Un membre de la rédaction du journal Politis ainsi qu'un journaliste indépendant se sont également vus interdire l'accès à l'évènement.

France Télévisions

Publié le 05/11/2026 08:05 Mis à jour le 05/11/2026 08:19

Temps de lecture : 2min

Le président du RN Jordan Bardella lors du congrès du parti, à Orléans (Loiret), le 25 octobre 2026. (ADNAN FARZAT / NURPHOTO / AFP)
Le président du RN Jordan Bardella lors du congrès du parti, à Orléans (Loiret), le 25 octobre 2026. (ADNAN FARZAT / NURPHOTO / AFP)

L'incident est survenu peu avant 20 heures, mercredi 4 novembre, dans une salle de réception de l'ouest parisien. Alors que des dizaines d'invités arrivaient à la soirée organisée par la maison d'édition Fayard à l'occasion de la présentation du troisième livre de Jordan Bardella, Gouverner, trois journalistes se sont vus refuser l'accès au Pavillon Wagram, a constaté une journaliste de France Télévisions sur place. L'un d'eux, qui travaille pour Mediapart, disposait d'un billet nominatif, a précisé l'AFP. Le second journaliste appartient à la rédaction de Politis et le troisième est un journaliste indépendant.

"C'est une soirée privée, ils ont été signifiés qu'ils n'étaient pas accrédités", a justifié Victor Chabert, le directeur du service de presse du RN à l'AFP. L'agence souligne pourtant que de nombreux autres médias avaient obtenu une accréditation. "En excluant ou violentant les journalistes, l'extrême droite révèle son vrai visage", a réagi la présidente de Mediapart, Carine Fouteau, dénonçant "avec force" la "nouvelle entrave" faite à son journaliste, qu'elle a qualifiée de "censure".

En réaction, la quasi-totalité des journalistes inscrits ont quitté les lieux, à l'exception notamment des médias du groupe Bolloré, également maison-mère de Fayard, selon l'agence de presse.

Cet épisode s'inscrit dans un climat de grande tension entre le parti d'extrême droite et Mediapart, depuis la divulgation fin septembre des écrits de jeunesse antisémites attribués à Jordan Bardella. Le président du Rassemblement national nie ces accusations et a déposé plainte pour diffamation. Le site d'investigation avait déjà été chahuté par des militants et évacué sans ménagement par le service d'ordre à deux reprises lors du congrès du RN et du premier meeting de campagne de Marine Le Pen, fin octobre à Orléans.

En marge de la même soirée, une quinzaine de militants du collectif contre l'antisémitisme "Nous vivrons" s'étaient regroupés devant le Pavillon Wagram. Pancartes et mégaphones en mains, ils ont scandé entre autres "Pas d'antisémites en République" et "Bardella ton antisémitisme ne s'efface pas".

Comité d’accueil du collectif « Nous vivrons » pour Jordan #Bardella qui lance son livre « Gouverner » au pavillon Wagram ce soir @franceinfo https://t.co/yXGsUBEVr3

— Caroline Motte (@carolinemotte) November 4, 2026

Une protestation à laquelle le président du RN a réagi sur X, avant même son arrivée sur les lieux, en accusant "l'extrême gauche [qui] manifeste contre... un livre" et développe selon lui une "nostalgie des régimes totalitaires chaque jour plus inquiétante".

"Vous utilisez le même rayon paralysant que l’extrême gauche pour disqualifier des militants qui luttent contre l’antisémitisme", a répondu l'association sur ce même réseau social, dressant un parallèle avec la France insoumise. "Notre seul camp c’est celui de la République qui est le meilleur rempart à l’antisémitisme et vous n’en faites pas partie", a continué "Nous vivrons", en réponse à Jordan Bardella.

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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