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« Nous pouvons faire ça en dix minutes », a affirmé le président américain, samedi, alors que des informations de presse évoquent une possible campagne militaire courte et intense après les élections américaines de mi-mandat, prévues mardi. L’Iran a, de son côté, promis « une riposte immédiate », en cas de nouvelle offensive américaine.
Le président américain, Donald Trump, a déclaré, samedi 31 octobre, que les Etats-Unis avaient anéanti une grande partie des capacités nucléaires iraniennes mais qu’ils devaient encore « s’occuper » d’un ou deux sites, alors que Téhéran a menacé de contre-attaquer, en cas de nouvelles frappes.
La guerre avait été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui a riposté en visant notamment les pays du Golfe alliés de Washington. En avril, un cessez-le-feu a mis fin à près de quarante jours de bombardements intenses, tandis qu’un protocole d’accord visant à mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin. Mais la fragile entente a volé en éclats cet été, avec, au cœur du conflit, le détroit d’Ormuz.
L’Iran, qui revendique le contrôle de cette voie maritime cruciale pour le transport mondial d’hydrocarbures, y cible régulièrement des navires s’y aventurant sans son autorisation. Samedi encore, un pétrolier « a pris feu après avoir heurté des mines », a affirmé l’armée, citée par la télévision d’Etat, Washington assurant de son côté avoir en grande partie déminé la zone.
Samedi, Donald Trump a déclaré qu’il fallait « s’occuper » du mont Kolang, (la « montagne de la pioche »), dans le centre du pays, à environ 200 kilomètres au sud de Téhéran, près du complexe nucléaire de Natanz. « Il nous reste encore à nous occuper, je dirais, d’un ou deux sites, mais nous pouvons faire ça en dix minutes (…). Vous pourriez probablement regarder du côté de la montagne de pioche, et il faut s’en occuper. Nous pouvons faire tout cela très rapidement », a-t-il affirmé à des journalistes dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride.
Des informations de presse font état d’une possible campagne militaire courte et intense après les élections américaines de mi-mandat, prévues mardi. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a lui évoqué, cette semaine, « une opportunité historique unique » pour Israël avec le président américain d’« éliminer définitivement la menace existentielle » de l’Iran, ennemi juré de l’Etat hébreu.
« Riposte immédiate »
Plus tôt samedi, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, avait déclaré depuis Atlanta (Géorgie), où se tient le G20, que Donald Trump n’avait pris « aucune décision », tout en ajoutant qu’il privilégiait une « solution diplomatique ».
Le même jour, l’ayatollah Mojtaba Khamenei a averti « d’une riposte immédiate, puissante et sans limite géographique » en cas de nouvelles frappes. « Si les ennemis lancent à nouveau des attaques militaires ou terroristes, ce sont les forces armées de la République islamique et le peuple iranien qui détermineront le moment et les conditions de leur fin », a souligné dans un communiqué écrit le guide suprême, resté invisible depuis sa nomination, début mars.
M. Khamenei a aussi ordonné aux responsables militaires de mettre à jour la liste des cibles pour y inclure « tous les types d’actifs matériels et immatériels appartenant à l’ennemi américano-sioniste ». L’Iran a déjà menacé de s’en prendre aux centres de données et aux systèmes d’intelligence artificielle, tout comme aux câbles sous-marins dans le stratégique détroit d’Ormuz. Alors que des tractations sont en cours sous l’égide du médiateur qatari, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé « ne pas voir la nécessité d’une rencontre avec les Américains ».
« Si les Etats-Unis acceptent les conditions de l’Iran, alors Téhéran décidera si les négociations doivent être directes ou indirectes », a ajouté le ministre, selon des propos rapportés par l’agence de presse officielle IRNA.
Dans les rues de Téhéran, la possible reprise d’une guerre d’ampleur est dans toutes les têtes. « Malheureusement nous sommes un peuple qui, d’une certaine manière, attend la guerre, tout simplement parce que nous vivons dans l’entre-deux depuis un an », a déclaré Farima, 62 ans, à l’Agence France-Presse. Un autre habitant a assuré ne pas être inquiet. « Nous ne craignons pas une autre guerre, cela fait 48 ans que nous sommes en guerre », a lancé ce vendeur quadragénaire, en référence à l’avènement de la République islamique en 1979.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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