Par Le Figaro avec AFP

Publié le 06/11/2026 à 14h03

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, arrive pour participer à un rassemblement contre le racisme dans les Yvelines, à Trappes, le 30 octobre 2026. Simon WOHLFAHRT / AFP

Cette initiative, portée avec trois autres élus parisiens dans une tribune publiée vendredi par Libération, vise à rendre hommage aux deux adolescents morts en 2005 à Clichy-sous-Bois, dont le décès avait déclenché plusieurs semaines d’émeutes en France.

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Le maire de Paris Emmanuel Grégoire (PS) propose qu'une partie de la place de la Nation porte les noms de Zyed Benna et Bouna Traoré, dont la mort en 2005 en Seine-Saint-Denis avait provoqué une série d'émeutes urbaines en France, selon une tribune publiée vendredi par Libération.

«Lors du prochain Conseil de Paris, nous proposerons qu'une emprise de la place de la Nation porte le nom de Zyed Benna et Bouna Traoré. Dans ce lieu si emblématique de la capitale, des milliers de personnes passeront quotidiennement devant cette plaque et se souviendront de leur histoire (...)», écrivent Emmanuel Grégoire, son adjointe Laurence Patrice, le maire du XIe arrondissement David Belliard et la maire du XIIe, Lucie Castets.

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Le 27 octobre 2005, à Clichy-sous-Bois, Zyed, 17 ans, et Bouna, 15 ans, étaient morts électrocutés dans un transformateur EDF où ils avaient voulu se réfugier pour échapper à la police, paniqués, après une course-poursuite, bien qu'ils n'aient rien à se reprocher. L'annonce de leurs décès puis le fait que les autorités avaient d'abord nié la réalité de la course-poursuite et évoqué à tort une tentative de cambriolage sur un chantier, avaient servi de détonateurs à une révolte des banlieues d'une telle ampleur que le pays avait été placé en état d'urgence.

«Oui, Zyed Benna et Bouna Traoré étaient des enfants de la République»

Les quatre élus proposent que les noms des deux adolescents soient inscrits au pied de l'imposant bronze sculpté par Jules Dalou, le Triomphe de la République. «Oui, Zyed Benna et Bouna Traoré étaient des enfants de la République», insistent-ils, en soulignant la responsabilité particulière de Paris dans ce devoir de mémoire, parce que leurs pères travaillaient dans la capitale en tant qu'agents de propreté.

«Il est peu de dire que la situation ne s'est pas améliorée depuis» le décès des deux adolescents, jugent les quatre élus. «Les habitantes et les habitants des quartiers populaires continuent à souffrir du racisme, de la pauvreté et d'un système éducatif à deux vitesses », ajoutent-ils, avant d'affirmer que la République «ne garantit pas l'égalité des droits» et «fait des différences parmi ses enfants».

«Les relations entre la police et la population se sont endurcies, entraînant de multiples drames et de nouvelles violences (...)», écrivent-ils aussi. Située à l'est de Paris, Nation, entre la place de la Bastille et le bois de Vincennes, est le point de départ ou d'arrivée de nombreuses manifestations.

Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP

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