutefois à se produire dans les quartiers du haut de la Canebière. Quelques groupes tentent de monter des barricades et allument quelques feux de poubelles.
La fin de la manifestation encadrée par les syndicats a également donné lieu à de courts affrontements. Des manifestants étaient encore en train d’arriver sur la porte d’Aix, terminus de la manifestation, lorsque les CRS ont commencé à noyer la place de gaz lacrymogènes et à avancer pour disperser la foule qui restait là. Les accès permettant de se rendre vers le centre-ville et le boulevard montant vers la gare Saint-Charles étaient bouclés. Seule une petite rue étroite était laissée ouverte vers le quartier de Belsunce. Des milliers de personnes fuyant la fumée des lacrymogènes s’y sont engouffrées en scandant le slogan « Tout le monde déteste la police ». Par petits groupes, les manifestants ont commencé à déambuler dans ce quartier aux ruelles étroites, débouchant sur la Canebière, où quelques nouveaux incidents ont eu lieu. Des cortèges indépendants ont poursuivi leur route vers la place Castellane, escortés par des forces de police. Sur la place, l’engin lanceur d’eau de la gendarmerie a été utilisé pour disperser les manifestants.
Gilles Rof (Marseille, correspondant)
Le contexte
Ce direct a également été animé par Grégor Brandy, Louise Vallée et Arthur Cocho (service photo).
Source: Le Monde
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira