Les dernières estimations donnent les camps du premier ministre et du chef de l’opposition à égalité, et loin de pouvoir former une majorité, dans un scrutin marqué par une forte mobilisation (77,7 %), ainsi qu’une poussée spectaculaire des partis arabes.
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03:04 Sur le terrain
« Merci Bibi ! » : ambiance déchaînée au QG du Likoud
Quelques minutes avant l’arrivée de Benyamin Nétanyahou au QG du Likoud pour sa première intervention après la clôture des bureaux de vote, la salle s’est mise en transe.
Des militants remontés à bloc : des femmes se déhanchaient debout sur les chaises ; un trompettiste faisait crier son instrument sur une techno assourdissante ; des centaines de bulletins de vote du Likoud volaient au-dessus des têtes.
« Merci Bibi ! » hurlaient les supporters, casquettes « Make Israel Great Again » vissées sur le crâne. En boucle, une chanson martelait : « Nétanyahou ne se rendra pas. »
Sur les écrans, les images de destruction défilaient : Gaza, le Liban, la Syrie, l’Iran.
Benyamin Nétanyahou est alors entré, sourire en coin, entouré d’une dizaine de gardes du corps. Il a lancé, tout de suite, un discours martial : « L’Iran est très faible, Israël est très fort. Grâce à vous, à nos soldats courageux et à nos décisions. Ce n’est pas encore terminé. »
Il s’est aussi félicité des résultats de la soirée, sans s’inquiéter de ceux du bloc d’opposition : « Quel est le plus grand parti d’Israël ? (…) Nous sommes la majorité ! »
Manon Chapelain (Jérusalem, correspondance)
02:46
Nétanyahou évoque de nouveau la menace iranienne
« Israël fait face à une opportunité historique unique avec notre partenaire le président Trump pour éliminer définitivement la menace existentielle de l’Iran », a aussi déclaré Benyamin Nétayahou, qui n’a cessé de multiplier les propos alarmistes sur l’Iran pendant la campagne.
02:28 Urgent
Pas de gouvernement « avec le soutien des Arabes israéliens », déclare Benyamin Nétanyahou
« Nous devons mettre en place un gouvernement de droite fort », déclare Benyamin Nétanyahou lors de sa première réaction, devant ses partisans à Jérusalem, après la clôture des bureaux de vote.
« La majorité juive et sioniste doit se reprendre et s’unir », dit le premier ministre israélien sortant, ajoutant qu’« il ne peut pas y avoir de gouvernement avec le soutien des Arabes israéliens ».
« Il est interdit de former un gouvernement qui s’appuie sur des partis arabes antisionistes », a insisté M. Nétanyahou.
L’un des faits marquants de la soirée est la poussée spectaculaire des deux listes arabes israéliennes, Raam et la Liste unifiée, qui sont crédités ensemble, selon les estimations, d’environ 19 sièges pour l’instant, ce qui serait un record.
01:59
Le bloc de Benyamin Nétanyahou inverse la tendance, selon certaines estimations
La chaîne de télévision 12 donne désormais le « bloc du changement » de Gadi Eisenkot à 49 sièges, contre 52 pour le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et ses alliés d’extrême droite et ultra-orthodoxes.
Les chaînes 11 et 13 donnent toujours les deux camps à égalité à 51 sièges chacun, sur les 120 que compte la Knesset – soit loin des 61 députés nécessaires pour obtenir la majorité.
01:16
Certains sondages donnent les blocs de Nétanyahou et Eisenkot à égalité
Le camp du premier ministre, Benjamin Nétanyahou, et celui de l’opposition mené par Gadi Eisenkot sont désormais à égalité à l’issue des législatives en Israël, avec 51 sièges chacun, selon de nouveaux sondages de sortie des urnes.
Les chaînes de télévision 11 et 13 donnent les deux camps à égalité, tandis que la chaîne 12 donne toujours une légère avance au bloc d’Eisenkot avec 52 sièges, contre 50 pour son rival.
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Le 28/10 à 00:43 Urgent
Gadi Eisenkot dit vouloir former un gouvernement et s’opposer à l’organisation de nouvelles élections
Le peuple israélien « a choisi le changement », a lancé à ses partisans Gadi Eisenkot, dont le bloc de l’opposition arrive en tête, d’après les estimations de sortie des urnes.
Le leader de Yashar !, premier parti d’opposition pour ces élections législatives, a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi, devant ses soutiens à Tel-Aviv, vouloir former un gouvernement, et s’opposer à l’organisation de nouvelles élections – dans le cas où aucun candidat ne parviendrait à former un gouvernement.
Gadi Eisenkot s’est aussi adressé à Benyamin Nétanyahou, qui ne s’est pas encore exprimé, déclarant : « N’essaie même pas d’utiliser la sécurité d’Israël à des fins politiques », une apparente référence aux récentes déclarations du premier ministre sur une menace iranienne.
Le 28/10 à 00:34
Quels scénarios à l’issue des élections ?
Les deux camps aux législatives en Israël sont au coude-à-coude selon les premières estimations, avec une légère avance pour celui de l’opposition, plus à même de rallier d’éventuels nouveaux partenaires. Voici les quatre principaux scénarios possibles à l’issue du scrutin :
- Une coalition se forme
Après la proclamation officielle des résultats d’ici quelques jours, le président israélien, Isaac Herzog, va charger un candidat de former un gouvernement – celui jugé le mieux placé pour réunir au moins 61 députés. Débuteront alors des négociations, généralement longues et ardues.
Si le Likoud de Benyamin Nétanyahou est, comme en 2022, cette fois encore le parti qui obtient le plus de sièges (24 ou 25 selon les estimations), il est aussi celui dont le bloc aura le plus de mal à s’élargir au-delà de ses alliés d’extrême droite et ultra-orthodoxes. Le camp de Gadi Eisenkot, par contre, pourrait s’appuyer soit sur des défections dans le camp du premier ministre, soit sur les voix des partis arabes.
- Un gouvernement minoritaire
Si aucun bloc ne parvient à réunir 61 sièges, un gouvernement minoritaire pourrait se constituer, en s’appuyant sur le soutien ponctuel de certains députés. Dans cette configuration aussi, les deux listes arabes israéliennes s’imposent comme des pièces pivot.
La formation Raam de Mansour Abbas (créditée de sept sièges) s’est à plusieurs reprises dite prête à travailler avec le bloc de M. Eisenkot, et la Liste unifiée a, elle, proposé de fournir un « filet de sécurité » à toute coalition qui chasserait M. Nétanyahou du pouvoir. Mais les principales figures du bloc d’opposition se sont pendant la campagne montrées réticentes à assumer publiquement une telle hypothèse, en raison de l’hostilité d’une grande partie de l’électorat juif à toute forme d’alliance avec les Arabes israéliens.
- Un gouvernement d’union nationale
Cette hypothèse semble fantaisiste, vu l’extrême polarisation de l’échiquier politique en Israël. Mais l’union des partis dits « sionistes », excluant les formations arabes et ultra-orthodoxes, est régulièrement évoquée par les commentateurs.
- Une impasse et de nouvelles élections
Si aucun candidat ne parvient à former un gouvernement, la population israélienne devra retourner aux urnes. Le pays a connu quatre élections entre avril 2019 et mars 2021 en raison de l’incapacité des forces politiques à s’entendre autour d’un projet commun durable.
Le candidat désigné par le président disposera en principe de vingt-huit jours pour former une coalition, avec une prolongation possible de quatorze jours. En cas d’échec, d’autres procédures peuvent être engagées avant une éventuelle dissolution de la Knesset.
En attendant, Benyamin Nétanyahou resterait premier ministre par intérim.
Le 28/10 à 00:04
Des résultats qui pourraient conduire à une forme d’impasse
Dans l’attente des résultats officiels du vote, la situation, selon les estimations, ressemble pour l’instant à une impasse, souligne, auprès de l’Agence France-Presse (AFP), Ilana Shpaizman, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université de Bar-Ilan, située à Ramat Gan, près de Tel-Aviv.
« [Benyamin] Nétanyahou n’a aucun moyen de former un gouvernement » et le bloc de Gadi Eisenkot devra « soit former un gouvernement avec les partis arabes, soit établir un gouvernement minoritaire », deux options jusque-là rejetées par le camp de l’opposition, dit-elle.
« Si Nétanyahou a perdu, cela ne signifie pas qu’Eisenkot a gagné », estime aussi Gideon Rahat, politologue à l’Université hébraïque de Jérusalem.
Le 27/10 à 23:56
L’opposition en tête mais sans majorité, d’après les sondages à la sortie des urnes
Selon les sondages à la sortie des urnes des chaînes de télévision 11, 12 et 13, le « bloc du changement » emmené par Gadi Eisenkot devrait récolter environ 52 sièges sur les 120 que compte la Knesset, loin de la majorité de 61 députés pour pouvoir former un gouvernement.
La coalition sortante de droite et d’extrême droite de Benyamin Nétanyahou est, elle, créditée de 50 députés. La formation du premier ministre, le Likoud, resterait le premier parti avec 24 ou 25 sièges (contre 32 précédemment), devant le Yashar ! de M. Eisenkot.
L’autre fait marquant de la soirée est la poussée spectaculaire des deux listes arabes israéliennes, Raam (Liste arabe unie, islamiste modéré) et la Liste unifiée (extrême gauche), qui s’imposent comme de possibles faiseurs de rois avec 17 ou 18 sièges estimés.
Les résultats officiels restent néanmoins inconnus pour l’heure. La commission électorale va commencer à les publier progressivement dans la nuit de mardi à mercredi, un processus qui pourrait durer plusieurs jours.
Les Israéliens ont massivement pris part à ce scrutin, le premier depuis les attaques du Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre 2023, avec un taux de participation de 77,7 %, au plus haut depuis 1999.
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Le 27/10 à 22:48 Sur le terrain
« Israël est à droite » : au QG du Likoud, les militants se disent « contents »
Peu d’ambiance au QG du Likoud, à Jérusalem, une heure après la publication des sondages de sortie des urnes. Les quelques militants présents chantent toujours à tue-tête à la gloire de « Bibi », malgré les résultats qui placent le bloc d’opposition en bonne position.
Sur les écrans géants défilent les faits d’armes du premier ministre : bombardements sur Gaza, élimination de Yahya Sinouar, ancien chef du Hamas, et discours de soutien de Donald Trump.
« Nous sommes contents malgré tout, car les résultats confirment ce que nous savions déjà : Israël est à droite », affirme Tamar Abessira, porte-parole du Likoud francophone. « Ce qui m’embête, en revanche, c’est la montée des partis “islamistes” », dit-elle, en référence au score élevé des partis arabes, qui pourraient obtenir ensemble un nombre record de sièges. « Ils ont la nationalité israélienne, mais des députés qui sortent de l’hémicycle quand retentit l’hymne national, Hatikva, n’ont pas leur place. »
Manon Chapelain (Jérusalem, correspondance)
Le 27/10 à 22:05 En photos
Le 27/10 à 21:50
Les deux listes arabes, possibles faiseurs de roi
Les deux listes arabes israéliennes s’imposent comme de possibles faiseurs de roi, les projections leur accordant 17 ou 18 sièges, en forte augmentation – les deux listes totalisaient 10 sièges lors de la législature précédente. Ce scrutin a été marqué par une forte mobilisation de la minorité arabe.
Liste arabe unie est une « liste importante et forte qui ne peut être ignorée, quel que soit le scénario politique », s’est félicité son chef de file, Youssef Jabareen, cité par le quotidien Haaretz. « Nous avons dit que nous serions un filet de sécurité pour notre électorat face aux problèmes urgents auxquels notre communauté est confrontée : la violence et la criminalité, la démolition de maisons et de villages entiers dans le Néguev, le racisme dans tous les domaines de la vie, le manque de projets de logement et de zones industrielles, ainsi que les agressions physiques dont sont victimes presque quotidiennement les jeunes hommes arabes », a-t-il ajouté.
Dans un article publié le 21 octobre, notre journaliste Isabelle Mandraud, envoyée spéciale en Israël, expliquait que les deux listes arabes pourraient détenir l’une des clés du scrutin en devenant incontournables pour la formation d’une coalition.
Lire aussi :
Le 27/10 à 21:45
Le chef de la diplomatie juge les célébrations de l’opposition prématurées
« Les célébrations à gauche sont prématurées. Les conclusions des commentateurs partiaux sont ridicules », dit le ministre des affaires étrangères, Gideon Saar, sur X. « Une chose semble assez claire : le Likoud est le plus grand parti d’Israël », ajoute-t-il.
Le 27/10 à 21:42 En photos
Le 27/10 à 21:37
Les premières estimations montrent une « défiance totale » envers Benyamin Nétanyahou, dit Gadi Eisenkot
Les sondages réalisés à la sortie des urnes « montrent une défiance totale envers [le premier ministre Benyamin] Nétanyahou et le gouvernement du 7-Octobre », écrit à son tour Gadi Eisenkot, chef de file de la coalition d’opposition. « Si ce sont là les résultats définitifs, c’est une victoire pour la majorité républicaine-sioniste d’Israël. J’agirai immédiatement pour concrétiser le choix du peuple, remplacer le gouvernement Nétanyahou et former un gouvernement (…) dans les plus brefs délais », ajoute-t-il
Le 27/10 à 21:28
Yaïr Lapid parle d’un « effondrement total » de la coalition sortante
« Le bloc de [Benyamin] Nétanyahou a subi une défaite sévère. C’est un effondrement total et le public leur a dit de dégager et de rentrer chez eux », écrit Yaïr Lapid, membre de la coalition d’opposition, sur X.
Le 27/10 à 21:24
Les Israéliens ont « congédié le gouvernement de Nétanyahou », affirme Yaïr Golan
« Le peuple a parlé, il a congédié le gouvernement de [Benyamin] Nétanyahou », se félicite Yaïr Golan, chef de file des Démocrates, qui appartiennent à la coalition de l’opposition, sur X. « Nous avons une occasion historique de mettre en place un gouvernement de changement véritable en Israël, et nous n’avons pas l’intention d’y renoncer », poursuit-il.
« Nous représentons ici un peuple formidable, qui s’est battu dans les rues pendant quatre ans, qui s’est mobilisé au sein du parti et qui est allé sur le terrain pour convaincre. Nous allons tout mettre en œuvre pour garantir la formation d’un tel gouvernement. »
Le 27/10 à 21:19
Les premières estimations favorables à l’opposition, mais l’incertitude est complète
Les premières estimations des instituts de sondage, au moment de la clôture du scrutin, font état d’une nette majorité d’Israéliens qui se sont prononcés contre la coalition gouvernementale de Benyamin Nétanyahou, avec une coalition d’opposition, créditée de 52 ou 53 sièges, et des partis arabes, qui pourraient atteindre 17 ou 18 sièges, devant le bloc du premier ministre, crédité d’une cinquantaine de sièges.
Le premier parti, toutefois, pourrait être le Likoud de Benyamin Nétanyahou, devant le parti Yashar ! de Gadi Eisenkot. A l’issue du vote, selon ces premières estimations, Israël se trouve dans une situation d’incertitude complète dans la mesure où, pour former un gouvernement majoritaire, il faut atteindre 61 députés. Les tractations entre partis peuvent durer plusieurs semaines.
Luc Bronner (Jérusalem, correspondant)
Le 27/10 à 21:03 Urgent
Les bureaux de vote sont fermés
Les bureaux de vote ont fermé en Israël, à l’issue des premières élections législatives depuis le 7-Octobre, marquées par une très forte participation. Les quelque 7 millions d’électeurs du pays avaient jusqu’à 22 heures (heure locale, soit 21 heures à Paris) pour voter.
Le 27/10 à 20:07
Près de 75 % de participation à 20 heures
Selon la Commission électorale centrale, le taux de participation s’élevait à 74,3 % à 20 heures, deux heures avant la fin du scrutin, alors qu’elle était de 66,3 % à la même heure en 2022. Il s’agit du taux de participation le plus élevé à cette heure depuis 1988. Il dépasse même le taux définitif du scrutin de 2022, qui était de 70,6 %.
Le contexte
Ce live a également été animé par Elie Guidi, Jean-Philippe Lefief, ainsi que Christophe Sales (service photo).
Source: Le Monde
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