La commission doit se pencher, entre autres, sur « la façon dont les pouvoirs publics se préparent en amont de tels événements », mais aussi sur les « renseignements et les moyens dont ils disposent », alors que l’exécutif a reconnu des défaillances et que le ministre de l’intérieur avait remis sa démission − refusée − à Emmanuel Macron.

Live animé par Louise Vallée, Sandra Favier et Ramzy Bensaadi (service Photo)

Confrontation entre les services de police et des manifestants, place de la République, à Paris, le 18 octobre 2026. - KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE »
Confrontation entre les services de police et des manifestants, place de la République, à Paris, le 18 octobre 2026. KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE »

Posez votre question à la rédaction :

16:52

Le ministre de l’intérieur identifie quatre décisions qui ont permis de « garder la maîtrise des événements » le 24 octobre par rapport au 17

Laurent Nuñez identifie, devant la commission d’enquête sur les violences du 17 octobre, quatre « décisions opérationnelles et administratives » qui ont permis de « garder la maîtrise des événements » le 24 octobre. En premier lieu, le ministre de l’intérieur évoque « un meilleur positionnement des forces de l’ordre qui a permis de mieux encadrer les cortèges ».

Ensuite, M. Nuñez a pointé l’efficacité de « nombreux contrôles de flux et fouilles effectués sur réquisition des procureurs pour saisir le matériel interdit », et une « panoplie de mesures administratives déployées en amont par les préfets », à savoir des « interdictions partielles de manifestations, jamais totales, négociation des parcours en dehors des centres-villes qui ont assurément permis de limiter la casse ».

Enfin, « surtout, la mouvance a pu être cantonnée au sein des cortèges et ne s’est pas éclatée comme elle l’a fait le 17 octobre, ce qui avait provoqué une dispersion du dispositif policier dans certaines villes et qui m’avait conduit à reconnaître que nous avions perdu le contrôle à certains endroits ».

Alors, pourquoi ne pas avoir mis en place ces mesures dès le 17 octobre, demande le premier ministre. « J'assume de ne pas avoir rappelé sur leurs congés les effectifs de police et de gendarmerie qui se trouvaient à ce moment là, déjà très éprouvés par de longues et intenses semaines de mobilisation sur le mouvement des lycéens, durant lequel ils ont été d'ailleurs largement scrutés », a-t-il justifié. Quant à la question de savoir pourquoi les mesures de police administratives n’avaient été prises que le 24 octobre, M. Nuñez a invoqué « la liberté de manifestation ». « Les limites que cela pose à la liberté de manifestation ne pouvaient s'envisager, se défendre et être soutenus et motivés, y compris devant un juge administratif, qu'à la lumière des troubles à l'ordre public effectivement observés la semaine précédente. »

16:45

« Le bilan de la journée du 17 octobre est un échec  », affirme Laurent Nuñez en introduction

Le président de la commission d’enquête, Vincent Caure, pose trois questions au ministre pour commencer. A qui les forces de sécurité ont-elles eu à faire dans le cadre du maintien et du rétablissement de l’ordre les 17 et 18 octobre ? Le modèle de maintien de l’ordre à la française, considéré comme disproportionné par certains, notamment du fait des manifestants blessés, parfois grièvement, est il dépassé ? Et quel regard M. Nuñez porte-t-il sur le travail de renseignement mené en amont de la journée du 17 octobre ?

Avant d’y répondre, Laurent Nuñez commence par un propos liminaire, dans lequel il entend « livrer [son]analyse technique des débordements constatés ce jour là ». « Le bilan de a journée du 17 octobre est un échec », estime le ministre, rappelant que « la sécurité de bâtiments publics de commerce n’a pu être assurée que dans le même temps, les forces de sécurité intérieure ont été confrontées à une violence inouïe ». Mais, selon lui, cet échec « ne présume pas en soi d’une faute des services de l’Etat » imputable à un manquement des services de renseignement.

S’il reconnaît que les services de reseignement ont « sous estimé le nombre de personnes attendues sur cette journée de mobilisation », M. Nuñez affirme que cela est « très loin d’être le nœud du problème ». « Un dispositif policier plus étoffé en volume d’effectif déployé n’aurait sans doute pas permis à lui seul d’empêcher les incidents constatés », affirme-t-il.

16:34 Urgent

L’audition de Laurent Nuñez commence

Il est un peu plus de 16 h 30, l’audition du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, par la commission d’enquête sur les violences du 17 octobre commence.

« Il y a un peu moins de trois semaines, notre pays a traversé une journée que nous n'oublierons pas. Plus de 1 000 policiers et gendarmes ont été blessés, plus de 3 000 commerces ont été pillés ou vandalisés. Des bâtiments abritant des services publics ont été attaqués, la mairie de Limoges incendiée », a rappelé le président de la commission d’enquête, Vincent Caure (Ensemble pour la République), en ouverture de l’audition.

« En tant que président de cette commission d'enquête, je tiens à vous mettre en garde : le travail qui s'ouvre devant nous ne saurait être celui d'un camp contre un autre, ni le prolongement mécanique de nos affrontements dans l'hémicycle », a appelé M. Caure, ajoutant que la commission d’enquête était « un instrument de vérité au service de la nation ». « Nous devons aux Français la rigueur d'un travail parlementaire exigeant, méthodique et uniquement adossé au fait. »

Le ministre de l’intérieur prête sermon avant de répondre aux premières questions du président de la commission d’enquête.

16:24 Pour approfondir

Gaz lacrymogène, grenades, LBD : l’arsenal de maintien de l’ordre français n’a cessé de s’enrichir et de faire débat. Ces types d’armes non létales se multiplient, au risque de sous-estimer les conséquences de leur emploi, parfois graves.

16:22

Budget du ministère de l’intérieur : Laurent Nuñez a fait valoir « un équilibre entre contribution au redressement des comptes publics et financements des priorités »

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a défendu son budget 2027, lundi matin, devant la commission des lois, en faisant valoir qu’il était « un équilibre entre contribution au redressement des comptes publics et financement des priorités » de son ministère, dont les crédits dédiés à la sécurité sont en hausse de 3,5 % par rapport à l’année 2026.

Le projet de budget prévoit pour la mission sécurités du ministère de l’intérieur (police, gendarmerie, sécurité civile, sécurité et éducation routières) 18,2 milliards d’euros de crédits (hors pensions) contre 17,6 milliards dans le budget 2026, en hausse de 600 millions d’euros, avec une très légère hausse des effectifs (1 400 emplois en police, gendarmerie, sécurité civile).

« La sécurité est la première des exigences », a plaidé le ministre de l’intérieur lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, saisie pour avis sur son budget. Pensions comprises, les crédits dédiés à la sécurité s’élèvent à 25,4 milliards d’euros (24,8 milliards en 2026).

Les crédits de la police, qui augmentent de 224 millions d’euros (hors pensions), prévoient 970 emplois supplémentaires dont 700 pour la filière investigation. Ceux de la gendarmerie augmentent de 163 millions d’euros (hors pensions également) et prévoient la création de 20 brigades de gendarmerie et de 235 emplois. Les crédits de la Sécurité civile sont eux en progression de 219 millions d’euros permettant, a dit le ministre, « la création de 29 emplois nouveaux » et des moyens de lutte contre les incendies plus importants.

Le ministre a fait valoir par ailleurs que les crédits destinés à « la vie politique » étaient en hausse de « 287 millions d’euros afin d’organiser la présidentielle et d’éventuelles législatives ».

2027 est la dernière année de la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur (Lopmi), qui dote le ministère d’un effort financier conséquent de 15 milliards supplémentaires de budget en cinq ans et prévoit 8 500 policiers et gendarmes supplémentaires sur la période (2023-2027) ainsi que la création de 238 brigades de gendarmerie, notamment. Laurent Nuñez a assuré devant la commission que les engagements de la Lopmi seraient respectés.

Sur Le Monde aujourd’hui

Découvrez les articles les plus lus par nos abonnés

16:21

Des forces de l’ordre en sous-effectif le 17 octobre

A Paris, à Marseille, à Lyon ou à Bordeaux, les forces de l’ordre se sont parfois retrouvées en sous-effectif, dépassées par un grand nombre de personnes prêtes à venir au contact. A Paris, les forces de l’ordre ont dû composer avec une mobilisation extrêmement imprévisible, et des cortèges officiels organisés à la dernière minute – des accords n’ont été trouvés entre la Préfecture et les organisateurs que tard dans la soirée, la veille.

Le ministre de l’intérieur a annoncé, lundi 19 octobre, le chiffre de 60 000 effectifs mobilisés dans le pays, sans plus de précisions. Par comparaison, un an plus tôt, lors du mouvement Bloquons tout, 80 000 membres des forces de sécurité avaient été mobilisés pour la journée du 10 septembre. Et le 8 décembre 2018, une semaine après le traumatisant acte III du mouvement des « gilets jaunes », ils étaient 89 000 à travers le pays.

16:15

Quelque 4 914 gardes à vue et 329 personnes incarcérées depuis le 17 octobre, selon Gérald Darmanin

« Il y a eu 4 914 gardes à vue » et 329 personnes incarcérées depuis le 17 octobre, premier « acte » des manifestations contre « la vie chère », a annoncé le ministre de la justice, Gérald Darmanin, lors d’un entretien sur BFM-TV. Parmi eux, « 70 % sont des majeurs et 30 % sont des mineurs, ce qui montre bien d’ailleurs que c’est un mouvement d’adultes, et pas le mouvement de continuité des lycéens », a fait valoir M. Darmanin.

« Il y a eu 1 820 personnes qui ont été déférées avec des policiers ou des gendarmes, de la garde à vue jusqu’au tribunal pour être jugé par un juge correctionnel », ainsi que « 404 mesures d’emprisonnement et 329 incarcérations », a poursuivi le garde des sceaux, se félicitant d’une « réponse pénale extrêmement forte ».

Le ministre de la justice a fait état de « profils extrêmement variés » parmi les personnes condamnées, notamment « selon le week-end » de mobilisation, avec « 95 % d’hommes et 5 % seulement de femmes ». « Deux tiers ont entre 18 et 25 ans, 70 % sont français et plus de 50 % n’avaient aucun antécédent judiciaire », a encore énuméré M. Darmanin.

16:07

Le calendrier des auditions, source de désaccord

La date de l’audition du ministre de l’intérieur a été source de débats entre les parlementaires. Les macronistes, à l’image du président de la commission, Vincent Caure, souhaitaient que Laurent Nuñez soit auditionné en premier. La gauche, elle, s’y opposait. Les corapporteurs socialiste et écologiste préféraient qu’il ne soit entendu qu’en toute fin, afin de pouvoir lui opposer les éléments recueillis lors des autres auditions. Une même personne peut aussi être théoriquement entendue deux fois. 

15:57 En vidéo

« Le gouvernement ne peut pas se passer de Laurent Nuñez »

Lire aussi :

1 compte dès 13,99 €/mois

Sans engagement

  • Tous nos articles, vidéos, podcasts et newsletters
  • L’application La Matinale du Monde, dès 7 heures, la sélection d’articles par la rédaction
  • Le quotidien en version numérique dès 13 heures
Ou faire un don

15:54

Laurent Nuñez redit sa détermination à discuter à l’Assemblée la loi prévoyant une présomption d’usage légitime des armes à feu par les forces de l’ordre et la loi « casseurs payeurs »

Avant le début de son audition devant la commission d’enquête, Laurent Nuñez a été interpellé, lors des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, par le député (Les Républicains, Aisne) Julien Dive au sujet du nombre d’interpellations qui ont donné lieu à des poursuites depuis le 17 octobre. « Combien de condamnations ont été prononcées ? Les Français demandent de la transparence. Ils attendent aussi des sanctions exemplaires réellement exécutées », a affirmé ce dernier, estimant que « les coupables ne sont pas ceux qui portent l’uniforme, mais ceux qui les attaquent ».

Le ministre de l’intérieur a salué l’hommage aux forces de l’ordre du député, affirmant qu’elles avaient été très mobilisées par les mouvements sociaux et « payent un lourd tribut ». « Sur les trois “actes” [samedis de mobilisation], on a eu plus de 1 500 blessés dont plus de 1 100 pour la seule journée du 17 octobre », a-t-il rappelé, sans mentionner le nombre de manifestants blessés ou les cas dans lesquels les armes utilisées par les forces de l’ordre sont en cause.

Sans répondre à la question sur le nombre de poursuites ou de condamnations prononcées, M. Nuñez a affirmé que le gouvernement était « très déterminé » à ce que la proposition visant à créer une présomption d’usage légitime des armes pour les forces de sécurité intérieure soit discutée dans l’Hémicyle, ainsi que le projet de loi « casseurs payeurs ».

Lire aussi :

« Il y a un certain nombre de mesures de police administrative qui vont renforcer les sanctions contre ceux qui cassent, qui pillent de manière qu’ils ne puissent plus venir dans des manifestations de voie publique », a assuré le ministre, estimant que « ce n’est pas une atteinte à la liberté de manifestation, c’est simplement une protection de nos concitoyens et des biens ».

Des organisations syndicales, l’ONG Amnesty International ou encore le Conseil national des barreaux se sont vivement opposés au texte. Cette loi ne dissuadera non pas les casseurs mais « la mère de famille, le salarié, la lycéenne » d’aller manifester, avait déploré la sénatrice écologiste (Français établis hors de France) Mélanie Vogel, à la fin d’octobre.

15:45 Pour approfondir

Depuis le début des blocages lycéens, et plus encore après le pic de mobilisation du 17 octobre, de nombreuses personnes participant au mouvement social ont été blessées. Le Monde donne la parole à plusieurs victimes. Dans la plupart des cas, les armes utilisées par les forces de l’ordre sont en cause.

Mains arrachées, perte d’un œil, fractures... Enquête sur les graves blessures subies par des manifestants

Par Asia Balluffier, Arthur Carpentier, Elsa Delmas, Thomas Eydoux, Léa Girardot, Alexandre Horn, Liselotte Mas, Poline Tchoubar

Le 17 octobre, Brice B., 27 ans, est venu de Seine-et-Marne manifester à Paris. Il est un peu plus de 18 heures aux abords de la place de la République, où la situation a basculé dans la violence en milieu de journée. « On était repliés, collés au restaurant, en train de boire et de discuter », raconte-t-il. Casseurs et policiers s’affrontent à grand renfort de projectiles.

15:26

LFI et Les Ecologistes lancent deux initiatives pour recueillir des preuves et des témoignages afin d’alimenter la commission d’enquête

La France insoumise (LFI) et Les Ecologistes lancent deux initiatives distinctes pour recueillir des témoignages et d’éventuelles preuves de violences policières ou de dysfonctionnements de l’Etat afin d’alimenter la commission d’enquête sur le 17 octobre, dont les travaux débutent mardi.

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a mis en ligne un formulaire sur son site pour « recueillir les témoignages de toutes les personnes qui voudraient contribuer » à cette commission, qu’elles soient « victimes » ou « témoins ».

« Il s’agit d’un appel très large », notamment pour « relayer leur parole », « leurs demandes d’auditions » et permettre l’examen « d’un certain nombre de documents », a détaillé mardi le député (LFI, Nord) Ugo Bernalicis, lors d’une conférence de presse de son groupe à l’Assemblée nationale. « Vos récits, photos et vidéos permettront de documenter les faits, d’interroger les responsables sur leurs décisions et d’identifier les manquements de l’Etat », fait état la page du formulaire.

Le groupe écologiste et social a lancé une démarche similaire avec le site Vuenmanif.fr pour recueillir la parole des citoyens, manifestants, commerçants et, « pourquoi pas, des forces de l’ordre » afin de « concourir à l’émergence de la vérité », a déclaré leur porte-parole, Léa Balage El Mariky.

15:07

Les estimations des services de renseignement mises en cause

Les estimations chiffrées de mobilisation produites par les agents du renseignement se sont en l’espèce révélées notoirement sous-évaluées pour la mobilisation du 17 octobre. Les notes produites par la direction nationale du renseignement territorial (DNRT) et la direction du renseignement de la Préfecture de police de Paris, chargées d’entretenir des sources dans une multitude d’organisations et de surveiller les réseaux sociaux, sont pourtant un élément crucial pour dimensionner les dispositifs de sécurité. Ils sont montrés du doigt par l’exécutif pour ne pas avoir permis d’anticiper le scénario du 17 octobre.

Dans une note du 16 octobre, la DNRT estimait en effet que les actions hors région parisienne « devraient réunir entre 60 000 et 110 000 personnes ». Selon Laurent Nuñez, des estimations réévaluées évoquaient « 200 000 manifestants ». En réalité, ce sont 550 000 personnes qui sont sorties dans la rue, selon le ministère de l’intérieur − 800 000 selon les organisateurs −, près de trois fois plus qu’escompté.

14:59 Pour approfondir

A Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et dans bien d’autres villes, le 17 octobre, des forces de police dépassées ont subi des violences et n’ont su empêcher la casse et le pillage de milliers de magasins. Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, dont la démission a été refusée par le président de la République, s’est livré à un exercice de contrition, lundi 19 octobre, tout en demeurant bien avare en explications. « Il faut évidemment être meilleur dans l’anticipation de la mobilisation telle qu’elle se produit », a-t-il reconnu sur France Inter, car « le dispositif mis en place s’est retrouvé en asymétrie par rapport au volume de participants ».

Mobilisation du 17 octobre : des erreurs du renseignement au manque d’effectifs mobilisés, retour sur un fiasco sécuritaire

Par Arthur Carpentier, Thomas Eydoux, Claire Mayer, Gilles Rof, Richard Schittly

« Comme dans toutes les opérations difficiles, il y a des choses qu’on réussit, et des choses qui merdent. » Sur le perron du ministère de l’intérieur, lundi 19 octobre, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, l’a reconnu à sa manière : « Des choses ont merdé » dans la gestion des mobilisations qui ont secoué le pays, samedi.

14:42

Qui auditionnera le ministre de l’intérieur ?

La commission d’enquête que préside Vincent Caure, député (Renaissance) des Français établis hors de France, a connu un démarrage délicat. Mardi 20 octobre, M. Caure a proposé de nommer trois corapporteurs, afin que chacun des courants politiques de l’Assemblée nationale soit représenté : le « socle commun », le Nouveau Front populaire et le Rassemblement national (RN).

Le lendemain, les membres de la commission des lois ont désigné les trois corapporteurs de la commission d’enquête : Agnès Firmin Le Bodo (Horizons, Seine-Maritime), Roger Vicot (Parti socialiste, Nord) et Pouria Amirshahi (Les Ecologistes, Paris) ont été nommés à l’issue d’une élection à trois tours.

Ainsi privé d’un des trois postes de corapporteurs lors d’un troisième tour qui a désigné Pouria Amirshahi face à Michaël Taverne (RN, Nord) à quelques voix près, le RN a décidé de boycotter les travaux de la commission. Dénonçant une répartition des postes qui ne respecte pas les équilibres de l’Assemblée nationale, Mme Firmin Le Bodo (Horizons) a aussi démissionné, vendredi 30 octobre, de son poste de corapporteuse.

Mais Vincent Caure n’a d’autres choix que de faire démarrer les auditions. « Les Français ne comprendraient pas que des querelles politiciennes empêchent de commencer nos travaux », considérait, le 26 octobre, le député interrogé par Le Monde.

« En démocratie, quand on perd un vote, on ne renverse pas la table : on travaille », a-t-il affirmé dans un entretien au Parisien, estimant que le RN « pratique la politique de la chaise vide ». « Les députés RN ont préféré le confort du commentaire à l’exigence du travail parlementaire », a-t-il dénoncé.

Lire aussi :

14:36

Quel sont les objectifs de cette commission d’enquête ?

A la suite des violences et des pillages commis en marge de la mobilisation du 17 octobre et le lendemain, la commission doit se pencher, entre autres, sur « la façon dont les pouvoirs publics se préparent en amont de tels événements » mais aussi sur les « renseignements et les moyens dont ils disposent », alors que l’exécutif a reconnu des défaillances concernant l’anticipation de l’ampleur des mouvements du 17 octobre et que le ministre de l’intérieur a été sous le feu des critiques.

« Le niveau d’information donné aux maires par les préfectures » sera examiné, mais aussi « les éventuelles ingérences étrangères », « l’influence des réseaux sociaux » et « l’organisation » des auteurs de violences. Par ailleurs, le dispositif « de maintien de l’ordre » et ses « éventuels dysfonctionnements » sont dans le viseur des parlementaires, tout comme « l’adéquation de la réponse pénale ».

Ministère de l’intérieur, hiérarchie de la police nationale, responsables du renseignement territorial, préfets, maires, syndicats, sociologues, commerçants touchés… Le périmètre de la commission d’enquête est large, mais son temps est restreint. Ses conclusions sont attendues pour la fin de l’année 2026. « Le meilleur service que l’Assemblée puisse rendre au ministère de l’intérieur et à la République, c’est de regarder la réalité en face, sans filtre », a fait valoir Vincent Caure au Parisien.

14:35

Bonjour et bienvenue

Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans ce direct consacré au suivi de l’audition du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, par la commission d’enquête parlementaire sur les violences commises lors de la mobilisation des 17 et 18 octobre. Cette commission doit se pencher, entre autres, sur « la façon dont les pouvoirs publics se préparent en amont de tels événements » mais aussi sur les « renseignements et les moyens dont ils disposent », alors que l’exécutif a reconnu des défaillances concernant l’anticipation de l’ampleur des mouvements du 17 octobre, notamment contre la « vie chère ».

Le contexte

  • La commission d’enquête parlementaire à l’Assemblée nationale sur les violences des 17 et 18 octobre commence par une audition très attendue : celle de Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, mardi 3 novembre à partir de 16 h 30, après la traditionnelle séance de questions au gouvernement.

  • A la suite des violences et des pillages commis en marge des manifestations du 17 octobre et le lendemain, la commission doit se pencher, entre autres, sur « la façon dont les pouvoirs publics se préparent en amont de tels événements » mais aussi sur les « renseignements et les moyens dont ils disposent ».

  • L’exécutif avait reconnu des défaillances concernant l’anticipation de l’ampleur des mouvements du 17 octobre et le ministre de l’intérieur, dont la démission a été refusée par le président de la République, avait été sous le feu des critiques.

  • Le député (Renaissance, Français établis hors de France) Vincent Caure présidera cette commission d’enquête. Le 21 octobre, les membres de la commission des lois ont désigné trois corapporteurs de la commission d’enquête : Agnès Firmin Le Bodo (Horizons, Seine-Maritime), Roger Vicot (Parti socialiste, Nord) et Pouria Amirshahi (Les Ecologistes, Paris). Faute d’avoir obtenu l’un des postes de rapporteurs qui, selon lui, aurait dû lui revenir, le Rassemblement national a décidé de boycotter les travaux de la commission. Dénonçant une répartition des postes qui ne respecte pas les équilibres de l’Assemblée nationale, Mme Firmin Le Bodo a aussi démissionné, vendredi 30 octobre, de son poste de corapporteuse. Les auditions devraient donc commencer avec deux rapporteurs.

Source: Le Monde · Louise Vallée, Sandra Favier et Ramzy Bensaadi (service Photo)

At a glance

Topic
Politics
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira