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La présidente sortante Iliana Iotova, 62 ans, qui plaide pour le dialogue avec Moscou afin de mettre fin à la guerre en Ukraine, affronte Andreï Guiourov, 50 ans, ancien premier ministre intérimaire soutenu par l’opposition pro-occidentale.

Un homme vote lors du second tour de l’élection présidentielle bulgare, à Blagoevgrad (Bulgarie), le 1ᵉʳ novembre 2026.

Le second tour de l’élection présidentielle bulgare a commencé dimanche 1er novembre à 7 heures (heure de Bulgarie, soit 6 heures en France métropolitaine), et oppose deux candidats aux visions opposées sur la guerre en Ukraine et les relations avec la Russie, sur fond de tensions accrues en mer Noire.

La présidente sortante Iliana Iotova, 62 ans, membre du Parti socialiste bulgare (BSP), qui plaide pour le dialogue avec Moscou afin de mettre fin à la guerre en Ukraine, affronte Andreï Guiourov, 50 ans, ancien premier ministre intérimaire soutenu par l’opposition pro-occidentale.

Arrivée en tête au premier tour avec 34,7 % des voix contre 32 % pour son rival, Mme Iotova a toutefois réalisé une performance bien inférieure aux prévisions des derniers sondages, qui lui créditaient de 40 % à 47 % des intentions de vote.

Selon l’analyste politique Teodor Slavev, elle a payé pour sa « réponse peu convaincante (…) face aux menaces russes en mer Noire », où plusieurs attaques de drones contre des navires marchands ont fait une trentaine de disparus au mois d’octobre, dont 21 au large des côtes bulgares.

Lors d’un débat télévisé jeudi soir, Iliana Iotova a répété que « la paix ne peut venir que par des négociations ». « Déverser davantage d’argent en Ukraine, fournir de nouvelles armes, plus sophistiquées, ne conduit qu’à davantage de destructions et à la mort de nombreuses personnes des deux côtés », a affirmé celle qui se présente comme une « présidente de la paix » tout en appuyant l’ancrage de la Bulgarie dans l’OTAN.

Roumen Radev en soutien

En face, Andreï Guiourov a estimé que « la Russie doit mettre fin à son agression pour que les prochaines étapes puissent être franchies ».

« Nommons le pays d’où viennent les menaces », a-t-il ajouté, reprochant à Iliana Iotova de ne pas avoir directement mis en cause Moscou alors que la Bulgarie, historiquement proche de la Russie, reste profondément divisée sur sa relation avec ce pays.

Le premier ministre de centre gauche Roumen Radev, prédécesseur de la présidente sortante (2017-2026), soutient comme Mme Iotova que « le cessez-le-feu en Ukraine et les négociations de paix sont la seule garantie certaine pour mettre fin aux attaques contre les navires commerciaux en mer Noire ».

S’il a convoqué l’ambassadrice russe, jugeant ces attaques favorables aux intérêts de Moscou, il s’est refusé à désigner formellement un coupable, faute de preuves directes, selon lui.

Ancienne journaliste et figure du Parti socialiste, Iliana Iotova, a siégé au Parlement européen avant d’être élue vice-présidente aux côtés de M. Radev en 2016 et 2021. Elle lui a alors succédé en janvier, après sa démission, pour se lancer dans la bataille des législatives, remportées par son camp en avril.

En cas de victoire, elle deviendrait la première femme élue présidente par les urnes, dans ce pays de 6,4 millions d’habitants. Iliana Iotova a également promis de s’attaquer au « terrible problème de la pauvreté » en Bulgarie, pays le plus pauvre de l’Union européenne.

Accusations de détournement

Le premier tour, organisé une semaine plus tôt, avait été marqué par un taux de participation historiquement faible, enregistré à 23 %.

Pour la sociologue Boriana Dimitrova, cette abstention s’explique par le fait que certains électeurs considéraient « la victoire de Iotova comme acquise », mais aussi par la déception des attentes « surdimensionnées » de certains électeurs du parti de Roumen Radev, Bulgarie progressiste (PB), six mois après sa victoire aux législatives.

La campagne a également été marquée par des accusations de l’opposition selon lesquelles Roumen Radev aurait utilisé les ressources de l’Etat pour faire campagne en faveur d’Iliana Iotova. La Commission électorale a réfuté ces accusations, mais le camp de Andreï Guiourov veut porter l’affaire devant les tribunaux.

La campagne électorale a mis en lumière les profondes divisions de la société bulgare, notamment sur la question des relations avec la Russie et de la guerre en Ukraine. Les deux candidats incarnent des visions opposées, ce qui a contribué à une polarisation accrue du débat public.

Les tensions en mer Noire, avec les attaques de drones contre des navires marchands, ont également pesé sur la campagne. Les électeurs se retrouvent ainsi face à un choix déterminant pour l’avenir diplomatique et sécuritaire du pays.

Enfin, la question de la participation reste centrale, alors que la défiance envers la classe politique et la lassitude des électeurs pourraient influencer le résultat du scrutin. Les bureaux de vote fermeront à 20 heures (heure de Bulgarie, soit 19 heures en France).

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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