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Par Francesca Fattori et Sylvie Gittus

Publié hier à 19h30

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En cartesEn une décennie, la volonté des autorités françaises et britanniques d’empêcher la reconstitution d’un bidonville comme celui démantelé en octobre 2016 a redessiné la géographie de l’exil dans le nord de la France : les campements se sont dispersés et les traversées pour rejoindre le Royaume-Uni sont devenues plus dangereuses.

Le 24 octobre 2016 débutait le démantèlement de la « jungle » de Calais (Pas-de-Calais). Situé en périphérie de la ville, ce vaste bidonville avait accueilli jusqu’à 10 000 personnes, selon les associations, venues du Soudan, d’Afghanistan, d’Erythrée, de Syrie ou d’Irak, dans l’espoir de rejoindre le Royaume-Uni. Dix ans plus tard, le Calaisis n’est plus le « baromètre de la crise migratoire euro-méditerranéenne », comme le qualifiait alors Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur (2014-2016) de l’époque.

Les tentatives de passage n’ont toutefois pas cessé. Pour empêcher la reconstitution d’une nouvelle « jungle » et renforcer le contrôle de la frontière, les autorités françaises et britanniques ont multiplié les dispositifs sécuritaires. En une décennie, cette politique a profondément redessiné la géographie de l’exil à Calais et le long de la côte, exposant les migrants à une errance plus périlleuse.

Dernier poste-frontière de l’espace Schengen, à seulement 35 kilomètres des côtes anglaises, Calais est un des principaux points de passage pour les migrants qui cherchent à se rendre au Royaume-Uni. La ville y est reliée par des liaisons maritimes et, depuis 1994, par le tunnel sous la Manche.

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Source: Le Monde · Francesca Fattori, Sylvie Gittus

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