Le président américain Donald Trump dans le Maryland, le 28 octobre 2026. Kevin Lamarque / REUTERS

À quelques jours des élections de mi-mandat, les faucons du Parti républicain conditionnent leur soutien au budget du Pentagone à un durcissement de la politique américaine envers Vladimir Poutine.

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C’est le serpent qui se mord la queue. Ceux qui réclament plus d’argent pour l’armée menacent de bloquer le budget militaire de Donald Trump. À moins d’une semaine des élections de mi-mandat du 3 novembre, plusieurs élus républicains menacent de bloquer les 1500 milliards de dollars que le président américain réclame pour le Pentagone, rapporte Politico ce mercredi. Ces «faucons», partisans d’une défense forte, reprochent notamment au président ses concessions envers Moscou. Parmi lesquelles, l’autorisation de vendre du diesel russe, la suspension de sanctions contre la Russie et le ralentissement, toujours inexpliqué, des satellites de défense de l’Ukraine.

Le représentant du Nebraska Don Bacon consomme la rupture. «L’administration dit vouloir une rallonge budgétaire, une loi de réconciliation, des fonds pour la salle de bal ; et franchement, je ne vois pas pourquoi nous le ferions», lâche ce républicain à Politico. L’élu, qui ne se représente pas, s’est déjà opposé à la Maison-Blanche sur les questions de sécurité nationale. «Il n’est même pas capable de voir la Russie comme notre adversaire… Pourquoi voudrais-je financer son programme ? Et je pense que d’autres ressentent la même chose.»

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Cette charge fait en tout cas écho à un avertissement du républicain Mitch McConnell, ancien chef des républicains au Sénat et longtemps considéré comme l’un des hommes les plus puissants de Washington. Dans une tribune publiée cette semaine dans le Wall Street Journal, le sénateur du Kentucky a conditionné son soutien au budget à un durcissement de la politique américaine envers Vladimir Poutine. «Faire adopter ce programme exigera de travailler avec des républicains qui savent faire la différence entre les gentils et les méchants», écrit-il. «Mettre fin à la soumission à [Vladimir] Poutine pourrait être un préalable aux textes de fin d’année. Le président devrait en tenir compte.»

Une poignée de défections suffirait

En septembre, le Congrès a adopté à une large majorité une loi de sanctions contre la Russie. Moins d’un mois après l’avoir promulguée, Donald Trump en a suspendu les mesures. La Maison-Blanche assure que le président veut seulement mettre fin à une guerre qui dure depuis des années.

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Pour faire adopter son budget, Donald Trump mise ici sur la «réconciliation budgétaire». Créée en 1974, cette procédure permet de faire voter certaines mesures fiscales et de dépenses au Sénat à la majorité simple, au lieu des 60 voix sur 100 habituellement nécessaires pour échapper à l’obstruction parlementaire («filibuster»). Les républicains pourraient ainsi faire voter cette rallonge sans soutien démocrate. Ils avaient déjà utilisé cette procédure en 2025 pour adopter la vaste loi fiscale et budgétaire de Donald Trump, surnommée «One Big Beautiful Bill». Cette fois-ci, le pari est risqué. Il faudra au président le soutien quasi unanime des républicains du Sénat et de la Chambre. Quelques défections suffiraient à faire échouer le texte.

Source: Le Figaro · Ségolène Forgar

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