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Protestors taking part in a weekly march against the current use of the Crowborough Training Camp, a British Army camp that is now being used to house international asylum seekers, loudly arrive in central Crowborough, UK, 25th October 2026
DAVID J. SHAW POUR « LE MONDE »

Par Stéphanie Le Bars 

Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 12h30

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ReportageLa petite ville anglaise de 22 000 habitants autrefois saluée pour son accueil des réfugiés ukrainiens est le théâtre, chaque dimanche, depuis un an, de défilés d’extrême droite. Militants et résidents protestent contre l’hébergement provisoire de demandeurs d’asile dans un camp militaire.

Lorsqu’elle sillonne les rues de sa ville, Natalie Whittle a bien des raisons de se désoler. En cette matinée d’octobre assombrie par un ciel bas, la maire de Crowborough (Royaume-Uni), petite ville du Sussex de 22 000 habitants, constate, accablée, les dégâts sur le muret entourant le monument aux morts, causés deux jours plus tôt par un chauffard « sous l’emprise de la drogue ». « Juste avant les commémorations du 11-Novembre, ce n’est pas de chance ; on n’aura pas le temps de le réparer », dit-elle.

Puis elle lève les yeux vers les lampadaires qui cernent cette place engazonnée de Chapel Green, à deux pas du centre-ville. Des drapeaux, accrochés tant bien que mal, claquent au vent. « L’Union Jack n’a rien à faire sur des lampadaires, assène la sexagénaire, issue d’une famille de militaires. Sa place est sur les bâtiments ou sur des mâts officiels. »

A sa manière, tout en circonvolutions polies, Natalie Whittle vient de condamner le mouvement antimigrants, qui, depuis un an, sème la discorde au cœur de sa ville, où alternent vastes demeures bourgeoises dissimulées derrière de hauts portails, villas à colombages, maisons de retraite et lotissements pour classes moyennes.

Soucieux de marquer leur territoire, des résidents et leurs alliés venus de toute la région manifestent chaque dimanche contre l’installation de plusieurs centaines de demandeurs d’asile dans un camp d’entraînement militaire situé en périphérie de la ville. Ce sont eux qui ont déployé ces drapeaux en divers lieux de Crowborough. Une pratique commune à travers le pays, devenue symbole de l’empreinte des mouvements d’extrême droite en lutte contre la présence des étrangers.

« L’islam, c’est le diable »

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Source: Le Monde · Stéphanie Le Bars

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