La CGT a appelé à la grève générale à partir du 5 novembre. Gérald Darmanin fait état de 2 500 gardes à vues et de 174 incarcérations.

Live animé par Charlotte Herzog et Emile Drousie

Sur la place de la République, pendant la deuxième nuit de couvre-feu, à Paris, dans la nuit du 20 au 21 octobre 2026. - BENJAMIN CARROT POUR « LE MONDE »
Sur la place de la République, pendant la deuxième nuit de couvre-feu, à Paris, dans la nuit du 20 au 21 octobre 2026. BENJAMIN CARROT POUR « LE MONDE »

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16:31

Au Sénat, échange entre Bruno Retailleau et Laurent Nuñez sur la réponse de l’Etat aux violences

Bruno Retailleau : « Y a-t-il encore un chef ? Y a-t-il encore un Etat ? »

Laurent Nuñez : « Il y a un président de la République, un premier ministre, un ministre de l’intérieur qui est devant vous. J’anticipe votre question suivante : nous ne sommes pas à un stade où l’état d’urgence sera déclaré, car nous avons demandé aux préfets d’engager un certain nombre de mesures de droit commun, de police administrative, comme les couvre-feux que nous avons appliqués et qui produisent des effets. Nous nous préparons par ailleurs à gérer ce samedi qui arrive. Je vous rassure sur ma fermeté, et la main de l’Etat ne tremble pas. »

Bruno Retailleau : « Si l’Etat a été humilié, c’est parce que l’Etat a failli, et en premier lieu le chef de l’Etat, qui n’a pas soutenu ses troupes et les a désarmées. (…) Le pouvoir n’ose plus assumer la légitimité de la force. Il faut décréter l’état d’urgence. La chienlit, ça suffit ! Donnez aux forces de l’ordre les moyens qu’elles n’ont pas. »

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, pendant la séance de questions au gouvernement, au Sénat, à Paris, le 21 octobre 2026.
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, pendant la séance de questions au gouvernement, au Sénat, à Paris, le 21 octobre 2026.

16:22

Sébastien Lecornu : « Je suis un homme de droite, je ne crois pas à l’excuse sociale qui permet de justifier les pillages »

Lors des questions au gouvernement au Sénat, le premier ministre a estimé qu’au-delà du rétablissement de l’ordre, il fallait répondre aux inquiétudes d’une jeunesse « traversée par une angoisse profonde » et qui a « besoin d’espérance ».

Sébastien Lecornu a défendu la nécessité d’apporter des réponses « concrètes, sans « blabla ». « Il faut respecter les lycéens dans les réponses que l’on va apporter, en leur disant ce qu’on sait faire, mais aussi ce qu’on ne sait pas faire, et ne pas leur faire croire que l’on a une baguette magique. » « Je forme le vœu que la jeunesse soit au cœur de l’élection présidentielle, sinon cette élection passera complètement à côté de sa cible », a-t-il déclaré.

Le chef du gouvernement a également mis en garde contre les discours contradictoires visant les forces de l’ordre, dénonçant le passage, en quarante-huit heures, de « la police tue » à « que fait la police ? ».

Evoquant la responsabilité collective « qui ne peut être évoquée sans les responsabilités individuelles », Sébastien Lecornu a déclaré : « Je suis un homme de droite, je ne crois pas à l’excuse sociale qui permet de justifier les pillages. » « On peut être d’origine très populaire, être très pauvre, et rien ne justifie d’aller cambrioler un magasin le soir d’une manifestation », a-t-il affirmé, estimant qu’une telle justification risquerait de discréditer les mouvements sociaux et leurs revendications légitimes.

Sébastien Lecornu a enfin rappelé son projet de loi « casseurs-payeurs », destiné à faire supporter aux auteurs de dégradations le coût des réparations. « On ne peut pas avoir d’un côté ceux qui cassent, et de l’autre, toujours les mêmes qui payent les réparations », a-t-il insisté.

16:16 En vidéo

16:08

Manifestations interdites et effectifs de police doublés samedi à Perpignan 

Les manifestations seront interdites dans le centre de Perpignan de jeudi à dimanche et « des consignes de très grande fermeté » ont été données à la police, dont les effectifs seront doublés pour la mobilisation de samedi, a annoncé le préfet des Pyrénées-Orientales.

« J’ai décidé d’interdire les manifestations dans l’hypercentre de Perpignan, du 22 au 25 octobre », a assuré mercredi le préfet Pierre Regnault de la Mothe, au cours d’un point presse sur le maintien de l’ordre pour la journée du 24 octobre. Un couvre-feu pour les mineurs sera instauré du samedi à 19 h 30 au dimanche à 6 heures.

La mairie de Perpignan a, elle, prévu « un net renforcement de l’effectif de la police municipale », a-t-il dit. « Des consignes de très grande fermeté » ont été données à la police nationale, a souligné M. Regnault de la Mothe, qui a donné son aval aux policiers pour utiliser des lanceurs de balles de défense. La police n’encadrera pas le cortège, alors qu’aucune manifestation n’a encore été déclarée.

« Elle se concentrera à 100 % à combattre les casseurs et les délinquants et à rétablir l’ordre si nécessaire avec des colonnes de maintien de l’ordre agiles, rapides et réactives », a expliqué le préfet. « Les personnes dissimulant leur visage » seront considérées comme des casseurs et interpellées, a-t-il précisé. Pour la journée de samedi, le préfet a interdit « le port et le transport de tout objet pouvant constituer une arme ».

De son côté, le maire de Perpignan, Louis Aliot (Rassemblement national), a « demandé aux services de la communauté urbaine de faire retirer de la voie publique tout objet susceptible de servir de projectile : poubelles, trottinettes, etc. ».

15:58

Violences à Marseille : Laurent Nuñez reconnaît des « failles » dans le dispositif de sécurité

Interrogé au Sénat sur les violences survenues à Marseille en marge du mouvement lycéen et social, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a défendu l’action du préfet des Bouches-du-Rhône, estimant qu’il avait fait « un excellent travail ». Selon lui, « c’est l’extrême gauche radicale qui a allumé la mèche ». « Ensuite des casseurs sont arrivés et ont attaqué la ville de Marseille en de nombreux points de sorte qu’il était compliqué pour les forces de l’ordre de tout juguler. »

« Evidemment que ce n’est pas un succès, mais ne dites pas que nous avons laissé faire, ça n’est pas acceptable », a-t-il répliqué, reconnaissant toutefois des « failles » et des « responsabilités ». « J’assume la mienne », a-t-il ajouté. « Nous avions un dispositif de sécurité qui avait été conçu, j’avais déployé l’ensemble des forces mobiles disponibles sur l’ensemble du territoire national, modulo les congés, certes », a encore ajouté Laurent Nuñez.

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15:54

Le couvre-feu renouvelé à Lyon, pour la troisième nuit de suite

Le préfet du Rhône a décidé de renouveler le couvre-feu dans l’hypercentre de Lyon pour la troisième nuit consécutive après les violences et les pillages du week-end, estimant que la mesure contribue « au calme dans les rues de la presqu’île » de la ville.

Le couvre-feu prend effet à 23 heures et durera jusqu’à 6 heures jeudi matin, soit deux heures plus tard que les précédents, qui avaient débuté à 21 heures, précise la préfecture dans un communiqué. Les deux nuits précédentes, « aucun trouble à l’ordre public n’a été constaté », a rapporté la préfecture.

Le couvre-feu est assorti d’une interdiction « de toutes les manifestations, tous les cortèges, défilés, attroupements et rassemblements revendicatifs sur voie publique » sur la partie de la presqu’île concernée. Comme c’était déjà le cas, bars, restaurants, cinémas et salles de spectacles restent ouverts, et transports en commun et véhicules peuvent circuler.

15:47

Laurent Nuñez dénonce la « main de l’extrême gauche » dans les violences à Limoges

Lors des questions au gouvernement au Sénat, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a dénoncé les « débordements extrêmement graves » survenus samedi à Limoges, dans lesquels il affirme voir, comme le premier ministre, Sébastien Lecornu, « la main de l’extrême gauche ». Répondant aux interrogations sur le dispositif de maintien de l’ordre, le ministre de l’intérieur a déclaré qu’« il arrive dans la vraie vie qu’il y ait plus de manifestants que ce qui était prévu, que le volume de force ne change pas et que ça ne change rien ».

« Le delta, c’est l’agressivité » des « casseurs », des « délinquants » ou des « militants de l’ultragauche ou de l’extrême gauche radicale », a-t-il affirmé, estimant que « c’est ça qu’il faut dénoncer ».

Pour samedi 24 octobre, Laurent Nuñez a assuré que le dispositif de sécurité serait renforcé à Limoges ajoutant que « s’il y a des choses qui n’ont pas marché », il ne fallait pas pour autant « dire n’importe quoi ».

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, pendant la séance de questions au gouvernement, au Sénat, à Paris, le 21 octobre 2026.
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, pendant la séance de questions au gouvernement, au Sénat, à Paris, le 21 octobre 2026.

15:42

Mouvement lycéen : de « premières décisions » lundi avec des amendements au projet de loi de finances 2027

Une réunion doit se tenir, lundi 26 octobre, au ministère de l’éducation nationale avec les représentants des personnels, des lycéens et des régions pour « présenter les premières décisions prises » face à la mobilisation lycéenne. Depuis le début de ce mouvement mi-septembre, le manque d’enseignants, le nombre d’élèves par classe, le bâti scolaire et Parcoursup cristallisent les revendications.

« En début de semaine prochaine, nous annoncerons des décisions qui seront claires, fermes et mesurables en termes d’engagement. Elles se traduiront par des amendements du gouvernement dans le cadre du projet de loi de finances 2027 », a déclaré le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, lors des questions au gouvernement à l’assemblée nationale, mardi. Le ministère veut se donner le temps d’analyser les contributions reçues sur la plateforme de consultation des lycéens, qui ferme le 23 octobre à minuit.

A la sortie de la réunion entre les syndicats et le premier ministre, mercredi, la secrétaire générale du Snes-FSU, le syndicat majoritaire des professeurs de collèges et lycées, Sophie Vénétitay a exprimé son mécontentement : « Nous sortons de cette réunion avec un calendrier et une méthode au bout de quatre semaines de mobilisation, c’est très en dessous de ce qu’on peut attendre. Ce gouvernement a trois trains de retard. La méthode et le calendrier, c’est ce qui devait être présenté il y a trois semaines. Aujourd’hui, on est au stade où il faut des réponses politiques, sociales et budgétaires. » La FSU appelle à une « grève puissante le 5 novembre ».

Est-ce les prémices de ce que pourrait annoncer le gouvernement ? A l’occasion de l’examen des crédits de l’enseignement scolaire du projet de loi de finances 2027, la députée Ensemble pour la République et rapporteure pour avis sur le sujet, Anne Genetet, doit présenter trois amendements. L’un vise à rétablir les 1 588 suppressions de postes d’enseignants prévues initialement. Le second propose de « consacrer 80 millions d’euros supplémentaires » au pacte enseignant, ce dispositif qui prévoit une rémunération additionnelle en échange de missions dont le remplacement de courte durée.

Un troisième amendement prévoit de mettre en œuvre un projet de décret de 2025 jamais publié afin d’augmenter les enseignants en milieu de carrière en accélérant leur passage à l’échelon supérieur ou à la hors classe. Cette mesure coûterait 23 millions d’euros pour ce faire. Une centaine d’amendements doivent être examinés lors de cette commission, première étape des débats parlementaires sur le budget 2027 de l’enseignement scolaire.

Sylvie Lecherbonnier

15:40

Devant le tribunal de Bobigny, protestations contre l’interpellation d’une vingtaine de mineurs

Plus de 200 personnes, selon une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP), ont protesté mercredi devant le tribunal de Bobigny contre l’interpellation d’une vingtaine de mineurs en Seine-Saint-Denis dans le cadre du mouvement lycéen et de la mobilisation émaillée de violences.

Le parquet a déféré 20 mineurs dont « 14 issus d’une même procédure, le saccage et le pillage du magasin Snipes [commerce spécialisé dans la mode urbaine et les chaussures de sport] dimanche soir à Saint-Denis », a expliqué le procureur de la République de Bobigny, Alexandre de Bosschère.

« L’enquête a mis en évidence que ces faits résultaient directement d’appels diffusés sur les réseaux à venir piller les magasins du centre-ville », a ajouté le magistrat, ajoutant que les mineurs devaient être présentés mercredi « devant un magistrat du parquet, puis devant un juge des enfants en vue du prononcé de mesures éducatives ».

Sur le parvis du palais de justice, en fin de matinée, les manifestants scandaient « Libérez nos élèves ! ».

Au tribunal, « 17 enfants ont passé la nuit » dans les cellules du dépôt, d’après le Syndicat des avocats de France (SAF) et le barreau de Seine-Saint-Denis, qui relève des « conditions de détentions indignes ».

Sonia Boundaoui, coprésidente de section du Syndicat des avocats de France, a assuré que « des enfants ont passé la nuit dans des conditions scandaleuses, dormi sur le sol, eu froid » dans des cellules bondées.

Dans un communiqué, le barreau de Seine-Saint-Denis a déploré que les mineurs n’aient disposé d’« aucun matelas » et seulement « de couvertures de survie », dans des cellules « sales » avec des « banquettes trop courtes pour s’allonger » ou que « des mineures [aient été] placées dans le couloir des hommes majeurs, faute de cellule dédiée ».

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15:38

Sébastien Lecornu dénonce un « agenda de déstabilisation » mené par « l’extrême gauche radicale et l’ultragauche »

« Ne pas voir, avec une forme de naïveté ou d’incompréhension, que les modes opératoires de samedi dernier sont à ce point graves que le PNAT se pose en situation d’observateur, que la SDAT [sous-direction antiterroriste] est saisie et que la premiere personne interpellée pour l’incendie de limoges est “fichée S” pour ultragauche radicale, franchement, pour ne pas le voir, il faut ne pas vouloir », a déclaré Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement au Sénat. « Et pour quelles raisons ? », a poursuivi le premier ministre.

Selon lui, ces violences s’inscrivent dans un « agenda de déstabilisation » mené par « l’extrême gauche radicale et l’ultragauche », qui chercheraient à « intervenir et polluer l’élection présidentielle peut-être en préemptant déjà les résultats des sondages annoncés », a-t-il poursuivi, ajoutant que « c’est une réalité et il faut la regarder avec énormément de lucidité ».

Le chef du gouvernement a également rejeté les accusations de surveillance politique évoquées dans un article publié la veille par Mediapart, et « relayé par La France insoumise, qui sous-entend que la police de la République fait du renseignement politique ». « C’est faux », a-t-il affirmé. Dénonçant une « atteinte très, très grave à l’Etat de droit » de la part de LFI, M. Lecornu a estimé que « si une personnalité politique de droite avait agi de la même manière, les polémiques auraient été majeures dans l’ensemble de la presse et de la classe politique ».

15:33 Urgent

Nouveau couvre-feu mercredi soir dans certains secteurs de Paris

Le préfet de police de Paris a pris des arrêtés de couvre-feu interdisant la présence des personnes sur la place de la République et dans le secteur des Halles, de 23 heures mercredi à 6 heures jeudi. Il s’agit de la troisième nuit cette semaine.

Cette décision fait suite aux instructions du premier ministre, Sébastien Lecornu, et du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez.

Secteurs concernés par le couvre-feu, pour la nuit du 21 au 22 octobre 2026, à Paris.
Secteurs concernés par le couvre-feu, pour la nuit du 21 au 22 octobre 2026, à Paris.

15:27

Sébastien Lecornu annonce l’ouverture de cinq chantiers pour répondre aux revendications des lycéens

Lors des questions au Sénat, le premier ministre a annoncé l’ouverture de « cinq chantiers », qui feront l’objet d’annonces « très rapides », entre la fin de la semaine et lundi. Ils porteront sur les conséquences des évolutions démographiques sur les effectifs des classes, le remplacement des enseignants absents, la démocratie lycéenne, qualifiée de « chantier-clé », l’état des bâtiments scolaires et l’orientation, en particulier Parcoursup. « Tout cela est concret, et nous allons avancer avec beaucoup de sérieux, loin d’effets d’annonce », a assuré le chef du gouvernement.

15:23

Sébastien Lecornu appelle à distinguer les violences de samedi des « mobilisations sociales ou politiques traditionnelles »

Interrogé au Sénat lors des questions au gouvernement, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a estimé qu’il ne fallait « pas se tromper sur le diagnostic » des violences survenues samedi 17 octobre. Selon lui, la menace et les modes opératoires de ceux qui s’en sont pris aux forces de l’ordre et aux institutions de la République, comme à la mairie de Limoges, étaient « nouveaux », avec une organisation reposant sur les outils numériques. « Tout cela n’a rien à voir avec une mobilisation sociale ou politique traditionnelle », a-t-il insisté, jugeant les événements « autrement plus durs que tout ce [qui était] connu jusque-là ».

En prévision de samedi prochain, le chef du gouvernement a dit la nécessité de préparer la réponse de l’Etat « tant sur le plan du maintien de l’ordre que sur les terrains social, politique et économique ». Il a insisté sur « la protection des libertés syndicales et du droit de manifester, face à des violences qui surviennent désormais dès le début du cortège, voire avant même le commencement des manifestations ». Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, doit revenir sur les dispositifs de sécurité envisagés.

15:20

Frappé par des CRS et donné pour mort sur les réseaux, un « street medic » raconte

Un street medic prénommé Antoine, frappé par des CRS lors des manifestations du 17 octobre à Paris, a raconté à l’Agence France-Presse avoir perdu connaissance sous les coups avant de se réveiller dans un véhicule des pompiers. Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux le montre, les bras écartés face aux policiers, criant qu’il est medic, avant de recevoir du gaz lacrymogène, des coups de bouclier et de matraque. Plusieurs internautes l’avaient cru mort, le confondant avec un homme mort samedi dans le 10ᵉ arrondissement.

Ancien sapeur-pompier volontaire, Antoine explique avoir voulu s’interposer devant un canon à eau pour éviter une escalade de la violence. « Après ça, un de ses collègues m’a tapé derrière la tête », a-t-il raconté, précisant ne garder qu’un « souvenir très vague » de la suite. Après avoir d’abord refusé de se rendre à l’hôpital, il a finalement consulté lundi en raison de violents maux de tête. « Rien de grave. Tout va bien », a-t-il assuré, tout en redoutant des conséquences psychologiques. Il n’envisage pas de porter plainte, par crainte que son nom soit « traîné dans la boue ».

Le parquet de Paris a annoncé, mercredi, l’ouverture d’une enquête « des chefs de violence par personne dépositaire de l’autorité publique », confiée à l’IGPN, au vu des blessures visibles sur les images.

14:28

Sur les 557 gardes à vue après les violences et pillages commis à Paris, 433 concernent des majeurs, annonce le parquet

Parmi ces majeurs, qui représentent 78 % des effectifs gardés à vue, le ministère public dénombre mercredi « 108 gardes à vue pour des groupements en vue de commettre des dégradations ou des violences », « 244 pour des atteintes aux biens », « 45 pour des violences sur personne dépositaire de l’autorité publique », « 7 pour des atteintes aux personnes » et « 29 autres infractions ».

« Environ 60 % » des gardes à vue ont débouché sur un défèrement : « 113 convocations à l’audience sur procès-verbal avec réquisitions de placement sous contrôle judiciaire », « 53 comparutions immédiates », « 30 en vue d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité », « 41 en vue d’une ouverture d’information judiciaire », « 16 devant le délégué du procureur » et « 11 en ordonnance pénale ».

« Environ 10 % » des gardes à vue ont conduit à des convocations : « 19 à l’audience par officier de police judiciaire », « 12 ordonnances pénales », « 3 mesures de composition pénale » (autres possibilités aux poursuites) et « 7 devant le délégué du procureur ». Le reste a été classé sans suite.

14:15 L’essentiel

Le point sur la situation, mercredi 21 octobre, en début d’après-midi

  • Emmanuel Macron a assuré que les mesures prises depuis le début de semaine, telles que les couvre-feux localisés, ont permis de « retrouver le calme ». Il a promis de faire preuve de « fermeté » pour éviter « un retour de ces scènes inacceptables ».
  • Le chef de l’Etat a jugé que la situation « ne requier[ait] pas d’état d’urgence » à ce stade. M. Macron a annoncé qu’il tiendrait, jeudi matin, « une réunion avec l’ensemble des services de renseignement, le premier ministre et les ministres concernés pour avoir un compte rendu détaillé de tout ce qui s’est passé ».
  • Le garde des sceaux, Gérald Darmanin, a fait état de 2 500 gardes à vue à la suite des violences survenues en marge de la mobilisation du 17 octobre, parmi lesquelles 917 personnes déférées avec poursuite pour être jugées en comparution immédiate.
  • La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a estimé, à l’issue d’une réunion à Matignon, que le premier ministre n’avait annoncé « aucune mesure » aux revendications des travailleurs et lycéens, et a appelé à un « nouveau cap » dans la mobilisation.
  • Un représentant de la coordination des « gilets jaunes » du 17 octobre a annoncé avoir déposé une déclaration en préfecture pour manifester samedi 24 octobre à Paris, de la place de la Bastille à l’Opéra, une semaine après une journée contre la « vie chère » marquée par des violences et des pillages.

13:58 Pour approfondir

L’éditorial du « Monde » | A l’étranger aussi, l’image ternie d’Emmanuel Macron

La mobilisation sociale et les violences du 17 octobre constituent une aubaine pour les adversaires de la France. Le jeune président de 2017 qui avait séduit les Européens voit son bilan reconsidéré dans la dernière ligne droite de son second mandat.

A l’étranger aussi, l’image ternie d’Emmanuel Macron

A un peu plus de six mois de la fin du mandat du président de la République, le crédit qui lui a longtemps été accordé s’efface, de la scène internationale cette fois. Déjà largement démonétisé dans son propre pays, Emmanuel Macron voit désormais son image ternie dans le monde, en raison des violences du 17 octobre qui ont entouré les manifestations contre la vie chère. La presse européenne, stupéfaite, découvre que la perte de contrôle des autorités françaises dans des rues livrées au chaos s’ajoute désormais à celle d’une dette qui l’alarmait déjà. Le 17 octobre est présenté comme l’acte de décès d’une aventure singulière et personnelle.

13:46 À retenir

Unités de maintien de l’ordre, forces Sentinelle, GIGN, RAID et BRI… Quel dispositif de sécurité pour samedi ?

Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, détaillera le dispositif jeudi. Mais à ce stade, selon le ministère, trois types de mesures sont prévues :

  • Interdiction « des manifestations porteuses de troubles »

Il s’agit des « manifestations non déclarées et porteuses de troubles », mais également « des manifestations déclarées lorsque l’organisateur ou le service d’ordre ne permet pas d’avoir l’assurance que la manifestation ne dérapera pas ».

  • Déploiement des militaires de la force Sentinelle

Ils seront « déployés en substitution des forces de sécurité intérieure » et seront « principalement affectés à des missions de sécurisation statique », afin de « dégager des policiers et des gendarmes pour les missions de maintien de l’ordre ».

  • Renforcer « les moyens et adapter la doctrine »

Les services de renseignement estiment que « des mouvements de casseurs extrêmement mobiles, y compris d’ultragauche, sont possibles samedi ». En conséquence, selon Beauvau, il faut « renforcer le volume d’effectifs disponibles et les unités déployées » comme lors des émeutes urbaines qui avaient éclaté après la mort du jeune Nahel, en juin 2023.

Seront donc mobilisés samedi « le GIGN, la BRI et le RAID, ainsi que les hélicoptères, les Centaure [blindés de la gendarmerie] et les engins lanceurs d’eau ». La doctrine du maintien de l’ordre sera samedi « plus axée sur la réactivité et la mobilité pour aller chercher les groupes épars très mobiles et éclater le dispositif », selon le ministère de l’intérieur. A ces mesures s’ajoutent la possibilité pour les préfets de décréter des couvre-feux partiels comme c’est le cas dans plusieurs villes depuis lundi.

13:30

Sophie Binet appelle à une grève générale à partir du 5 novembre

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, après une réunion avec le premier ministre à Matignon, à Paris, le 21 octobre 2026.

Au sortir de la réunion à Matignon, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, déclare : « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais. La CGT avec l’intersyndicale appelle à la mobilisation la plus large possible le 5 novembre. Nous appelons (…) à des assemblées générales partout, sur tous les lieux de travail, pour généraliser la grève le 5 novembre et après ».

Elle dénonce « aucune prise en compte de [leurs] revendications ». « Les ministres nous ont donné des esquisses de choses, rien de précis, le ministre du travail a dit nous recevoir prochainement sur le pouvoir d’achat », mais sans « aucune annonce précise », a-t-elle déploré. Samedi, la CGT sera présente dans la rue « pour accompagner celles et ceux qui souhaitent se mobiliser, pour protéger les jeunes et les travailleurs et travailleuses qui souhaitent se mobiliser (…) », a-t-elle également annoncé.

13:00

Le gouvernement annonce des aides aux commerces dégradés

Le gouvernement a annoncé une série de mesures pour soutenir les commerces touchés par les « violences urbaines » des 17 et 18 octobre. Ces dégradations ont causé des dommages importants à « plusieurs milliers de commerces à travers la France », selon le communiqué.

Des messages de soutien affichés sur une pharmacie pillée le 17 octobre, rue Beaurepaire, à Paris, le 21 octobre 2026.

Pour préserver les emplois, les entreprises contraintes de réduire ou de suspendre leur activité pourront bénéficier d’une prise en charge intégrale de l’activité partielle par l’Etat, « sans reste à charge pour les employeurs ». Les salariés empêchés de travailler percevront une indemnité correspondant à 60 % de leur rémunération brute, ou 100 % pour ceux qui sont payés au smic. Les entreprises sinistrées pourront aussi reporter jusqu’à douze mois le paiement de leurs cotisations patronales dues au titre des trois prochains mois.

Pour répondre aux difficultés de trésorerie, « Bpifrance proposera un prêt à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros sur trois ans ». Les commerçants pourront également demander un étalement de leurs charges fiscales, « sans frais ni majoration ».

Les chambres de métiers et de l’artisanat ont, de leur côté, activé leur fonds de solidarité, qui permet d’accorder une « aide d’urgence jusqu’à 1 500 euros ». Un fonds spécifique doit, en outre, soutenir les entreprises de moins de 50 salariés ayant subi des dommages importants et une perte d’activité, au moyen d’une aide forfaitaire calculée en fonction de leur chiffre d’affaires.

Le gouvernement appelle enfin les acteurs économiques à accompagner les professionnels sinistrés. Les assureurs se sont engagés à traiter en priorité les situations les plus sensibles, avec un délai de déclaration porté à trente jours et le versement d’« acomptes immédiats ».

Source: Le Monde · Charlotte Herzog et Emile Drousie

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