Interrogé au Sénat sur la gestion des violences survenues lors de la mobilisation du 17 octobre, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a défendu l’action des forces de l’ordre, assurant que leur mobilisation avait permis de garantir la liberté de manifester.

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Le premier ministre Sébastien Lecornu, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 21 octobre 2026. - JULIEN DE ROSA/AFP
Le premier ministre Sébastien Lecornu, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 21 octobre 2026. JULIEN DE ROSA/AFP

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18:08 Pour approfondir

17:33

Congrès du RN | « Plusieurs dizaines de milliers » de contre-manifestants attendus à Orléans samedi : Laurent Nuñez prévoit un dispositif très important

Dès samedi, une grosse manifestation est prévue à 10 h 30 au départ du parvis de la cathédrale, à Orléans, contre « le racisme, le fascisme et l’impérialisme », à l’appel d’une cinquantaine d’organisations. En marge du congrès du Rassemblement national (RN), elle a été déclarée « par des partis politiques, des organisations syndicales », a précisé Laurent Nuñez lors des questions au gouvernement au Sénat. Plusieurs personnalités sont attendues, dont le maire La France insoumise de Saint-Denis, Bally Bagayoko, et la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

Le ministre de l’intérieur a précisé qu’« énormément de forces mobiles ser[aie]nt engagées sur la sécurisation à la fois du congrès » et « des manifestations qui ont été déclarées », et qui pour certaines « pourraient essayer d’attenter auxdits événements ». Après la manifestation, un « village antifasciste », comprenant des stands associatifs et des ateliers, doit également être organisé de 13 heures à 20 heures.

« Les choses sont un peu moins cadrées » pour la journée du dimanche, selon le ministre de l’intérieur.

17:16

La manifestation d’Interfac IDF prévue pour jeudi à Paris interdite

La Préfecture de police a pris, mercredi, un arrêté pour interdire la manifestation déclarée par Interfac IDF prévue pour jeudi à Paris. Interfac IDF, qui se présente comme l’assemblée générale des étudiants des facultés franciliennes, a déclaré un parcours allant du boulevard de l’Hôpital jusqu’à la place de la Bastille.

« Face à l’incapacité de l’organisateur à éviter des exactions lors des rassemblements de voie publique des 13 et 17 octobre, afin de garantir la sécurité des biens et des personnes, et au regard de l’ensemble des risques identifiés, il convient d’interdire cette manifestation », a expliqué la Préfecture.

L’organisateur peut saisir le tribunal administratif pour contester cette décision. Vendredi dernier, les discussions avaient été vives entre Interfac IDF et la Préfecture de police, le collectif ayant insisté en vain pour que son cortège ait pour point d’arrivée les abords des lieux de pouvoir.

17:08

A l’Assemblée, les trois rapporteurs de la commission d’enquête désignés

Après les violences du 17 octobre, la commission des lois de l’Assemblée nationale a décidé de se transformer en commission d’enquête pour analyser les manquements au maintien de l’ordre. Une initiative qui fait suite à la proposition de la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, de faire la lumière sur les scènes de chaos et de pillages survenues lors des manifestations.

Mercredi, les membres de la commission, présidée par le député Vincent Caure (Renaissance), ont désigné leurs trois rapporteurs, dont deux sont issus des bancs de la gauche : Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons), Roger Vicot (Parti socialiste) et Pouria Amirshahi (Ecologistes). A noter que le Rassemblement national échoue à faire élire Michaël Taverne, député du Nord et ancien policier.

Le rôle des rapporteurs est des plus stratégiques au sein de la commission d’enquête. Outre leur pouvoir d’investigation, ils orientent également les auditions et rédigent les conclusions. La commission doit commencer ses travaux dès la semaine prochaine.

Olivier Pérou

16:59

Laurent Nuñez défend l’action des forces de l’ordre, qui ont permis à 550 000 personnes de manifester le 17 octobre

Interrogé au Sénat sur la gestion des violences survenues lors de la mobilisation du 17 octobre, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a défendu l’action des forces de l’ordre, assurant que leur mobilisation avait permis de garantir la liberté de manifester.

Malgré une journée « extrêmement compliquée du point de vue de l’ordre public, 550 000 personnes ont pu défiler », a-t-il rappelé. « Dans de nombreuses villes, les casseurs et les pilleurs ont pu être isolés », permettant ainsi de protéger les cortèges, « dont la plupart ont pu aller à leur terme », a-t-il insisté.

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16:57

Inquiets pour les mineurs, des soignants demandent l’interdiction des armes mutilantes

Des représentants de soignants réclament mercredi l’interdiction des armes mutilantes dans les manifestations du mouvement lycéen, où les mineurs sont très présents et s’inquiètent pour l’intégrité physique et la santé mentale des jeunes, appelant à faire de leur sécurité une « priorité absolue ».

Première organisation syndicale représentative des professionnels de centres de santé (médecins, personnels paramédicaux, administratifs…), l’Union syndicale des médecins de centres de santé exprime son « plein soutien au mouvement lycéen et étudiant » et condamne dans un communiqué « toutes les violences, à l’encontre de biens matériels, mais plus grave encore, à l’encontre de personnes ».

Elle « questionne la décision du ministre de l’Intérieur de réautoriser le 17 octobre les grenades assourdissantes, interdites le 7 octobre à la suite des graves mutilations provoquées chez un adolescent », qui a eu la main arrachée à Lens.

« Nous, professionnels de santé, demandons l’interdiction de l’usage d’armes sublétales (LBD, grenades assourdissantes et grenades de désencerclement) classées comme armes de guerre, responsables de mutilations graves et définitives », surtout « quand elles visent une large population de mineurs », écrit le syndicat.

Après qu’un policier a lancé une grenade assourdissante, place de la Madeleine, à Paris, le 17 octobre 2026.
Après qu’un policier a lancé une grenade assourdissante, place de la Madeleine, à Paris, le 17 octobre 2026.

« Nous exprimons nos inquiétudes quant aux conséquences sur la santé mentale des adolescents qui se trouvent exposés à ce climat de défiance médiatique et politique », face à leurs « revendications légitimes », poursuit-il. La sécurité des manifestants doit être « une priorité absolue pour l’Etat », ajoute-t-il.

« Aucun jeune, aucun enfant qui manifeste, même s’il trouble l’ordre public, ne devrait risquer de perdre un œil ou une main », avaient déjà écrit plus d’une centaine d’autres soignants dans une lettre ouverte aux représentants de l’Etat, publiée samedi dans Libération.

Lire aussi :

16:54

Laurent Nuñez accompagnera Sébastien Lecornu à Limoges vendredi

Laurent Nuñez a annoncé au Sénat qu’il accompagnera Sébastien Lecornu à Limoges vendredi. Le ministre de l’intérieur a aussi ajouté au sujet de la journée de samedi, qu’il avait « pu confirmer à l’entourage du maire de Limoges, par l’intermédiaire de monsieur le préfet de Haute-Vienne, que nous renforcerons significativement le dispositif à Limoges ».

16:52

Les sites Internet de toutes les préfectures inaccessibles

Les sites Internet de toutes les préfectures, dont la Préfecture de police de Paris, sont inaccessibles depuis mercredi après-midi, à la demande de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), à la suite de la « détection d’une vulnérabilité critique de sécurité », a annoncé le ministère de l’intérieur.

« A la demande de l’Anssi, le ministère de l’intérieur a procédé à la mise en maintenance préventive de l’ensemble de ses sites Internet exposés à une vulnérabilité critique de sécurité, annoncée il y a quelques heures par l’éditeur d’un composant logiciel générique, largement utilisé à travers le monde », poursuit le ministère. « Les équipes sont mobilisées pour procéder aux opérations de mise à jour dans les meilleurs délais, dès que le correctif de sécurité sera rendu disponible par l’éditeur ».

Dans cette attente, « les publications des préfectures seront faites sur les réseaux sociaux et par voie d’affichage », ajoute-t-il.

L’alerte a été lancée par le centre de veille, d’alerte et de réponse aux attaques informatiques (CERT-FR) après la découverte de « vulnérabilités critiques », des failles, concernant un langage de programmation utilisé sur une grande partie du Web.

16:49

Sébastien Lecornu recevra les maires de Paris, de Marseille et de Lyon jeudi après-midi

Le premier ministre recevra à Matignon les maires de Paris, Emmanuel Grégoire (socialiste), de Marseille, Benoît Payan (divers gauche), et de Lyon, Grégory Doucet (écologiste), avant de se rendre à Limoges, vendredi, pour rencontrer le maire, Guillaume Guérin (Les Républicains), dont l’hôtel de ville a été incendié, a fait savoir Matignon.

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16:46

« Ce défaut d’anticipation et de compréhension de ce qui se passait, ce sont d’abord les élus locaux qui l’ont payé cash »

La sénatrice du Haut-Rhin Pernelle Richardot (PS) prend la parole au Sénat :

« Qui savait écouter la rue savait que la mobilisation serait forte. Vous n’avez pas entendu les alertes. Ce défaut d’anticipation et de compréhension de ce qui se passait, ce sont d’abord les élus locaux qui l’ont payé cash. Ils ont été seuls face aux casseurs, seuls pour répondre aux colères légitimes des commerçants et des citoyens, ils sont toujours seuls pour tenter de réparer. (…) Il y a eu le 17, et il y aura le 24 octobre, monsieur le premier ministre, et les interrogations demeurent : comment les élus de la République ont-ils pu se retrouver démunis d’informations et de moyens face à ces groupuscules venus casser et s’attaquer aux symboles républicains ? Quelles mesures concrètes allez-vous prendre pour que les maires ne soient plus contraints de pallier les défaillances de l’Etat ? »

16:31

Au Sénat, échange entre Bruno Retailleau et Laurent Nuñez sur la réponse de l’Etat aux violences

Bruno Retailleau : « Y a-t-il encore un chef ? Y a-t-il encore un Etat ? »

Laurent Nuñez : « Il y a un président de la République, un premier ministre, un ministre de l’intérieur qui est devant vous. J’anticipe votre question suivante : nous ne sommes pas à un stade où l’état d’urgence sera déclaré, car nous avons demandé aux préfets d’engager un certain nombre de mesures de droit commun, de police administrative, comme les couvre-feux que nous avons appliqués et qui produisent des effets. Nous nous préparons, par ailleurs, à gérer ce samedi qui arrive. Je vous rassure sur ma fermeté, et la main de l’Etat ne tremble pas. »

Bruno Retailleau : « Si l’Etat a été humilié, c’est parce que l’Etat a failli, et en premier lieu le chef de l’Etat, qui n’a pas soutenu ses troupes et les a désarmées. (…) Le pouvoir n’ose plus assumer la légitimité de la force. Il faut décréter l’état d’urgence. La chienlit, ça suffit ! Donnez aux forces de l’ordre les moyens qu’elles n’ont pas. »

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, pendant la séance de questions au gouvernement, au Sénat, à Paris, le 21 octobre 2026.
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, pendant la séance de questions au gouvernement, au Sénat, à Paris, le 21 octobre 2026.

16:22

Sébastien Lecornu : « Je suis un homme de droite, je ne crois pas à l’excuse sociale qui permet de justifier les pillages »

Lors des questions au gouvernement au Sénat, le premier ministre a estimé qu’au-delà du rétablissement de l’ordre, il fallait répondre aux inquiétudes d’une jeunesse « traversée par une angoisse profonde » et qui a « besoin d’espérance ».

Sébastien Lecornu a défendu la nécessité d’apporter des réponses « concrètes, sans blabla ». Il a déclaré : « Il faut respecter les lycéens dans les réponses que l’on va apporter, en leur disant ce qu’on sait faire, mais aussi ce qu’on ne sait pas faire, et ne pas leur faire croire que l’on a une baguette magique (…). Je forme le vœu que la jeunesse soit au cœur de l’élection présidentielle, sinon cette élection passera complètement à côté de sa cible. »

Le chef du gouvernement a également mis en garde contre les discours contradictoires visant les forces de l’ordre, dénonçant le passage, en quarante-huit heures, de « la police tue » à « que fait la police ? ».

Evoquant la responsabilité collective « qui ne peut être évoquée sans les responsabilités individuelles », Sébastien Lecornu a déclaré : « Je suis un homme de droite, je ne crois pas à l’excuse sociale qui permet de justifier les pillages (…). On peut être d’origine très populaire, être très pauvre, et rien ne justifie d’aller cambrioler un magasin le soir d’une manifestation », a-t-il affirmé, estimant qu’une telle justification risquerait de discréditer les mouvements sociaux et leurs revendications légitimes.

Sébastien Lecornu a enfin rappelé son projet de loi « casseurs-payeurs », destiné à faire supporter aux auteurs de dégradations le coût des réparations. « On ne peut pas avoir d’un côté, ceux qui cassent, et de l’autre, toujours les mêmes qui payent les réparations », a-t-il insisté.

16:16 En vidéo

16:08

Manifestations interdites et effectifs de police doublés samedi à Perpignan 

Les manifestations seront interdites dans le centre de Perpignan de jeudi à dimanche et « des consignes de très grande fermeté » ont été données à la police, dont les effectifs seront doublés pour la mobilisation de samedi, a annoncé le préfet des Pyrénées-Orientales.

« J’ai décidé d’interdire les manifestations dans l’hypercentre de Perpignan, du 22 au 25 octobre », a assuré mercredi le préfet Pierre Regnault de La Mothe, au cours d’un point presse sur le maintien de l’ordre pour la journée du 24 octobre. Un couvre-feu pour les mineurs sera instauré de samedi à 19 h 30 à dimanche à 6 heures.

La mairie de Perpignan a, elle, prévu « un net renforcement de l’effectif de la police municipale », a-t-il dit. « Des consignes de très grande fermeté » ont été données à la police nationale, a insisté M. Regnault de La Mothe, qui a donné son aval aux policiers pour utiliser des lanceurs de balles de défense. La police n’encadrera pas le cortège, alors qu’aucune manifestation n’a encore été déclarée.

« Elle se concentrera à 100 % à combattre les casseurs et les délinquants et à rétablir l’ordre si nécessaire avec des colonnes de maintien de l’ordre agiles, rapides et réactives », a expliqué le préfet. « Les personnes dissimulant leur visage » seront considérées comme des casseurs et interpellées, a-t-il précisé. Pour la journée de samedi, le préfet a interdit « le port et le transport de tout objet pouvant constituer une arme ».

De son côté, le maire de Perpignan, Louis Aliot (Rassemblement national), a « demandé aux services de la communauté urbaine de faire retirer de la voie publique tout objet susceptible de servir de projectile : poubelles, trottinettes, etc. ».

15:58

Violences à Marseille : Laurent Nuñez reconnaît des « failles » dans le dispositif de sécurité

Interrogé au Sénat sur les violences survenues à Marseille en marge du mouvement lycéen et social, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a défendu l’action du préfet des Bouches-du-Rhône, estimant qu’il avait fait « un excellent travail ». Selon lui, « c’est l’extrême gauche radicale qui a allumé la mèche ». « Ensuite des casseurs sont arrivés et ont attaqué la ville de Marseille en de nombreux points, de sorte qu’il était compliqué pour les forces de l’ordre de tout juguler. »

« Evidemment que ce n’est pas un succès, mais ne dites pas que nous avons laissé faire, ça n’est pas acceptable », a-t-il répliqué, reconnaissant toutefois des « failles » et des « responsabilités ». « J’assume la mienne », a-t-il ajouté. « Nous avions un dispositif de sécurité qui avait été conçu, j’avais déployé l’ensemble des forces mobiles disponibles sur l’ensemble du territoire national, modulo les congés, certes », a encore ajouté Laurent Nuñez.

15:54

Le couvre-feu renouvelé à Lyon, pour la troisième nuit de suite

Le préfet du Rhône a décidé de renouveler le couvre-feu dans l’hypercentre de Lyon pour la troisième nuit d’affilée après les violences et les pillages du week-end, estimant que la mesure contribue « au calme dans les rues de la presqu’île » de la ville.

Le couvre-feu prend effet à 23 heures et durera jusqu’à 6 heures jeudi matin, soit deux heures plus tard que les précédents, qui avaient débuté à 21 heures, précise la préfecture dans un communiqué. Les deux nuits précédentes, « aucun trouble à l’ordre public n’a été constaté », a rapporté la préfecture.

Le couvre-feu est assorti d’une interdiction « de toutes les manifestations, tous les cortèges, défilés, attroupements et rassemblements revendicatifs sur voie publique » sur la partie de la presqu’île concernée. Comme c’était déjà le cas, bars, restaurants, cinémas et salles de spectacles restent ouverts, et transports en commun et véhicules peuvent circuler.

15:47

Laurent Nuñez dénonce la « main de l’extrême gauche » dans les violences à Limoges

Lors des questions au gouvernement au Sénat, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a dénoncé les « débordements extrêmement graves » survenus samedi à Limoges, dans lesquels il affirme voir, comme le premier ministre, Sébastien Lecornu, « la main de l’extrême gauche ». Répondant aux interrogations sur le dispositif de maintien de l’ordre, le ministre de l’intérieur a déclaré qu’« il arrive dans la vraie vie qu’il y ait plus de manifestants que ce qui était prévu, que le volume de force ne change pas et que ça ne change rien ».

« Le delta, c’est l’agressivité » des « casseurs », des « délinquants » ou des « militants de l’ultragauche ou de l’extrême gauche radicale », a-t-il affirmé, en disant estimer que « c’est ça qu’il faut dénoncer ».

Pour samedi 24 octobre, Laurent Nuñez a assuré que le dispositif de sécurité serait renforcé à Limoges, en ajoutant que « s’il y a des choses qui n’ont pas marché », il ne fallait pas pour autant « dire n’importe quoi ».

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, pendant la séance de questions au gouvernement, au Sénat, à Paris, le 21 octobre 2026.
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, pendant la séance de questions au gouvernement, au Sénat, à Paris, le 21 octobre 2026.

15:42

Mouvement lycéen : de « premières décisions » lundi avec des amendements au projet de loi de finances 2027

Une réunion doit se tenir, lundi 26 octobre, au ministère de l’éducation nationale avec les représentants des personnels, des lycéens et des régions pour « présenter les premières décisions prises » face à la mobilisation lycéenne. Depuis le début de ce mouvement, à la mi-septembre, le manque d’enseignants, le nombre d’élèves par classe, le bâti scolaire et Parcoursup cristallisent les revendications.

« En début de semaine prochaine, nous annoncerons des décisions qui seront claires, fermes et mesurables en termes d’engagement. Elles se traduiront par des amendements du gouvernement dans le cadre du projet de loi de finances 2027 », a déclaré le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, mardi. Le ministère veut se donner le temps d’analyser les contributions reçues sur la plateforme de consultation des lycéens, qui ferme le 23 octobre à minuit.

A la sortie de la réunion entre les syndicats et le premier ministre, mercredi, Sophie Vénétitay, la secrétaire générale du SNES-FSU, le syndicat majoritaire des professeurs de collèges et lycées, a exprimé son mécontentement : « Nous sortons de cette réunion avec un calendrier et une méthode au bout de quatre semaines de mobilisation, c’est très en dessous de ce qu’on peut attendre. Ce gouvernement a trois trains de retard. La méthode et le calendrier, c’est ce qui devait être présenté il y a trois semaines. Aujourd’hui, on est au stade où il faut des réponses politiques, sociales et budgétaires. » La FSU appelle à une « grève puissante le 5 novembre ».

Est-ce les prémices de ce que pourrait annoncer le gouvernement ? A l’occasion de l’examen des crédits de l’enseignement scolaire du projet de loi de finances 2027, la députée Ensemble pour la République et rapporteure pour avis sur le sujet, Anne Genetet, doit présenter trois amendements. L’un vise à rétablir les 1 588 suppressions de postes d’enseignants prévues initialement. Le second propose de « consacrer 80 millions d’euros supplémentaires » au pacte enseignant, ce dispositif qui prévoit une rémunération additionnelle en échange de missions dont le remplacement de courte durée.

Un troisième amendement prévoit de mettre en œuvre un projet de décret de 2025 jamais publié, qui consiste à augmenter les enseignants en milieu de carrière en accélérant leur passage à l’échelon supérieur ou à la hors classe : cette mesure coûterait 23 millions d’euros. Une centaine d’amendements doivent être examinés lors de cette commission, première étape des débats parlementaires sur le budget 2027 de l’enseignement scolaire.

Sylvie Lecherbonnier

15:40

Devant le tribunal de Bobigny, protestations contre l’interpellation d’une vingtaine de mineurs

Plus de 200 personnes, selon une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP), ont protesté mercredi devant le tribunal de Bobigny contre l’interpellation d’une vingtaine de mineurs en Seine-Saint-Denis dans le cadre du mouvement lycéen et de la mobilisation émaillée de violences.

Le parquet a déféré 20 mineurs dont « 14 issus d’une même procédure, le saccage et le pillage du magasin Snipes [commerce spécialisé dans la mode urbaine et les chaussures de sport] dimanche soir à Saint-Denis », a expliqué le procureur de la République de Bobigny, Alexandre de Bosschère.

« L’enquête a mis en évidence que ces faits résultaient directement d’appels diffusés sur les réseaux à venir piller les magasins du centre-ville », a ajouté le magistrat, ajoutant que les mineurs devaient être présentés mercredi « devant un magistrat du parquet, puis devant un juge des enfants en vue du prononcé de mesures éducatives ».

Sur le parvis du palais de justice, en fin de matinée, les manifestants scandaient « Libérez nos élèves ! ».

Au tribunal, « 17 enfants ont passé la nuit » dans les cellules du dépôt, d’après le Syndicat des avocats de France (SAF) et le barreau de Seine-Saint-Denis, qui relève des « conditions de détentions indignes ».

Sonia Boundaoui, coprésidente de section du Syndicat des avocats de France, a assuré que « des enfants ont passé la nuit dans des conditions scandaleuses, dormi sur le sol, eu froid » dans des cellules bondées.

Dans un communiqué, le barreau de Seine-Saint-Denis a déploré que les mineurs n’aient disposé d’« aucun matelas » et seulement « de couvertures de survie », dans des cellules « sales » avec des « banquettes trop courtes pour s’allonger » ou que « des mineures [aient été] placées dans le couloir des hommes majeurs, faute de cellule dédiée ».

15:38

Sébastien Lecornu dénonce un « agenda de déstabilisation » mené par « l’extrême gauche radicale et l’ultragauche »

« Ne pas voir, avec une forme de naïveté ou d’incompréhension, que les modes opératoires de samedi dernier sont à ce point graves que le PNAT se pose en situation d’observateur, que la SDAT [sous-direction antiterroriste] est saisie et que la premiere personne interpellée pour l’incendie de limoges est “fichée S” pour ultragauche radicale, franchement, pour ne pas le voir, il faut ne pas vouloir », a déclaré Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement au Sénat. « Et pour quelles raisons ? », a poursuivi le premier ministre.

Selon lui, ces violences s’inscrivent dans un « agenda de déstabilisation » mené par « l’extrême gauche radicale et l’ultragauche », qui chercheraient à « intervenir et polluer l’élection présidentielle peut-être en préemptant déjà les résultats des sondages annoncés », a-t-il poursuivi, ajoutant que « c’est une réalité et il faut la regarder avec énormément de lucidité ».

Le chef du gouvernement a également rejeté les accusations de surveillance politique évoquées dans un article publié la veille par Mediapart, et « relayé par La France insoumise, qui sous-entend que la police de la République fait du renseignement politique ». « C’est faux », a-t-il affirmé. Dénonçant une « atteinte très, très grave à l’Etat de droit » de la part de LFI, M. Lecornu a estimé que « si une personnalité politique de droite avait agi de la même manière, les polémiques auraient été majeures dans l’ensemble de la presse et de la classe politique ».

Source: Le Monde · Charlotte Herzog et Emile Drousie

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