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Par Anne Vidalie
Publié aujourd’hui à 05h30, modifié à 07h26Article réservé aux abonnés
L'histoireA Gramat, le Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie forme des centaines de chiens pour différentes missions. Longtemps cantonné à la recherche des personnes, leur champ d’intervention s’est élargi aux stupéfiants, aux explosifs, aux billets de banque et, désormais, aux supports numériques comme des clés USB ou des cartes SIM.
Entre elles, c’est déjà une histoire d’amour. Pourtant, la gendarme et la femelle malinois ne se connaissent que depuis quelques heures. Aurore Imbert a posé son paquetage au Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG) à Gramat, dans le Lot, pour quatorze semaines de formation au métier de maître-chien. La jeune militaire savait qu’un animal lui serait affecté, le lendemain de son arrivée, au cours de la traditionnelle « cérémonie du mariage », comme on appelle le moment où le maître fait officiellement connaissance avec l’animal qu’on lui attribue. Mais lequel ?
« Gendarme Imbert, votre instructeur vous attribue le chien Shadow. » Ce 9 septembre, le cœur d’Aurore Imbert a fait un petit bond lorsque, au garde-à-vous avec ses camarades, elle a entendu la phrase rituelle. Elle a salué, main au calot, puis s’est dirigée vers l’un des six chenils où l’attendait son malinois, robe feu et masque noir.
Premiers mots, premières caresses, première balade sur les pelouses du centre. Radieuse, la main sur le pelage de Shadow, elle n’en revient toujours pas : « Je l’avais repérée hier car elle est venue vers moi spontanément quand nous avons été brièvement mis en présence des animaux. »
En cet été finissant, ils sont 25 militaires, dont sept femmes, à câliner, comme Aurore Imbert, leur nouveau partenaire à quatre pattes. Dans trois mois, ces tandems rejoindront les 485 équipes cynophiles de la gendarmerie qui prêtent patte forte aux enquêteurs maison. En 2025, elles ont permis de retrouver en France 530 personnes disparues, dont 443 vivantes, selon les chiffres de la gendarmerie. De saisir près de 20 tonnes de stupéfiants, plus de 1 100 armes, 67 600 munitions et quelque 5 millions d’euros en billets. De sauver 13 skieurs ensevelis sous des avalanches. D’interpeller 180 suspects récalcitrants. Mais aussi de renifler des produits accélérateurs d’incendie dans les décombres de bâtiments ou entre des troncs d’arbre dévorés par les flammes. Cet été, ils ont ainsi aidé les enquêteurs à repérer les résidus suspects sur les sols calcinés des forêts de Gironde.
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Source: Le Monde · Anne Vidalie
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