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Depuis le retour des talibans au pouvoir en août 2021, le système judiciaire afghan a été profondément bouleversé. A Kaboul, avocats et anciens magistrats racontent les conséquences de ces transformations sur leur métier et sur l’accès à la justice.
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La première fois que l’avocate afghane « Shakiba » (un pseudonyme destiné à la protéger de représailles) s’est rendue dans un tribunal sous le régime taliban, elle n’a pas fermé l’œil de la nuit. Nous étions alors environ un an après la chute de la République islamique d’Afghanistan et le retour des talibans, en août 2021. Depuis leur reprise du pouvoir, les licences d’avocate délivrées aux femmes afghanes avaient été annulées en raison de leur genre.
Ce jour-là, Shakiba s’est présentée au tribunal vêtue de noir et portant un masque contre le Covid-19. Tout son corps était couvert, à l’exception de ses yeux. « Je me demandais si le juge allait m’écouter et si j’arriverais à me faire entendre », raconte cette femme d’une trentaine d’années, rencontrée en octobre dans un café de Kaboul, dans l’espace réservé aux femmes. Elle cherchait à obtenir du magistrat une attestation officielle l’autorisant à exercer comme avocate sans être titulaire d’une licence délivrée par les autorités. Pour cela, elle devait présenter deux témoins capables de se porter garants de sa moralité, de son honnêteté et de son intégrité. Il revenait ensuite au juge de lui délivrer cette attestation.
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Source: Le Monde · Ghazal Golshiri
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