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Le vice-ministre des affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi, a réagi en précisant que Téhéran se réservait le droit de se défendre.

Des Navires dans le détroit d’Ormuz, vus depuis Musandam (Oman), le 2 octobre 2026.

Donald Trump a confirmé, mardi 3 novembre, lors d’une interview sur Fox News, que l’armée américaine avait frappé lundi soir une infrastructure anti-aérienne en Iran, après des révélations du Wall Street Journal et d’autres médias. Selon ces médias, les frappes ont touché l’île iranienne de Qeshm, dans le stratégique détroit d’Ormuz.

Les Iraniens « ont construit une infrastructure anti-aérienne. Cela leur a pris environ deux mois. Nous l’avons regardé se construire. Dès que c’était terminé, nous l’avons frappée hier soir, très gentiment », a affirmé le président des Etats-Unis.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a pour sa part averti, mardi, qu’une reprise des hostilités au Moyen-Orient ne profiterait « à personne », au lendemain des frappes américaines, et malgré la tenue de pourparlers. M. Pezeshkian a ajouté que son gouvernement s’efforçait de trouver une issue au conflit « par le dialogue ». Il a mis en avant que le guide suprême lui avait accordé des « pouvoirs » pour aborder dans ces pourparlers « des questions considérées auparavant comme tabou », sans plus de précisions.

Des responsables américains anonymes cités par le Wall Street Journal et d’autres médias ont précisé que les frappes sur Qeshm s’inscrivaient dans une série de frappes « limitées » et « défensives » menées ces dernières semaines mais sans être annoncées, pour éviter de donner l’impression d’une reprise d’opérations de grande envergure.

Le vice-ministre des affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi, a ajouté que Téhéran se réservait le droit de se défendre. L’armée israélienne a, elle, dit à l’Agence France-Presse (AFP) ne pas être impliquée dans ces opérations.

« Encore une chance de parvenir à un accord »

La première phase de la guerre, la plus intense, a fait des milliers de morts civils en près de 40 jours de bombardements initiés le 28 février par des frappes israélo-américaines, avant un cessez-le-feu en avril suivi d’un protocole d’accord en juin. Cette fragile entente avait volé en éclats cet été, avec la reprise des échanges de frappes, l’Iran ciblant de nouveau les alliés de Washington dans la région. Une accalmie est observée depuis début septembre.

Ces derniers jours, des médias évoquaient une possible campagne militaire courte et intense dans la foulée des élections de mi-mandat après une série de déclarations belliqueuses américaines et israéliennes. Mais le ton s’est fait plus diplomatique au long du week-end.

Le Qatar, médiateur dans le conflit, a assuré, mardi, que « les deux parties restaient engagées dans le processus de négociation ». « Nous gardons l’espoir qu’il y ait encore une chance de parvenir à un accord », a affirmé le porte-parole des affaires étrangères qataries, Majed Al Ansari, précisant que Doha travaillait « à la conclusion d’un accord intérimaire ». Toute escalade risque de compliquer les négociations, a-t-il toutefois mis en garde.

« La balle est désormais dans le camp des Etats-Unis pour éviter la guerre », a déclaré pour sa part mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions

Alors que son camp risque de subir lors des élections de mi-mandat le mécontentement des Américains face à la hausse du coût de la vie et la guerre, Donald Trump a assuré, lundi, qu’un accord avec l’Iran « pourrait arriver ». « Les prix du pétrole tombent comme des pierres (…) parce que les gens sentent qu’il n’y aura pas de guerre avec l’Iran », a-t-il mis en avant.

Les cours du pétrole ont toutefois rebondi, mardi, après avoir chuté la veille de plus de 7 %. En fin de matinée, le baril de Brent s’établissait à 105,75 dollars (soit 94,46 euros), bien au-delà des 70 dollars (soit 62,53 euros) d’avant le début de la guerre.

Lundi, Téhéran a proposé de rouvrir le détroit d’Ormuz, en deux jours au lieu de sept dans un plan précédent, proposé en septembre mais refusé par Donald Trump. Depuis le début de la guerre, l’Iran verrouille ce détroit stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures et frappe régulièrement des navires qui tentent de le franchir sans son autorisation. En représailles, les Etats-Unis imposent un blocus aux ports iraniens.

L’Iran conditionne la réouverture du détroit à un cessez-le-feu sur l’ensemble des fronts dans la région, au dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, à la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi qu’à la fin du blocus naval américain.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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