Le 24e album studio du Stéphanois prouve qu'à 80 ans il n'a rien perdu de sa combativité, de son engagement et de son goût du voyage et de la découverte.

Radio France

Publié le 24/10/2026 10:05

Temps de lecture : 2min

Bernard Lavilliers aux Victoires de la Musique, en février 2024 (BERTRAND GUAY / AFP)
Bernard Lavilliers aux Victoires de la Musique, en février 2024 (BERTRAND GUAY / AFP)

En parlant de guerre, de mépris, de conflits sociaux, Lavilliers reste dans une actualité brûlante, tout en faisant toujours voyager. Dès les premiers mots de l'album, dans le titre Coriace, il tombe à pic, entre manifestations et violences de tous côtés. "Je ne l'ai pas fait exprès, je l'ai écrit il y a deux ans ! Il se trouve que ça tombe en même temps, mais c'est souvent arrivé dans ma carrière. Quand je chantais Pouvoirs en 1979, on fermait toute la sidérurgie de l'Est, par exemple. Il faut être coriace pour tenir. Coriace, ça veut surtout dire résister et ne pas être corrompu."

Pour son 24e album studio, Bernard Lavilliers fait feu de tout bois, entraîné par des réalisateurs divers comme Victor Le Masne ou Fred Pallem. Et musicalement, il fait encore le tour du monde. Il s'arrête notamment à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Avec toujours les mots couchés sur son carnet, chevillés au corps. "Je ne me vois pas arrêter d'écrire, confirme-t-il. Quand je suis ailleurs, au lieu de prendre une photo de quelque chose qui se passe devant moi, je préfère écrire."

"Ce n'est pas toujours facile d'avoir le mot juste, il faut aller le chercher. C'est comme le sport : le mec qui ne s'entraîne plus, il y a de fortes chances qu'il soit moins performant."

Bernard Lavilliers

à franceinfo

Il y a dans ces nouvelles chansons de grands élans d'humanité. Et le pire aussi, comme la guerre en Ukraine. "C'est indispensable de pouvoir chanter, de pouvoir s'amuser même. Tout dépend combien de temps tu restes dans ton trou. En face, il y a quelqu'un d'autre qui est dans la même histoire, au fond."

On trouve aussi dans Rite Cruel l'adaptation de Berceuse des enfants d'Europe, poème d'un résistant dont on ne sait rien hormis son pseudonyme, Louis Cauchois. "'Les gares sans voyage et des plages sans enfants' : pour moi c'est ça la guerre, dit Bernard Lavilliers. Simplement ces deux phrases, ça m'a déclenché l'idée de faire une musique dessus et de chanter."

Et il y a en filigrane tout ce que son public va retrouver : la chaleur, la musique, la mélancolie ou la détermination d'un homme qui, ses 80 ans tout juste passés, est loin d'avoir baissé les bras. "Les gens m'ont toujours dit que je leur faisais du bien, même si c'est dur. Je ne suis pas en train de les conforter en leur disant 'Allons brûler la mairie', ce n'est pas ça que je leur dis. À un moment précis, ça correspond à quelque chose, aussi avec la sensibilité des gens."

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