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Depuis 1852, des milliers d’œuvres d’art, d’objets, de meubles et de bijoux ont été mis aux enchères dans les salles de vente de l’hôtel Drouot. Désormais, les transactions se font aussi sur le site Internet. Mais l’esprit n’a pas changé : professionnels et amateurs sont au coude-à-coude à la recherche de trésors, précieux ou plus accessibles.

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Dans les sous-sols de l’hôtel Drouot.

Dans le cadre du festival de « M », organisé pour ses 15 ans, le directeur artistique de Chanel, Matthieu Blazy, racontera, lors d’une rencontre à Drouot, comment les objets, des plus usuels aux plus originaux, nourrissent son inspiration.

Ce matin d’octobre, l’hôtel Drouot est encore calme. Dans le couloir qui mène à son bureau, tapissé des portraits de ses prédécesseurs, Alexandre Giquello, président des lieux depuis une dizaine d’années, désigne un tableau datant de 1890 et représentant une vente aux enchères. « A part les chapeaux, rien n’a changé ! Le cérémonial est toujours le même, avec l’estrade, le marteau, les vitrines où sont présentés les objets. » Quelques étages en dessous, les salles de vente s’apprêtent à ouvrir et les mêmes scènes vont s’y dérouler, effectivement sans les couvre-chefs.

Drouot. A lui seul, le nom charrie tout un univers balzacien. Celui des Grands Boulevards, des gazetiers, des richissimes Nucingen et des Goriot ruinés. Depuis sa création, en 1852, l’hôtel des ventes a vu défiler les plus grands marchands et collectionneurs, ainsi que des chefs-d’œuvre de Manet, Vermeer ou Picasso. Le bâtiment actuel, inauguré en 1980 (après la démolition de l’édifice d’origine, en 1974), avec ses baies vitrées, ses colonnes de béton et ses Escalator, voulu par les architectes Jean-Jacques Fernier et André Biro comme une « réinterprétation surréaliste de l’architecture haussmannienne », continue d’attirer toute une faune de passionnés anonymes ainsi qu’un grand nombre d’acteurs du marché de l’art.

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Source: Le Monde · Clément Ghys

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