Le ministère de l’intérieur a donné une estimation provisoire du nombre de manifestants. Les services du premier ministre ont annoncé réunir les organisations de salariés et patronales lundi pour « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires. »
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17:19 Urgent
Sébastien Lecornu réunit une « conférence sociale » entre syndicats et patronat lundi
Dans un communiqué de presse, les services du premier ministre ont annoncé réunir les organisations de salariés et patronales lundi lors d’une « conférence sociale » pour « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires », enjeu au cœur des mobilisations sociales depuis plusieurs semaines.
Le chef du gouvernement a demandé au ministre du travail Jean-Pierre Farandou « de finaliser d’ici dimanche les concertations qu’il mène depuis plusieurs jours » sur ces sujets, ajoute Matignon. Le ministre de l’action et des comptes publics David Amiel « poursuit » par ailleurs « ses échanges avec les représentants des agents de la fonction publique ».
17:13 Urgent
Près de 600 000 manifestants en France ce jeudi, selon une estimation provisoire du ministère de l’intérieur
Peu avant 17 heures, Beauvau, à la demande de presse, a fait savoir que près de 600 000 personnes ont participé à la mobilisation ce jeudi, ajoutant qu’il s’agit d’une estimation non définitive. Les syndicats n’ont pas encore communiqué leur chiffrage.
17:04 Sur le terrain
PARIS | Des blessés, notamment à la tête, au cours de la charge policière boulevard Voltaire
Plusieurs personnes ont été blessées au cours des charges policières à l’avant du cortège, plus tôt dans l’après-midi, selon un de nos journalistes sur place.
Il a été témoin de blessures à la tête sur au moins trois jeunes, au niveau du boulevard Voltaire.
Ils étaient soignés par des street médics, comme l’a aussi montré une vidéo du journaliste indépendant Luc Auffret postée sur X, qui évoque, lui, au moins six blessés.
Bertrand Bissuel
17:01 En photos
16:49 Sur le terrain
RENNES | Plus de 20 000 manifestants, des dizaines d’interpellations et des syndicalistes attaqués
En tête du cortège à Rennes (Ille-et-Vilaine), plusieurs responsables d’organisations syndicales échangent, inquiets. Il est 16 heures. La situation est très confuse. Faut-il poursuivre le défilé ou appeler à sa dispersion ? Il y a beaucoup de monde dans les rues de Rennes jeudi. La préfecture d’Ille-et-Vilaine annonce une affluence de 20 600 personnes, un record depuis le début de la contestation sociale.
Le cortège a d’abord marché dans une ambiance festive et sereine avant de se figer à 15 heures à proximité de la gare. Les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher l’attaque d’un hôtel haut de gamme. La situation s’est alors brutalement tendue. Selon préfecture, des individus masqués ont « violemment attaqué » des syndicalistes alors que les manifestants reprenaient leur progression. Deux syndicalistes confirment l’attaque au Monde. En témoigne le pare-brise fissuré du camion guidant le cortège.
Les CRS ont chargé et interpellé à la volée des personnes. Ils ont isolé un groupe d’une cinquantaine de présumés fauteurs de troubles. Parmi eux : de personnes vêtues en noir ou de treillis, mais aussi de chasubles syndicales.
A 16 h 30, la manifestation piétine. Le cortège est coupé à plusieurs endroits. Les CRS chargent pour interpeller de nouvelles personnes. Au loin, de nouvelles grenades lacrymogènes éclatent.
Benjamin Keltz (Rennes, correspondant)
Sur Le Monde aujourd’hui
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16:47 Pour approfondir
Lundi, le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, a annoncé que la plateforme de concertation avait permis d’identifier 200 bâtiments à rénover en priorité, se félicitant que, « pour la première fois, les lycéens ont un effet sur leur vie ».
16:45 Sur le terrain
TOULOUSE | Une manifestation dans la confusion
Après plus d’une heure d’un face-à-face avec un important dispositif policier, sur le pont des Catalans qui enjambe la Garonne, la manifestation opère un grand demi-tour, dans la confusion, pour se diriger vers le quartier des Arènes. Selon les premiers chiffres de la préfecture, près de 22 000 personnes composeraient le cortège.
Juste derrière des affrontements, Karine, préparatrice en pharmacie de 54 ans, tente de dissuader des jeunes cagoulés. « Arrêtez, vous faites le jeu du RN » leur lance-t-elle. « Tais-toi la daronne, on veut casser du flic » lui répond un de ces jeunes. Toute l’après-midi, c’est l’incompréhension qui domine dans la foule.
Pour un membre des observateurs de la Ligue des droits de l’homme, « ce préfet, qui arrive de Nantes, ne connaît pas la ville, et fait n’importe quoi. Tout est réuni pour que ça explose en début de soirée » selon lui. Ici et là, des orchestres tentent de maintenir une ambiance festive avec un grand nombre de jeunes gens. Sur une pancarte, un manifestant a inscrit en grosses lettres : « Dans les manifs, ce qui est dur, c’est de trouver un slogan ! »
Philippe Gagnebet (Toulouse, correspondant)
16:38 Sur le terrain
PARIS | Enzo : « On a peur pour notre scolarité, on a peur de la police, mais on continue »
Si les jeunes viennent défiler le plus souvent entre amis, certains se sont rejoints derrière la banderole de leurs établissements, accompagnés de leurs enseignants et de parents. Deux professeurs tiennent ainsi la banderole du lycée Jean-Macé « en lutte » de Vitry-sur-Seine. « On est là en soutien de leurs revendications qu’on partage depuis des années. Chez nous, il n’y a que deux toilettes pour des centaines d’élèves. Vous trouvez ça normal ? », interroge Julien, professeur de sciences de la vie et de la terre et syndiqué Sud.
« On a peur pour notre scolarité, on a peur de la police mais on continue, on ne peut pas abandonner », affirme Enzo, élève de première. « Notre établissement n’a pas de clim, pas de chauffage. On se sent mis de côté », abonde sa camarade de classe Aichetou. Élèves et enseignants font état d’une présence policière plus forte et « plus violente » aux abords de leur établissement depuis le début de la semaine.
Même impression au centre de Paris où élèves, enseignants et parents du lycée Charlemagne défilent ensemble. « On nous a nassés mardi devant le lycée », affirme Alexandre. L’élève de première ne veut pas arrêter le mouvement « par solidarité avec les lycées de banlieue » et « parce qu’on ne veut plus de Parcoursup ».
Hélène, Thibaut et Victoire (les prénoms ont été modifiés), tous trois professeurs dans ce lycée parisien, accompagnent leurs élèves « pour les protéger et pour les soutenir ». « Leurs revendications sont les nôtres depuis tellement longtemps. Ce sont nos conditions de travail qu’ils veulent améliorer », affirment ces enseignants. Chacun reconnaît qu’il n’y a pas unanimité au sein des établissements sur la poursuite du mouvement. Certains aimeraient reprendre, mais eux ne sont pas dans les cortèges aujourd’hui.
Sylvie Lecherbonnier
16:34 Vos témoignages
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16:34 Sur le terrain
PARIS | Anne-Laure, 50 ans : « J’aime bien l’idée que notre présence les fasse un peu chier »
« Pourquoi continuer à manifester ? » C’est une question que beaucoup se posent et chacun y répond à sa façon. « Je ne suis pas sûre que ça serve vraiment à quelque chose mais malgré tout j’aime bien l’idée que notre présence les fasse un peu chier, qu’ils soient un tout petit emmerdé quand même », confie Anne-Laure 50 ans, directrice artistique dans une grande entreprise.
Panneau « Pas ouf le bilan ruissellement, qui aurait pu prédire ? » à bout de bras, dans une allusion ironique à une expression d’Emmanuel Macron, elle est là « contre les injustices sociales : on peut rétablir l’impôt sur la fortune, supprimer les niches fiscales, instaurer la taxe Zucman, bref, arrêtons de parler de dépenses mais parlons de recettes », dit-elle, en se disant « très énervée ».
Un peu plus loin, Anne, retraitée de l’éducation nationale, réclame aussi « plus de justice sociale, fiscale, salariale, climatique, éducative », « y’a trop à dire », s’exclame-t-elle. Son compagnon n’est pas venu manifester avec elle : « A quoi ça sert, il m’a dit. Et bien déjà ça réchauffe le cœur tout ce monde, toute cette joie, on se sent moins seul. Parce que quand je suis chez moi, devant les infos, ça me déprime carrément. »
La colère de Claire, 49 ans, bibliothécaire en grève pour l’occasion, est « impossible à résumer en une pancarte », dit-elle. « Quand on voit le climat, le chômage, le capitalisme, la montée de l’extrême droite, l’IA, je ne vois pas comment les jeunes ne peuvent pas être révoltés. Ils devraient nous envoyer nous faire voir d’avoir bousillé leur avenir comme ça ! » Cette militante du mouvement écologiste radical Extinction Rebellion a aussi le sentiment que « manifester ne sert à rien », « mais déjà à nous compter, à dire qu’on existe, à garder l’énergie, et à voir aussi la diversité des gens mobilisés ».
Aline Leclerc
16:29 Sur le terrain
PARIS | Jeanne, étudiante de 21 ans : « On a peur de venir, et c’est justement ça qui nous pousse à continuer. Ce n’est pas normal d’avoir peur »
À l’angle de la rue Oberkampf et du boulevard Voltaire, un groupe de 5 étudiantes en sciences de l’éducation à l’Upec (Créteil), tente de se frayer un chemin pour rejoindre le cortège principal. « On est là pour les lycéens, pour nous, pour les travailleurs, contre l’extrême droite », résume Elisa, 22 ans, tandis que slogans et musique se mélangent dans un joyeux brouhaha autour d’elles.
Au-delà des revendications liées à leurs conditions d’études, toutes les cinq expliquent venir pour défendre leur droit à manifester face à la répression policière. « On a peur de venir, et c’est justement ça qui nous pousse à continuer. Ce n’est pas normal d’avoir peur », explique Jeanne, 21 ans.
Erika, 24 ans, dit par exemple avoir subi des jets de lacrymogènes de façon disproportionnée lors de la manifestation du 17 octobre. Ce jeudi, Soïzic raconte avoir vu des policiers confisquer masques, sérum physiologique et bouteilles d’eau à certains manifestants. Elles ont aussi vécu une nasse place de la Bastille. « J’ai vu des policiers sourire en mettant leur casque, ils nous disaient de partir par telle rue mais elle était fermée », témoigne Erika.
Charlotte Bozonnet
16:26
RENNES | La préfète dénonce des « violences inacceptables » commises ce jeudi matin
La préfète d’Ille-et-Villaine, Emmanuelle Dubée, a déploré la présence d’« un groupe hostile d’individus masqués (…) en avant du cortège » à Rennes ayant commis des dégradations, dans un post sur X publié à 14 h 44. Vers 15 h 20, notre correspondant sur place, Benjamin Ketlz, rapportait des « affrontements » et une « situation très confuse » avec des charges et des arrestations.
Ce jeudi matin, la préfète communiquait que des « violences urbaines » étaient en cours dans la préfecture bretonne avec des tentatives d’installation de barricades dans des rues. « Des feux de poubelles ont été allumés sur la voie publique devant plusieurs lycées » et des « actes de violence particulièrement graves, par des jeunes gens souvent accompagnés d’adultes, ont été commis envers les forces de sécurité intérieure qui ont notamment fait l’objet de jets de boules de pétanque devant le lycée Bréquigny ». Mme Dubée a dénoncé « fermement ces violences inacceptables ».
16:25 Vos questions
PARIS | Le cortège bloqué en raison « des dégradations commises par des individus cagoulés sur le boulevard Voltaire », selon la Préfecture de police
Bonjour,
Le cortège a été bloqué en raison « des dégradations commises par des individus cagoulés sur le boulevard Voltaire », selon la Préfecture de police de Paris, qui a nécessité l’intervention des policiers. La marche a repris, de même source.
Selon un de nos journalistes suivant la manifestation, la tête du cortège arrive doucement sur la place de la Nation. Des CRS sont positionnés autour du terre-plein où se trouve la statue, au centre de la place. Le cortège syndical est encore très loin, selon lui.
Jérémie Pham-Lê
16:18 Sur le terrain
MARSEILLE | Tensions depuis le milieu de l’après-midi ; tirs de gaz lacrymogènes et de mortiers d’artifice
Depuis le milieu de l’après-midi, quelques dizaines de jeunes manifestants, repoussés hors du centre-ville par les forces de l’ordre, se déplacent dans les rues autour du quartier de La Plaine à Marseille reversant les poubelles, les incendiant et improvisant des miniblocages.
Plusieurs tirs de gaz lacrymogènes ont été effectués pour disperser un groupe posté boulevard Chave, à l’entrée de la place Jean Jaurès. Les forces de l’ordre repoussent peu à peu les manifestants qui ripostent avec des mortiers d’artifice. La place est noyée dans un nuage de gaz.
Gilles Rof (Marseille, correspondant)
16:02 Vos témoignages
15:55 En vidéo
15:41 En photos
15:39 Vos questions
PARIS | Le cortège coupé au niveau du métro Charonne en raison de charges des forces de l’ordre visant un black bloc
Bonjour,
Vous êtes nombreux à nous interroger sur la situation place de la République.
D’après nos journalistes sur place, le cortège est coupé au niveau du métro Charonne, sur le boulevard Voltaire. Un black bloc s’est formé à ce niveau-là et les forces de l’ordre chargent, selon nos reporters.
Sur la place de la République, une foule de plus en plus compacte est bloquée depuis plus d’une heure, incapable de rejoindre le boulevard Voltaire. Les chars de la CGT tentent de faire patienter la foule avec de la musique. Certains tentent de se frayer un chemin, en vain. Au-dessus, un hélicoptère surveille la foule.
Bastien Bonnefous, Thibaud Métais et Louise Vallée
15:38 Pour approfondir
Si la composition du mouvement social est composite, les revendications exprimées sont relativement similaires, nourries par un sentiment commun de déclassement et d’appauvrissement. Une paupérisation loin de n’être qu’un simple ressenti, comme le montrent les statistiques.
Le point avec Lara Pino Lerro et Erell Renaudeau, journalistes aux Décodeurs du Monde.
15:21 Sur le terrain
PARIS | Raphaël Glucksmann a quitté la manifestation après des affrontements verbaux avec des militants « insoumis »
Le candidat Place publique et Parti socialiste a quitté la manifestation parisienne sans avoir pu avancer, après quasiment une heure d’affrontements verbaux face à des militants « insoumis » qui applaudissent son départ. « S’il y a des militants politiques qui sont hostiles à notre présence, je m’en fous, je m’en contrefous », avait-il déclaré quelques dizaines de minutes auparavant à la presse, après être arrivé sous les sifflets et slogans hostiles.
Depuis le début de sa campagne, celui qui a remporté la primaire sociale-démocrate peine à se rendre dans les manifestations, où il est régulièrement pris à partie par des militants de gauche radicale, et dénonce un « harcèlement » de La France insoumise.
Robin Richardot
Le contexte
Cette grève générale a été annoncée le 5 octobre par une intersyndicale réunissant la CDFT, la CGT, FO, l’UNSA et la FSU. L’objectif affiché est de défendre les « salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie » et de dénoncer la « baisse des moyens des services publics ». Mardi, une carte de la CGT recensait 244 manifestations dans toute la France pour la journée de jeudi.
Dans l’éducation, plusieurs syndicats ont d’ores et déjà rejoint l’appel à la mobilisation comme le SNES-FSU, le premier syndicat des collèges et des lycées. Ils appellent à davantage de moyens pour l’éducation nationale, au retrait de la réforme du baccalauréat mais aussi à la fin de Parcoursup. L’ensemble des syndicats de l’enseignement privé sous contrat – qui scolarise près de 17 % des élèves français – a aussi appelé à faire grève, ce qui constitue une première, selon eux.
A la SNCF, les quatre principaux syndicats de la compagnie ferroviaire ont appelé les agents à se mettre en grève. La SNCF prévoit un trafic perturbé jeudi, tandis que, dans l’agglomération parisienne, la RATP table sur un trafic « normal » sur ses métros, bus et tramways, à l’exception du RER B.
La coordination des « gilets jaunes » espère que le 5 novembre ne soit pas juste un « 5 novembre intersyndical » mais « du peuple ». Ils appellent également à reconduire grèves et blocages le 6 novembre, puis à un « acte IV », samedi, « pour l’égalité réelle », avec des manifestations partout en France.
Ce direct a également été animé par Louise Vallée et Anna Villechenon.
Source: Le Monde · Dorian Jullien, Sandra Favier et Emile Drousie (service photo)
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