Cet article vous est offert
Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.
Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement
Afrique, la vague réactionnaire
L’épisode 3 sera disponible prochainement.
Afrique, la vague réactionnaire
L’épisode 3 sera disponible prochainement.
Par Coumba Kane
Publié aujourd’hui à 05h00Article réservé aux abonnés
Série« En Afrique, la vague réactionnaire » (2/4). Souvent présentées comme une réponse à une « attaque culturelle » venue de l’Occident, les législations homophobes se multiplient sur le continent, avec pour conséquence des discriminations et des violences en hausse, tandis que la lutte contre l’épidémie de sida est affaiblie.
A l’époque, les diatribes avaient stupéfié par leur virulence, par la haine qu’elles véhiculaient. « Personnellement, je pense que, si on voit ce genre d’individus [des personnes homosexuelles] au Burundi, on devrait les mettre dans un stade et les lapider avec des pierres. Et ce ne serait pas un péché pour ceux qui le feront ! », déclamait, en décembre 2023, Evariste Ndayishimiye, le président du Burundi, pays d’Afrique centrale où l’homosexualité est punie d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à deux ans.
Pour son homologue ougandais, Yoweri Museveni, qui est devenu la principale figure de la lutte contre les homosexuels sur le continent, « l’Afrique devrait montrer la voie pour sauver le monde de cette dégénérescence et de cette décadence », et donc criminaliser les relations entre personnes de même sexe. Le chef d’Etat, au pouvoir depuis quarante ans, se félicitait, en avril 2023, du durcissement annoncé de la loi anti-LGBT+. Un mois plus tard, en mai, l’Ouganda rendait les relations homosexuelles passibles de la prison à perpétuité, ou de la peine de mort en cas de récidive, de viol sur mineur ou sur une personne handicapée.
Depuis, les discours de haine au plus haut de l’Etat se sont largement banalisés en Afrique.Une hostilité qui a débouché sur une vague de répression sans précédent. Au Sénégal, en mars, durant les débats parlementaires sur le durcissement de la loi contre l’homosexualité, une députée du parti au pouvoir promettait aux homosexuels qu’ils « ne respirer[aient] plus dans le pays ». Sa menace a été suivie d’effets. Le nouveau texte, qui punit d’une peine pouvant aller jusqu’à dix années d’emprisonnement, contre cinq ans auparavant, toute personne soupçonnée d’« actes contre nature », a été suivi d’une série d’arrestations inédite et ultramédiatisée.
Il vous reste 81.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source: Le Monde · Coumba Kane
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira