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Chronique

Isabelle Chaperon

Chroniqueuse au service Economie

L’agence américaine a maintenu la notation de la France à Aa3, vendredi, malgré l’incapacité du pays à redresser sa trajectoire budgétaire. Depuis la crise grecque de 2010, où elles avaient été accusées de jouer les pyromanes, les agences préfèrent prendre leur temps, analyse Isabelle Chaperon, chroniqueuse au service Economie du « Monde ».

Publié aujourd’hui à 11h00 Temps de Lecture 1 min.

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A quoi servent les agences de notation ? Ce sont elles qui établissent le « Nutri-Score » de la dette. Le Nutri-Score informe sur la qualité nutritionnelle d’un produit, quand S&P, Moody’s ou Fitch donnent la probabilité de défaut d’un émetteur. Tel un consommateur qui pousse son chariot dans les rayons du crédit, l’investisseur qui hésite entre 1 kilo d’obligations LVMH ou un baril d’emprunts souverains allemands arbitre dès lors en fonction du prix et des lettres plus ou moins prometteuses imprimées sur le paquet – sauf quand les A, B ou C ne donnent plus le bon compte.

A la surprise générale, l’agence Moody’s a maintenu la notation de la France à Aa3, vendredi 23 octobre, quand beaucoup pariaient sur un abaissement, compte tenu de l’incapacité du pays à redresser sa trajectoire budgétaire. L’agence veut croire que le budget va faire un pas dans la bonne direction. Elle a toutefois maintenu une perspective négative, ce qui signifie qu’une dégradation est seulement partie remise.

En attendant, les obligations d’Etat françaises se retrouvent avec une notation bien plus favorable que la perception qu’en ont les investisseurs. Comme si votre paquet de céréales affichait un A flatteur quand vous êtes convaincu qu’il vaut en réalité un B, voire un C. L’emprunt à dix ans émis par la France affiche en effet un rendement qui correspond à un Baa pour Moody’s (BBB selon la terminologie de S&P), soit quatre crans en dessous du Aa3 officiel.

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Source: Le Monde · Isabelle Chaperon

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