David Khalfa, co-directeur de l'Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès, constate un paysage politique israélien "plus fragmenté que jamais" après le dépouillement partiel des résultats des élections législatives.

Radio France

Publié le 28/10/2026 10:01

Temps de lecture : 2min

La coalition de Benjamin Netanyahu devance mercredi le bloc de l'opposition mais aucune majorité gouvernementale ne se dessine. (JEWEL SAMAD, MAYA LEVIN / POOL/AFP)
La coalition de Benjamin Netanyahu devance mercredi le bloc de l'opposition mais aucune majorité gouvernementale ne se dessine. (JEWEL SAMAD, MAYA LEVIN / POOL/AFP)

"On est dans une impasse totale", analyse mercredi 28 octobre sur France Inter le spécialiste du Proche-Orient David Khalfa, après les premiers résultats des élections législatives en Israël. Après le dépouillement de la moitié des bulletins, le camp du Premier ministre sortant Benyamin Nétanyahou arrive en tête, avec 55 sièges sur les 120 que compte la Knesset, contre 49 pour le bloc de l'opposition et 16 pour les partis arabes, selon les résultats partiels de la Commission électorale israélienne. Il faut 61 sièges pour disposer d'une majorité.

David Khalfa, co-directeur de l'Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès, invite à être "très prudent parce que les rapports de force électoraux peuvent encore évoluer" mais constate d'ores et déjà que "le paysage politique israélien est plus fragmenté que jamais".

Il retient plusieurs enseignements de ces résultats partiels, le premier étant qu'il y a "une majorité d'Israéliens, juifs, arabes compris, qui sont opposés à ce que Nétanyahou continue à diriger le pays". Le deuxième enseignement, c'est que le Premier ministre sortant connaît une "érosion électorale" et qu'il a "perdu sa majorité".

Pour David Khalfa, les tractations pour former une coalition peuvent durer "jusqu'à début décembre". Plusieurs hypothèses se dessinent, en premier lieu celle d'un "gouvernement minoritaire avec à sa tête Gadi Eisenkot [centriste] et l'intégration d'une formation politique arabe, probablement le parti Raam, et le soutien extérieur des deux autres partis arabes".

Toutefois, si Benyamin Nétanyahou "n'a pas gagné les élections", "il ne les a pas perdues" non plus. "Sa stratégie de campagne, depuis le départ, c'était d'empêcher l'opposition de former une coalition alternative. Et je pense que c'est ce qu'il essaiera de faire dans les prochains jours, prochaines semaines", analyse David Khalfa.

Il rappelle que "Nétanyahou est un fin tacticien et ne reculera devant rien pour se maintenir au pouvoir". Dans ce contexte, il souligne qu'une "nouvelle offensive israélo-américaine contre le régime iranien" est sur la table. "Les rumeurs se font de plus en plus insistantes et ça permettrait à Nétanyahou de créer une espèce d'effet drapeau", c'est-à-dire un soutien populaire de court terme qui "pourrait vraiment bouleverser la donne".

La dernière hypothèse, "tout à fait crédible", est celle d'un retour aux urnes si aucune coalition ne se met en place. "Si ça se concrétise, ça se déroulera autour du mois de mars 2027", indique David Khalfa.

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